mercredi 9 novembre 2011

France, Autriche ? Du sport !

Je voulais vous montrer ces deux cartes postales et donc ces deux architectures. Le seul point commun étant leur programme : des salles de sport.
L'une est à Vienne en Autriche, l'autre à Nantes en France.
On verra que l'une comme l'autre n'ont pas été visitées et donc il nous faudra une nouvelle fois se réjouir de l'image et de ce qu'elle nous offre. On verra que la salle des sports de Vienne a profité d'un bel article dans Architecture d'Aujourd'hui en 1959 ce qui prouve ses qualités.
L'autre, celle de Nantes est d'un grand architecte français, disparu depuis peu, Monsieur Evano.
Regardons :



Cette belle carte postale Cordia est due à l'opérateur Duchâteau. On nous donne comme titre : Nantes, la salle omnisport et au fond Malakoff.
Pas le nom de l'architecte.
L'image est superbe et donne bien à lire la volumétrie complexe de l'architecture de Monsieur Evano. Un grand morceau sombre et comme brisé en son centre offre des angles abrupts qui se trouvent comme cernés par tout un appareillage de petites constructions dont le rouge vif force les contrastes et les échelles.
Une sorte de ceinture fonctionnelle qui retient le géant. Le détail des tons différents de gris et de noirs sur la toiture me plaît tout particulièrement. On remarque aussi qu'il y a là bien un paysage mis en avant, paysage déterminé par les tours et les ponts qui semblent éloignés les uns des autres. Une sorte de clarté spatiale, de respiration certainement accentuée par la vue aérienne qui ouvre l'horizon.
Une superbe image donc.
Poursuivons en Autriche :



Cette carte postale en véritable photographie nous montre la salle des sports de Vienne par Roland Reiner architecte. Le photographe plante un arbre au premier plan sur cette photo en faisant ainsi jouer la structure naturelle et la structurelle artificielle, installant la construction dans un réseau de lignes.
Cette prise de vue me rappelle une autre construction dont nous avons parlé ici, la patinoire de Lyon :



Formellement les deux constructions se ressemblent surtout depuis les images ! Pour le reste difficile d'être affirmatif même si les piliers rejetés à l'extérieur et rendus visibles semblent dans les deux cas servir à porter les gradins et former au-dessous un espace utile, une galerie de circulation ou même la billetterie. Manière internationale de gérer l'espace.
Comme Architecture d'Aujourd'hui a consacré un article je ne m'étendrai pas davantage en faisant une analyse certainement moins riche que cet article de 6 pages !
Surtout que, pour ma part, je n'ai pas arpenté cette architecture !
Alors regardez et réjouissez-vous !













lundi 7 novembre 2011

faire le mur



Je ne sais pas ce que tu es devenu.
Je ne suis même pas certain que tu te souviennes de moi.
Pourtant nous avons ri ensemble et parfois même pris des torgnoles par les plus grands.
Il faut dire qu'on le cherchait bien, faisant conneries sur conneries comme de couper les fils à plomb au pied des bancs.
Mais on s'en foutait pas mal.


Toi, tu croyais qu'il viendrait te chercher finalement ton père. Il viendrait dans la Simca Aronde neuve que tu l'avais vu conduire un soir en rentrant chez ta grand-mère. Lui, tu ne l'avais pas vu, mais sa bagnole si et autour de cette silhouette mécanique tu avais imaginé la vie de ce père dont tu ne savais qu'une chose pourtant : son indifférence à ton égard.
Un matin, dans le réfectoire, ta place en face de moi était vide. Tu étais parti m'avait juste dit Monsieur Brémond le surveillant.
J'avais chialé comme une madeleine dans les toilettes et j'avais été chahuté par les autres à cause de ça.
Je m'en foutais.
J'avoue que je t'ai oublié longtemps. Et heureusement car la vie c'est comme les murs de briques ça a l'air solide et puis un jour faut peu de choses pour que ça tombe.
Alors aujourd'hui, je glisse encore parfois mon doigt sur les joints des murs pour juger de la qualité du travail des maçons comme on nous avait appris. Moi, j'aimais bien faire ça, la maçonnerie. C'était bien de voir son travail, c'était une chose rassurante et vraie. Soit ça tenait, soit ça tombait. Pas compliqué comme la vie des adultes et la nôtre...
Non, un mur c'est un mur. Dedans, dehors, pas de mystère.
Toi tu n'étais pas vraiment là, toujours à rêvasser, à croire, à espérer. Tu disais qu'il y aurait toujours un con de maçon pour faire les murs des prisons et des foyers des pupilles sans se poser la question de pour qui il était ce mur. Le mur, toi tu voulais te le faire...
Un jour, j'ai cru te voir dans un film... oui !
Un film marrant où y avait un môme qui faisait les 400 coups comme on disait à l'époque. Même qu'à la fin le gars il se barrait au bord de la mer.
On ne sait pas s'il arrive vraiment à partir ou si la mer finalement le retient comme une barrière, ça te ressemblait vraiment et puis le gars qu'a filmé ça on aurait dit qu'il avait vécu le truc, tu vois ?
Bref...
Je sais pas si tu te souviens de moi.
J'ai arrêté d'être maçon maintenant. J'ai un fils. Il s'appelle comme toi Antoine. Mais il veut pas reprendre le métier, il aime pas les murs, comme toi.


Foyer des pupilles de Lille
l'atelier de maçonnerie
photo de Herman, Lille. Pas de date, pas d'histoire...


Maillols à la barre

Voici exactement ce que vous aimez voir sur ce blog.
Une architecture spectaculaire, parfaitement marquée par sa période, un rien étrange, ayant pu être mal considérée il y a peu, revisitée aujourd'hui, une architecture volontaire sur le front de la Modernité, une architecture sans détour mais aussi avec une certain poésie à rebours qui satisfait les gens de ma génération y voyant un avant-goût des mangas ou de la Grande Motte.


On retrouve cette barre Saint-Just de Rennes dans notre guide d'architecture contemporaine en France et voici ce que nous en dit Monsieur Amouroux :



On remarque que le point de vue n'est pas tout à fait identique et que nous avons en fait d'une image à l'autre tourné autour de la barre qui est bien étoilée...
On s'amusera, si on aime comme moi les automobiles Renault, de la présence de deux Renault 16 blanches sur le même cliché de la carte postale, carte dont le cliché est signé NEDELEC (?). La carte postale nous indique également que la réalisation de cette barre Saint-Just est due au groupe Lamotte/S.R.P.I et nous donne bien le nom de Monsieur Maillols comme architecte D.P.L.G à Rennes.
Deux détails nous permettent d'admirer le très puissant et sculptural travail des brise-soleil :


Rappelons-nous que Monsieur Maillols est aussi l'architecte des Horizons dans la même ville de Rennes. Un Maillols à la Barre et les Horizons en vue à Rennes.

dimanche 6 novembre 2011

Mériadeck décortiquée

Pour ma part, j'aime les dalles.
Non par esprit de contradiction avec la pensée commune sur l'échec de ce type d'urbanisme mais bien parce que je leur trouve souvent des qualités qui me réjouissent.
J'aime justement leur vide régulier lié aux horaires des bureaux, j'aime la minéralité volontaire et artificielle fabriquée par l'abandon des espaces verts et des bassins asséchés, j'aime les œuvres d'art du 1% laissées là sans égard, j'aime les courants d'air revigorants qui circulent dans les canyons entre les tours.
J'aime Beaugrenelle et j'aime Mériadeck.
Pour la dernière, Mériadeck, il semble que je ne sois pas le seul puisque je reçois ce lien vers un très riche et passionnant site qui lui est consacré. Toutes les informations sur l'histoire, les architectes et les constructions y sont décortiquées avec soin. Un beau travail.
Pour fêter ça, juste une carte postale La Cigogne qui nous montre la dalle au temps de sa splendeur.


Le photographe choisit de viser surtout les aménagements des espaces verts et les petits arbustes ainsi que le bleu du bassin. Au fond l'architecture contemporaine retrouve l'ancienne ville avec la visée sur le clocher de l'église comme si un espace avait été ménagé exprès pour la viser.



Il ne faut pas oublier lorsqu'on regarde ainsi nos cartes postales d'architecture de se dire qu'elles sont aussi des documents sur la manière dont la ville elle-même a décidé de les installer dans des espaces verts (ou pas). Souvent cette notion d'espace est révélée par les cartes postales démontrant ainsi que le paysage urbain aussi veut faire image. Il y a là matière à réflexion sur le rapport entre ce qui est construit et ce qui est laissé à la circulation. Ce qui est tout particulièrement intéressant avec les dalles c'est bien qu'elles sont également des espaces construits et souvent à plusieurs mètres de hauteur. Mais comme par miracle, l'image produite sur nos cartes postales (images sans doute désirées par les concepteurs) est celle d'un parc, d'un jardin suspendu, sorte de Babylone, laissant loin dessous les autos, les camions et les... utopies.
N'oubliez pas d'aller là :
http://meriadeck.free.fr/Meriadeck/Accueil.html et à droite de cette page dans ma gare de triage...

samedi 5 novembre 2011

Thomas Nègre à Hambourg.

Thomas Nègre ?
Je ne le connais pas et pourtant...
Je reçois cela par la Poste !





Si les lecteurs commencent à m'envoyer des cartes postales, il ne me restera plus grand chose à faire !
Merci Thomas pour ce bel envoi... mais comment diable avez-vous eu mon adresse ?
Alors remercions Thomas et regardons bien cette belle carte postale qui nous vient d'Allemagne et d'Hamb(o)urg en particulier.
On remarquera que les trois constructions résolument contemporaines sont photographiées dans des moments d'éclairages particuliers, à la nuit tombante, comme si par le jeu des lumières les constructions disaient encore plus leurs particularités.
Regardons en détail cette carte postale René Menges :


Ici le Dockland, grand prisme penché qui veut jouer au bateau. Une autre vision ici :


Voici le Berliner Bogen qui par cet éclairage nous dit bien sa transparence et sa structure High-tech.



Enfin :



Le Deichtorcenter semble toujours être photographié sous cet angle qui lui donne une image très particulière faisant jouer l'angle bien plus que de raison...
Les trois architectures sont des œuvres des architectes Bothe, Richter et Teherani.
Comme quoi, il est encore possible de trouver des cartes postales d'architectures contemporaines, peut-être plus facilement à l'étranger...
Merci encore Thomas et faites-nous encore partager votre voyage !

mercredi 2 novembre 2011

l'utopie s'est éteinte encore un peu

J'ai appris hier par Julien Donada la disparition de Pascal Haüsermann.
C'est une grande tristesse.
J'ai cherché comment rendre hommage à cet architecte à la fois si singulier et si représentatif d'une architecture libre, rêveuse et poétique.
Je crois que ma collection de cartes postales manque d'une image forte pouvant parler de cette absence avec laquelle nous allons devoir dorénavant regarder un pan de l'histoire de l'architecture.
Nous avions eu la chance en septembre de dormir à Raon-l'étape dans l'une de ses œuvres, de vivre ainsi un peu son architecture.
Je pense aussi également aujourd'hui à tous les passionnés de son travail, tous ses défenseurs qui ont su et savent encore croire en la réalité d'un héritage fort.
Je pense notamment à Julien Donada qui a travaillé, filmé, écrit un livre avec l'architecte. Ils avaient su tous les deux nous faire partager leur passion.
Cela restera.
Voici quelques belles photographies de Pierre Joly et Vera Cardot trouvées dans la revue L'œil de février 1967, N° 146.
La neige est tombée.




mardi 1 novembre 2011

Grenoble gris moderne

On pourrait démarrer comme ça par le ciel :


Le boulevard Joseph Vallier est visé par le photographe de carte postale. Il met l'accent sur la ville proche de l'horizon montagneux. Une ville grise.
Mon regard s'attache immédiatement à deux constructions qu'il reconnaît. En bas à gauche l'église St-Jean apôtre et en haut je reconnais à la fois le Palais des Sport et la tour de la houille blanche des frères Perret.
L'église a encore son très beau toit conique, nous verrons plus loin en détail cette construction.
Rapprochons-nous du centre :



Deux très beaux bâtiments dans un parc. Toujours le Palais des Sports et le nouvel hôtel de ville dont l'éditeur Iris nous donne les architectes : messieurs Novarina, Welti et Giovannoni.
En 1977 voici comment la ville se représente :



On retrouve les stars (icônes ? Ai-je le droit ?) de cette ville moderne : le stade de glace, les tours vues ici, la maison de la culture de Mr Wogensky, la gare et son stabile de Calder et la mairie ou l'hôtel de ville. La carte est une édition André.
Voici l'un d'eux :



Le Palais des Sports qui est donc aussi appelé le stade de glace est ici parfaitement photographié pour une carte postale typique. Un panache de branches et de feuilles au premier plan ouvre la vue vers la construction qui ne démérite pas face à ce modèle de la "nature"!
J'aime beaucoup cette construction que nous devons à Messieurs Demartini et Junillon.
Revenons au Boulevard Vallier :



Le canyon que produit cette artère nous offre encore une vision un rien sévère de la ville qui est accentué par la barrière de la Montagne au fond. Et malgré la largeur de ce boulevard, j'étouffe un peu.
Qui nous racontera l'histoire de cet urbanisme à Grenoble qui semble avoir poussé d'un coup et de manière si homogène ? Les jeux olympiques ne peuvent pas être les seuls responsables de cette sensation ?
Pour venir à Grenoble, vous arriverez par la gare :


Elle est avec son stabile de Calder (ici admirablement ignoré par le photographe), une carte postale très populaire.
En voici un autre exemple :


On pourra un peu mieux voir le beau stabile et aussi regarder la belle qualité du traitement graphique du sol. On regrettera sans doute les inévitables jardinières bourrées de fleurs qui atterrissent on ne sait comment comme s'il fallait absolument combler le vide. Je déteste toutes ces jardinières, petites poésies minables d'un manque probant de qualité paysagère.
Et voici la preuve :



La nuit aurait pu baigner la ville d'une étrangeté puissante et orange. La nuit serait tombée sur l'œuvre de Calder et l'aurait effacée doucement par le haut. Mais la jardinière emplie de fleurs droites et figées bien moins libres que la sculpture offrent l'occasion au photographe de s'agenouiller et de se planquer derrière ces plantations : un premier plan inutile.
La gare de Grenoble est donc photographiée à 11h45, 13h10, et... 21h50.
altitude urbaine :



La carte postale André nous donne : Tour de l'exposition, Parc et Place Paul Mistral. A l'angle du Boulevard et à gauche, le Park Hôtel. On a même le numéro de téléphone ce qui me fait penser à une carte postale promotionnelle pour cet hôtel.
Mais revenons un peu en arrière en retournant vers l'église Saint-Jean apôtre de l'architecte Maurice Blanc.





On a déjà conté l'histoire de sa couverture et de ses problèmes dans ce message mais ces deux cartes postales nous permettent de bien comprendre et regretter la grande beauté de ce toit disparu. Et je me permets de dire que ce très beau tressage n'avait rien à envier à ceux de Shigeru Ban...
La nuit tombe, nous devons quitter Grenoble et sa grande richesse architecturale. Certainement que nous y reviendrons bientôt.
Alors...


Dans une très belle lumière, les trois tours de Anger et Junillon font horizon. Le soleil chatouille encore un rien les montagnes de Belledonne.
Il ne fait aucun doute que je devrais revenir à Grenoble.