samedi 17 septembre 2011

la chaise des enfants

On peut aussi parfois regarder le mobilier.
Vous allez voir que deux cartes postales de deux lieux différents mais de fonction identique nous proposent curieusement le même mobilier pour les enfants.
Ces deux lieux furent d'ailleurs publiés sur ce blog pour des raisons plus architecturales.
Commençons par l'un des bâtiments que j'aime le plus sans jamais avoir eu l'occasion de le visiter.
Sans doute que lors de "mon voyage annuel", j'aurai l'occasion d'y dormir... Il s'agit du très beau Village Vacances Famille Belambra de Anglet, connu sous le nom de "chambre d'amour".
Ici nous voyons la crèche :



La carte postale Europe enregistre une lumière un peu jaune, un peu dure mais dans cet espace vide de jeux, d'enfants, de cris, nous montre le mobilier et particulièrement les petites chaises de plastique rouge qui doivent, vu leur dessin pouvoir s'empiler.



On regardera aussi les petites tables rondes et la collection de chaises hautes ! La mienne, celle de mes frères, il y a encore peu celle de mes neveux, est encore au sous-sol : infatigable !
Maintenant la montagne :


Nous sommes à Super-Besse, au... Village Vacances Familles et "ça c'est la crèche" c'est ce que nous dit dans une typo enfantine le titre de la carte postale Lumicap.
Les bambins cette fois, sont à la fête.




Les jouets sont sur les tables et les fesses sur... les mêmes chaises en plastique qu'à Anglet !
On admirera sans condition les beaux ballons, l'attention sérieuse des deux jeunes femmes et la propreté du linoléum.
Quel beau document !
La bande blanche en bas de la carte postale nous dit sans doute qu'il s'agit d'un cliché d'amateur
récupéré pour l'occasion, enfin je crois.
Le cube N°6 est perdu au premier plan, je vous laisse chercher le N°4.


Cette belle petite chaise est un design signé de Marco Zanuso et Richard Sapper si j'en crois l'excellent livre Chairs de Charlotte et Petre Fiell chez Taschen éditeur :





jeudi 15 septembre 2011

Jean Renaudie : le modèle

Il vous suffira un jour de prendre votre voiture vers Ivry-sur-Seine ou vers Givors et d'aller arpenter les chemins entre les pointes des constructions de Monsieur Jean Renaudie pour, comme moi (et bien d'autres !), affirmer qu'il est sans aucun doute un modèle pour toute construction de logements sociaux.
La leçon qu'il nous donne, leçon que nous donne également Madame Gailhoustet est l'une des plus humanistes, des plus sensibles mais aussi des plus plastiques.
Ici la forme naît de la réflexion sur l'usage tout en suivant une radicalité architecturale des plus remarquables.
Avoir ainsi construit non pas seulement de l'habitat mais également du paysage est rare.
Nous avons la chance en France que de telles personnalités, il y a peu de temps finalement pouvaient construire de telles œuvres.
Curieusement, il semble que cela fasse bien trop peu école.
Alors nous allons voir et un peu sans doute, visiter Givors grâce à deux cartes postales Combier d'une très grande qualité photographique.
Il s'agit d'une édition spéciale si j'en crois cette très haute qualité, le timbre du premier jour au dos des cartes mais aussi la personnalité de l'un des deux photographes.
Voyez :



Cette carte postale Combier est superbe, le cliché est de Michel Durand. D'abord par son point de vue qui permet de lire la manière dont l'ensemble de Monsieur Renaudie est accroché à la falaise mais aussi par sa lumière qui frappe durement le centre de l'image.
Le chantier vient d'être livré si j'en crois le vide dans les appartements et les terrasses qui ne sont pas encore très plantées. Le béton est encore blanc.
Pourtant ici des habitants font déjà usage de leur terrasse en faisant sécher le linge...



On remarque aussi la pancarte qui annonce la disponibilité des appartements.



Dans la même collection "impression Combier Macon " :



Cette photographie nous permet une lecture plus directe des étoiles.
Le choix du noir et blanc vous semble curieux ?
Alors...
Alors sachez que c'est Robert Doisneau lui-même qui a fait le cliché de cette carte postale !
D'ailleurs il s'agit d'un noir et blanc très dur qui dessine bien plus qu'il n'informe. Ce qui est troublant pour un photographe que l'on dit humaniste c'est qu'il fut bien lui aussi totalement intrigué par les formes caractéristiques des constructions de Jean Renaudie.
A moins qu'il ait eu du mal à cadrer un gamin descendant les escaliers avec une bouteille de vin ou des amoureux se bécotant sur les parapets...
En tout cas, voici une carte postale qui croise l'architecture moderne et contemporaine et la photographie artistique (ou comme on dit aujourd'hui plasticienne).
Il est donc évident qu'il ne s'agit sans doute pas de cartes postales pour les tourniquets de bureaux de tabac mais bien des cartes postales pour collectionneurs, sans doute à tirage restreint et diffusées le premier jour de l'oblitération du timbre.
C'est, en tout cas, l'occasion d'évoquer le travail de Monsieur Renaudie et cela suffit à faire mon bonheur.
Quelqu'un sait-il si d'autres grands photographes ont fait un safari à Givors ?

villes improbables aux landes blanches

Je me fais le relais d'une information importante.
Les landes blanches / centre d'art organise une exposition de dessins de Claude Parent dont le titre est "Villes improbables".
L'exposition se tiendra du 18 septembre au 16 octobre 2011.
Nous ne rappellerons pas, (oh et puis si tiens), l'importance du travail de Claude Parent pour ce site qui chaque fois qu'il le peut évoque le travail de cet architecte.
Vous connaissez tous le travail effectué ici autour du sauvetage de Sens.
Alors comme en plus, cette exposition est organisée pour une part par Monsieur Dominique Amouroux l'auteur du Guide d'architecture contemporaine en France, guide qui est LA référence de ce blog vous comprendrez bien qu'il est nécessaire de se rendre à cette exposition.
Et puis, il ne fait aucun doute qu'une nouvelle fois, l'architecte nous fera part de sa grande dextérité graphique qu'il sait associer à sa grande dextérité d'analyse de notre monde et de l'architecture.
Il portera sans doute nos rêves (et nos cauchemars) à un grand degré de pertinence en nous offrant enfin dans des lignes et des contrepoints une représentation des plus beaux paysages à venir.
Pour vous régaler, allez ici :


vous y trouverez toutes les informations pratiques.
Et voyez ce beau dessin de Claude Parent sur le carton d'invitation :



mercredi 14 septembre 2011

presque rien et pourtant

Voilà.

Une carte postale que Martin Parr aurait rangée dans son classeur boring postcards.
Sans doute qu'il y a quelques années j'aurais fait de même.
Mais maintenant, sur l'horizon de la ville de Montrouge, je vois surgir une silhouette que j'ai appris à connaître, aimer et que je suis allé voir.
Cette silhouette ?
la voici :

Les aficionados de Claude Parent auront reconnu la Fondation Avicenne, la Maison de l'Iran.
Regardez de nouveau cette carte postale Hachette.
Regardez comme ce bâtiment maintenant se détache clairement de son environnement, comment il construit son paysage. Il semble regarder l'église du Sacré-Cœur de Gentilly qui me fait toujours rêver à Métropolis.
La carte postale Hachette, expédiée en 1974 indique "Montrouge. L'autoroute".
Elle ne dit pas : "paysage urbain avec architecture d'art sacré moderne et architecture contemporaine puissante".
Elle ne nomme pas les architectes ni les ingénieurs du génie civil qui ont tracé l'autoroute.
Et vous savez pourquoi ?
Simplement parce que la bonne architecture sait à la fois être un événement, un signe urbain, mais aussi elle sait dans la brutalité de son apparition faire acte d'une forme d'indifférence.
Et si l'autoroute passe au pied de ces deux très belles œuvres architecturales, c'est sans doute parce que nous ne savons toujours pas comment construire en un geste unique la route et la ville mais aussi par une forme de respect de l'un et de l'autre créer ainsi un paysage, une jubilation des changements, presque (j'ose) une courbe amoureuse.
Et j'aime toujours, en voiture sur cette autoroute avoir ainsi à viser, presque militairement, mes belles constructions. Je les attends au travers du pare-brise comme lorsque je prends un ami au bord de la route à la sauvette qui devra faire vite et sauter dans la voiture le plus rapidement possible.
Comme vous aimez les belles images, je vous offre des photos de la Maison de l'Iran au moment de sa construction, photos trouvées dans la si belle revue italienne l'architettura N° 156 de 1968.








lundi 12 septembre 2011

Cité radieuse ? Et de 5 !

Finalement, il est possible de voir toutes les cités radieuses...
Avec la visite dernièrement de celle de Briey nous finissons notre collection. Nous aurons vu Marseille, Nantes, Firminy, Berlin et Briey.
Et finir par celle de Briey c'est une bonne idée.
Pourquoi ?
Parce que ce fut celle qui fut la plus menacée et c'est maintenant l'une des plus belles et des plus accueillantes.
D'abord un charmant jeune concierge vous ouvre, vous demande d'où vous venez et vous guide fier de sa Cité Radieuse jusqu'à la porte de l'Association "La Première Rue".
A nouveau, on vous accueille, vous confie les clefs pour que vous puissiez voir l'appartement témoin aménagé avec grand soin et aussi la galerie composée de deux appartements réunis ensemble par le percement d'un mur mitoyen ! Une belle exposition de photos vous y attend.
Il faut dire que la vue de l'appartement meublé suivi de la galerie à l'espace ouvert crée un contraste assez saisissant !
Qu'elle est belle cette Cité Radieuse de Briey-en-forêt sous un crachin léger. Entièrement repeinte de ses couleurs vives à l'extérieur comme à l'intérieur, elle donne à voir les idées de Le Corbusier avec beaucoup d'ampleur.
Pour ce qui est des cartes postales d'époque des Cités radieuses vous irez ici, ici ou encore ici ou bien ici, puis encore ici et certainement ! Et si vous êtes gourmand, ici, et puis encore là !
Pour ce qui est de mes images voyez là :

la belle grille...

si abstraite et polychrome...

abritons-nous sous les pilotis...


réjouissons-nous du volume...


et des beaux détails comme l'escalier qui ne descend pas jusqu'au sol...


le bas-relief au Modulor...

l'accueil...


la rue au troisième...

poussons la porte...

regardons la maquette pour comprendre l'architecture...

admirons la déco...

en haut, la chambre des enfants, d'un côté de la cloison...

puis de l'autre...

l'escalier (ici galerie) que je trouve simplement superbe !...

admirez le détail : une rampe haute pour les adultes, une basse pur les enfants...(eh oui)


dimanche 11 septembre 2011

à l'est, allez vers l'est : 5

Metz.
Aujourd'hui Metz resplendit surtout par son icône : le Centre Pompidou de Shigeru Ban et Jean de Gastines.
L'architecture me laisse perplexe avec certains morceaux comme abandonnés, par exemple les incroyables terrasses sur les "boites" qui ne sont pas exploitées.
Certainement qu'il faut là jubiler du vide.
Mais il faut le dire la structure est incroyable ! On sent aussi une envie d'imprécision sur le dedans-dehors. Les points de vue aussi sont ce qui fait l'événement de cette architecture.
Nous y aurons vu une magnifique installation de Daniel Buren, labyrinthe de couleurs franches et puissantes.
Pour ce qui est de l'accrochage de la collection, c'est, je l'avoue, une déception totale ! Les œuvres se suivent les unes après les autres, toutes plaquées contre le mur et les objets de design, chaises notamment, sont accrochés en hauteur sans possibilité de les comprendre et même de les regarder. Inutile effet...
Mais nous reviendrons voir l'exposition des frères Bouroullec et nous reviendrons en cartes postales sur le Centre Pompidou au travers d'une belle série plus tard.
Metz c'est aussi l'église Sainte Thérèse qui reste un objet architectural des plus curieux et des plus audacieux. J'ai toujours plaisir à la revoir. Si vous allez à Metz, ne la manquez pas. Elle mériterait une bonne restauration.






Mais à Metz, nous sommes allés voir également l'immeuble Sainte-Barbe que nous avions découvert grâce à une carte postale superbe. C'est toujours étonnant ces rencontres après les images... Nous n'avons pu rejoindre l'exact point de vue mais tout est là et même si la façade a été reprise, l'ensemble reste beau. On comprend aussi mieux dans le réel, la présence des coursives qui desservent les appartements en façade ainsi que les pilotis qui soutiennent une partie de l'immeuble Sainte-Barbe.




Et à Metz, au détour des rues on trouve aussi quelques petites choses comme ça qui sont bien agréables :





samedi 10 septembre 2011

architectures de cartes postales : site du mois !

Voici que votre blog est nommé "site du mois" dans la page des ressources de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, Palais de Chaillot.
C'est une responsabilité et un honneur.
Alors la bienvenue à tous ceux qui arriveront ici par ce portail pour la première fois !
Merci Monsieur Perreaudin.