samedi 11 avril 2009

l'architecture re-présentée

Voici enfin des cartes postales.
J'aime toujours autant cela. Voir et sur le tourniquet de la maison de la presse, revoir.
Je suis entré sans conviction dans l'une de celles du plateau de la Défense. Sans illusion, me disant que c'est bien fini la carte postale d'architecture. Et puis la surprise. Quelques modèles encore disponibles. Je me dis que je dois bien être le dernier, d'ailleurs j'ai pris ce qui restait, trois ou quatre cartes par modèles, parfois moins. Je crois que le tourniquet restera vide après mon passage.
Alors profitons de ce moment.
Immédiatement je me dis qu'il me faut aller sur place et comparer mais un accident ou je ne sais quoi paralyse la place à grands renforts d'hélicoptères (que j'aimerais partir avec) gendarmes, militaires et policiers. F.a.m.a.s de sortie et pin-pon de rigueur. Que se passe-t-il ? Je passe mon chemin. Je bifurque, tourne autour, traverse. Des caméras partout maintenant. Et puis me voici au pied de la tour Aurore qui semble fermée. Menacée ou menaçante ?


Ce qui m'étonne surtout à la Défense c'est son chantier. Toujours, encore on construit. Parfois on détruit pour construire et je trouve l'exemple de ce petit immeuble de bureau sur lequel un permis de démolir et de construire est posé. Vont-ils garder le soubassement magnifique de béton ?

La carte postale au bout des doigts je tente de replacer l'image sur le paysage un peu comme Julien Donada. Mais c'est difficile de retrouver le point de vue et mon grand angle ne facilite pas, je crois le travail. Mais je constate que la radicalité de cette carte postale Raymon (quel éditeur magnifique !) a disparu. Le puissant Stabile de Calder est plus faible dans notre réel. La Tour Fiat moins iconique, moins Kubrick. La photo de J.N Duchateau est superbe. La passante au coin à droite est passée depuis longtemps. Peut-être est-elle là, encore sur la dalle, fumant une cigarette comme il me semble la majorité des piétons. A croire que la Défense est un immense balcon à fumeurs en costume.
La tour Fiat est aujourd'hui la tour Areva, elle est l'oeuvre de Roger Saubot et François Julien en 1972-1974.


Encore une tentative avec le Calder et avec une autre carte postale Raymon photographiée par J.N. Duchateau. le photographe a habilement glissé les tours générale, Crédit Lyonnais et Atlantique sous les arches de la sculpture. Ciel vide bleu sur place vide grise. Voir la Dalle le dimanche...


Même tentative de rapprochement, même difficulté.
Dernière tentative avec cette perspective éditée également par Raymon. Plus difficile de trouver la bonne distance ; Claude saurait faire ça facilement, mon jugement est altéré par le changement profond à la gauche de l'image. On voit bien la tour Aurore et la tour Gan.
Wikipédia me fait peur et annonce la destruction pour 2010 de la tour Aurore. Horreur !
Après la Rafale de Reims que restera-t-il de l'architecte Gilbert Weil debout ? J'aime beaucoup cette tour encore couverte de ce verre cuivré si typique de son temps, j'aime beaucoup son rythme et l'arrondi de ses angles. Il me faudra donc y retourner, la mitrailler et l'enregistrer pour toujours en un lieu imprenable : ma nostalgie. Un comité de Défense ?
Il me semble bien que j'ai une carte postale de cette tour ?
La tour Gan est due aux architectes Harrisson, Abramovitz et Bisseuil si j'en crois Wikipedia...

le nom des architectes





La ville est pleine du nom des architectes, du moins de ceux qui pensent qu'ils peuvent signer leurs œuvres.
J'ai le nez en l'air et je commence, à Paris à relever systématiquement les signatures laissées sur les constructions par leurs auteurs.
Le 19ème siècle est très complet. Du moins pour ce qui est du bâti luxueux mais les H.B.M aussi portent la marque des architectes. 
Pour le Vingtième c'est un peu plus difficile. Mais ne pas y voir trop vite un manque de fierté mais peut-être une législation qui aurait changé. Rien ne me dit, en effet, que cette habitude ne soit pas une obligation légale.



Et parfois, sur un chantier terminé de peu, on peut même voir la tête des architectes (Karine Chartier et Thomas Corbasson). J'ai eu cette chance sur le très jeune bâtiment encore frais proposé par Monsieur Chaslin lors de sa dernière émission. Des panneaux explicatifs pour le public nous racontent le chantier, ses objectifs et nous montrent les architectes radieux. C'est heureux.
Parfois d'autres architectes aident à trouver le noms d'autres. Ainsi sur la nouvelle passerelle Valmy de Dietmar Feichtinger de la Défense, une passerelle absolument remarquable toute de tensions câblées et de légèreté on nous donne là aussi les objectifs du chantiers, les prouesses techniques (ici je le répète remarquables) et on en profite pour nous dire ce que la passerelle nous offre comme point de vue. Au loin, Nanterre et les constructions qui étaient encore anonymes sur ce blog deviennent des constructions signées de Monsieur Kalisz. Et puis là aussi les architectes, les ingénieurs et les ouvriers au travail. J'aime ça.
Allez voir cette passerelle, elle résume à elle seule mon goût pour la structure, l'impeccable justesse des ingénieurs résumée dans une esthétique fine, délicate de trois petits pilotis et de la puissance de câbles tendus à se rompre. Ca tourne autour de la tour cylindrique, ça s'arqueboute sur le vide, ça offre de la ville c'est génial.
http://www.feichtingerarchitectes.com/
J'ai aussi vu dans la méthode de traits posés sur la vitre un bel exemple de l'exercice que fait réaliser Claude Lothier à ses élèves pour leur faire comprendre "le tableau" en perspective. Quand l'architecture du génie civil rejoint la pédagogie avancée...




jeudi 9 avril 2009

bien joué

Mais je vois que vous avez bien joué...
Je vous donne les réponses par ordre d'apparition :
Monsieur Jean Balladur, qui nous offrit bien loin de là la magnifique Grande Motte. Ici des logements rue de l'Ouest 75014 1968-1970. Il ne faut pas oublier de regarder les grilles et les volumes sculptures dans la cours : des must.
Puis voici Monsieur Zehrfuss et sa Tour Super-Montparnasse (où suis-je allé cherché le guerrier gaulois ?) rue Georges Pitard 75015 1966-1969. Une construction vraiment forte et puissante à la limite autoritaire : euh... j'adore.
L'immeuble à la façade moulée est l'hôtel Fouquet's Barrière par Monsieur Edouard François en 2006. Normalement mon dégoût pour toute tentative de fondre une construction dans un paysage devrait me faire bannir cette construction mais il faut avouer que c'est à la fois parfaitement fort d'un point de vue symbolique, curieux d'un point de vue constructif et irréel et ironique même d'un pont de vue conceptuel. Et surtout est remarquable la qualité des matériaux. Les huisseries de métal découpées dans la façade et raboutées sont remarquables.
Que photographie Sylvain ? Eh bien rien moins que le paquebot de Monsieur Pierre Patout boulevard victor 75015 en 1934.
On passe sous des rails et on trouve le Grand Pavois de Monsieur Fayeton et de Monsieur Herbert (1968) . J'étais tombé dessus un jour et je ne l'avais pas oublié. Je voulais le revoir. C'est jouissif. Il ne faut pas oublier de regarder à son pied il y a de nombreuses choses aussi à regarder : allez-y.
Thomas T qui donne sa langue au chat est comme nous... il ne sait pas ! Impossible de trouver le nom de cet architecte pour cette Tour Orphée absolument magnifique. On est rue Balard. Alors si vous trouvez un cadeau !
Surtout allez le voir et entrez dans le hall. C'est magnifique. C'est une barre blanche en courbe très sculptée et maritime aux balcons filant en façade. D'une blancheur radieuse. La salle des boites aux lettres, les plafonds aux œufs de plâtre, les marbres qui font sièges nous plongent dans une ambiance très seventies. On croit que Jean-Paul Belmondo va sortir de l'ascenseur avec Régine à son bras.
Alors notre guide d'architecture Paris 1900-2008 du Pavillon de l'Arsenal n'est pas parfait. Il a des manques comme celui-ci mais je le traîne depuis 4 jours dans mon sac, je fais des parcours et je n'arrête pas de me réjouir de sa densité, de sa justesse et de l'envie qu'il donne d'aller au pied des bâtiments. Bravo à son auteur Monsieur Eric Lapierre.
J'allais oublier et cela serait vraiment dommage l'immeuble de logements et la bibliothèque de Messieurs Proux et Jallat. Là c'est exactement ce que j'aime. C'est l'héritage de le Corbusier, c'est brutal et sculptural, c'est volumétrique, c'est un brin lyrique avec un béton plissé. C'est rythmé et c'est lisible dans ses fonctions. Je suis passé à côté je ne sais combien de fois en passant sur la dalle de Beaugrenelle que j'aime tant. Sylvain me proposa de passer dessous. Tiens ! pourquoi pas ! C'est un des lieux les plus étranges de Paris... Et en sortant Paf ! cet immeuble dont l'escalier magistral joue avec la cheminée de la chaufferie. Somptueux. C'est de 1968-1970. Et c'est dans le guide. Oui vraiment merci Monsieur Lapierre.

mercredi 8 avril 2009

5400 secondes

C'est le temps que me donne le Centre Pompidou pour écrire un message depuis mon ordinateur.
Je suis parisien pour quelques jours et je visite avec mon gros guide jaune à la main.
Hier 43 bâtiments.
Avant-hier un peu moins avec Sylvain mais quelques merveilles. Je ne peux pas tout vous montrer mais je vous propose quelques images et un petit jeu.
Je balance des images et vous cherchez les architectes. En fait j'ai oublié leurs noms et le guide est resté à la maison !)
Mais je donnerai les solutions !
On commence et là c'est facile, regardez bien ce jeu de courbes et pensez à la mer...

Là, pour cette tour mastodonte qui porte le nom d'un guerrier gaulois, allez vers la fin de l'alphabet...
C'est dans les beaux quartiers et la façade est le moulage d'une façade voisine...
Mais quel bâtiment photographie Sylvain ?... C'est un vrai paquebot... 
Et là, ce n'est vraiment pas loin du précédent...

Celui qui trouve le nom de l'architecte du hall de ce bâtiment aura un cadeau, même toi Sylvain tu peux jouer. Ce fut une incroyable découverte de Sylvain. Je vous dirai où ce trouve ce chef-d'œuvre à visiter plus tard...
Et enfin, une très belle barre sculpturale absolument superbe. Disons que ce quartier est en travaux et que c'est un des endroits que je préfère à Paris. Amusez vous bien... Et surtout promenez vous !


dimanche 29 mars 2009

Par internet, Berlin à nouveau

Le 7 mars je vous montrai des cartes postales d'églises de Berlin.
J'avais acheté ces cartes postales sur internet et ce correspondant avait bien compris mon intérêt pour l'architecture contemporaine et moderne. Il me proposa donc de poursuivre mes achats ce que je fis sans hésitation, vu la qualité éditoriale des cartes postales qu'il me proposait.
En plus de tout cela nous avons commencé à échanger menus propos et divagations. Il est heureux toujours, de voir que l'on peut ainsi "rencontrer " des personnes sur le seul motif d'un achat de cartes postales.
Yves Krier, c'est son nom a eu en plus des cartes postales que je lui ai commandées, la gentillesse de joindre à l'envoi un petit guide d'une des églises concernées, celle de St Canisius. C'est en allemand mais on y trouve des images et des plans. Nous avons ainsi bien le nom de l'architecte Monsieur Reinhard Hofbauer. 
Voici la double page des plans :



La carte postale de l'intérieur est reprise sur la couverture du livret. Le photographe est nommé, Monsieur Wienand Stockmann. C'est une très belle carte postale en véritable photographie d'une grande qualité. Beaux contrastes, belle lumière et cadrage superbe. On comprend bien comment la lumière arrive par les ouvertures laissées entre les arcs.


Voici un autre intérieur, celui de l'église St-Ansgar que nous connaissons déjà. La carte postale nous indique la localisation précise Berlin-Hansaviertel et le nom du photographe, Monsieur Harry Wagner. Là également c'est une véritable photographie. On reconnaît bien les ouvertures sur le côté gauche et on découvre le beau caissonnage du plafond. Rien ici d'ostentatoire, la blancheur permet de lire les objets du culte et les représentations religieuses. Une économie de décoration qui permet une parfaite lecture du volume.
Là aussi le photographe a fait un travail remarquable. Douceur et contraste se répondent.


La dernière carte postale est une image de l'église du Kaiser Friedrich Gedächtnis Kirche à Hansaviertel. L'architecte est le Professeur Ludwig Lemmer et la photographie est de Monsieur Arthur Köster.
Le clocher est superbe, il s'accroche à des volumes qui semblent industriels. On remarque des vitraux circulaires et surtout un très bel exercice de béton plié sur le toit qui forme auvent d'une grande finesse.
Là également une carte postale d'une grande beauté éditoriale et de conservation. Pas un pli, pas une cassure, pas une tache : un très beau document sur le renouveau de l'art sacré.
Tout cela laisse donc penser une belle vitalité allemande et berlinoise pour la construction d'églises juste après la guerre. Et cela sans nostalgie, sans regard vers le passé, pas de compassion architecturale. Une page se tourne et les fidèles la tournent dans des lieux de leur époque, des lieux esthétiques, modernes et parfaitement bien construits.
Un bel exemple.
Merci encore à Monsieur Krier.



samedi 28 mars 2009

Royan, vues de haut

Il y a longtemps que je n'ai évoqué la plus belle ville du monde après Brasilia : Royan.
Je cherche toujours des images où on la découvre en train de naître, des images du chantier. Les vues aériennes de l'époque sont souvent l'occasion de dénicher des petits et gros morceaux de cette ville en construction car les éditeurs de cartes postales, soucieux d'évoquer la ville, en prenant de l'altitude, savent donner l'impression que l'ensemble est constitué.
Peu d'évocation du grand chantier alors que la reconstruction apparaît partout comme jubilatoire, les éditeurs aiment mieux les maquettes (le rêve) ou bien l'achèvement (la réalité) que le transitoire !
Si vous avez dans vos cartons des cartes postales de Royan en chantier, église, casino et marché soyez assez gentil de penser à moi !
Alors voici :


En couleur, chez Berjaud pour Tito éditeur, le boulevard de la Grandière expédiée en 1955.
En haut à gauche le marché n'est pas construit mais les bâtiment de la grande conche qui donnent à Royan son plan, eux, sont bien présents. La poste également ainsi que la galerie marchande, lieu de rêve des enfants, bouées, bateaux à voile et ballons multicolores en pagaille ! (et cartes postales!)
On remarque tout de suite qu'une construction faisant angle n'est pas terminée. Dans le remarquable guide architectural de Royan 1950 de Monsieur Préaut, on nous indique qu'il s'agit de la maison de ville "hélianthe", Villa Counil due à Monsieur Salier architecte livrée en 1956. Cela concorde parfaitement puisque la carte fut expédiée en 1955.




Regardons maintenant cette belle carte postale Tito expédiée en 1956. La conche est bien construite mais le Casino sort à peine de terre. Quasiment qu'un tracé au sol. Si on regarde bien on devine au loin en face, la maison de ville "hélianthe est un peu plus avancée. Et il reste encore un toit à poser rue Gambetta.


Sur cette carte postale Gagy pour Artaud photographiée par Raymond Delvert Pilote Photographe (quel métier génial !) on voit bien le boulevard Aristide Briand terminé. Mais le front de mer lui, n'est pas terminé et ni le casino ni l'église ni le palais des congrès n'existent encore. Les terrains sont en friches.
Cette ville...
Royan.
Qui décidera enfin à y faire le ménage ? Sauver ce qui peut encore l'être...

Pour mes amateurs d'art sacré contemporain et moderne

Disons le tout de suite, il m'arrive de faire des achats sur internet.
Les boîtes à chaussures disparaissent des étalages de foires à tout et je gagne beaucoup de temps en cherchant sur des sites spécialisés.
Et puis si je veux trouver au moins une carte postale de chacun des monuments décrits dans notre guide vénéré, il est plus simple de procéder ainsi même si les surprises sont aussi toujours les bienvenues.
Alors voilà aujourd'hui je vous propose cela : Saint Rouin en Argonne sa chapelle.



Dans le guide il n'y a pas d'images mais la description laisse rêveur. Lorsque j'ai vu les cartes postales s'afficher sur mon écran j'ai su que je ne pourrais résister à cet achat !
Je ne dirais pas mieux que ce qu'en disent les auteurs de notre guide :

Et ce qu'en dit l'excellent ouvrage l'architecture religieuse contemporaine en France de Georges Mercier (mame éditeur) qui reste une référence pour tous les amateurs comme moi d'art sacré contemporain :



Les cartes postales ne comportent aucun nom d'éditeur, de photographe ni d'architecte. Pas de date non plus, seul un tampon indique Collection J.F.M.
On découvrira aussi qu'une artiste japonaise de 10 ans a réalisé une partie de la décoration, mademoiselle Kimié Bando.
Qu'est-elle devenue ? Si elle nous lit, qu'elle nous donne des nouvelles !
Bien entendu tout est réuni pour que j'aime cette architecture.
Béton brut de décoffrage à la limite formelle du cryptique, quoique bien ouvert, forme radicale et simple comme le meilleur de l'art roman, utilisation du Modulor, et c'est une chapelle.
C'est un petit bunker ouvert sur pilotis ce qui le rend un peu "radieux" et fragile. Monsieur Székély y a travaillé, ce qui ajoute à mon intérêt pour cet artiste et ce bâtiment.
Merci à Valérie Herran pour son message et ses informations.
Si sur Lyon vous avez le désir de faire des visites d'églises modernes et contemporaines allez ici :
http://confluences-lyon.cef.fr/spip.php?article109