dimanche 18 avril 2010

pointe Bic paysage

Notre cher stylo-bille pointe Bic bleue a su durant des années avec un appui modéré marquer les lieux.
Ici et maintenant.
L'encre sans rechigner se pose exactement sur l'endroit qu'il faut signaler et cela grâce aussi aux éditeurs de cartes postales sachant proposer des images faites presque pour ça.
Voici deux exemples rencontrés ce matin :




Sur cette édition Gilletta datée de 1976, Andrée et Tintin (?) ont signalé à Pierre leur lieu de villégiature.
Marina, Baie des Anges de l'architecte Minangoy, on connaît bien sur ce blog. On peut aller voir ici par exemple.
Je tiens d'ailleurs à redire que, oui, cela m'intéresse comme architecture même si notre guide vénéré le nomme à l'époque "le Sarcelles du Grand Standing", ce qui n'est évidemment pas gentil pour... Sarcelles !
On notera que l'architecte est nommé sur la carte postale.
Comme il doit être doux de descendre par un ascenseur en maillot de bain serviette sur l'épaule et après une bonne baignade, encore humide, le maillot bien collé, reprendre l'ascenseur et saluer gentiment ses voisins dans le plus simple appareil...
Oui, elle est bonne ce matin, non je ne peux pas vous rejoindre au tennis, j'attends mon beau-frère pour un apéritif dînatoire, d'ailleurs voulez-vous vous joindre à nous ? Vers 18h30, venez avec votre dame...
Et là, dans l'ascenseur entre le rez-de-chaussée et le 10ème étage une petite flaque d'eau salée s'est formée sur le sol...



Là ? C'est Tours et le nouveau quartier des rives du Cher.
Quand ? C'est 1970.
Nous sommes bien arrivés, il fait chaud, voici une vue du bâtiment où nous sommes au bout de l'avenue Gramont, ce bâtiment borde le Cher j'ai fait une croix sur la carte...
La carte postale Greff ne nous en dira pas plus.
Pas de nom d'architecte.
Cherchons.
Je trouve (difficilement) deux noms d'architectes possibles : Pierre Boille et Jean Hardion.
Ce qui est toujours troublant avec ce genre de programme c'est l'esprit parfois luxueux apporté aux alentours des immeubles. Des jardins à la géométrie très française, des jets d'eau et ... des parkings.
La proximité des voies routières aussi, passant au ras des tours et des barres !
A mon tour, 40 ans après, je pose une croix.

la récolte de ce matin...

samedi 17 avril 2010

explorama



Explorama c'est le titre de la nouvelle installation de Marc Hamandjian au F.R.A.C Haute Normandie.
Marc Hamandjian depuis quelques années maintenant nous propose des dispositifs de voyages réels ou fantasmés où importe autant l'image du voyage (son récit) que le véhicule qui permet de voir.
Le dispositif souvent met en place un objet de design relooké à l'envi jouant du bricolage le plus subtil au collage le plus brut.
Nous avons ainsi pu voir une Renault 4 véhicule lunaire aux hublots à la Hergé, un scooter Vespa devenu une draisienne streamline à la Loewy, des Golf emportant dans l'espace des caravanes occultées.
Toujours, jusque-là, ce goût pour une atmosphère rétro-futur mêlant les références de la science-fiction la plus débridée et populaire à l'analyse fine des moyens médiatiques dans un jeu humoristique, ironique et léger.
Je suis client.
Explorama soudain apparaît comme un virage pris un peu durement.
Des véhicules construits d'après des dessins de l'artiste hésitent entre modules lunaires, sièges Bauhaus ou matériels d'adaptation au handicap physique.
On pense aussi aux agrès des gymnases.
Le spectateur est invité gentiment à prendre place pour observer une projection vidéo, zapping d'images au montage difficile à saisir comme si votre grand frère jouait avec la zappette derrière vous sans vous demander votre avis.
C'est parfois agaçant, souvent drôle et relativement inquiétant.
Bien évidemment, il semble toujours amusant de tenter de retrouver soit une lecture narrative soit de saisir nos propres influences. (j'ai pu voir Star Wars !)
Chacun y va de ce qu'il croit saisir et aussitôt cela lui échappe, l'image sautant vers une autre.
Les engins sont soit à votre disposition soit en train de décoller ou d'atterrir suspendus dans l'espace du bâtiment et j'éprouve un sentiment de dilution.
Mais il est vrai que cet espace est difficile car son volume joue étrangement avec sa galerie supérieure.
J'aurais, si j'ose, Marc, préféré un rassemblement plus serré jouant du code par exemple des salles de jeux vidéo et de leur jeux alignés en rangs bien ordonnés.
Les cercles auraient formé en plus un tunnel, je crois, d'un bel effet, trouvant là une échelle architecturale, créant un lieu.
Mais on s'amuse toujours à voir qu'un écran, quel que soit son contenu, génère le désir d'un siège et du confort même au risque de l'abrutissement inutile d'un flot d'images.
Orange Mécanique est un peu loin mais heureusement.
Reste le fantôme du maître des lieux, celui qui diffuse et choisit, le pupitre n'offrant qu'un vide dont on ne sait s'il nous autorise à jouer ou nous contraint à subir.
C'est, je crois, finalement dans ce fantôme que tient la pièce. Dans cet espace vide du pupitre de celui qui dirige le flot sans que, à aucun moment on ne puise ni le rencontrer, le déranger ou encore le contraindre à cesser.
C'est là que peut-être pourrait se former la violence de cette installation faisant de l'artiste un démiurge, une sorte de chef d'orchestre.
A nous, à vous, de décider si le concert vous cloue dans votre siège, ici, siège récupéré sur des Renault Espace... Tout est dit.
Ne manquez pas de venir voir Explorama et de voyager ainsi assis et encerclés.
du 13 mars au 16 mai.
F.R.A.C Haute Normandie
3 place des Martyrs de la Résistance
Sotteville-lès-Rouen
ouverture au public du mercredi au dimanche
de 13h30 à 18h30.
Le voyage est gratuit pour tous !








Goulet (Turpin) sans Claude Parent

On sait sur ce blog les relations particulières qui lient la Société Goulet-Turpin et Claude Parent.
On sait que c'est cette société qui commanda les magnifiques centres commerciaux, pionniers du genre, à notre grand architecte (Sens, Reims, Ris-Orangis...).
Mais voilà que sur une carte postale bien marquée de son temps, au coin d'un petit immeuble de Coulommiers, je trouve l'enseigne Goulet sans Turpin.



On devine une petite épicerie de quartier, un marchand d'oubli.
Des cageots, des caisses de bouteilles sont rangés le long du mur derrière une Simca.
A gauche, une église qui justifie le nom du lieu, place de... l'église !
En allant me promener par écran interposé je retrouve l'immeuble mais l'épicerie a disparu.


L'immeuble a été ravalé et les arbres ont grandi. Toujours aussi peu d'enfants sur les jeux.
Mais le satellite me dit aussi que Coulommiers a de la chance car elle possède un quartier réalisé en jardins-gradins de messieurs Andrault et Parat.
On les devine bien sur le plan et comme un bonheur n'arrive jamais seul, on peut descendre et les apercevoir du niveau du sol.


Vraiment, Google Earth merci...

jeudi 15 avril 2010

Kittiwake Cards a very nice editor

Suite au retour de Claude Lothier de Boston, suite à sa remarque faite sur l'erreur d'attribution du bâtiment de Boston et suite à son contact pris auprès de l'éditeur Kittiwake Cards, ce dernier envoie à Claude quelques cartes pour le remercier de cette précision bien nécessaire.
Nous nous faisons, ce jour l'écho de ce remerciement.
Voici donc une partie des cartes postales envoyées par cet éditeur.
Il nous faudra répondre...
On remarquera de manière générale plusieurs choses sur l'édition. D'abord le choix du format légèrement supérieur au 10x15 cm traditionnel en Europe. Cela fait de belles images mais bigrement difficiles à ranger !
Ensuite le choix du mat qui, lui, emmène les photographies vers une classe de type : travaux artistiques, comme d'ailleurs le choix un peu démodé du bord blanc. Là aussi il est question d'une édition de qualité supérieure voulant jouer dans la cour de la photographie artistique.
D'ailleurs vu la qualité des cadrages et des prises de vue cela est souvent justifié. On notera au dos un texte toujours assez long qui raconte l'image. Ce texte situe l'objet et le commente avec donc parfois de petites fautes d'attributions.
Reste un formidable effort de qualité et de choix éditoriaux que je ne vois nulle part en France depuis la disparition des éditions Prestige.

Leonard P. Zakim Bunker Hill Freedom Bridge by the Swiss engineer Christian Menn...

Bates Hall, McKim Building, Boston Public Library, Copley Square

Bird's-eye view of Boston as seen from north in 1877

Trinity Church, Copley Square,
remarquez l'effet de maquette très curieux !

Colombus Avenue and Berkeley street, South End
Designed by architect Charles Bulfinch, the south End is the largest Victorian neighborhood in the United States. High above the South End's quaint streets rises the John Hancock Tower- the tallest building in the New England. Designed by I. M. Pei and completed in 1976, the Hancock towers 790 feet above Copley Square.

from boring to gripping


Je vous laisse deviner où nous sommes.
Avouez que c'est difficile de le dire non ?
Une Dauphine, une Ford nous sommes à l'Ouest. Oui.
En France ?
Non !
Allez, cherchez encore.
Disons qu'il s'agit pourtant (et comme nous allons le voir) d'un pays de très grands et célèbres architectes....
Un pays un peu secret...
Eh oui ! Alan ! Bravo ! tu devais reconnaître cela immédiatement ! Oui nous sommes en Suisse.
Difficile de le voir tellement cette carte postale semble nous proposer une image si typique des Boring Postcard. Nous pourrions vraiment être dans beaucoup d'endroits du monde au milieu des années 60.
Pourquoi diable le photographe a choisi ce lieu ? Pourquoi l'éditeur a envoyé son photographe ici ? Pourquoi Rémy a-t-il trouvé que c'était bien là une image représentative de Genève Carouge et a acheté cette carte postale ?
Cette indifférenciation (oulala ! quel mot !) du lieu, cette attention au cadrage sur un petit tunnel, cette distance prise avec les immeubles et la ville au loin, cette couleur gris bleu magnifique et généralisée sur l'image, tout cela en fait une superbe carte postale, une image d'une époque où la route, l'automobile, la vie moderne avaient un intérêt à l'image.
La ville ?
Genève donc.
La rue ?
l'avenue J. Vibert
Le lieu ?
Le quartier des Tours à Carouge.


Et ces tours justement... Lorsque l'on fait sa petite promenade sur Google Earth on les voit mal mais on comprend immédiatement par leur dessin et leur puissance que l'on est devant quelque chose d'important. Il faudra d'ailleurs un jour écrire sur ce phénomène qui fait que l'image d'un bâtiment selon son point de vue et son environnement le fait basculer lui aussi de l'ennui à l'intérêt.
La carte postale nous les propose comme des blocs forts et un peu durs, massifs alors que les images de proximité vous les ramènent en ne perdant rien de cet aspect vers la complexité d'un dessin et surtout une modernité affichée héritière de Le Corbusier.
Ensuite on cherche et on trouve que ces tours sont de 1958 !
Que les architectes sont messieurs Archinard, Barro, Brera, Damay, Mégevand, Schwertz et Waltenspühl. Ouf !
On trouve également des informations sur leur probable classement et sur aussi leur récente restauration.
Les suisses aiment aussi cette architecture. Les suisses la protègent. J'aime la Suisse même si, oui, la mer est un peu loin...
Pour finir disons que je n'ai malheureusement pas trouvé d'informations plus précises sur la conception des tours.
Et aussi disons que l'éditeur de cette carte expédiée lors du Salon de l'Automobile de Genève de 1965 est Jaeger à Genève.
J'oubliais... pourquoi Genève est-elle si peu photographiée sur Google Map et Google Earth ?

mardi 13 avril 2010

Arcueil, à l'œil et à la loupe



Bon, un coin de banlieue en photo véritable chez André Lecomte éditeur.
Des nouvelles du temps maussade sur Arcueil.
Pourtant, la carte postale nous dit le ciel bleu paisible.
Mais mon œil regarde surtout la boutique au coin, en bas de l'immeuble H.L.M Paul Vaillant.
La Laiterie Parisienne...
Je pense à cette France-là, que j'aime aussi.
Le coloriste ou la coloriste de l'éditeur ont choisi du jaune pour la robe de la jeune fille à l'entrée de la boutique.
Un point de couleur vive ici.
C'est bien.
Et à l'aide de mon compte-fil, une loupe, je regarde aussi les autres demoiselles qui attendent à l'entrée du magasin.



Mais on devait bien y vendre autre chose que du lait dans cette boutique ?
Qui se souvient ? Une épicerie, une boulangerie ?


Il me semble que j'arrive à lire William Saurin sur la vitrine...
Perdu au milieu des allées un tout petit bambin esseulé.


Nous sommes avenue du Général Malleret dans les années cinquante.
C'est loin à tous points de vue sauf celui magique de l'agrandissement comme Raymond Roussel et son roman "la vue".
L'œil fait le verbe.