vendredi 31 octobre 2008

du génie civil de Monsieur Fraleu


Hier et cela grâce à Alan et Benoît nous avons découvert que la Sous-Préfecture de Boulogne-Billancourt était dessinée par Monsieur Fraleu. Apprenant qu'il est surtout un architecte du génie civil cela explique peut-être le dessin surprenant de ce bâtiment. Je devrais bien connaître cet architecte car il se trouve qu'il a réalisé des ouvrages d'art dans ma région. Le Pont Mathilde de Rouen et le Pont de Brotonne qui enjambe la Seine entre Rouen et le Havre. Ce dernier est absolument magnifique. Je vous propose donc un petit tour en génie civil autour de Monsieur Fraleu.
Commençons par le local avec cette carte postale du pont de Brotonne. Il s'agit d'une carte publicitaire pour un hôtel, le Louv Hôtel au grand méchant loup (sic). La carte nous indique que le tablier est suspendu à 50m du niveau de la seine mais ne nous indique pas le nom de l'architecte. Ce pont date de 1977 et il semble que Monsieur Fraleu fut accompagné pour la réalisation de Monsieur Auguste Arsac.


Poursuivons avec le pont de Cheviré en Loire-Atlantique. La carte postale éditée par Miégeville-Deleville nous informe beaucoup : inauguré le 27 avril 1991 par le premier ministre Monsieur Michel Rocard. Architecte : Philippe Fraleu. longueur totale : 1562m, largeur : 24,60m et hauteur 50m.
Les photographies de cette carte ont dû être prises le jour de l'inauguration, le public est nombreux. J'aime assez le dessin des piliers et le collage étrange de cette poutre rouge qui doit être, elle, en métal (?).


Je finis avec les ponts par une carte postale étonnante; il ne s'agit pas d'une œuvre de Monsieur Fraleu mais de Monsieur Mascarelli. La carte postale est éditée par la Direction Départementale de l'Equipement de l'Aveyron, arrondissement interdépartemental des ouvrages d'art. Elle nous indique : autoroute A-75 image virtuelle du Viaduc de Verrières, vu depuis le point d'information chantier. Longueur totale : 720m, hauteur maxi des piles : 140m, début des travaux : Août 1998, délai d'exécution : 40 mois.
L'image de synthèse est produite par Groupe Composer, le nom de l'architecte est indiqué. La carte fut expédiée en 2002.
J'ai peu de ce type d'image prévisionnelle en image de synthèse. L'idée de projection dans le paysage est assez unique. Seule autre manière : la photographie de maquette !
J'ai dû rouler sur ce viaduc au mois de septembre...

jeudi 30 octobre 2008

Tournesol et sous-préfecture



Très rapidement.
Voici deux nouvelles cartes postales avec les soucoupes volantes de Monsieur Schoeller. Je ne chanterai plus mon admiration : vous aurez compris je crois.
Nous avons donc : une édition de l'Europe pour la piscine de Lambersart (59130). le nom de l'architecte n'est pas mentionné, la carte fut expédiée en 1978. C'est beau.
Nous avons aussi : une édition CIM de la piscine de Formerie (Oise), le nom de Monsieur Schoeller est cité. La carte fut expédiée en 1989. Ce plan est superbe et un garçon au maillot rouge vif sur la droite fixe le photographe.

Pour finir un échec.
Des heures à chercher le nom du ou des architectes de cette étonnante sous-préfecture de Boulogne sur Seine. Brutalisme un peu gauche, volonté de faire image, un rien de japonaiserie métaboliste et un superbe balcon en verre fumé pour que Monsieur le sous-Préfet arrangue la foule ?
On admire la pente qui arrive de très loin au fond pour conduire les autos, DS19, Cx prestige et R4 de fonction sur le parking.
C'est une édition Raymon "image de France" et j'adore ça.
Si vous savez qui a dessiné ça... faites tourner.

Marne-la-Vallée photographiée


Hier nous avons vu un ouvrage sur l'œuvre de Ricardo Bofill assez étonnant. Pourquoi ne pas continuer aujourd'hui avec une autre publication remarquable tant par l'objet visé que par la qualité éditoriale.
Il s'agit à nouveau d'un porte-folio sous forme de valisette transparente contenant un ensemble de photographies réalisées par Batho, Bricage, Dityvon et Sieff.
Une commande : faire des photographies de la ville nouvelle, chacun s'attachant à en donner son idée. Ce qui est intéressant par rapport à l'objectif (sans jeu de mot) de ce blog c'est bien évidemment la question du point de vue de photographes plasticiens contre ou avec les photographes d'éditeurs de cartes postales. On comprend en feuilletant les images que l'architecture y est souvent traitée soit comme un fond habité sur lesquels se découpent les gens mis en avant ou comme un registre dans lequel on cadre pour dégager des formes et des compositions souvent rythmiques et abstraites. Aucun ne s'interroge sur la valeur architectonique (comment c'est bâti), aucun ne recule pour saisir le construit dans un paysage dont il serait le formateur. L'architecture n'est pas l'objet mais le lieu. Bien évidemment, ce n'est pas le cas de tous les photographes plasticiens mais c'est bien ce qui se dégage de ce porte-folio, un attachement à ceux qui vivent là au risque d'atténuer la réalité physique et puissante (donc déterminante) de l'architecture. Quelque chose comme une sensualité, une politique qui ne pourrait se cristaliser que sur une proximité de l'objectif avec son sujet d'où parfois une matérialité baroque alliant les obliques et les grains de la pellicule.
L'ensemble laisse un sentiment parfois de clôture pour ne pas dire d'enfermement. On a parfois envie de voir enfin la ville pour ce qu'elle est même si les habitants, ceux qui vivent là sont photographiés avec beaucoup d'humanité, d'humour et avec un respect participatif.
Mais je ne comprends pas Marne-la-Vallée. Je ne comprends pas son plan, son échelle. Je ne sais rien des visées et des ouvertures. Je ne sais rien d'un cheminement possible, de l'alternance des vides (peut-être un peu le ciel) et des pleins.
Les photographes de cartes postales fabriquent des images. Il s'attachent à ce que l'on pourrait qualifier de fidélité à la réalité du bâti. De loin, plus c'est haut, ils captent la globalité contre le particulier de manière à ce que, croient-ils, chacun s'y retrouve, s'y projette, inventant ainsi la grille de la reconnaissance. C'est à la fois eux qui inventent et c'est à la fois les photographes les plus piégés du monde. Ils travaillent pour une idée de la photographie. Ils sont photographes de genre. Ce genre c'est un détachement, ils n'habitent pas là, ils sont souvent des photographes de passage et tirent le portrait de la ville comme on tire le portrait d'une classe à l'école. Chacun est à sa place. Mais justement c'est là dans un mélange subtil d'objectivité et d'enjolivement (mise en valeur, la ville est passée chez le coiffeur) que se situe la puissance de fascination de ce type d'images. Quand surgit le particulier, l'animation, l'incontrôlable et l'éphémère. Quand la surface bien lisse du papier couché se trouble légèrement du flou d'une automobile, d'un enfant qui fixe le photographe, d'un parterre de fleurs trop présent.
Je peux alors y aller. M'y installer depuis ma bibliothèque et être certain que si je fais le voyage, il ne sera pas ce que j'ai attendu, il ne sera pas un travail dirigé. Je veux dire que je ferai le voyage seul, sans un photographe pour me donner la main, pour pointer du doigt ce qu'il faut regarder ni qui il faut rencontrer.
Cette liberté m'est chère mais elle n'implique pas que je ne puisse pas aimer un autre type de photographie, celle qui se veut plus captive et prédatrice, celle d'une personnalité ayant quelque chose à dire de quelque chose à voir.
Dans ce porte-folio il est rare de voir les bâtiments de Ricardo Bofill, construction pourtant si photogénique. Ils ont renoncé à cette évidence, presque aux avances de l'architecture. Ils ont composé, rencontré et visé. C'est beau et émouvant.
Le porte-folio est édité chez BEBA en 1987. il ne faut pas oublier les textes de Harry Mathews et Valère Novarina pour lequel j'ai un attachement particulier, ayant réalisé à partir de son "Le drame de la vie" un travail lorsque j'étais étudiant aux Beaux-Arts de Rouen.
Voici : photographies de Batho.




Voici : photographie de Bricage.

Voici : photographies de Dityvon



Voici : photographies de Sieff.

mercredi 29 octobre 2008

Ricardo Bofill version luxe


Mon ami Olivier m'avait prévenu. C'est un gros truc.
Olivier avait chiné quelque chose qui pourrait m'intéresser.
Hier j'ai vu et je suis revenu avec.
C'est un gros truc, en effet.
Il s'agit d'un porte-folio édité par L'Equerre dont la conception est due à Annabelle d'Huart. Cela fut publié en 1981 et évoque plusieurs des réalisations de l'architecte Ricardo Bofill comme Marne-la-Vallée, Antigone et Saint-Quentin-en-Yvelynes. C'est luxueux, un brin pompeux mais terriblement incroyable et déjanté. Quelle idée !
Je n'arrive pas bien à comprendre la logique éditoriale d'un tel monument livresque. Publication pour remercier des partenaires de travail (politiques et entrepreneuriaux), auto-promotion glorifiante, vraie démarche d'hédonisme sur son propre travail ...
Je ne sais...
C'est évidemment plein de références classiques allant de la Cité Idéale de Francesco di Giorgio à Gaudi (en n'oubliant pas Donald Judd et Ledoux !!). On y trouve toutes les justifications du Monde et... on finit par y croire !
Ma visite récente à Antigone ne m'a pas laissé un mauvais souvenir. Souvent du théâtre je n'aime que le décor. Et puis il y a des jeux d'échelle, des faux-semblants, du regard dupé et la nique au modernisme faite un peu à la manière de learning Las Vegas. J'y vois les folies d'un Piranèse, les espaces d'un de Chirico. On cache (comme si c'était nécessaire) les escaliers dans des colonnes qui ne portent rien d'autre qu'une image de colonne et dans l'épaisseur enflée à l'extrême d'une chapelle baroque on installe des appartements. Oui.


Je vous laisse juge en regardant et en lisant quelques lignes de l'ouvrage. Pour ma part, je sens le début du commencement d'un vif intérêt pour ce cheminement. Je me souviens, qu'envers et contre tous, j'eus ce geste fondateur d'être le seul élève de ma classe de cinquième à lever la main à la question du professeur de géographie et d'histoire : "Quels sont ceux qui aiment la ville nouvelle du Vaudreuil ?"
Dois-je de la même manière, seul dans mon entourage et par esprit de justice offrir (en-a-t-il besoin ?) au moins un défenseur à Monsieur Bofill ?
Mon pied nu à la sandale germanique sur l'ouvrage est juste une manière de vous donner l'échelle. Quoique...




mardi 28 octobre 2008

trois piscines, deux architectes


Il y a bien longtemps que je possède cette carte postale de la Nuova Piscina coperta de Salsomaggiore en Italie. Très longtemps que j'admire cette structure dure, implacable et rigoriste parfaitement dessinée et puissante. J'avais déjà entrepris des recherches pour retrouver le nom de ou des architectes mais sans succès. Ce matin je remets ça sous l'ambiance sonore de deux neveux turbulents mais si sympathiques. Je ne renoncerai pas cette fois-ci, je trouverai.
Plus d'une heure après, oui, je trouve enfin une piste sur un site de thermalisme et d'hôtellerie italiens : Franco Albini et Franca Helg.
J'apprends.
J'apprends qu'il s'agit des architectes et designers parmi les plus grands de la rationalité italienne, rien moins que ça. Pourtant un doute demeure (très léger) quant à la réalité du dessin de cette piscine par ce duo. En effet le complexe thermal lui-même est bien repéré mais la piscine est rarement évoquée. Tout de même...
Mais pourquoi aucun site d'architecture ne propose la réponse directement sous Google ? Quels sont les méandres du logarithme qui va chercher si loin ? Une fois les noms de Franco Albini et Franca Helg découverts, il devient possible de recoller les morceaux. Etrange.
Mais enfin, c'est fait, c'est classé. La carte postale est une édition Rotacolor photographie de Crovini.

Je n'aurai pas cette chance avec les deux autres piscines dont les architectes resteront inconnus. Pourtant il est beau ce plafond courbe en lamellé-collé qui semble sans appui. La surface couverte a l'air incroyable, si on prend garde à chercher les murs on va très loin au fond. C'est même assez incroyable, cela laisse penser un peu à un triangle reposant sur les pointes. Il s'agit de la piscine de Große Kreisstadt Sindelfinden/Württ (sic).

Finissons avec la piscine de Goussainville montée sur rails et qui semble s'ouvrir aux beaux jours. C'est bien moins élégant que celles de Monsieur Schoeller, entre un bâtiment agricole et un gymnase bon marché mais sûrement que cela devait être drôle de voir cette structure en mouvement. La carte est une édition Abeille en couleurs naturelles photographiée par Rolf Walter.
Les piscines sont toujours des morceaux de choix pour les architectes. Vous ai-je déjà parlé de celle de Monsieur Taillibert à Deauville ?

lundi 27 octobre 2008

à l'est du gradin



Voici deux cartes postales de régions situées un peu à l'est de l'Europe et qui prouvent le goût pour une architecture en décrochement, en gradin, en marche d'escalier. Je sais peu de choses sur l'une et l'autre, les deux images étant intitulées en cyrillique ou en anglais.
Je commence avec l'Hôtel Pomorie, carte expédiée en 1984 vers la D.D.R. C'est un hôtel situé en Bulgarie qui existe toujours. On remarquera que les occupants des chambres font pendre leur linge aux fenêtres (pas de service lingerie dans cet hôtel ?) à moins qu'il ne s'agisse que des accessoires de la baignade sous le porte-à-faux incroyable de l'Hôtel ! Je n'ai pas le nom de l'architecte. C'est puissant non ?

Le Recreation Home KPVDSz of the Trade Unions (!?) nous vient de Budapest. On devine dans le K le parti communiste. La photographie fut prise par Gabler Csaba et c'est imprimé par Offset-Nyomda. Pas de date. On devine un lieu de villégiature pour les apparatchiks du Parti. C'est élégant et sans surprise et on devine un jeu de coursives permettant de passer par l'extérieur pour rejoindre les étages.
Pas de nom d'architecte.
Que sont devenus ces bâtiments ? Des lieux de villégiatures plus libéraux et privatisés par des Club Med locaux ?

samedi 25 octobre 2008

j'adhère à l'ADER

Je viens de trouver le site de l'Association de défense de l'église de Royan.
Je viens donc d'envoyer ma souscription.
Si vous aimez ce lieu, si vous aimez ce bâtiment, si vous aimez Royan, si vous aimez le béton lyrique et puissant, si vous aimez l'idée que vous pourrez toujours voir cette église de Monsieur Gillet, alors vous allez adhérer. Il ne vous en coûtera que 20 euros et comme vous êtes généreux, puisque vous aimez l'architecture, vous ferez en plus un petit don qui vous sera déduit de vos impôts...
ADHEREZ MAINTENANT !!
http://www.notre-dame-royan.com/contact