mardi 20 mars 2012

Ris-Orangis : un centre commercial Monument Historique ?


Cela ne vous rappelle rien ?
Oui.
La demande de classement du centre commercial de Ris-Orangis dessiné par Claude Parent vient d'être envoyée officiellement ce jour.
C'est donc un beau jour !
Ce dossier contient une lettre de demande, des images d'époque, des images de l'état actuel, des textes dans lesquels la construction est évoquée, la situation et les plans.
Je dois dire immédiatement que cette demande est faite avec le soutien du gérant actuel de l'Intermarché de Ris-Orangis Monsieur Prost-Romand.
Une carte postale est déjà éditée et sert de pétition. Elle est distribuée, envoyée gratuitement à toute personne désireuse de nous soutenir dans cette action citoyenne.
(me contacter par courriel)



Le centre commercial de Ris-Orangis est beau, incroyablement articulé. Il est certes moins représentatif de la Fonction Oblique que celui de Sens mais sa volumétrie est cryptique comme Sainte-Bernadette du Banlay. La jonction du parking au magasin s'opère par une passerelle qui est, à elle seule, une sculpture.
L'ensemble est en bon état et même en cours de ravalement. Le centre commercial participe pleinement à la vie de son quartier. Il appartient à tous, aux amateurs d'architecture contemporaine, aux usagers, au Patrimoine de la ville de Ris-Orangis.
Il mérite d'être protégé et révélé à nouveau. Il mérite de faire histoire et modèle dans une France qui aujourd'hui laisse les boîtes à chaussures garnir des ronds-points dans des zones commerciales voraces et hideuses. Claude Parent a su faire de ce programme une œuvre, un cheminement, un morceau de ville. Il a offert à la ville de Ris-Orangis une construction superbe, modeste et ardue.
C'est ce que nous voulons défendre. Cette audace simple d'un architecte au travail, d'une pensée de l'espace urbain.
Toutes les énergies sont les bienvenues. Aidez-nous. Envoyez une carte postale, un courrier à la DRAC Ile-de-France. Faites comme vous voulez. Je compte sur vous mes lecteurs et lectrices fidèles !
Preuve de son inscription dans l'histoire de la ville cette carte postale Raymon :



On y voit le Hameau de la Roche et le Domaine de l'Aunette mais on y voit surtout le centre commercial de Monsieur Parent !
J'agrandis :



Et comme les cartes postales sont pleines de surprises, au verso de celle-ci le correspondant écrit (et je n'invente rien) : "faire plaisir voilà un vrai plaisir".
Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire...
Pour ceux qui voudraient voir, voici quelques images :






La couverture de la revue "la galerie des Arts":






dimanche 18 mars 2012

C'est sacrément moderne !

J'aime bien le dimanche vous montrer des églises...
N'y voyez là aucun prosélytisme, mais plus sûrement une manière d'accorder le jour au lieu. Une église ça vit et se regarde tous les jours.
Alors il nous faut bien choisir. Je choisis le dimanche. "Les enfants s'ennuient le dimanche, le dimanche les enfants s'ennuient, en knickerbockers ou en robes blanches, les enfants s'ennuient le dimanche."
On va visiter des vieilles connaissances ou en faire de nouvelles.
Allez ! Trêve de baratin ! On y va ?



On retrouve la Kaiser Wilhelm Kirche de Berlin par Egon Eiermann architecte. Cette carte postale donne toute la mesure du travail des vitraux. Ne dirait-on pas un cristal mystérieux ?
On retrouve la même église ici :



Observez comme les deux photographies donnent des échelles différentes à la tour parfois aussi haute que la ruine de l'ancienne église et parfois bien plus petite !
Vous aimez le brutal ? Allez on retourne en Suisse !





Nous voici de retour à Hérémence devant sa superbe et incroyable église par Walter Förderer architecte. Que dire ? C'est absolument tout ce que j'aime !
Deux cartes postales de l'incroyable Basilique souterraine St Pie X à Lourdes qui permettent de voir l'avancement de l'aménagement de la Chapelle Pax-Christi.




Observez les beaux modules en métal doré qui pourraient bien être de Sculptura-Panels !


Allez à Lourdes pour voir cette Basilique, c'est proprement ahurissant ! Les deux éditeurs nous donnent bien le nom des architectes Pierre Vago, Le Donné et Pinsard.
Une carte postale très rare je crois :



Vous reconnaissez cette église, il s'agit de Notre-Dame de Royan par Guillaume Gillet, architecte. Mais ce qui fait sa rareté, c'est que la photographie fut prise lors d'une messe ce qui est très très rare dans ma collection d'Art Sacré où dans la très grande majorité des cas les églises sont vides. Nous devons cette carte postale à Cap-Théojac éditeur et le très beau et sombre cliché à J. Sierpinski le photographe. Merci.
Pour finir en beauté :



Nous sommes à Ermont dans le Val d'Oise devant l'église Saint-Flaive d'Ermont. Avouez que décidément nos villes regorgent de merveilles d'Art Sacré moderne et contemporain !
Si la forme globale n'est pas sans évoquer l'église de Vandœuvre-lès-Nancy le jeu des ouïes de béton sur la façade est bien original.
Quel beau travail ! On le doit à Gilbert Faux son architecte. L'église date de 1964.
Les amateurs de belles impressions noteront que la carte postale Yvon est imprimée par Draeger en Procédé 301... une autre merveille !
Bon dimanche à tous !

samedi 17 mars 2012

Algérie : événements volume 3

Il s'agira maintenant en regardant des cartes postales d'Alger provenant de la correspondance de mon père de tenter de saisir un point de vue.
Il s'agira de ne pas trop vite croire en ce qu'il raconte d'une tranquillité qui serait celle des images de ses cartes postales et de savoir aussi reconnaître dans cette correspondance une manière de réassurance.
Il s'agira aussi depuis quelques clichés tirés de l'album algérois de ce père soldat, de regarder la ville d'un point de vue plus étrange (même délicat, un rien difficile) pour moi.
Non pas que les images soient particulièrement dramatiques mais ce corps couvert d'un uniforme et en compagnie d'autres quasi identiques, ce corps est bien celui de mon père.
D'abord ce qu'il montre dans le temps réel de son expérience avec ces deux cartes postales d'Alger, toute deux envoyées le même jour et datée du 28 janvier 1960 :



Envoyée à ses parents (mes grands-parents donc) cette vue du Boulevard de la République et des quais.
Rien de cette carte postale bien évidemment ne peut dire quoi que ce soit de ce qui se passe. Il s'agit donc bien d'une image vide, désarmée. Elle pourrait même dans le grand nombre de tirages de son édition se perdre à l'histoire comme un cliché mal venu de la ville. Mais la correspondance dans son contenu et son contenant en fait une carte postale vivante et vibrante, presque intouchable.
J'imagine mon père achetant cette carte postale pour ses parents. Sa projection de leur inquiétude, le désir de les rassurer et aussi de s'en approcher. Choisissant sans doute également une carte la plus neutre, la moins dramatique possible, comme celle qu'il aurait choisie s'il était en vacances pour que ce lien soit un lien rassurant.
Dans quelles conditions d'ailleurs ce courrier de militaire était-il effectué ? Sur quel temps pouvait-il faire cet achat ? La carte postale n'a pas été timbrée et possède un tampon en forme de T et l'inscription F.M. (Force militaire ?)
Voyons le texte : " Nous y sommes. Tout est tranquille et le soleil brille. La vie est belle. Bons baisers. Jean"
Nous y sommes dit bien qu'il y a là quelque chose. Ce n'est pas je suis bien arrivé. Le nous dit la troupe, le contingent, le groupe. Tout de suite il relativise avec tout est tranquille qui, dans le même temps qu'il dédramatise étrangement appuie le fait que cela est curieux et que c'est bien le contraire qui pourrait être attendu. Mon père finit avec ce soleil qui brille et la vie est belle qui me laissent totalement perplexe ! Humour noir, réalité étrange finalement d'une situation inconnue, plaisir possible d'une vie un rien aventureuse ?
Je ne sais pas.
Ce qui me touche c'est bien qu'il signe Jean. Jean étant une partie de son prénom et celui de son père. La carte à la main, ma grand-mère a dû plus certainement dire : " Y a une carte de Jeannot qui est arrivée ce matin"
L'autre carte postale :



La carte des éditions Combier nous montre la Poste, la rue Michelet et la rue d'Isly à Alger donc.
Envoyée à son cousin, elle possède pour ce qui est de l'image les mêmes propriétés d'indifférences aux événements que la précédente. Nous admirerons après tout la très belle Poste et les rues animées de la ville colorisée.
Mais voyons la correspondance : " Je pourrai dire à mes petits enfants "j'y étais" mais pour l'instant nous sommes consignés au port. Luxe suprême nous avons eu une douche. Le soleil brille. La vie est belle. Jean "
On retrouve la même fin. Ce qui là fait un point dur pour moi c'est l'évocation des petits enfants... qu'il n'aura jamais connus. Mais pourquoi pas les enfants ? Car, enfin, il admet possible de raconter cette expérience à la génération des petits enfants et non à ceux de ses enfants !
Enfants qu'il n'avait pas d'ailleurs à ce moment-là puisque nous n'étions pas encore nés ! Il joue donc au vieux soldat racontant sa bataille ! Il s'amuse aussi de la situation délicate de la douche et le luxe indique bien le manque. Il dit d'une certaine façon bien plus de choses sur les raisons de sa présence là-bas à son cousin qu'à ses parents. Lire entre les lignes est plus aisé ici.
Un peu plus tard :



Le 2 février 1960, jour de son anniversaire, il a tout juste 22 ans (je tremble) il dit à ses parents : " J'ai campé 3 jours à la place marquée par la croix. Pour moi la "guerre d'Alger" est finie, je retourne un mois au bureau o(?)P/ville. Ecrivez-moi au SP 87420. Bon baiser. Jean"
Beaucoup de questions. Pourquoi camper ainsi en ville ? Quel type de campement ? Que veut-il dire par guerre d'Alger ? Pourquoi est-ce la fin pour lui ? Revient-il en France à ce moment-là ?
Et ce code SP 87420 ?
La carte postale des éditions Jomone est bien marquée d'une croix ici :



On retrouve la Grande Poste.
La réalité :



Ce dos est bien celui de mon père, c'est lui qui l'indique au verso du cliché. Il fait l'écoute radio et indique à gauche les deux antennes.
Que regarde-t-il ? Est-il parfaitement concentré dans sa tâche de militaire (9ème Régiment de Combattants Parachutistes) ? Pense-t-il aux cartes postales qu'il vient d'expédier ? A sa Vespa restée à Caudebec ?
Je plonge mes yeux dans les détails de sa nuque, ses cheveux courts, son appui sur le rebord de cet immeuble inconnu. J'aimerais bien tenter de retrouver ce lieu.
Une autre photographie :



Ce jeune militaire n'est pas mon père. Au dos du cliché, celui-ci indique " chacun veille de son côté". L'œil vers le bas, le militaire semble bien surveiller, être attentif. Un autre immeuble blanc et moderne a aussi droit sur sa terrasse à des militaires en action.
Est-ce ici le même soldat ?



Et comment diable mon père avait-il le temps et le droit de faire de telles images ? La seule choses qu'il nous racontait à nous ses enfants de ce moment était qu'il était "photographe militaire" sans jamais nous en dire davantage sur ce rôle et cette fonction. Il est d'ailleurs revenu avec un appareil Foca à la lentille faussée par le sable nous disait-il. Il avait aussi dû abandonner à son retour une quantité de pellicules lors de son embarquement sur les ordres militaires...
Mais comment l'ensemble des images de cet album ont pu, elles, passer ?
Pourquoi demander à un appelé parachutiste de faire des photographies ? Si des anciens du 9ème R.C.P. ont les réponses...
Je vous montre deux autres images de ce moment de surveillance de la ville d'Alger :



De mon père, je ne vous montrerai que cette photographie :



Il est appuyé sur son Vespa militaire qui nous faisait (eh oui...) rêver, enfants. Il appelle ce Vespa son cheval de course. Dans sa main, un détail m'amuse. Il tient l'étui en cuir de son Foca. Qui prend la photo ?





Je dédie cet article à tous ces visages algériens et aux appelés du contingents qui sont réunis dans cet album. Leurs ombres partagent les pages, les composent en histoires pour moi inconnues. Je les garde encore un peu au secret.
Les anciens du 9ème R.C.P qui auraient une ou des histoires sur mon père à me raconter peuvent évidemment le faire. Merci.

Algérie : événements volume 2

Poursuivons encore notre visite d'Alger avec certainement l'une des plus emblématiques réalisations du grand architecte Fernand Pouillon, la Cité de "Climat de France" :


Les éditions Jomone nous montrent l'ensemble d'un peu loin mais bien inscrit dans son paysage de vallons. On devine que l'ensemble est encore en travaux et sa puissance est déjà bien marquée.
Fernand Pouillon compose là une œuvre magistrale, une sorte d'accomplissement rigoureux, massif, abstrait. C'est envers et contre tout que Climat de France semble exister. A la fois parfaitement sensible à la topographie, aux ensoleillements, aux ombres, aux cheminements et donc aux hommes, Climat de France fait partie de ces ensembles architecturaux qui s'imposent comme l'étrangeté superbe d'un cube de marbre sur un caillou.
C'est une sorte de cristallisation du terrain. Le vocabulaire d'un classicisme solide et éprouvé (colonnes, portes monumentales, agora...) est au service d'une architecture presque précieuse faite de pierre de taille, de mesure et d'ambition : offrir la beauté et y vivre.
Certains diront sévérité, mise en scène mais l'espace ici est bien à l'échelle de l'homme, quelque chose qui le grandit.
Une nouvelle fois le site consacré à l'architecte vous montrera des images et des textes qui bien mieux que je ne le fais vous aideront à comprendre cette architecture. Allez voir.





Algérie : événements volume 1

Puisqu'il s'agit d'un anniversaire, puisque cela touche aussi à une toute petite et peu connue histoire familiale, je vous propose un week-end algérien et algérois.
On verra qu'au-delà des drames terribles, des peurs et des réserves pudiques, il reste dans le ciel et sur la terre des constructions superbes, rares, qui disent l'architecture comme un trait d'union pour moi étrangement sensible.
La guerre d'Algérie a laissé à la maison un album de photographies.
Celui d'un appelé du contingent : mon père.
On essaiera de voir si ses yeux sont encore dans les miens. Et depuis des points de vue aux potentiels divers et graves, on pourrait parler ensemble, sans crainte ni jugement hâtif d'un événement. On le fera par ses images, par les cartes postales car la parole entre le père et le fils sur ce sujet au moins n'a jamais pu (et ne pourra plus) exister.
D'abord simplement :



Cette superbe carte postale de l'immeuble Mauretania aérogare d'Air France est de l'éditeur Jomone.
Quel point de vue extraordinaire !
Quelle construction !
L'articulation des deux volumes, les angles ainsi forcés, la contre-plongée, forment une photographie et une carte postale d'une modernité rigoureuse que l'architecture porte d'elle-même.
Ici la coloration discrète ne gêne en rien bien au contraire la lecture de l'architecture. Le ciel délicatement bleu-gris, les bandes des stores relevés d'un ocre orange font surgir un peu plus les lignes de la constructions.
Sur la carte postale deux croix indiquent les bureaux où travaille le correspondant qui se désole que : "La perspective prise comme ça n'est malheureusement pas très jolie."
Nous ne sommes pas d'accord.





Le Mauretania a eu droit à deux publications dans Architecture d'Aujourd'hui. Le premier article date de décembre 1952 et montre le projet qui semble bien différent de la construction réellement édifiée. Même le nom des architectes a été un peu modifié puisque ce premier article indique Messieurs Georges Bize et Jacques Ducollet alors que l'autre article indique Messieurs Bège et Ducollet.
Je vous donne quelques extraits des deux numéros de AA, numéro décembre 1952 :






numéro 60 de juin 1956 d'Architecture d'Aujourd'hui:





cliquez pour lire :


jeudi 15 mars 2012

brutalisme Air France

On pourrait à juste titre je crois, définir une partie du brutalisme architectural en suivant l'héritage de Le Corbusier et notamment les maisons Jaoul.
On pourrait définir cela ainsi :
Formes simples mais solides = romanes
matériaux visibles et utiles
esthétique pauvre sans décor ni camouflage de la pauvreté
massivité et économie de moyen
subtilité des espaces, des circulations
accord à la nature
mise en avant du programme
architecture du toucher, du grain.
On pourrait trouver que tout cela conduit la définition vers des termes négatifs, repoussoirs. C'est un peu vrai mais tout est sauvé par le dessin, l'intelligence du programme et son exploitation maximum, la contrainte économique et l'utilisation des matériaux à leur juste raison.
Je le répète : le brutalisme architectural a beaucoup en commun avec l'art roman.
Essayons de regarder par exemple cette très belle architecture que nous connaissons déjà, le village de vacances provençal du comité central d'entreprise d'Air France par A.U.A architectes.
Regardons cette carte postale des éditions du comité par R. Trouilhet son photographe :



D'abord deux voûtes simples aux arcs peu ambitieux mais solides d'une grande finesse de structures mais épaissis sur le fronton. La brique est laissée apparente et contraste avec le béton brut et même un rien rêche. L'ensemble est en appui sur des parpaings juste crépis de blanc dont les joints sont laissés apparents. Ils disent ce qu'ils sont. D'ailleurs cela dit également la légèreté des voûtes puisqu'une seule épaisseur suffit à les porter à leur jonction. L'appui extérieur est lui en épaisseur et forme une corniche le long du mur porteur.
Seule concession décorative, la claustra sous la voûte de gauche. Alternance de vides et de pleins faite de parpaings posés en un damier ouvert.
La cheminée (?) indiquerait que ce petit morceau d'architecture serait une sorte de cuisine extérieure pour barbecue. On devine des bancs de béton à l'intérieur. Le dessin de la cheminée est à lui seul un résumé de cette architecture mêlant sophistication du dessin caché sous une simplicité des matériaux. La brique aussi ici porte le béton qui se plie pour faire signal. Un bien bel objet, un bien beau détail qui démontre l'attention des architectes à faire une œuvre.
Tout cela forme un jeu remarquable d'espaces à la géométrie solide sous l'œil, raide au toucher, abrupte comme un rocher au creux naturel sur lequel on pose ses fesses lors d'une promenade. On le croit naturel alors qu'il est juste.
Équilibre entre nécessité et préciosité.
Une vraie architecture.




mercredi 14 mars 2012

Pierre, Pierre et Vera Vera

Chamrousse a de la chance.
Depuis deux cartes postales, nous allons retrouver le travail de Pierre Szekely que nous suivons fidèlement sur ce blog.
On sait ici les qualités d'approches de l'architecture par ce sculpteur prolifique, on sait comment il a su faire des œuvres praticables à toutes les échelles, celle des enfants grimpeurs ou des alpinistes de banlieue.
On aime Pierre Szekely aussi parce que son registre formel est parfaitement inscrit dans son époque mêlant une utopie joyeuse et des références évidentes à Brancusi ou Jean Arp .
Alors, une fois de plus laissons-nous par les cartes postales surprendre par un travail si riche et particulier.



Il s'agit là du Totem du village de Bachat Bouloud à Chamrousse donc. L'édition de la Cigogne pose la sculpture dans la gauche de l'image pour nous donner à voir le paysage enneigé. Difficile de lire l'échelle de cette sculpture mais aidez vous par les traces de skis au sol...Oui c'est très grand !
Un peu rapidement on pourrait penser à une œuvre abstraite mais bien vite le dessin et les couleurs nous laissent lire une sorte d'ange ou de personnage assis et ailé. J'adore ça !
Belle polychromie, dessin épuré, la sculpture semble surtout être très lisible ainsi de coté. Elle réalise fièrement son travail de signe, de repère. Il s'agit bien d'un totem. L'enfant a écrit dans le ciel sans l'abîmer puisqu'il écrit en bleu. C'est un peu appuyé, Gérard a perdu son D. Je vous mets le verso, c'est truculent ! " mamuse bien stop...envois le soleil stop...gros mimi. stop et point final. Denis "
On notera que la carte postale nomme Pierre et Vera Szekely.
Toujours à Chamrousse :



Nous sommes au centre familial de vacances "renouveau". On remarque immédiatement un traitement d'un mur de béton particulièrement bien dessiné et percé d'ouvertures étonnantes sur une architecture qui, depuis cette image, ne nous apprend pas grand chose. Dépasse de ce mur une chose curieuse, une girouette que l'on devine de métal.



Il s'agit bien pour le mur comme pour cette girouette de cheminée d'une intervention de Pierre Szekely sur une architecture de Henri Mouette. Le site consacré à Monsieur Szekely nous en donne une image superbe de Pierre Joly et Vera Cardot et bien plus parlante quant aux qualités plastique de la réalisations.
Et...miracle des cartes postales, celle que vous avez sous les yeux est également un cliché de Pierre Joly et Vera Cardot. Quand la qualité architecturale s'orne de la qualité sculpturale pour être photographiée par la qualité photographique...On tient certainement une belle chose.
Il s'agit d'une édition des Nouvelles Images expédiée en 1973.
Nous avons donc dans cet article deux Pierre et deux Vera !
Pierre Pierre et Vera Vera !