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vendredi 1 août 2008

Royan, j'arrive






C'est l'amour fou.
C'est l'inverse des derniers messages de ce blog. C'est un plan d'urbanisme intelligent, ce sont des chefs-d'œuvre d'architecture. C'est une vraie leçon.
Alors je vous rabâche les yeux, et pour certains les oreilles avec cette ville pourtant en partie défigurée par un laisser-aller commercial et politique (tiens, ça va ensemble...) qu'il faudra bien reprendre en main un jour. Qui aura le courage de chasser les marchands du temple sous les bâtiments du front de mer ?
Mais Royan prend conscience depuis peu de ce qu'elle est. Il semble qu'un renouveau se fait jour. La restauration de Notre-Dame et du marché couvert, le projet de remettre le palais des congrès dans son état d'origine, projet que j'aimerais tant voir et suivre, sont des signes de ce renouveau. Il faudra encore se demander si la Poste, la maison Prouvé, et les nombreuses villas 1950 ne continueront pas à être dégradées, oubliées. Mais Royan ouvre son musée. Il est petit mais dénote de l'intention d'un vrai regard sur le patrimoine. On peut y voir des maquettes, photographies et des expositions sur les années cinquante. C'est modeste mais de qualité avec un vrai accueil. Le bâtiment qui l'abrite vaut à lui seul la visite. Il est situé à Pontaillac. On peut y trouver... des cartes postales de Royan dans une très belle série intitulée architecture Royan 50 aux éditions Bonne Anse. Il faudra poursuivre cette série.
Je vous montre donc : le musée lui-même qui se tient dans l'ancien marché de Pontaillac. La vue de nuit permet de saisir la structure légère et élancée comme un papillon du bâtiment. La restructuration est remarquable, voilà un bel exemple de ce que le renouveau royannais pourrait produire de meilleur. Bravo. L' architecte est Monsieur Basalo et l'ingénieur Monsieur Bancon. La construction est de 1958.
La deuxième carte est une image de la si célèbre villa "grille-pain". Chaque fois que je vais à Royan, je passe la voir. J'ai l'impression que je vais rencontrer Monsieur Arpel ou son beau-frère Monsieur Hulot. Elle fut dessinée par Monsieur Marmouget qui fit tant de belles choses à Royan.
Enfin la dernière carte nous montre les brise-soleil de l'îlot 83. Toujours de Monsieur Marmouget c'est aussi une icône de Royan mais une icône un peu cachée et pas en très bon état. J'espère que depuis ma dernière visite cela s'est amélioré. C'est un peu avec cette construction que l'on peut voyager vers Brasilia...
Merci à Monsieur Antoine-Marie Préaut pour toutes les informations contenues dans son indispensable guide architectural Royan 1950 aux éditions Bonne Anse décidément si admirablement présente. Cet ouvrage est un beau guide et un beau livre pour parcourir, découvrir et aimer Royan. Un travail revigorant et préfigurant un retour possible d'un goût pour ce patrimoine.
N'oubliez pas la visite du musée de Royan :
INFOS PRATIQUES:
Musée de Royan / (Ancien marché-Pontaillac)
31, avenue de Paris
17200 Royan
Ouvert tous les jours sauf le mardi.
Tél./Fax : 05.46.38.85.96

lundi 1 octobre 2007

Royan Royan Royan





J’ai fait une folie.
J’ai acheté une carte postale très chère chez un marchand, chose que je me suis toujours interdit de faire estimant qu’une carte postale semi voire moderne ne doit pas excéder les 50 centimes...
Pingrerie sûrement...
Mais voilà Royan, Royan, Royan.
Que vous dire d’autre.
Alors lorsque je tombe sur une carte représentant le chantier de la reconstruction de ma ville, je cède et dépense l’équivalent outrageux d’un paquet de cigarettes pour une image et fébrile l’œil humide la main tremblante je regarde ce que je ne suis pas censé avoir vu (bien trop jeune). A l’aide de mon compte-fil (loupe) je me promène au-dessus de ce chantier.
Le plan est déjà posé et le boulevard Aristide Briand nous conduit vers la mer. La grande conche est ceinturée et rapidement on pourrait penser que Royan est construit.
Mais il manque quelques chefs-d’œuvre. D’abord en bas de l’image le marché (achevé en 1956) n’existe pas encore, le beau coquillage blanc n’abrite pas les forains. Puis si on remonte le boulevard aux arbres bien minces et un brin freluqués, le portique qui réunira les deux corps de bâtiment de la grande conche n’est pas construit ce qui, étonnement, nous ramène à aujourd’hui puisqu’il fut détruit par la bêtise.
A sa gauche, et le rejoignant dans son destin, le casino n’est lui non plus pas construit, à la place un bâtiment provisoire prend la place mais avec infiniment moins d’allure que le casino qui sera construit bientôt (inauguré en 1960). Ce casino sera pendant une trentaine d’années une merveille d’architecture légère et colorée des années cinquante avant qu’à nouveau la bêtise...
Encore un peu plus à droite l’îlot de l’église Notre-Dame est boisé et rien ne laisse penser à l’érection d’un grand vaiseau audacieux de béton. Un peu plus loin, le Palais des Congrès est lui aussi absent et il ouvrira sa grande fenêtre sur la mer quelques années plus tard.
C’est étonnant pour moi de penser Royan ainsi et je me promène un peu avec ma mère évoquant la visite de sa ville natale au tout début des années cinquante comme un grand champ laissant apparaître les sols carrelés des maisons bombardées et l’invasion des plantes dans les ruines. Une tristesse infinie...
Mais elle se relèvera fièrement la ville aidée par de grands architectes dans une émulation un peu brésillienne et puis les années 80 l’ont à nouveau éreintée.
Aujourd’hui il semble que les choses aillent un peu mieux. Surveillons les maires et leurs ambitions et le populisme et sa bêtise...
Si vous aimez Royan comme moi ou si vous ne comprenez pas pourquoi nous l’aimons visitez également ce site, l’hiver loin de ma ville j’y passe un peu de temps :
http://www.foudroyan.com/
Deux ouvrages à lire :
Guide Architectural Royan 1950 de Antoine-Marie Préault édité chez les éditions Bonne Anse
Un excellent ouvrage, un vrai guide, un beau livre, une mine d’informations qui vous donne envie de prendre la bicyclette et de rendre visite à toutes ces merveilles.
L’invention d’une Ville Royan année 50
numéro 65 des cahiers du patrimoine sous la direction scientifique de Gilles Ragot.
C’est la référence. A lire absolument.
La carte postale est une édition Tito et c’est un cliché Grafoulière. J’aurais aimé être dans ce petit avion qui faisait des clichés...
La carte a été envoyé en 1955.

dimanche 10 octobre 2010

une Ombre Blanche sur Royan

Continuons d'explorer la donation de Claude.
Et de quelle manière !
Ce que vous allez voir est pour moi tout à fait exceptionnel, comme une sorte de Saint Graal, d'aboutissement de collectionneur.
J'avance avec un vocabulaire bien lourd car peut-être que certains d'entre vous peu sensibles à l'architecture de la ville de Royan ne vont pas bien comprendre mon enthousiasme lorsqu'ils découvriront la carte postale en question.
Disons que, comme pour la maison Prouvé vue ici, il y a des points de vue de Royan impossibles comme si les photographes et les éditeurs de cartes postales s'étaient donné la consigne de ne pas faire de cartes postale de tel ou tel endroit de la ville.
Et donc le collectionneur cherche cherche cherche encore cette image qui pourrait à quelques mètres près le rendre heureux.
Il en va ainsi de cette carte postale, attention.... voilà :


Oui, je sais c'est peu spectaculaire.
Pourtant...
Sur cette carte postale des éditions Lapie apparaît enfin l'une des constructions emblématiques de la ville de Royan, peut-être même l'une des plus photographiées, étudiées, regardées : la villa Ombre Blanche de Claude Bonnefoy, architecte.
La voici d'un peu plus près :


Elle est à elle seule la quintessence de la villa années 50 à Royan, offrant en un seul bâtiment l'ensemble des particularités du style royannais.
Pilotis, façade creusée en retrait, toit en pentes inversées, blancheur et polychromie bien sentie, tout cela dans une villa sur le bord de mer, au centre de la conche de Royan, affichant contre les restes du Royan d'avant-guerre sa modernité d'une manière presque ostentatoire.
C'est en quelque sorte LA villa de Royan.
Mais sa position dans le creux de la conche a toujours posé un problème pour les éditeurs de cartes postales.
A la fois un rien isolée des constructions du Royan urbain très typé, entourée d'anciennes villas, manquant de visée sur la ville déjà un peu loin et trop dans le creux pour sortir de la conche, elle resta jusqu'à cette carte postale miraculeuse comme impossible à trouver sur une carte postale.
Car le point de vue est ici aérien, pris d'avion en rase-motte.
D'ailleurs s'il ne s'agissait pas de voir et de trouver cette villa sur cette carte postale du boulevard Garnier, je crois bien que cette carte postale aurait un intérêt très relatif...
Regardons par exemple des cartes postales qui furent pour moi toujours et encore frustrantes parce que justement Ombre Blanche n'y était pas visible :






Vous voyez ?
Vous comprenez ?
Il s'agit donc bien pour ma collection de la seule et unique carte postale montrant cette villa Ombre blanche de manière... euh... lisible !
Comme vous avez été sages et que vous avez pris le temps comme moi d'user vos yeux sur ces cartes postales, je vous donne quelques vues bien plus réjouissantes. Elles sont tirées d'un ouvrage indispensable pour les amateurs de Royan : l'invention d'une ville, Royan années 50 éditions du Patrimoine.




Superbe non ?
Je vais donc ranger ma carte postale avec soin en n'oubliant pas de remercier enore et encore le donateur de cette clef de voûte de ma collection : Monsieur Claude Lothier.


lundi 31 mars 2014

Royan, l'image absolue




 Il y a peu de moments aussi importants que celui-là finalement dans sa vie.
Et aujourd'hui je pense beaucoup à Marcel et Jeannette et à la tête qu'ils auraient fait, si, à Royan, un type était venu leur dire que le petit garçon dont il attendent le retour de la plage, écrirait un jour un livre sur la plus belle ville du Monde : Royan.
Le livre est arrivé ce matin, et il n'est pas arrivé seul. Je crois en certains croisements, en certains signes de passage. Car ce livre dont je suis l'auteur est arrivé en compagnie du mémoire de Maxime Ravisy, étudiant à Olivier de Serres, mémoire qui interroge l'histoire et la pratique de la carte postale comme objet graphique, mémoire qui est d'une très grande qualité et qui se paye le luxe... de m'apprendre des chose !
Les bonheurs n'arrivent jamais seuls !
Alors regardons.
Le livre que je vous propose porte le titre de Royan, image absolue, en hommage direct à Serge Daney qui a défini pour moi une fois pour toute ma relation à la carte postale et en introduction vous trouverez la citation que vous connaissez déjà.
Maxime Ravisy a fait de même dans ce mémoire et cela me touche extrêmement, j'aime, je le répète les passages.
Je ne paraphraserai pas ici ce livre, les fidèles lecteurs de ce blog, ceux qui me font le plaisir de m'encourager régulièrement par des messages, des cartes postales et comme Maxime par leur confiance savent que cet ouvrage n'est pas un livre de collectionneur mais qu'il s'agit plus certainement par le biais de ce médium de soulever la question de la représentation d'une ville et la manière dont un artiste peut projeter à partir de ces images en interrogeant ses préoccupations sur la photographie.
Vous connaissez bien le ton de ce blog.
Alors je vous laisse lire le livre pour découvrir cette position.
Mais je dois vous dire évidemment que cet ouvrage, aboutissement de mes contacts avec la ville de Royan et tout particulièrement son service culturel est une grande émotion.
J'espère que vous en apprécierez son angle éditorial et la qualité des reproductions que j'ai voulu le plus possible à l'échelle exacte des images réunies dans un porte-folio final. Je souhaite aussi que vous y retrouverez mon univers.
Mais, même si les remerciements sont inscrits dans l'ouvrage, je tiens à remercier ici tout particulièrement Xavier Rozan et toute l'équipe éditoriale des éditions du Festin pour la qualité de la réalisation, la confiance qu'ils ont apportée à ce projet et leur extrême patience.
Mais je remercie surtout Claude pour son ambition à mon égard, la force qu'il m'a donné à croire que j'avais quelque chose à dire et que cela devait s'exprimer clairement et nettement.
Alors je vous souhaite à tous une bonne lecture et que, une fois de plus, mes meilleurs souvenirs vous accompagnent pour venir voir, visiter, protéger, la plus belle, la plus éclatante, la plus personnelle des villes : Royan, une image absolue.

Royan, l'image absolue
Cartes postales de la ville moderne
éditions Le Festin, Royan Patrimoine.
2014
15 euros
isbn-978-2-36062-096-8
Dans la mesure du possible, achetez cet ouvrage chez votre libraire indépendant !












Et voici le mémoire de Maxime Ravisy qui a comme un hasard attentionné et bienveillant glissé dedans, une vraie carte postale de Royan et illustre son propos avec des cartes postales de cette ville !
Merci Maxime !

Lieux communs, images singulières
Nouvelles perspectives pour la carte postale.
DSSA design graphique
ENSAAMA Olivier de Serres




lundi 1 octobre 2012

Royan, chanceux peuple des images

Parce qu'une ville c'est avant tout une population qui la parcourt, parce que, plongé dans mon classeur Royan depuis notre retour, je fais des découvertes, je vous propose de calmer un peu l'architecture au profit des gens de Royan, des anonymes sur les cartes postales, chanceux peuple des images.
D'abord cette vue superbe de la perspective du Boulevard Aristide Briand à Royan donc :



Depuis la terre ferme, à hauteur d'homme, le photographe des éditions CAP, vise le nouvel axe de la ville. Je me suis posé la question longtemps : vise-t-il depuis le marché vers le portique ou bien le contraire ? D'abord, à l'époque de la carte postale ni l'un ni l'autre ne sont construits mais il reste difficile de déterminer le point de vue. Seuls, les petits décrochements des constructions au fond du boulevard Aristide Briand me font croire que nous visons vers le marché qui se construira au fond de cette image. Mais regardons la vie, regardons ces deux messieurs marchant au milieu de la chaussée. Regardons le peu de voitures (et d'avant -guerre!), le cycliste à gauche qui déboite et les piétons sur le trottoir qui passent nonchalamment devant les vitrines encore marquées de blanc d'Espagne des futures boutiques.





Mais, ce qui m'émeut sur cette carte postale voyez-vous c'est peu de choses. C'est la ligne de terre et de cailloux sur le sol, prouvant la fraîcheur de la ville, sa renaissance. Notons pour les spécialistes que cette carte postale fut imprimée en deux formats différents.
Juste à côté :



Toujours le Boulevard Aristide Briand, sans doute très peu de temps après. Nous sommes dans Royan, avec les gens. Nous sommes là dans la ville. Pas perchés, pas en avion, nous voyons la ville comme elle est, là aussi à hauteur d'homme.



Tout de suite, nous voudrions entendre la conversation des jeunes à bicyclette, ce qui les unit, ce qui les passionne. Ils se donnent rendez-vous ? Parlent de la saison qui commence ? Sont-ils des royannnais de passage ? Vont-ils donner un coup de main au marché ? Chercher leur maillot de bain ?



Et la jeune femme coupée en deux par l'ombre et le soleil ? A-t-elle trouvé le gallon rouge pour le bas de sa nouvelle robe ? En tout cas, elle nous a vus. Les ombres des arbres nous indiquent un soleil du sud-est donc nous serions dans la matinée. Il s'agit d'une édition Combien en véritable photographie !
Mais Royan c'est un port :



Les éditions charentaises d'art A. Gilbert nous montrent bien cela avec cette belle carte postale si animée comme disent les collectionneurs !
Au loin, on devine notre ville moderne et neuve. Le bassin est plein de voiliers et de bateaux pour lesquels j'avoue n'avoir que peu d'intérêt même si, sans doute, il me faudra trouver un jour l'occasion de parler de cet aspect important de la vie de Royan. On devine un mélange de bateaux de pêche et de plaisance.
Mais qui sont ces joyeux drilles sur le quai ? Regardez comme ils ont l'air complices, comme ils semblent tous se connaître. Et puis on pose pour le photographe, cela ne fait pas de doute, là aussi on nous regarde ostensiblement !
Des enfants et des adolescents qui se serrent dans leur ciré et semblent vouloir se réchauffer, des femmes en jupes plus habillées dont deux sont même installées dans des sièges qui pourraient bien être... ceux d'une 2CV Citroën ! Mais oui ! Alors, je vous propose une petite galerie, je vous propose simplement de les saluer tous, un à un. Nous sommes avec eux, heureux d'être à Royan, ville debout, ville neuve, ville moderne.
Ne partez pas.... ne partez pas....











dimanche 27 septembre 2009

(presque) tout Guillaume Gillet

Je le dis tout net : l'exposition Guillaume Gillet à Chaillot c'est un peu court !
Comme souvent d'ailleurs les expositions autour de cet architecte.
Pourtant...
Pourtant, tous les amoureux de Royan et de sa superbe, incroyable, merveilleuse, brutale, gothique église attendent une belle et grande et riche exposition consacrée à Guillaume Gillet.
Finalement la plus réussie fut celle que j'ai vue il y a bien 5 ou 6 ans à Royan même.
Il ne doit pas manquer de documents et d'images sur le travail de Monsieur Gillet. On dirait qu'on veut juste nous titiller et puis on nous laisse là, sur notre faim.
Ne mérite-il pas par exemple d'avoir une belle et grande affiche sur le Palais de Chaillot ?
Il faut demander aux gardiens pour finalement trouver le lieu de l'accrochage. On peut très bien passer à côté sans le voir...
C'est dommage.
La muséographie est tristounette et le lieu d'un sinistre qui ne convient pas à l'ampleur lyrique de Gillet.
Non vraiment...
Bon aller... Tout de même de beaux documents par exemple le projet pour Orsay que je ne connaissais pas ainsi que la Maison de la Magistrature de Bordeaux qui me donne envie d'y faire un tour. Mais la partie sur Royan est faible alors qu'il s'agit certainement de son chef-d'œuvre. Ai-je loupé des salles ?
Il existe pourtant de belles maquettes et il aurait été judicieux de creuser la relation ingénieur-architecte avec Messieurs Laffaille et Sarger.
Nous expliquer le fonctionnement de la paraboloïde hyperbolique, le V Laffaille...
Bon.
Pour combler mon vide et peut-être le vôtre, voici quelques cartes postales encore inédites sur ce blog.
Je ne peux pas tout mettre tant il y en a, au moins de l'église de Royan.
Mais commençons:



Caen, vue générale sur la Guérinière, le château d'eau. L'architecte est nommé, Monsieur Gillet bien entendu. Nous sommes chez C.A.P éditeur. C'est expédié en 1961.
On sait que les architectes et les châteaux d'eau c'est un vrai couple. Il suffit de voir le travail des Becher pour comprendre que souvent relégué à simple travail d'ingénieur (ce qui ne manque parfois pas de qualité) il arrive que les architectes fassent un véritable travail formel et constructif de cet objet incontournable de nos paysages. Ici Guillaume Gillet fait un véritable chef-d'œuvre alliant justement les qualités techniques du béton et un programme complexe : associer un château d'eau et un marché couvert !
En effet ce qui court au pied de l'édifice est bien une galerie pour un marché. L'ensemble joue du cercle et du déambulatoire. On tourne autour dans un espace aérien et aéré. Remarquons les vides qui constituent l'ensemble. Du béton découpé en fines feuilles !
Si je m'amuse à mesurer l'épaisseur d'un des piliers du château d'eau et sa largeur totale j'obtiens un rapport de 1 pour 70 !
On remarque aussi une échelle sur le côté gauche. Le chantier est encore en route. Aujourd'hui l'ensemble est totalement encombré et il serait grand temps de redonner à cette merveille toute sa beauté et sa légèreté. Si l'ensemble est en bon état, son rapport au sol est comblé par une hérésie architecturale, une verrue, un truc couvert de céramique marronnasse. Une horreur !






Oublions cela et retrouvons Royan.
voici une belle image de Notre-Dame de Royan :



Nous sommes rue Alsace-Lorraine et on aperçoit bien sur cette carte postale Elcé comment l'église prend la ville d'un peu en dessus, sur une petite colline. Il faut faire l'expérience de la visée de ce bâtiment dès qu'on arrive à Royan par exemple par la route de Saintes. Au loin, elle domine d'ailleurs d'une manière si j'ose dire un rien pataude et lourde. La distance trop longue la raccourcit et redessine les proportions en écrasant un peu sa hauteur par rapport à sa largeur. Il suffit de rouler un peu, de gagner le centre ville pour la voir s'élancer alors dans le ciel. Rien ne semble l'arrêter. Puis à nouveau à son pied, pris par les flancs on retrouve sa masse forte et puissante accusée par le plan oblique à sa base comme si elle en sortait. Le creux de la "selle de cheval" se forme alors exprimant toute la tension du toit si caractéristique du rêve des ingénieurs de l'époque. La carte nous montre une belle animation, 4cv, DS et Simca. Un vespa est garé nous sommes à la fin des années cinquante, au début des années soixante.
Nous sommes au pied de l'église :



Encore en Elcé édition et Elcécolor !
Du sable, des tréteaux, et un échafaudage devant le vitrail au pied du clocher. Le Maître-verrier serait-il au travail ? Les amateurs de véhicules anciens admireront une Panhard, une traction Citroën et un bus d'un rouge rutilant. Voyez aussi comme ce point de vue fait pencher vers l'intérieur le clocher.
Une curiosité :



Cette carte postale de Création "L'élan" nous propose un dessin de G. Gireaudeau bien sec en lignes claires. On dirait bien là un dessin d'architecte avec ce si typique traitement du végétal. J'aime beaucoup cela.
L'architecte est nommé ainsi que la date de construction 1955-1958. On nous donne aussi la hauteur : 65m. Je dirais qu'il s'agit d'une production de la fin des années soixante-dix.




Une vue de beaucoup plus loin mais très intéressante car on voit l'église couverte d'échafaudages. D'ailleurs cela est assez discret et l'éditeur a dû penser qu'il était possible et intéressant de montrer cet épisode de l'histoire de l'église. L'éditeur est Hélico-Phot, le cliché de Pierre Texier.
Mais en quelle année cette restauration a eu lieu ?
Une vue de l'intérieur :


Une édition C.A.P en Réal-photo. L'architecte est nommé. C'est une très belle carte postale, bien photographiée et éditée. Elle fait un tour de force en nous montrant à la fois le toit et le sol en un même cliché. Cela offre l'occasion de sentir le volume magnifique de l'église. On retrouve au fond le vitrail que l'on voyait en travaux tout à l'heure et l'autel. J'aimerais un jour arpenter la galerie qui se promène entre sol et ciel de béton. Cette carte fut expédiée en 1960.
Rapprochons-nous :



Cette carte postale Combier nous montre le Chœur. On perçoit le prêtre en train d'officier et deux enfants de chœur à ses côtés. Les identifier serait-il possible ?
La lumière traverse le béton d'une belle et généreuse manière écrasant presque le volume des triangles Laffaille. L'image est colorisée et il semble que le vitrail ait posé quelques difficultés !
Peut-être que les pellicules couleurs n'étaient encore assez rapides pour des vues intérieures à lumière aussi faible car ne nous méprenons pas, l'intérieur est bien moins lumineux et le temps de pose long a déjà un peu brûlé des détails...
Nous passons derrière le Chœur:



Une belle carte Théojac en Mexichrome expédiée en 1974 par Jeanine. L'architecte Monsieur Gillet est là aussi nommé. Nous voyons bien le superbe et célèbre orgue de Royan au fond et le spectaculaire autel en béton dont la base est d'une complexité lyrique bien de l'architecte ! Il a été coffré sur place. Je dois avoir une image de ce coffrage quelque part... J'aime beaucoup ce point de vue.
A nouveau dehors :


En Elcé édition, une énigme.
Voyez comme le point de vue en plongée écrase la construction et exagère la descente de la "selle de cheval". Et cela au point de nier l'autre moitié de la construction. Mais où est le clocher ? Pas construit ou invisible de cet endroit ? Je crois qu'il n'est tout simplement pas encore construit ce qui justifierait pour l'éditeur ce type d'image. Évitant le chantier, il concentre l'image sur la courbe et sur l'impressionnant portique d'une finesse et d'une envolée réjouissante ! A noter, je ne suis jamais entré par ce portique en 40 ans de fréquentation mais toujours par le bas de l'église ! La porte étant toujours fermée ici. J'aurai certainement plus de chance lors de ma prochaine visite...
L'éditeur nous informe bien et nous donne : Gillet architecte, Sarger ingénieur et Hébrard en architecte d'opération. Point de Laffaille...
Pour finir avec ce chef-d'œuvre aujourd'hui :


Une carte postale C.A.P qui, elle, nous montre bien l'ensemble construit cette fois. Le clocher dépasse ! C'est un beau document, une belle carte postale. La lumière met bien en valeur le principe constructif en creusant les flans des entailles de béton. Les ailes de papillon de l'entrée sont bien marquées.
Quittons Royan et voyageons en 1958 à Bruxelles.
On sait que l'architecte y construisit le pavillon français, bâtiment incroyablement technique, tour de force de portée qui formait un espace dégagé grâce à un système de compas et de contre-poids dont je ne saurais vous expliquer correctement le fonctionnement. Je crois en fait que l'ambition était de suspendre deux paraboloïdes hyperboliques au-dessus du sol et en symétrie. Les "P.H" sont à la mode et Monsieur Sarger a beaucoup de travail à Bruxelles cette année-là !
Si je suis admiratif du beau dessin du compas et des courbes du toit, je reste très dubitatif sur la liaison au sol des murs-rideaux réalisés par Monsieur Prouvé. Le biais qui leur est donné et la surface incroyable à réaliser donnent une masse au bâtiment qui semble réduire la belle envolée de l'ensemble. Mais... je ne le connais que par ses images et aussi par la très belle maquette de soufflerie de l'exposition, maquette qui a elle seule vaut le déplacement.
J'ai choisi deux cartes postales représentant la belle flèche du monstre technologique, les cartes postales de l'exposition de Bruxelles sont très communes mais aucune pour le moment ne m'a montré l'intérieur !
Voici deux cartes postales éditées chez Iris, aucun nom n'est indiqué :



Revenons sur Paris avec l'opération du Palais des Congrès de la porte Maillot.
Vue du ciel :


Une édition Yvon expédiée en 1985 nous montre la place de la porte Maillot, le centre international de Paris, l'Arc de Triomphe, la Tour Eiffel et au fond à gauche la Tour Montparnasse. Ouf !
Pour moi, ce lieu est celui de mes retours vers la Normandie. J'aime passer là pour reprendre le périphérique. Sur cette image je peux dessiner mon parcours, toujours un peu anxieux de la circulation parisienne et aussi avec toujours ce risque de louper l'entrée ! L'ensemble aujourd'hui est agrémenté d'une construction sur le devant par Porzamparc dont... je n'ai rien à dire.
Je ne crois pas beaucoup aimer ce bâtiment de Monsieur Gillet. Il m'est assez indifférent en fait.

Une autre carte postale cette fois au niveau du sol par Raymon éditeur :


Puis d'un peu plus près par Yvon éditeur qui nous informe : Centre International de Paris, Palais des Congrès, architectes G. Gillet, H. Guibout, et S. Maloletenkov.
Pour finir sur une belle et fine construction :


La passerelle du Havre que j'aime beaucoup. Elle traverse le bassin devant la construction de Monsieur Niemeyer, offrant l'occasion de voir trois architectes pour moi importants : messieurs Perret, Niemeyer et Gillet.
Cette passerelle est de toute beauté, fine, tendue, arquée, presque fragile. C'est avec elle que je veux retrouver le Guillaume Gillet que j'aime, alliant technique et lyrisme, simplicité apparente et génie du dessin.
Si vous voulez poursuivre la balade Guillaume Gillet en cartes postales, sur cette page à droite dans "la gare de triage" vous pouvez aller à Guillaume Gillet ou à Royan. Il y a là encore des dizaines de cartes postales dont certaines superbes, communes ou mystérieuses...

Et puis soutenons la protection de l'église de Royan en adhérant à l'Association de Défense de l'église de Royan ici :