lundi 21 décembre 2009

le marché de Royan colorisé

Il m'est heureux de vous présenter deux nouvelles arrivées dans ma collection.
Elle rejoindront le classeur Royan aux pages "Marché".

éditions artistiques-Marceau Carrière, sans date.

Commençons par un point de vue assez habituel, d'un peu haut et permettant de bien saisir la forme de ce chef-d'oeuvre.
C'est animé et les aplats de couleurs donnent à tout cela un air de fête. On remarque que les autos viennent encore se garer au pied du bâtiment, chose qui ne durera pas longtemps. Cela permet de dire qu'il s'agit d'une des toutes premières cartes postales du nouveau marché.
Là deux traction avant.
La blancheur est bien forte, presque dure et dessine à merveille les courbes du béton.
passons à un point de vue très rare :



D'un peu en retrait et au niveau du sol le photographe anime la vue avec les automobiles de l'époque. Mais diable, pourquoi au premier plan ce morceau de gazon inutile ?
pour le recul ?
Admirez comme d'ici le marché s'écrase littéralement et s'aplatit.
Aujourd'hui on se régale des autos mais à l'époque la vue du parking devait sembler bien inutile.
les couleurs...
les couleurs sont superbes non ?
Un pastel bien éteint par le noir et blanc dessous. J'aime être ainsi renvoyé en 1958. La superbe 203 (là j'en suis certain, Claude...) découvrable !
j'essaie un inventaire : Simca Chatelaine (?), Juvaquatre Renault, Simca et devant la 203. Au fond une Frégate et une 2cv. La voiture au toit blanc je ne sais pas...une Simca ?
Il s'agit d'une édition Berjaud, déjà connue, en véritable photographie au bromure.

samedi 19 décembre 2009

les arènes du Soleil d'or sont vivantes

Finalement ma collection me réserve des surprises...
En écrivant l'article précédent, il me semblait que je n'avais pas fait le tour des arènes ! Et pour cause :


Voici ce que je trouve, bien rangée dans le classeur M pour Jean Montier architecte : les arènes du Soleil d'Or. Une bien belle carte postale aux éditions Pyrénées Océan Labouche qui nous montre la maquette de F. Majorel en véritable photographie au bromure.
La carte fut expédiée en 1953.
D'un point de vue architectural, la photographie ne permet pas de dire si ces arènes étaient intéressantes. Là, vu comme ça... bon.
Mais l'espèce de totem à l'entrée m'intrigue beaucoup plus et m'évoque Nicolas Schöffer et ses sculptures cinétiques.



Finalement cela fut cassé pour y faire un collège ce qui explique la présence aujourd'hui de nombreux enfants sur les vues de Google Earth.

les arènes du Soleil d'or sont mortes


Il y a bien longtemps que j'ai acheté cette carte postale représentant une vue aérienne de Toulouse.
J'avais tout de suite été intrigué par cette barre très longue et brisée posée là on ne sait pourquoi et semblant écraser le reste du quartier très marqué par la présence des arènes du Soleil d'or.
Le nom est particulièrement fort et doit dire quelque chose du lieu mais l'immeuble lui-même porte le nom de Cristal Résidence !
Je ne sais pas non plus pourquoi car, du cristal, à part peut-être cet angle obtus de sa ligne brisée il ne possède ni la transparence ni l'éclat !
Sur Google Earth, le quartier a bien changé. Les arènes sont tombées et font place à je ne sais quoi de moderne. Un projet de tramway je crois.
Le cristal est toujours là en bon état d'ailleurs.
J'imagine que certains habitants doivent regretter leur vue imprenable sur la piste des arènes. Les clameurs devaient monter le long de la façade et le souffle éreinté des taureaux aussi.
La carte postale des éditions Labouche ne nous dit rien de l'architecte. Elle nous donne le nom du photographe Heurtier de Rennes !
Elle fut expédiée par Eric pour Didier en 1972 qui explique ses séjours au centre aéré. Il dit que c'est son quartier. Il a dû voir les taureaux au soleil d'or.




un peu moderne, Narbonne-plage.

éditions S.L sans date.

Ils avaient rendez-vous avec l'architecte le jour même pour la remise des clefs. Pour ne pas gêner le peintre qui avait garé sa 2cv Citroën dans la cour ils avaient laissé glisser leur 203 Peugeot un peu plus loin dans la rue.
Enfin, la villa était terminée. Ils en avaient rêvé depuis plus de trois ans et se rappelaient encore le jour de l'achat du terrain face à la mer sur ce qui n'était encore qu'un carré de sable.
Ils ne voulaient pas une grande maison mais juste une vue sur la mer avec les commodités de la vie moderne. Ils voulaient que cela soit pratique, que tout communique.
Et puis tout de même un peu de meulière, un peu de pilotis, et des formes un peu géométriques pour être à la fois dans son époque mais aussi, on ne sait jamais, pour ne pas regretter des audaces trop marquées dans dix ans.
Alors l'architecte qui avait travaillé à Royan leur avait dessiné ce qui maintenant était leur villa avec vue sur la plage. Depuis l'étage et grâce à l'angle arrondi on pouvait voir la mer et aussi les vallées au loin.
Il sera agréable l'après-midi sous l'ombre du premier étage de boire une orangeade en remontant de la plage. La rue à traverser et c'est la mer.


Le peintre surpris par le photographe regardait par la fenêtre et rêvait lui aussi à sa pose mais il fallait finir vite, les clients étaient arrivés de Paris.
L'espace de la ville était ouvert, vide mais les chantiers partout laissaient voir une activité de construction.
L'espace finira par se fermer.
Seul, peut-être encore, le bleu du ciel par un coup de pinceau du peintre pourrait recouvrir aussi les lampadaires municipaux, pour dire sa transparence et sa légèreté.


mercredi 16 décembre 2009

la voix de la radio

Pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'entendre en direct l'émission de David Chauveau qui m'avait invité avec Claude pour parler de ce blog vous pouvez maintenant nous écouter en ligne ici et même pour les plus aficionados nous podcaster ! (cliquez sur PE, podcast émissions)
Une excellente émission avec pour les amateurs de Jaze une belle approche de Miles Davis par David Chauveau et toujours l'excellent sens critique du prince des rayons, Claude Lothier.
Oui, incontournable émission...
J'ai un peu mal aux chevilles...

Pierrefitte sur Seine

Malgré tout je relaie ce message :

Bonjour à tous

Après le jugement favorable du Tribunal Administratif de Montreuil ( 93 ) , ce qui constitue une première en France dans ce contexte; il nous faut maintenant nous placer dans la perspective du jugement sur le fond, c'est pourquoi DOCOMOMO FRANCE lance sans attendre un appel à dons.
En espérant que vous pourrez le relayer auprès des écoles d'architecture, historiens, enseignants, associations, grand public etc. etc.
Cet appel à dons se trouve également sur notre site : www.archi.fr/DOCOMOMO-FR

Merci sincèrement pour votre contribution, Docomomo France a besoin de votre soutien .

Olivier Nouyrit
pour DoCoMoMo France, secrétaire



micro-film

Il arrive parfois que les cartes postales nous offrent de très petites histoires. Vous savez comme j'aime ça, ces petits films dus à des prises de vues très rapprochées.
Voici un exemple :




Nous sommes à Bourg-la-Reine, au carrefour Roeckel Joffre dont je ne sais rien d'autre que ce que je vois sur ces images.
Et ce que nous voyons est encore un écart temporel entre deux prises de vue. Ce qu'il nous faudra faire c'est mesurer cet écart et sa raison.
Ce qui ne bouge pas :
les voitures sur le parking à gauche Ami 6, 4cv, Coccinelle etc.
La Ds garée au bord du trottoir.
La Ford Taunus portières ouvertes devant le Monoprix.
Les ouvertures des fenêtres...




Ce qui bouge :
les piétons.
La Renault Frégate verte au feu rouge.
L'Aronde Blanche au feu à l'extrême droite.



Et surtout surtout le photographe puisqu'on constate un léger décalage latéral.
Que justifie ce décalage ?
On pourrait penser à un désir d'animation du carrefour. On pourrait penser à un cadrage qui permet de dégager le mur à droite qui intervient comme une ligne noire au bord du cadre. Mais alors pourquoi avoir publié les deux images et n'avoir pas choisi à la publication l'une ou l'autre ?
Difficile de le dire. Difficile de savoir aussi si les deux images ont été sur les tourniquets en même temps. Un indice nous laisse penser que non, c'est le dos de la carte postale. Ici, différent sur l'une et l'autre, le dos pourrait bien nous dire que l'édition passa d'un cliché à l'autre afin peut-être de corriger le défaut d'impression d'une des deux cartes postales.
Mais je pourrais tout aussi bien être le seul à posséder une carte mal imprimée parmi des centaines bien imprimées. Comment savoir ?
Vu le déplacement des piétons et l'immobilité des ombres, on peut dire que l'écart de temps entre les deux vues doit être de l'ordre de la minute.
Et voici le même lieu sur Google Earth aujourd'hui. C'est sidérant de similitudes !