vendredi 28 août 2009

travelling sur la colline




Comme un très lent travelling.
Sauf que...
Si on regarde bien ces trois cartes postales du très beau village-vacances du comité central d'entreprise d'Air France à Gassin, on pourrait croire (et je l'ai cru) que le photographe s'est rapproché petit à petit du hameau en visant l'arbre toujours dans son cadre.
Eh bien non.
Rapidement on s'aperçoit que cela ne colle pas. Pourtant l'idée est belle d'une succession de cartes postales faites par exemple tous les 10 mètres par un photographe nous évoquant ainsi son parcours.
"Ed Rucha, sors de ce corps."
Mais finalement ce faux-vrai travelling, puisque tout de même on réalise bien une progression vers l'avant, bref ce vrai-faux travelling nous permet tout de même de suivre le chantier de ce magnifique village que nous devons à L'A.U.A. Rappelez-vous ici.
De très loin, on perçoit la colline comme grattée laissant la terre jaune faire chantier. Aucun remodelage de la topographie, ça épouse.
On se demande d'ailleurs à ce stade du chantier pourquoi diable faire une photographie qui ne rend pas compte ni dudit chantier ni même de son avenir. Seul l'arbre au premier plan d'un paysage de verdure semble le centre d'intérêt de cette carte postale. Une manière de nous dire le lieu du village en le maintenant à distance et en l'inscrivant parfaitement dans sa géographie.
Le chantier n'est PAS photogénique pour une carte postale.
Le deuxième cliché nous rapproche du village et le photographe nous colle encore un arbre à droite, arbre noir presque inquiétant, torturé. On voit enfin bien les volumes de l'architecture dont on admirera au passage l'habile jeu coloré dont il nous sera difficile de déterminer s'il est voulu à ce point par les architectes ou si la coloration du cliché n'emmène pas l'ensemble dans des tons plus chauds que nature. Le jaune teinte le béton en photographie ?
Mais l'architecture est là, belle cascade de volumes qui dégringole la pente de la colline sachant en jouer, se l'approprier tout en imposant sa radicalité sans tentation régionaliste. C'est du dessin.
Il clair que sur ce cliché, l'ensemble sort tout juste de terre et on perçoit même encore les traces parallèles de la pelleteuse dans le terrain. Une mère y promène pourtant son enfant.
La troisième image laisse à nouveau un arbre sur la droite. Seul, il fait le premier plan avec son écorce très sombre.
La carte précise en son verso que nous sommes au hameau Joseph Kosma et au "Mas". Il suffit alors de reprendre la première carte postale pour comprendre que nous avons en fait une vue générale et deux vues latérales...Vous me suivez ?
Et comme ça ?

On peut donc sans trop se tromper penser que le photographe a réalisé ses clichés le même jour, se déplaçant au gré de son exploration du lieu ou de la commande. Ici, nécessité d'avoir des cartes postales idéales pour une localisation des vacanciers : c'est ici que nous sommes.
D'ailleurs et c'est toujours étonnant, aucun des expéditeurs n'évoque en bien ou en mal l'architecture de leur lieu de vacances sauf Lucien et Julienne qui nous disent qu'ils sont bien nourris et bien logés.
Voilà qui rassurera la famille et les architectes !
Les trois cartes postales sont des éditions du comité central d'entreprise d'Air France imprimées en Eurolux et peut-être éditées en hâte pour le premier été de vacances en 1970.

jeudi 27 août 2009

la belle surprise d'Andorre

J'aime tellement cela quand ça se produit.
Depuis quelque temps, au coin de mon bureau, deux cartes postales de Notre-Dame de Meritxell en Andorre attendent que je me décide à les publier.

édition Kolorham


édition As de Cœur

J'ai aimé le bâtiment en achetant ces deux cartes postales, je l'ai aimé deux fois car les cartes furent achetées séparément.
Je n'arrivais pas à comprendre. Je voyais bien dans les détails et dans la multiplication des arcades surlignées ainsi que dans le jeu des volumes qu'il s'agissait d'une construction moderne pourtant le dessin général, le matériau et un je ne sais quoi de rigueur et de fermeture me faisaient douter.
Comme une ruine redessinée, comme une citation d'un château fort. Bref une vision à la fois d'un modernisme un peu germanique (suisse ?) de la fin des années 20 et une abbaye cistercienne reprise de neuf...
C'est beau.
Je veux dire le bâtiment !
Vraiment beau.
Eh bien, tenez vous bien il s'agit d'une œuvre de Monsieur Bofill ! Il est vraiment temps de le remettre à l'honneur ce monsieur !
C'est vraiment un bel ensemble. J'aime beaucoup le sentiment que cela dégage et voilà une belle manière d'être à la fois dans la source et dans le courant (post-moderne certainement). Quelle belle idée (et simple) que de surligner les arcades et de faire aussi contraster les ouvertures.
La belle géométrie des parallélépipèdes aux angles francs fait contrefort à la colline comme une vieille cité médiévale un peu sur la défensive.
L'ensemble serait de 1974 et est dédié à la Patronne d'Andorre.
Qui l'a visité ?

parfaitement intégrées



Regardez bien.
Attentivement.
Vous voyez ?
Allez...
Vers la droite, derrière le chalet au toit noir.
Oui là.

Ça y est !
Il s'agit de bulles six coques de monsieur Maneval. Elles forment un petit village de vacances.
J'avoue que je les ai vues parce que je sais qu'elles y sont. Mais encore une carte postale pour notre série sur le guide d'architecture contemporaine en France.
D'ailleurs que nous dit le guide ?


Le photographe de cette carte postale aux éditions Jove a photographié la vallée. Il ne s'est pas trop rapproché du village de Gripp qui n'a peut-être pas autre chose que la magnifique nature à nous montrer.
Vous voyez comme finalement, elles passent inaperçues ces bulles. Parfaitement intégrées. Elles le doivent certainement à leurs couleurs. Du vert au blanc en passant par le marron. Presque camouflées.
Je parie qu'il existe au moins une carte postale où l'on fait plus que les deviner. Il me la faut !

mardi 25 août 2009

merci Natacha

Les fidèles de ce blog sont vraiment gentils.
Voici ce que Natacha nous envoie pour combler le vide d'hier :



Une belle carte nous montrant l'église de Laxou dans son environnement.
Une belle carte aux éditions Iris.
Les matériaux semblent bien moins "modernes" que la structure de la charpente. On voit bien la flèche qui monte fièrement dans le ciel de l'Est. Les immeubles, le vide laissé par le photographe, le grand ciel, tout cela fait un beau document sur une époque qui regardait la ville d'une tout autre manière qu'aujourd'hui.
Presque une place de village.

lundi 24 août 2009

des triangles sacrés


Le hasard des découvertes crée parfois des manques.
Par exemple, je découvre en premier une carte postale des éditions Estels nous montrant la maquette de l'église Saint Paul de Laxou. Cette carte postale nous donne : architectes P. Mazerand et J. E Guerrey, hauteur de la flèche 40m. C.C.P Nancy. Photo Mangin. Pas de date et le correspondant a écrit : L'église est un peu bizarre à première vue.
Vraiment ?
C'est audacieux, pointu et élancé vers le ciel avec un renfort de triangles des plus aigus. On comprend une structure métallique très technique donc très moderne. On ne comprend pas bien le plan au sol ni la réalité de la très grande ouverture devant nous. Certainement un effet produit par la maquette pour permettre de glisser l'œil à l'intérieur.
Cela donne à tout cela une belle église pleine de l'aventure moderne de Vatican II avec une citation du clocher de bon aloi. C'est un bâtiment signal.
Puis vient cette carte postale des éditions "La Cigogne" en Mexichrome.


Elle nous donne : Laxou, Cité des Provinces, église Saint Paul, vue intérieure. Architectes P. Mazerand et J. Guerrey.
Pas de date mais on sait tout de suite que l'église passa bien du stade de maquette à la réalité.
J'avoue beaucoup aimer cette image et donc certainement le bâtiment. L'incroyable charpente métallique est une merveille et dessine parfaitement un jeu de volume puissant. C'est un rien aéronautique. L'ambiance colorée est elle aussi superbe et le jaune partout présent donne au jeu des lignes de la charpente de quoi se détacher d'une manière remarquable.
La lumière baigne l'ensemble. Magnifique.
les architectes ont bien travaillé. Qu'ont-ils produit d'autre ?
Je ne sais.
Je ne trouve malheureusement encore que peu d'informations sur eux et leur église. Dommage, même mes ouvrages sur les églises contemporaines restent muets et notre guide n'en parle pas...
Etonnant.
Je n'ai pas pu combler encore le vide entre maquette et intérieur réel par une carte postale de l'extérieur de ce joli bâtiment. Cela viendra.
Continuons avec du beau, du structuré.



Nous revenons à Publier avec une bien jolie carte postale Combier.
Voici le chantier de la construction de la Chapelle d'Amphion-les-Bains par monsieur Maurice Novarina. La carte postale nous donne le nom de l'architecte et une date : 1960. Le tampon de la poste en fait foi également : 1960.
Nous avons déjà en janvier vu ce bâtiment par l'intérieur. Eh bien voici une idée d'édition bien rare et pourtant bien intéressante.





Voir ainsi les phases de constructions du très beau caissonnage du toit est une chance. Et c'est aussi très émouvant car le bâtiment est modeste. On voit que toute l'image de l'église est investie dans sa toiture et dans sa structure faite de triangles de lamellé-collé je crois. Le décrochement surprenant du haut de la pyramide permet la pénétration d'une lumière zénithale propice à la maison de Dieu et brise en même temps une forme par trop attendue. C'est simple et malin. C'est beau.
Vous aimez les pliages ?
Alors :


C'est euh... impressionnant.
La carte postale Dexter Press nous dit qu'il s'agit de l'édifice cultuel de l'armée de l'Air américaine.
Bien évidemment la référence ici à l'aviation est directe mais pas non plus trop exploitée. Disons une aéronautique d'avions en papier...
Dans un de mes ouvrages " L'acier et l'architecture" par Monsieur J.B. Ache, je trouve ces très belles représentations de l'intérieur et de la charpente en construction. Je vous laisse lire et regarder.








vendredi 21 août 2009

Group Ludic, une réponse de Monsieur David Roditi


Bonjour,

J'étais un des fondateurs du Group Ludic en 1967 et l'aire de jeu souterrain aux Pins de Cordouan était notre première grande réalisation en 1968. La sortie du souterrain est visible sur la droite de la photo (forme avec une diagonale blanche) et l'entrée était par toboggan hors champ.

Cet aire de jeux n'existe plus, pas seulement à cause de l'âge des équipements, mais la plage a disparu aussi à cause de l'érosion !

Tu peux voir d'autres images sur mon site http://www.facebook.com/l/;www.outilssolaires.com

voir http://www.facebook.com/l/;www.outilssolaires.com/galerie/29-ludic.htm

Le Group Ludic a réalisé une centaine d'aires de jeux avant de disparaître après 7 ou 8 ans. Actuellement les traces des équipements doivent être très rares.

Simon Koszel et Jacques Simon ont travaillé ensemble dans le temps.

Bonne continuation avec ta collection de cartes postales.

Cordialement,

David Roditi

Renault 16 et Kyklos


Il avait choisi la couleur de sa Renault 16 sur un catalogue bien présenté par le vendeur, un rouge chaud et métallique. Sa voiture était un beau dessin de Philippe Charbonneaux et Gaston Juchet dont il savait apprécier l'audace du design offrant pour la première fois un hayon arrière que l'on surnommait la cinquième porte. Il avait besoin d'une routière car tous les étés, il faisait la tournée des plages et surtout des discothèques dans lesquelles il se produisait.
On ne disait pas encore DJ à l'époque, mais il savait apporter les derniers morceaux à la mode et tout le monde l'appréciait pour cela.
Il gara donc sa nouvelle auto devant la discothèque le "Kyklos" de Port Leucate. C'était une belle boîte de nuit dont il aimait l'architecture particulièrement originale oscillant entre Afrique du Nord et Grèce.
Il n'était pas sûr que l'architecte soit Monsieur Candilis. On pouvait à l'époque bien jouir des formes et volumes de l'architecture pas encore embarrassée d'une terrasse des plus laides.
Au Kyklos, il pouvait aussi trouver ses chemises hawaïennes directement importées des U.S.A.
Il n'envoya pas cette carte postale des éditions de France en Italcolor. Il ne savait même pas qu'elle existait.
Il revendit sa 16 deux années plus tard pour une berlinette Alpine, il faut dire qu'il gagnait bien sa vie. Il alla s'écraser contre un platane sur la Nationale 7 juste à la sortie de Ris-Orangis. Il n'avait pas vu le camion du chantier d'un supermarché.