dimanche 14 décembre 2008

Marseille un peu


Nous allons regarder deux cartes postales de Marseille et cela sans dire un mot de Le Corbusier, mince trop tard !
Je commence avec cette carte postale dont le ciel a été rogné. Elle nous indique : ensemble immobilier Saint-Georges promenade de la Corniche à Marseille. Cette carte postale vous est offerte par le restaurant Panoramique Saint-Georges, 97 Avenue de la Corse. 
Il s'agit d'une édition "La Savoisienne" (maître d'ouvrage) datée avec un tampon du 29 avril 1970.
Le soleil étend une ombre longue sur des arbres sans feuilles ça sent l'hiver. Une nouvelle fois admirons le point de vue mettant en avant le terrain de football et la barrière de béton en premier plan ce qui s'explique par un recul nécessaire pour avoir la hauteur du bâtiment. Le point rouge du polo du joueur donne un stimuli chaud à cette image d'un bleu glacial. Il m'a fallu plonger dans le Guide d'Architecture de Marseille aux éditions Parenthèses par Jacques Sbriglio pour trouver d'autres informations. Je n'avais, par exemple, pas repéré que la construction au toit en arc de cercle est une église ! Pourtant la croix et le clocher maintenant me sautent aux yeux. Aveuglé par le rouge du polo je vous dis...




Voyez ce que dit le guide :
une église d'un millier de places, un cinéma/salle de conférences, un garage couvert, un centre commercial, une école primaire, un dispensaire, un hôtel, un restaurant panoramique et... cent cinquante logements. Voilà l'inventaire de cet îlot urbain, résolument moderne dans sa manière d'illustrer ce que d'aucuns appellent aujourd'hui, la "culture de la congestion" pour désigner les formes de la ville contemporaine. Même si son architecte regrette aujourd'hui de n'avoir pas pu maîtriser jusqu'au bout la mise en œuvre de ce projet, celui-ci, véritable numéro d'acrobatie de par la manipulation d'éléments de programmes de natures radicalement différentes, demeure un exercice de style, tout à fait singulier dans le panorama architectural des années soixante à Marseille.
L'architecte est Monsieur Claude Gros, l'ensemble date de 1960-1963.
Ce qui est étonnant c'est que l'ouvrage reprend la carte postale comme illustration !


Voyez maintenant cette autre carte postale. Il s'agit là encore d'une carte promotionnelle. Beaucoup d'informations au verso : Résidence "la croix du Sud" allée privée du val des bois Sainte-Marguerite Marseille 9ème. Terminus de l'autobus 24s (!) vue du patio intérieur. L'architecte est nommé mais je ne sais pourquoi je n'arrive à y croire M. Présente (!)
Je ne trouve pas d'informations complémentaires dans le guide et sur google Eath je vois quelque chose qui pourrait correspondre à la définition de la carte postale. Il semble d'ailleurs que cela pourraît être très intéressant. Peut-être que notre ami marseillais, Nicolas Mémain pourrait nous offrir de plus amples informations ?
Remarquez que l'écriture imprimée au verso nous offre de jolis petits cercles sur les points des i.
Petite particularité qui me fait croire qu'il s'agit d'une écriture féminine... C'est vrai qu'il est alléchant ce programme, patio, terrasse, calme et nature... Mais l'image nous montre un trou encaissé entre des murs que le décor du paravent et des poissons rouges a du mal à réchauffer. A moins que pour des bains de soleil cela soit l'endroit idéal.

Guide d'architecture de Marseille 1945-1993
Jacques Sbriglio
éditions Parenthèses diffusion P.U.F
1993 encore disponible chez l'éditeur, à se procurer d'urgence !

samedi 13 décembre 2008

Géraldine

Bon.
Conforama rapidement m'a fait l'échange et j'ai maintenant une Canon Selphy CP 760 à la place d'une 740.
Pour débuter notre nouvelle vie en commun je choisis deux images : Thomas en train de dessiner jeudi à l'école et une image d'architecture, le bâtiment de Nervi à Turin dans lequel nous fûmes enfermés quelques minutes avec les étudiants cet été. Et puis Glasvegas hurle Géraldine en boucle.
Tout semble fonctionner à merveille. La musique, les images, la vie. Espérons que la petite entreprise de cartes postales ne cessera pas toute activité après cinq images...

mercredi 10 décembre 2008

PERI, des pros, des vrais, des constructeurs

Bon alors que je cherchais encore à mieux comprendre le fonctionnement du coffrage du béton je tombe sur le site de la société PERI. C'est simplement incroyable ce qu'on y trouve !
Le chantier en images de la station de tramways de Madame Zaha Hadid, le chantier de la Turning Torso de Monsieur Calatrava à Malmö et tant d'autres choses. Je vous conseille tout particulièrement la page 2 des Photographies de la Turning Torso, vous la verrez monter ses 190 mètres en quelques secondes ! J'adoooooooooooooooooooooooore !
Vite j'y retourne !
J'adorerais les suivre pour des clichés stéréoscopiques de tous ces beaux chantiers...




Nelsonite 35



Une rareté.
Voici une carte postale nous montrant le chantier du siège de l'U.N.E.S.C.O à Paris. Cette carte est pleine de particularités. D'abord, bien évidemment le sujet : l'un des plus beaux bâtiments parisiens du XXème siècle associant trois grands architectes : Bernard Zehrfuss, Marcel Breuer et Pier-Luigi Nervi se sont associés pour le dessin. Puis c'est exceptionnel car c'est un chantier. On admirera l'état d'avancement de l'auvent ou les fers à béton dessinent déjà la forme d'une paraboloïde hyperbolique. L'échafaudage est lui-même une construction magnifique. On peut aussi sur cette photographie sentir la transparence du bâtiment. Puis c'est une carte publicitaire pour un produit de protection du bois de coffrage : Nelsonite 35.
Je vous laisse lire.



On peut voir sur cette photographie tirée du guide de l'architecture moderne de Paris par Hervé Martin (éditions Alternatives) l'allure superbe de cet auvent dessiné par Nervi.
Pour ce qui est du bâtiment je ne dirais pas mieux que mon guide vénéré, voyez :


Je profite de cette carte pour vous en montrer deux autres.

La première est une édition Gany en Ganycolor qui nous donne le nom des architectes Breuer (U.S.A) Nervi (Italie) et Zehrfuss (France). Elle est datée avec le très beau tampon du premier jour du 25ème anniversaire de l'O.N.U, le 24 octobre 1970.

L'autre carte nous montre l'intérieur de la salle de conférence en béton plissé, c'est une édition de L'U.N.E.S.C.O imprimée par Draeger, une carte avec le même tampon que précédemment.
Vraiment il s'agit là d'une belle carte postale !

dimanche 7 décembre 2008

ça tourne ou ça s'ouvre





Sur les conseils de Dominique M. (très souvent judicieux) j'ai fait l'acquisition de cette carte postale. Il s'agit d'une incroyable maison tournante inventée par son propriétaire d'alors et constructeur Monsieur Massau. On connaît les aspirations écologiques qui ont conduit à la conception d'une série de maisons en bois genre soucoupe volante forestière (http://www.domespace.com/fr/accueil)  on connaît également les délires architecturaux des propriétaires du Monde avec cette tour animée servant à suivre le magnifique paysage de pacotille (http://www.dynamicarchitecture.net/) mais on sait moins qu'un monsieur belge désireux que son épouse puisse profiter au maximum du soleil a créé seul cette construction. En plus elle est belle. Quelque chose de Jean Prouvé. Il faudra faire une histoire de l'architecture mécanisée et mouvante (mobile c'est fait) en n'oubliant pas nos vieux moulins à vent pivotant sur leur axe ou je ne sais plus quel sanatorium* (italien ou suisse ?) qui suivait lui aussi le soleil...


Et puis mes magnifiques piscines Tournesol qui portent si bien leur nom. Voici ma dernière acquisition le modèle de Moirans en plein soleil. La joie de vivre...
La carte postale est une édition André expédiée en 1988.
La carte postale de la maison tournante de Wavre est une édition Thill sans date mais la maison date de 1958. Pour de plus amples informations voyez le très complet site qui lui est consacré :
http://didier.lamaisontournante.be/LMT/index.html

*En fait je retrouve la piste de l'incroyable Solarium tournant d'Aix les Bains. Je n'en possède pas de carte postale...

encore une autre maison qui tourne ici :

samedi 6 décembre 2008

Notre Dame des Chaumes

Dominique M. me lance un défi : trouver le nom de l'architecte qui a réalisé Notre Dame des Chaumes au Col de la Schlucht.
Je reconnais le bâtiment immédiatement et je me dis qu'il va s'agir d'une promenade. Mais voilà, malgré mes nombreux ouvrages sur l'architecture religieuse contemporaine en France je ne trouve rien. Internet est muet également, sauf un article trouvé par Claude dans lequel il est question de sa sauvegarde, l'église étant menacée malheureusement. On trouve rapidement le numéro de Monsieur le Maire et ce matin je l'appelle. Charmant, il répond à toutes mes questions et enfin je peux mettre un nom d'architecte sur ce bâtiment : Monsieur Balland dont le cabinet était à Gérardmer.
Maintenant que j'ai le nom, un coup d'œil rapide dans mes classeurs et je trouve une carte postale de la Chapelle avec... le nom de l'architecte. C'est ce qui s'appelle faire le grand tour !
Mais l'important dans l'histoire c'est qu'il faut encourager Monsieur le Maire à sauver ce beau bâtiment si typique d'une architecture religieuse moderne en France. La Chapelle semble ouvrir grand son intérieur sur le paysage en laissant pénétrer la lumière par une grande baie vitrée transparente et sans vitrail ce qui est rare. Admirons également la finesse du campanile et l'audace du dessin de la construction tout en pointes vers le ciel. On remarque aussi un travail sur les matériaux associant pierres en fondation, bois et béton. Le chemin est bien rocailleux et il doit être bien agréable après une randonnée de se reposer au calme de l'édifice.
Dominique M. m'indique qu'une légende attribuait la Chapelle à Le Corbusier !
C'est assez drôle  et bien représentatif de l'image que la population se fait de l'architecture : chapelle+moderne=Le Corbusier !!
Monsieur Balland, nous vous rendons votre Chapelle et nous nous joignons à toutes les bonnes volontés pour vous la rendre en bon état.



La carte postale de la maquette est une vente exclusive au profit de la construction - 100 francs (sic!) C.C.P. Nancy. Association Chapelle de la Schlucht. véritable photographie de C. Liévaux.


La carte postale en couleur de la Chapelle construite est une édition Cap-Théojac vendue exclusivement au profit de la construction 1fr (sic!) C.C.P Nancy. L'architecte est nommé : Mr Balland 88 Gérardmer.

mardi 2 décembre 2008

la panne

Un bonheur d'ultra courte durée.
Cinq images et c'est la panne !
C'est un peu court. J'ai parfois le sentiment de traîner ainsi un atavisme familial. Chez nous, les choses tombent souvent en panne juste après leur arrivée au domicile. Au début je n'y croyais pas et je pensais qu'il s'agissait d'un pessimisme latent. Non, c'est vrai, chaque fois qu'un objet nouveau arrive ici la question revient toujours : quand va-t-il tomber en panne ?
C'est à cause de cela que je ne fais jamais semblant de savoir, que j'épluche les modes d'emploi avec attention, que je fais tout, toujours dans l'ordre. J'avais poussé le scrupule jusqu'à emporter le guide d'utilisation pour l'achat d'une nouvelle cartouche...
Et puis pan ! La panne...
Signalons que Canon ne donne aucune solution de sauvetage en cas de bourrage de papier...
Désolé Alan et Stéphanie, ça sent le retour magasin... La Canon Selphy CP 740 est donc un jouet fragile.
Je me faisais déjà une joie de revenir demain d'Ivry avec des photographies à tirer immédiatement en cartes postales pour réjouir tous mes amis.
Si déçu, je suis...
Enfin voici pour cette fin d'après-midi et pour faire écho à la passionnante émission de ce matin sur France Culture, la fabrique de l'Histoire, sur la Tour Montparnasse de belles cartes postales.


On commence avec une édition Cap-Théojac, photographie de A. Monier dont je vous ai déjà causé. C'est beau comme d'habitude. La carte est très informative et nous donne la hauteur 210m, 262m au dessus de la mer, le poids de 120.000 tonnes, la profondeur des fondations 70m, la surface vitrée de 39 000m2 pour 56 étages. 7 ascenseurs atteignent le sommet en 40 secondes et les architectes sont Urbain Cassan, Eugène Beaudoin, Louis de Marien et Jean Saubot.


L'autre carte postale est bien plus rare; Il s'agit d'une vue de l'intérieur de la gare Maine-Montparnasse éditée par Yvon en Draeger Procédé 301 de superbe qualité comme tout ce qui venait de Draeger. Là aussi le plein d'informations : la gare la plus moderne et la plus belle de France, par son étendue et ses installations (10 000m2 de surface au sol). Construite par la S.I.G.M de juin 1966 au printemps 1969. Les études architecturales ont été réalisées par O.A.M.
Mrs Beaudoin, Cassan, de Marien, Saubot architectes.
Voilà.
Oui, je suis si triste.