mardi 19 octobre 2010

BMC 2, une carte postale.

C'est vrai que ce blog, par l'objet même qu'il explore, ne nous permet que rarement de voir de l'architecture réellement contemporaine (moins de 10 ans).
Alors voici une carte postale étonnante car faisant la promotion d'une crèche réalisée par le cabinet d'architecte BMC 2 en 2005.


D'abord l'objet :
Une vraie carte postale avec au recto une photographie d'une construction. Au verso, un titre et une localisation, la crèche du jeu de l'oie à Versailles ; on nous donne le nom du photographe, Monsieur Jean-Marie Monthiers.
Sur une séparation verticale entre correspondance et adresse on trouve les noms des architectes messieurs Arnaud Bical, Laurent Courcier, Remi Martinelli-architectes. C'est inscrit !
Il y a même l'adresse : 15 rue Martel à Paris 75010, le téléphone : 01 53 34 03 36, je vous épargne le fax, et l'adresse courriel je vous la donne : bmc2@wanadoo.fr
C'est donc bien complet. Sont imprimées les lignes pour l'adresse et le timbre.
Donc une vraie carte postale soucieuse d'informations concernant les architectes et les manières d'entrer en relation avec eux.
Une carte postale publicitaire certainement éditée pour diffuser le travail de cette équipe.
Comme aucune information n'émane ni de la crèche, ni de la Mairie de Versailles il ne s'agit pas d'une carte postale municipale, ni d'une carte postale pour tourniquets de Maisons de la Presse car il n'y a pas de nom d'éditeur.
Il me faudra entrer en contact avec les architectes pour comprendre leur choix de ce mode de diffusion qui, s'il nous réjouit ici, est peut-être une peu étonnant aujourd'hui.
Mais nous savons nous aussi jouer de ça...
Certainement un petit plaisir éditorial de l'agence qui nous donne à nous ici beaucoup de joie !

L'architecture :
Visible uniquement par la photographie de Monsieur Monthiers, nul doute que ce fut un choix bien décidé avec les architectes et donc une image qui doit nous dire beaucoup de choses de cette construction.
D'abord une frontalité mettant en avant le jeu des horizontales contrariant un rien le choix d'une carte postale en positon... verticale !
Il y a là un plaisir au cadrage, une manière de caler la construction, de jouer de sa géométrie très dure.
La bande de ciel en correspondance directe avec la largeur des bandeaux de façade ferme pourtant l'image, voulant que le bâtiment entre pleinement dans son cadre, utilise au maximum la surface de la carte postale.
Il est question ici de nous montrer surtout le jeu réussi des couleurs assez étranges surtout posées sur les stores qui semblent bien être LA particularité mise en avant.
Formant une alternance ombres-couleurs et une autre horizontales-diagonales la façade laisse peu lire les fonctions.
On devine à peine le jaune pourtant vif des gardes-corps.
Le photographe a aussi joué de l'ombre d'un arbre sur le sol comme d'une reprise des motifs sur les stores. Tout cela semble vouloir aplanir l'ensemble dans un réseau coloré, une surface égalisant le sol, le ciel, le bâtiment.
Seul détail révélant la fonction de la construction : les jeux des enfants.
Il est sans doute impossible aujourd'hui de produire une carte postale avec des enfants dans le cadre avec nos stupides restrictions du droit à l'image. On imagine les complications de demandes d'autorisations parentales pour que le chérubin puisse apparaître sur la carte postale !
Donc la crèche est vide...
Comment dire les cris des enfants dans la cours, comment dire les activités, les joies, bref l'animation ?
Avec dans le cadre de l'image, les jeux des enfants abandonnés. Tristesse...
On a tellement l'habitude sur ce blog de voir l'animation des enfants sur les jeux dans des cartes postales plus anciennes qu'ici c'est un peu dur. Mais les architectes et le photographe n'y peuvent rien. C'est notre époque...
Que voit-on du bâti ?
Un immeuble sur trois niveaux identiques aux larges ouvertures disant son désir de lumière ; cette lumière certainement parfois un peu drue est parfois diminuée par des stores largement dimensionnés dont on a déjà évoqué la qualité décorative et l'animation de la façade qu'ils procurent.
Il est question aussi certainement d'atténuer la rigueur un peu froide (ou bien plus certainement la peur de cette rigueur) du métal et béton d'ailleurs ici très beau par exemple sur le volume du toit.
Là aussi, on devine une terrasse aménagée et utilisable pour les enfants (?).
Les photographies sur le site des architectes nous révèlent bien mieux les plans de l'ensemble et on y découvre un très grand sens de la couleur. C'est, oui, très beau.
Alors une fois de plus si une image n'est pas une visite, elle reste un point de vue. ce point de vue lorsqu'il est à ce point celui des architectes peut permettre d'apprendre beaucoup sur leur propre représentation de leur architecture et finalement sur la manière dont elle devrait habiter la ville.
C'est donc à la fois dans ce cas trop peu pour voir et juger la construction et déjà beaucoup sur le sens du travail de l'agence BMC 2.

lundi 18 octobre 2010

Swann Bourotte, american trip

Swann Bourotte est un ami.
Il est designer de talent.
Il revient d'une grande balade à travers les U.S.A dans un camping-car digne de vos plus beaux rêves.
Dans sa traversée, il a cru bon de temps en temps de penser à moi en achetant de-ci de-là des cartes postales.
Il en a acheté beaucoup ! Et cela forme une donation Swann Bourotte dorénavant dans ma collection.
On y retrouve toutes les qualités de la Boring Postcard de Martin Parr.
Des avenues à l'horizon lointain, des Motels colorés au luxe tapageur et au parking presque vide et aussi quelques monuments architecturaux plus marqués.
Stephen Shore y retrouverait ses cadres, Little Nemo ses cauchemars, les frères Cohen leurs décors.
Je vous propose une petite sélection.
Nous commenterons peu, les images parlent d'elles-mêmes.
Et nous n'oublierons pas de remercier Swann pour ce voyage par procuration.
C'est parti, montons dans le camping-car avec lui !


Burns Oregon, K éditeur
Capri, In beautiful Vancouver by Grant-Mann Lithographers !
Howard Johnson's, Host of the Highways, Lusterchrome


Hi-way Motel, Portage la Prairie's lagest Motel.
La carte nous indique qu'il y a de l'eau chaude, la télé gratuite dans chaque chambre, Kitchenettes en nombre, des douches ou des bains... la croix dit l'emplacement du correspondant...


Shrine of the Missionaries at Night.
Is a beautiful tri-tower structure connected 21 stories above by three-level observation platforms.
C'est beau non ?
Malheureusement pas de nom d'architecte pour ce belvédère brutaliste.


Dunes hotel, Las Vegas Nevada.
L'architecte serait Monsieur Milton Schwarz. On remarquera surtout le beau volume sous arches en bas à gauche de l'image.


The new 25 story aluminium and glass First National Bank building, Memphis, Tennessee.
Plastichrome.


Holyday Inn, Winsto-Salem North Carolina


United Nations-Nations Unies
Œuvre commune d'architectes, œuvre pour la paix mondiale qui contribuera à... la fâcherie entre les architectes (Niemeyer et Corbu...) pour déterminer qui en est le créateur !


A monument to Peace, A chapel in the International Peace Garden on the Manitoba and North Dakota Border.
J'aime beaucoup cette carte postale et même si le bâtiment est finalement peu lisible, ce qu'il laisse sur l'image reste très intéressant. Surtout la manière qu'il a de se faire pénétrant dans le paysage notamment par les deux murs qui vous guident vers l'entrée.


Moose Jaw, Saskatchewan, Canada Main Street.
Le photographe ? Mister Joe Fartak.


Civic Auditorium 18th et Capitol Avene Omaha, Nebraska.
La photographie est de Larry Witt.


Seattle Public Library
Le commentaire de la carte postale commence par le coût financier... 4, 5 millions de dollars !
Puis on apprend qu'il y a 1 million de volumes soit 4, 5 dollars par volume, finalement c'est peu !
Cette bibliothèque fut remplacée par une construction de Rem Koolhaas.


Kennewick, Washington.
This is a beautiful combinaison of colorful concrete canopies, attractive foliage and progressive business in one of the most active communities in the "fun in the sun country".
Le photographe est Dennis L. Dilley.


Round-up Motel, West Yellowstone, Montana.
Photographie par L. L. Bunnell.
Sunset Terrace Motel
U.S. Route 60.


Joe Mackie's star Broiler
restaurant and Casino
Photographie de Louis Roberts.

C'est avec cette nuit tombée et allumée de néons vigoureux que nous quitterons l'Amérique du Nord.
La dureté de la direction du van dans les bras, le pincement léger mais persistant dans le bas des reins, il faudra se garer et dormir.
Demain reprendre la route.

dimanche 17 octobre 2010

Jean Balladur inédit et édité



Je reçois par la Poste un joli petit livre consacré à l'œuvre de Jean Balladur à la Grande-Motte, le voici :
Jean Balladur et la Grande-Motte
L'architecture d'une ville
collection duo
édition DRAC Languedoc Roussillon 2010
Il m'a été envoyé par Michèle François qui signe certains des textes. Je la remercie pour cela.
Ce livre est une vraie mine pour les amateurs que nous sommes tous sur ce blog de cette ville incroyable malheureusement un peu abîmée aujourd'hui.
Mais ce livre est le signe certain d'un regain d'intérêt pour ce site exceptionnel et nous montre les prémices d'une vraie action de protection puisque la ville a reçu le label "Patrimoine du XXème siècle" non pas pour un bâtiment isolé mais bel et bien pour l'ensemble de la ville. Ce qui est, je crois, assez unique en France.
Il faudra que Royan suive cet exemple même si l'unité urbaine y est moins constituée dans ce cas.
Ce que l'on apprend dans ce remarquable ouvrage c'est d'abord l'histoire de la ville, sa construction mais aussi l'attachement de son architecte à son œuvre, ne la lâchant jamais, vivant même sur place pour suivre son évolution et juger de ses propres théories. Si la Grande-Motte est l'œuvre à n'en point douter de Monsieur Balladur, ce livre m'a aussi rappelé que la ville est constituée d'un ensemble varié d'interventions d'autres architectes et d'artistes plasticiens, peintres, sculpteurs, fontainiers, qui ont également contribué à l'image de la ville.
Des noms que je ne connaissais pas m'apparaissent maintenant comme importants et c'est une belle manière de leur rendre hommage que ce livre.
Il y a Pierre Pillet le paysagiste qui a su répondre à la demande de l'architecte d'une ville verte et piétonne, il y a Michèle Goalard, Albert Marchais, Joséphine Chevry qui constituent une œuvre sculptée urbaine de grande ampleur.
Albert Marchais est l'artiste qui avait fait ce mur peint étonnant sur l'Hôtel Frantel (Mercure), détruit sans ménagement et sans autorisation par les nouveaux propriétaires. Une honte.
Cela est d'ailleurs le signe que parfois une grande richesse peut produire un effet curieux : un désintérêt comme si le grand nombre des œuvres permettait le sacrifice de quelques-unes...
Il nous faudra donc être vigilants sur l'avenir de la Grande-Motte.
Mais l'ouvrage est aussi un très beau guide parsemé à son tour d'une iconographie inédite et riche, de plans, de listes des œuvres et il s'avérera utile pour une nouvelle occasion de découvrir ou redécouvrir cette ville superbe.
Et, quand je vous aurai dit qu'il est gratuit et disponible sur simple demande, vous vous précipiterez pour l'obtenir en n'oubliant pas de remercier de ce très beau travail éditorial la Direction des Affaires Culturelles du Languedoc-Roussillon.
Merci Michèle François.
Faites votre demande ici :

D.R.A.C Languedoc-Roussillon
5 rue de la Salle de l'Evêque
CS 49020
34967 Montpellier cedex 02

Pour fêter cet événement, je vous propose une petite série de cartes postales encore inédites sur ce blog de notre belle Grande-Motte :


Carte postale Combier, le Babylone par Monsieur Vignal architecte. A noter que l'éditeur nous donne Bureau d'étude à Neuilly sans plus de précision.
Ce Babylone est absolument spectaculaire et beau.


Une édition d'Art Yvon expédiée en 1971 nous montre les immeubles pyramidaux (sic).
Quel point de vue !


Une édition de France expédiée en 1976 nous montre la plage et la rangée d'immeubles donnant sa silhouette à l'horizon de la Grande-Motte. J'aime la présence des rochers au premier plan comme des cousins minéraux de nos beaux immeubles.


Entre ciel et mer, cette édition du Soleil joue de plusieurs vues. Le correspondant aime le vent frais et ses nuits calmes... heureux homme... La carte fut expédiée en 1989.


Une très belle vue sur la place et les immeubles "St-Clair" grâce à cette carte postale Combier.
On admirera le beau volume sur le sol et on regrettera les déjà trop nombreuses toiles des commerçants. La carte postale nous donne Monsieur Albert Cane à Beaulieu-sur-Mer comme architecte de ces immeubles.
Cette vue du port nous montre la ville de l'an 2000 et le Quai Meynier. On doit cette carte postale superbe à l'éditeur Mar. A droite l'un des bâtiments qui échappa malheureusement au traitement pyramidal : l'Hôtel Frantel (Mercure). C'est pour lui qu'Albert Marchais avait réalisé un beau pignon peint, détruit aujourd'hui. On remarque aussi à gauche le chantier du Palais des Congrès.


Cette autre vue d'avion nous montre aussi la ville de l'an 2000 grâce encore aux éditions Mar.


Nous sommes redescendus sur le sol avec cette carte postale qui nous montre la Maison de Convalescence et de Repos. La carte postale est une édition des Photographies Industrielles et Publicitaires Claude O' Sughrue. Cette carte nous donne le nom des architectes messieurs Almayrac, Gallix et Vincent.
Bien dans l'époque avec sa décoration de plaques de béton moulé, ses décrochements successifs et son arc sur le toit, il s'agit à n'en pas douter d'un assez beau morceau. La carte fut expédiée en 1982 et le correspondant trouve sa maison de repos très belle !


Depuis le Village Vacances Famille dont on sait le très bon goût architectural à l'époque voici une vue assez rare de la Grande Motte. Elle nous est donnée par une édition Yvon datée de 1978. Elle nous donne : Etang du Ponant, le port. Et nomme l'architecte Mr BaLadur avec un seul L !
Je fais aussi parfois cette erreur !
Mais de qui est la petite sculpture de métal ?


Pour finir en beauté, la chapelle de la Grande-Motte. Monsieur Balladur n'est pas nommé sur cette carte postale Mar mais c'est bien l'architecte de cette très belle construction aujourd'hui quasiment invisible sous les ombres des pins.
Pour conclure, on ne se lassera pas de la richesse de la Grande Motte, de son équilibre entre constructions et végétalisation et le Comité de Vigilance Brutaliste restera à l'écoute de l'évolution de la protection nécessaire et urgente de cette rareté patrimoniale française.

samedi 16 octobre 2010

un monument historique, un supermarché, Claude Parent, Sens




Une nouvelle carte postale de soutien pour le classement au titre des monuments historiques du centre commercial de Sens dessiné par Claude Parent est disponible.
Elle est totalement gratuite.
Il vous suffit de m'envoyer votre adresse postale pour la recevoir et l'envoyer à votre tour à la D.R.A.C Bourgogne.
Nous devrions avoir une réponse sur ce classement au début 2011. Il faut donc poursuivre notre action et dire combien nous tenons à ce bâtiment et à son inscription dans le paysage.
Il est l'une des dernières expressions réelles et dans l'espace de la théorie de la fonction oblique de Claude Parent son architecte.
Il est en parfait état, dans son entité préservée.
On peut l'arpenter, le vivre, l'aimer.
Prenez le train, la voiture, vos pieds et allez à Sens dans l'Yonne.
Allez visiter l'un des plus incroyables bâtiments brutalistes de France et faites vos courses à Carrefour.
Vous pourrez ainsi dire à vos amis que vous avez fait vos achats dans un futur Monument Historique.
Professeurs, venez avec vos élèves pour le dessiner, le filmer, le rêver.
Journalistes, écrivez notre action, faites vos couvertures de journaux avec.
Tous, parlez autour de vous de ce centre commercial. Vous êtes venus en masse voir l'exposition sur Claude Parent, allez visiter maintenant ce centre commercial.
Demandez vite la carte postale de soutien.
Envoyez-la.
Je vous attends.

mercredi 13 octobre 2010

signalée par Alan

Signalée par Alan Aubry comme l'un de ses souvenirs d'enfance, je vous montre aujourd'hui la Cité Judiciaire de Rennes.
Deux carte postales permettent d'en faire le tour, et nous montrent un étrange bâtiment à la forme extérieure complexe voulant rendre sans aucun doute sa fonction difficile à comprendre.
Cela produit un volume extrêmement complexe relevant comme le dit Alan autant de la base secrète avancée d 'extraterrestres que d'une architecture métaboliste japonaise agrémentée de verre fumé si institutionnel et provincial.
C'est, en attendant de me demander si c'est beau, pour le moins un objet inédit.
Si particulier que ce bâtiment du début des années 80 a mérité l'attention des éditeurs de cartes postales, voyant à raison dans cette cité judiciaire un vrai nouveau monument de Rennes.
Voyez :

J'avoue me régaler de ce genre-ci, pouvant y projeter mes rêves et imaginaires comme dans les décors abstraits d'un James Bond.
D'ailleurs les cartes postales rendent bien compte du collage entre les deux lieux du bâtiment.
L'un traité comme un Guggenheim proposant la superposition de cercles concentriques montant en décrochements, l'autre une sorte de plate-forme sur pilotis aux bords relevés comme une pagode moderne.
Que fait-on de cet espace sous les pilotis ? Une sorte de place, de cour abritée.


Une vue satellitaire nous montre que la Ziggourat inversée est creuse et aménagée en terrasse intérieure.
En tout cas l'éditeur Jos a fait un beau travail d'édition. Les deux photographies sont de belle qualité et s'amusent même pour l'une d'elles d'effets lumineux de Soleil au couchant.
Mais...
L'éditeur Jos a fait une petite erreur en proposant Monsieur BrajAn comme architecte. Erreur corrigée sur l'autre carte postale où l'on trouve la juste attribution avec Monsieur BrajOn architecte associé à messieurs J.P Nicolas et L. Ressaussiere.
Tout cela donne diablement envie d'aller à Rennes.


mardi 12 octobre 2010

des amis fidèles

Il y a des constructions dont on sait que le modèle fort répandu vous donnera régulièrement la joie de les revoir.
Voici deux exemples bien connus des plus fidèles d'entre vous, alors sans chichi ni blabla, je vous les offre à la vue dans la nudité de leur représentation (fort belle) de carte postale.


D'abord le Palais des Sports, centre omnisports de Saint Etienne (42) par messieurs les architectes P. Dufau, R. Aillaud, L. Vendange.
Une carte postale La Cigogne qui ne mentionne pas l'inventeur du modèle physique : Buckminster Fuller.
Puis une icône de plus :


Vous connaissez cela par cœur.
Mais regardez comment le photographe choisit le degré d'ouverture de cette piscine Tournesol de Monsieur Schoeller l'architecte.
Une sorte d'entre-deux, ni totalement ouverte, ni totalement fermée, on dirait bien, vu les barrières, que la piscine n'est pas encore terminée et il pourrait s'agir là d'essai d'ouverture.
La terre battue indique aussi peut-être cet état de chantier.
Nous reste à remercier les éditions Artaud pour ce beau document d'une des stars de ce blog.

lundi 11 octobre 2010

Brasilia, un noeud routier

Toujours dans la donation Claude Lothier.
Certainement en forme d'avant-goût d'une prochaine promenade, voici une carte postale de Brasilia assez étrange.

D'abord comme vous pouvez le voir sur cette carte postale Uniao Postal Universal, le lieu lui-même. Il s'agit en portugais dans le texte de L'Estaçao Rodoviaria qui est, si j'ai bien saisi, une sorte de nœud routier offrant une entrée à la ville, une gare routière et un immense parking.
Tout cela certainement pour permettre une circulation raisonnée dans la plus belle ville du Monde.
Mais ce qui est assez saisissant c'est bien que ce nœud routier, alors que la ville regorge de monuments les plus extraordinaires les uns que les autres, que ce nœud routier donc mérite ainsi une carte postale.
Certainement qu'il est question ici de nous dire la modernité de la pensée du plan de Brasilia, nous dire à quel point la ville est une machine conçue dans sa totalité. Il est aussi ici question de l'imaginaire d'un paysage car l'horizon plan et lointain ainsi nettoyé et égalisé prend l'aspect d'une plate-forme ouverte offrant bien une vision d'espace gigantesque.
Ce vide apparent, les formes à peine visibles des constructions alors esseulées offrent certainement une vision d'une ville ambitieuse et géante s'étendant jusqu'au fond du regard.
Mais aujourd'hui...




Il suffit d'un coup d'œil de satellite pour voir comme tout cela ressemble plus aujourd'hui à une immense foire urbaine.
Et la sensation d'une ville à soi, dégagée, semble bien lointaine.
Mais ce qui est encore plus incroyable c'est la correspondance au dos de la carte. Dans une écriture un peu difficile à lire et tout en langueur, l'auteur écrit (je crois) ces mots :
Brasilia est un paradis pour les architectes ; Espérant que notre amitié soit aussi harmonieuse mais non point inachevée comme cette belle ville. A bientôt. M Ascot, (Mascot ?)
J'aimerais beaucoup recevoir ce genre de texte...
Pourquoi diable alors qu'il est question de belle ville envoyer cette partie-ci ?
Certainement que l'amitié a besoin d'une plate-forme encore très large pour se poser. Une plate-forme faite d'un nœud de chemins dans une ville.