mercredi 9 juillet 2008

faire dormir les jeunes 1 (Rome)



Dans nos voyages, nous fréquentons les auberges de jeunesse.
Parfois elles sont intéressantes d'un point de vue architectural parfois elles sont intéressantes du point du de l'hygiène.
Rome.
Située juste à coté des stades et de la piscine, quartier qui appartenait aux jeux olympiques, l'auberge de jeunesse occupe un bâtiment jumeau de celui des Carabinieri juste en face. Difficile de dire si cette construction appartient au projet olympique et difficile de dire s'il était prévu dès sa construction pour abriter de la jeunesse internationale en goguette.
Mais les deux bâtiments sont intéressants, d'une ligne que l'on qualifiera de moderniste, ils forment une sorte d'entrée au quartier. Particulièrement bien située tout contre la route extrêmement passante, l'auberge permet de jour comme de nuit de s'enrichir du son si présent de la circulation romaine...
De plus l'état général prodigue cette patine si particulière des constructions dont l'entretien semble inconnu. C'est disons une expérience particulièrement collective...
Il suffirait, je crois de peu finalement pour redonner à cette auberge une vraie originalité en dégageant ce qu'elle a hérité de ce dessin moderniste (intérieur comme extérieur).
Milan.
Dès l'arrivée à cette auberge de jeunesse de Milan, on est surpris. Le bâtiment offre une très belle façade en claustra de briques creuses d'une belle couleur. Cette grille permet en fait d'offrir un couloir qui court sur tout le bâtiment et permet une ouverture des chambres vers l'extérieur et de les faire ainsi communiquer ensemble. Le bâtiment est articulé en deux ailes (masculine et féminine) et le centre est occupé par les communs. Malgré la petitesse des salles de bain l'ensemble est bien tenu. C'est un beau bâtiment vraiment. Il ne fait aucun doute que celui-ci a été construit pour cette fonction de faire dormir les jeunes (et les plus vieux).
Alors je fais des recherches pour vous donner les dates de constructions et les architectes mais toujours pas de cartes postales. Voyez mes photographies.

lundi 7 juillet 2008

Autogrill Pavesi 2




Ambiance...
Imaginez une nuit avec 53 personnes qui dorment comme elles peuvent dans un car, couchées par terre, assises sur leur siège la tête dans les bras, les duvets partout et la sensation étrange que la suspension dudit véhicule est greffée sur votre colonne vertébrale et vous aurez une idée des réveils sur ces aires d'autoroute...
Pendant ce temps, les chauffeurs, Michel et Carlos font leur travail et même un peu plus. Ils conduisent et restent sympathiques en toutes circonstances (même les plus désagréables...) Merci à eux.

Autogrill Pavesi 1






Je vous l'ai déjà dit mais pour moi, rencontrer l'image dans le réel c'est la vraie jubilation. Donc, lorsque notre car fit un arrêt (toilette, café, cigarettes...) sur l'autoroute entre Turin et Rome et que les yeux encore embarbouillés d'un sommeil précaire prodigué par un couchage entre le pare-brise et la première rangée de sièges, j'aperçus l'Autogrill Pavesi mon sang ne fit qu'un tour. Je me rappelai immédiatement que dans ma magnifique collection trônait une carte postale d'un autogrill Pavesi et que j'avais effectué des recherches à son sujet un peu en vain. Je pensais même vous l'avoir évoqué dans ce blog.
Mais il était là et j'allais même pouvoir y déguster un cappuccino et y faire pipi.
J'essayais en vain de convaincre quelques étudiants de lever le nez, de regarder mais parfois le corps engourdi empêche la progression de quelque idée esthétique que ce soit. Bref, allons faire ce que nous faisons dans ce genre d'endroit comme d'habitude. Mais voilà que dans le rayon livres, que, même dans les stations autoroutières Claude ne peut ignorer, il trouve ce petit livre qui nous raconte l'histoire de ce type de lieu. Vous connaissez ça en France ?
Un ouvrage consacré à l'architecture des Autogrill édité et diffusé au sein même desdits édifices ? En plus il est beau.
Il y a donc un intérêt italien pour ce genre, c'est rassurant.
Je cherche fébrilement dans les illustrations une image ressemblant à ma carte postale laissée en France mais ne la trouve point. Ce matin je me décide à faire des recherches à nouveau et je tombe sur ce magnifique site consacré à ma nouvelle passion.
Allez voir c'est superbe.
http://www.autogrillpavesi.eu/galleries/montepulciano/index.htm
Je devrais y trouver la réponse à ma question concernant ma carte postale. Mais il semble que cet Autogrill fut dessiné par Carlo Casati et non par Angello Bianchetti. Il ne me reste plus qu'à prendre contact avec le Webmaster pour une réponse plus juste.
La carte postale est une édition P. Mazari. Elle nous indique : Dorno Autostrada Milano-Genova Autogrill Pavesi mais n'est pas datée. Le livre s'intitule Autogrill una storia italiana, il est écrit par Simone Colafranceschi et publié aux éditions Il Mulino. Magnifique...
Je vais essayer de vous mettre quelques photographies faites sur place.

dimanche 6 juillet 2008

les deux tours 4





Une lame bien affutée qui mérite que Claude prenne son très beau Rotring multi-fonctions et son carnet Moleskine pour un dessin rapide mais élégant.

les deux tours 3





Voici la Pirelli.
En contre-jour souvent.
Le Lumix corrige ce qu'il peut.
Le mieux c'est que vous alliez voir.
Et en première mondiale, Claude dessine la Tour Pirelli. Même lui n'a pas vu cette vidéo...

les deux tours 2



Un expresso chez Baldassarre et ça repart. (même deux, c'est si bon...)

les deux tours






C'est amusant. Comment puis-je aimer à la fois la Tour Pirelli de Gio Ponti et la Tour Velasca de BBPR ?
C'est simple. Je vous explique.
Chez Ponti, j'aime la tour, chez BBPR j'aime l'image. (merci à la leçon de Las Vegas).
En fait, non ce n'est pas si simple.
Bon, il y a l'évidence d'un dessin, la qualité constructive, la plasticité de la Tour de Gio Ponti. On ne peut pas ne pas l'aimer si on est sensible à une certaine forme de perfection, délicatesse et de rigueur. C'est bien l'architecture que j'aime ici.
Pour la Tour Velasca c'est l'événement, le fait même qu'elle existe, qu'elle dépasse justement tous les registres de la laideur pour atteindre l'étrangeté. Je vous rappelle que ces deux tours sont contemporaines. La Tour Velasca comme la Tour Pirelli sont des icônes architecturales. L'une (devinez laquelle) pour son grand classicisme, sa position historique moderniste l'autre parce qu'elle est inclassable oscillant entre un bidule raté, un monstre presque humoristique, et une force de surgissement. Finalement l'une hurle, l'autre se fait discrète. Sur le toit du Duomo nos étudiants comprenaient très vite ce qui dans le paysage pouvait être la Tour Velasca alors qu'ils cherchaient un peu plus la Pirelli (celle qui fait bip ! merci Thomas).
Mais voilà, au pied de l'ouvrage, les idées s'embrouillent. La Velasca est belle, sans aucun doute. Il suffit de subir son attachement au sol, de regarder vers son sommet et d'observer son encorbellement, d'admirer la qualité du matériau et les lignes légèrement brisées de ses verticales pour succomber à ce monument. Je comprends que le toit vert en double pente qui fait de cette tour un étrange mélange entre un beffroi du nord et un immeuble futuriste de Jules Verne puise rebuter. Mais voilà, c'est aussi cela qu'il faut aimer. Et puis il y a le tableau de chasse. Je suis aussi comme ça. Je me la suis faite la Velasca. Je l'ai épinglée. Il y a aussi de ça dans la constitution du goût : le glissement qui va de la découverte de l'existence d'un tel bâtiment au cheminement qui vous y amène au pied. Comme si en constater l'existence était une manière d'en constituer une esthétique. Il faudra pour en convaincre enregistrer les "Wahouuu" que je produis régulièrement au pied de ce genre de monstre.
Alors il existe des cartes postales de ces deux Tours de Milan. Je n'en possède aucune. je vais combler ce vide en dépensant quelques euros sur un site spécialisé. Donc, une nouvelle fois, des photographies miennes pour vous contenter j'espère.
Mais je ne veux pas oublier Hansjoerg Schneider qui me fit découvrir la Pirelli grâce à une magnifique pièce que cet artiste allemand a réalisée et que nous (Claude et moi) avions invité pour l'exposition historique (oui vraiment) "Persistante Perspective" en 2004 à l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts du Mans. Je vous invite donc vivement à aller voir le site de Hansjoerg Schneider que vous trouverez dans mes liens.
Si vous allez au pied de la Velasca, ne manquez pas de prendre un expresso absolument délicieux dans le bar à son pied.
http://hansjoerg-schneider.de/index.php?lang=de&main=01-projects&sub=00-ikonen&bild=2