Affichage des articles triés par pertinence pour la requête chaslin. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête chaslin. Trier par date Afficher tous les articles

mardi 7 avril 2015

Un Corbusier, Le livre




Je viens à l'instant de terminer la lecture du livre de François Chaslin Un Corbusier publié dans la très belle collection Fiction et Cie.
C'est un événement qu'un livre sur Le Corbusier écrit par celui qui avait réussi à me convaincre, tout au long de son émission Métropolitains, que l'architecture se construit aussi avec la voix. Il s'agit surtout, je le pense dans la tiédeur d'une lecture tout juste achevée, d'un livre d'une génération. Ceux qui sont en quelque sorte les enfants en short et chemise à carreaux que l'on voit jouer sur le toit-terrasse de la Cité Radieuse, ceux qui apprendront leurs leçons d'architectes qui ont bâti, contredit, serré les mains de l'architecte Corbu. Tout comme je me souviens de mon trouble apprenant que ledit Le Corbusier avait eu au téléphone le vieux Eiffel, c'est un ouvrage de passage, nécessaire à cette génération devant rétablir une vérité, avant de passer le flambeau à ma génération, flambeau un peu éteint d'une possible idôlatrie, la génération des enfants de mai 68. Je le prends comme ça. Dans mes salles de cours, dans les clubs des jeunes, des photographies aériennes Lapie tapissaient encore les murs avec la France superbe des Trente Glorieuses. Je me souviens de La Cité Radieuse en noir et blanc qui, je crois aussi, était visible dans les photographies des wagons de chemin de fer. Et, dans ma salle de classe de CM 1, le seul autre grand de l'Art était Picasso en poster en couleur. Je suis de ces moments-là. Il y a donc dans ce livre quelque chose que Monsieur Chaslin porte aussi, d'un inconditionnel de l'architecte ayant dû passer outre une forme parfaite d'amour (du moins de fidélité) à un doute sur un architecte autant adulé que récrié de tous côtés et surtout du côté des ignorants vociférant que notre Corbu était fasciste, nazi, de droite, puis communiste enfin, sans doute, homme de pouvoir portant à lui seul l'échec des grands ensembles.
Oui.
Le livre de Monsieur Chaslin dit la chose clairement et c'est sans doute, pour moi, pour nous, la première fois qu'ainsi, dans une multitude d'approches, de détails, de cernes on voit apparaître ce que nous aurions sans doute ne pas voulu voir. La manière de Monsieur Chaslin me fait penser à un Saint Sébastien dont l'envoi des flèches dans la chair du martyre serait la seule manière de dessiner les contours de son corps. Monsieur Chaslin sacrifie son mentor pour mieux, dans la seconde partie du livre intitulée le fada, le ressusciter avec l'histoire croisée de ses cités radieuses. C'est monumental comme écriture et comme procédé, c'est de grandeur conforme à l'homme et à l'architecte. Hésitant entre deux pôles durs, la crapule et, ou, le génie.
Le Corbusier en sort grandi et je le crois, sauvé. Parce que finalement, la petitesse habituelle des attaques sur ses pensées politiques n'est rien à côté de l'œuvre. Et si cela ne permet pas de pardonner, cela permet tout de même de dire la logique et donc l'intelligence qu'il a eu à s'en sortir. Comme si sa familiarité politique (on pourrait presque dire aujourd'hui dire sa bêtise) toujours à la recherche du pouvoir (le verbe) était rachetée par la force sereine, ambitieuse et inventive de ses constructions.
Je suis de ceux qui furent fascinés.
Je suis de ceux qui le restent, et je me refuse d'obscurcir les lumières, les ombres, les forces que j'ai aimées et ressenties au nom des idées politiques finalement médiocres d'un type ayant mal choisi son camp, ayant surtout cherché partout ceux qui lui permettraient de faire, faire son œuvre. Après tout, si je n'ai rien à faire ni à voir avec un groupuscule d'extrême-droite, je n'ai rien à voir non plus avec la grande bourgeoisie pour laquelle il a aussi construit. Ne dois-je plus aimer la Villa Savoye ? J'ai sans doute plus à voir avec les pavillons de Frugès et la collectivité de Marseille, Briey et Rezé. Mon histoire avec Le Corbusier, je me permets aussi Monsieur Chaslin, de la lire au travers de la vôtre, celle de ce livre. Je défendrai toujours Le Corbusier non pas qu'il ait encore besoin qu'on le défende ou que ma parole soit si importante à ce jeu mais simplement parce que je crois qu'il faut juger l'œuvre autant que l'homme. Et qu'il est important de ne jamais oublier que l'on a aimé. Votre livre le permet sans masque, sans fard et surtout sans peur. Enfin, avec votre infinité de détails, des citations, votre travail d'abeille voulant voir au plus près la reine, vous donnez l'occasion de mettre les choses à plat sur la grande table. Et c'est comme cela que l'on est libre d'aimer.
Et puis, vous me faites l'honneur de me nommer et surtout me faites l'honneur d'une complicité d'amateurs d'images et de cartes postales. Vous ne dites rien de néfaste à leur égard, vous les aimez. Aimer les images, y croire au-delà de leur cadre fabriqué, les aimer car elles sont des moyens de connaître et d'apprendre est bien aussi quelque chose que je crois partager avec vous. Je me souviens à l'écoute de vos émissions d'avoir construit mentalement les architectures que vous évoquiez avec vos invités, je me souviens comment les espaces naissaient de la conjugaison des verbes. Je garde précieusement, Monsieur, ces images, je jalouse celles que vous possédez et je vous remercie, une fois encore, au travers de ce livre de nous avoir donné une image de Le Corbusier, une image juste parce que personnelle, Un Corbusier vôtre, que je désire faire mien.

Et, ne me reste qu'à faire mon métier et enseigner Le Corbusier maintenant avec ce nouvel outil sincère.

Un Corbusier
François Chaslin
Fiction et Cie
isbn-978-2-02-123091-8

Et comme c'est ici un lieu de la représentation de cette architecture par la carte postale, en voici une inédite encore sur ce blog. Elle n'a rien de rare, rien de particulier, seulement la force d'un document populaire tentant de donner à voir l'une des œuvres les plus étonnantes. Pourtant, ici, dans cette édition sans nom d'éditeur ni de photographe, c'est bien le cliché parfait de la carte postale qui est présenté.
Un premier plan végétal, grandes branches d'arbres tombant en ombres et en nombre sur la grille de béton, puis au second, un arbre fruitier soutenu par une planche, puis enfin, comme infinie, la Maison Radieuse de Rezé qui porte au verso de l'image le nom de son architecte : Le Corbusier.
Rien n'est plus simple, sans doute plus juste, pour parler de l'architecture que cette forme d'hommage.






jeudi 24 septembre 2009

deux François, un Chaslin et un Deslaugiers

Aujourd'hui encore François Chaslin nous régale de l'un de ses entretiens fameux. Parfois, j'ai le sentiment qu'il suit notre guide vénéré, passant en revue les architectes publiés dans celui-ci.
Il est aussi, à sa manière, un guide bien attendu toute les semaines.
Cette fois, il parle avec Monsieur François Deslaugiers.
Lors de l'une de nos promenades architecturales avec Claude nous avions eu la joie de découvrir son bâtiment de Nemours, beau Meccano effectivement comme le dit Monsieur Chaslin. Prenant des photographies, nous avions été gentiment dirigés vers la sortie et même à l'extérieur bien suivis l'air de rien par un monsieur un peu costaud sûr de son autorité.
Je n'ai pas de carte postale de ce centre des impôts vraiment magnifique ni d'ailleurs d'une autre construction de cet architecte. seule la carte postale d'Euralille nous montre la passerelle Le Corbusier dessiné par cet architecte.
Je montre donc quelques clichés pris par Claude Lothier lors de cette visite. Ne pas oublier la superbe piscine Tournesol orange de Bernard Schoeller juste à côté.







Et puis, comme Monsieur Chaslin et Monsieur Deslaugiers ont évoqué l'église Jeanne d'Arc de Rouen en nous donnant l'information que bien plus qu'une œuvre de Monsieur Arretche elle était le dessin de Monsieur Gaudin, et qu'il se trouve que je l'ai encore visitée hier avec Achille mon filleul, voici des cartes postales de ce lieu superbe achetées dans l'église même.



Vous trouverez des cartes postales de sa construction sur des articles du 19/02/07.
Mais que dois-je faire ? Les ranger à Arretche ou bien à Gaudin ?
Le trouble...
La première nous indique le nom du photographe Monsieur Godard. C'est une édition Le Goubey. L'autre ne nous indique rien sinon que la voûte est en forme de carène de navire inversée.
C'est vrai. Achille l'a bien vu et il a trouvé ça bien beau. Oui.
Pour entendre Monsieur Chaslin et Monsieur Deslaugiers c'est ici.

mardi 4 septembre 2012

les métropolitains sont à l'arrêt

Voici que nous n'entendrons plus la voix de Monsieur Chaslin à la radio.
Me voici dépité.
Perdu. Comme dans un réseau du métro sans métropolitain.
Alors, je me suis demandé ce qui dans ma collection pouvait résumer ce que Monsieur Chaslin et ses émissions ont pu m'apporter et c'est énorme !
Comment résumer une voix, une tonalité sérieuse, une analyse maniant objectivité amoureuse et remise en question toujours possible ?
Comment dire la capacité de Monsieur Chaslin à nous faire VOIR ce que l'on ENTEND ?
Je voulais quelque chose de modeste mais de beau, quelque chose de moderne mais de disparu, quelque chose d'un peu oublié mais qui n'a pas démérité. Et comme un clin d'œil final et nostalgique au titre de l'émission et à sa densité de réseaux (du savoir), je trouve cette toute petite chose :



Cette carte postale des éditions Chantal nous montre le métro régional (R.E.R.). En haut, les quais de la station "Charles de Gaulle-Etoile" et en bas, des détails de la station "Auber". Regardons bien l'un des détails...



On y voit des sphères, des boules colorées coupées et tranchées net. C'est pop, c'est joyeux, cela sans doute construit une sorte de village entre celui des Schtroumpfs et des Barbapapas. Cela est bien dans le ton de cette époque fruitée, French Fresh Delight, qui voudrait par la couleur et les formes simples donner un sentiment plus serein à ce métro, ce R.E.R. Et cela fonctionne bien.
On trouve dans notre guide fétiche, celui de Dominique Amouroux des informations nécessaires. Et on retrouve même nos sphères derrière les barrières du métro. On remarquera que Monsieur Amouroux reprend le terme de "décontraction" pour le visiteur. On trouve aussi les noms des architectes concernés par cet aménagement de la station Auber et il y a du beau monde ! Monsieur Wogenscky comme architecte et messieurs Richard et Monpoix pour l'architecture intérieure donc c'est bien à ces derniers que nous devons ces bulles de couleur.













































































Mais qui me dira ce que cette "chose" fait accrochée au plafond ? Quel est son rôle ? Luminaire ? On remarquera également la très belle photographie noir et blanc d'un homme seul dans le couloir du R.E.R.



Alors, cela ne suffit pas bien sûr à remercier Monsieur Chaslin. Cela ne suffit pas à payer la dette. Mais c'est un petit signe amical et respectueux. Merci Monsieur Chaslin. Nous, nous continuerons sans vous à tenter de comprendre les parpaings. Bien à vous.


mercredi 27 mai 2009

Sens Oblique à la radio

Bon.
Belle surprise.
Monsieur Chaslin évoque notre combat pour la protection du centre commercial de Sens dessiné par Monsieur Parent.
Que dire ?
L'humour de Monsieur Chaslin, un message parfaitement circonstancié et l'intérêt pour notre action. Quoi demander de plus ?
Comment le remercier ?
Avec une image d'architecture.
je propose :


Une carte postale vraiment contemporaine, voici c'est écrit en gros Euralille. La carte postale nous informe au verso par un petit texte.
Euralille : centre d'affaires international et nouveau quartier de Lille, cité marchande.
Située au cœur du quadrilatère le plus densément peuplé au monde (Londres-Amsterdam-Cologne-Paris), Lille se trouve connectée en moins d'une heure aux grandes capitales septentrionales grâce à la gare TGV de Lille-Europe. Dans ce contexte, elle a développé avec Euralille un quartier résolument contemporain constituant le vecteur des ses nouvelles aspirations. Le Corbusier Viaduc at the heart of Euralille : one of the major pieces of this modern business area.
Voilà.
Interrogation, pourquoi donc la phrase consacrée à la passerelle est en anglais et non traduite ?
Est-ce une manière de donner quelque chose de compréhensible aux visiteurs d'une langue étrangère ? Cette manière d'être international seulement sur l'un des objets architecturaux du lieu est assez unique ! Le nom de Le Corbusier devant certainement susciter la curiosité. On remarquera que, à part le Corbusier et une passerelle qui porte son nom, aucune mention n'est faite des architectes. Le texte travaille sur la question économique avec du vocabulaire adéquat comme vecteur, capitales, connectée, affaire internationale. Euralille est donc bien d'abord un positionnement politique et non architectural ou urbain. Finalement sa forme n'est pas en question ici sur cette carte postale et d'ailleurs la nomination outrancière sur l'image sonne comme une marque de fabrique, un slogan.
Pourtant ce que l'on voit ici grâce à ce cliché de Jean-Pierre Duplan donne envie de se rendre là. Cela ne manque pas de pittoresque (oui j'ose). Le bleu de l'entre chien et loup, les formes architecturales de la passerelle et la pente de la construction juste derrière donne furieusement envie d'aller y faire un tour. Et le choix de cette lumière a peut-être aussi quelque chose à voir avec une manière d'adoucir le caractère par trop contemporain du site. Les effets lumineux sont un spectacle féerique qui doivent calmer tout ça.
La passerelle serait de Monsieur Deslaugiers dont on connaît un beau bâtiment à Nemours et la belle pente brutale qui descend est le centre commercial de Monsieur Jean Nouvel.
François Chaslin, Jean Nouvel, centre commercial, Claude Parent, Sens...
Dans 20 ans rappelez moi de faire une demande de classement pour le centre commercial Euralille de Monsieur Nouvel !
Si vous voulez entendre l'émission de François Chaslin :



mercredi 27 février 2008

joyeux anniversaire Métropolitains



Avec une semaine de retard, il convient de souhaiter un joyeux anniversaire à l’émission Métropolitains de François Chaslin sur France Culture.
Joyeux anniversaire donc.
Beaucoup de pertinences, de la jubilation partagée et une critique juste et cultivée, donnent à cette émission le goût de l’architecture, l’envie d’y aller voir. Merci. Comme cadeau d’anniversaire j’ai cherché dans ma belle collection de cartes postales une image qui pourrait faire plaisir à Monsieur Chaslin et en même temps parler de la passion qu’il a cultivé chez moi pour le construit.
Alors des cartes postales de Brasilia en construction me semblent parfaites. Elles regroupent l’utopie en construction, la beauté du site et du dessin, l’envie (le rêve) d’y aller un jour, le souvenir de Jean-Paul Belmondo accroché aux échafaudages dans le film de de Broca l’homme de Rio.
Même si vous n’allez pas souvent sur internet Monsieur Chaslin et qu’il y a peu de chances que vous trouviez ce blog je me permets à nouveau de vous souhaiter un joyeux anniversaire à vous et à toute l’équipe de Métropolitains.
Les cartes postales sont une édition foto postal Colombo distribuidor em Brasilia en foto Agenor mais ne sont pas datées.

mercredi 18 février 2009

il n'aime pas

Aujourd'hui mercredi c'est Métropolitains.
Sur France Culture j'écoute toujours très attentivement François Chaslin et ses invités nous promener dans l'architecture. Tout cela avec un ton que j'aime beaucoup, critique sarcastique parfois mais aussi passionnant, et c'est l'essentiel un ton qui donne terriblement envie d'aller voir.
Et puis parfois François Chaslin nous donne d'une phrase limpide son avis. Oui, il existe des critiques qui donnent leur avis.
Aujourd'hui j'ai ri derrière mon poste de radio à l'écoute de son dégoût pour Auguste Perret. J'adore sa manière de le dire mais je ne partage pas cet avis et c'est aussi ça que j'aime à l'écoute de ses émissions, sa capacité à nous obliger à revoir notre position et à parfois relativiser la sienne.
C'est vraiment formidable.
Alors, un peu pour me moquer et parce que je sais que de toute manière il y a peu de chances qu'il lise cet article je vais vous donner à voir des images de l'œuvre de Monsieur Perret. Et comme l'actualité nous parle de la place d'Amiens restructurée par Monsieur Vasconi je vous montre des cartes postales de cette place et de la tour qui a eu également droit à une transformation. Voir ici, c'est terrifiant :
http://interdits.net/interdits/index.php?option=com_content&task=view&id=210&Itemid=71


Je commence avec un portrait de l'architecte. C'est rare une carte postale qui représente ainsi l'architecte. C'est même la seule sur les 4000 cartes postales que je possède.  Je sais qu'il en existe une de Guimard au travail, carte postale très très rare. On doit celle de Perret à la Ville du Havre (oui). On nous donne comme titre architectures du Havre 1840/1989 Auguste Perret (1874-1954) Architecte en Chef de la reconstruction du Havre. Photographie de M. Barbaux.


Voici une vue d'Amiens chez Combier datée de 1951, Perret était donc vivant. La carte postale indique au premier plan "la Tour Perret" ce qui signifie que déjà le nom de l'architecte était bien repéré et permettait de nommer le bâtiment. On voit bien devant celle-ci la place que Monsieur Vasconi a redessinée. (là je suis gentil). On peut aller là pour en savoir plus :
http://www.claude-vasconi.fr/findex.htm


Regardons cette place grâce à cette autre carte postale "la Cigogne" expédiée en 1986. Je me rappelle lors de ma visite à Amiens d'avoir la sensation d'être au Havre sur la place de la Mairie...
On parlera de rigueur, de classicisme et de géométrie.



Une autre carte postale "la Cigogne" expédiée en 1964 nous rapproche de la gare du Nord. Ce que j'aime en particulier chez Perret c'est le dessin des ouvertures avec toujours une sorte de bourrelet, d'épaisseur du cadre qui appuie terriblement le dessin fait de grands coups de règle. On entend presque le tubulaire glisser sur le papier en lâchant sa ligne d'encre.
Ziiiiippppp......
Vous ai-je dit que j'avais enfin retrouvé un hachurateur Linex comme celui de Monsieur Ramondot ?
Monsieur Chaslin continuez à descendre les idoles des socles même si ceux-ci sont très beaux mais trop hauts à votre goût. On pourra toujours tenter avec d'autres de les remettre en place. On rigolera bien vous verrez !
A mercredi prochain, sans faute.
www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/metropolitains/index.php?emission_id=76

mercredi 4 mars 2009

Il reçoit Michel Marot

Encore à l'écoute de Métropolitains ce matin.
Cette dernière émission sera podcastée tant elle concerne ce blog.
Ce Matin Monsieur Chaslin a cité notre guide vénéré. Oui.
Il a dû s'y résoudre pour évoquer un ensemble que l'on connaît bien sur ce blog : Marina baie des Anges. (voir article du 9 septembre 2008)
En fait ce matin François Chaslin recevait Michel Marot architecte fort passionnant. Sur les trois articles consacrés à cet architecte dans notre guide, deux sont très durs à son encontre et seulement l'article consacré à la Villa Arson semble plus ouvert !


J'ai déjà dit comme je peux me satisfaire de Marina baie des Anges. Je vais donc vous montrer aujourd'hui l'église qu'évoque Michel Marot dans l'émission de ce matin grâce à deux cartes postales. J'ai reconnu ce nom d'ailleurs et j'étais certain d'avoir des images. J'ai fouillé d'abord dans mon classeur "Vatican 2" sans résultat et j'ai finalement mis la main sur ces deux cartes postales dans le classeur alphabétique, juste à côté de  Monsieur Minangoy.
La carte postale de l'extérieur de l'église nous montre donc un bâtiment en pointe au clocher plus que spectaculaire, d'une arrogance jouissive. Au concours du clocher le plus pointu de France il aurait la palme, ça gratte le ciel. Dessous une pyramide aplatie reposant semble-t-il sur une ligne de vitrail et un mur de pierres. Je ne sais comment on appelle l'énorme chien-assis qui fait portail mais je le trouve assez incongru et très "village". Les poutres qui le soutiennent sont bien maigres. Michel Marot nous dit que c'est Monsieur Novarina qui le conseilla aux commanditaires. C'est possible qu'il reste quelque chose de cet autre architecte ici. J'ai pour ma part toujours beaucoup de mal avec ce mélange de matériaux et de couleurs. C'est à la fois paysan et moderne ou ni l'un ni l'autre. La carte postale ne nous indique que le nom de la commune : Les Grès (Aube) (commune de Fontaine-les-grès) Eglise Ste-Agnès. Michel Marot est cité comme architecte. Pas de date ni d'éditeur.
Sur cette autre carte postale, nous pénétrons à l'intérieur de l'église. Un culte aux lambris de pin semble y être effectué !
On admirera la flèche dessinée par le vide du clocher qui évoque l'ascension rapide et étroite à travers la fusée du même clocher. J'aime ça. Dessiner un tel signe avec du vide c'est étonnant. La photographie y rend bien justice et le noir et blanc ici est judicieux. J'aime comment tout cela joue aussi avec l'ellipse du lustre fruste. (Dites le vite : lustre fruste !)
J'aime moins les deux appuis de biais qui passent devant le chœur. 
Il s'agit d'une carte postale en photographie Roze. L'architecte est nommé et son titre de Grand Prix de Rome aussi. 1954. A-t-il rencontré, croisé là-bas dans les jardins et sur les terrasses Jacques Ramondot ?

En piqûre de rappel je vous remets un peu de Marina Baie des Anges. Je tiens à signaler qu'aucune de mes cartes postales ne cite Michel Marot comme architecte mais toujours Monsieur Minangoy. Il me faudra travailler cette question parfois si délicate de l'attribution des bâtiments. Dois-je corriger mes cartes postales et bouleverser mon classement ?
En attendant voici :
Villeneuve-Loubet Marina "Baie des Anges" Architecte Minangoy, le port chez Combier en Cimcolor expédiée en 1979.
Puissant non ?
Guide d'architecture contemporaine en France
Par Messieurs Crettol, Monnet et Amouroux
chez technic-Union 1972

dimanche 17 juin 2007

Edmond Lay épargné



Menons une enquête.
J’entends cette semaine mon émission favorite dédiée à l’architecture, celle de François Chaslin : Métropolitains.
Celui-ci évoque la remise de médailles pour architectes, ce qui me passionne peu mais il évoque également un architecte fraîchement médaillé, Edmond Lay dont il nous dit qu’il est l’architecte de la caisse d’épargne de Mériadeck à Bordeaux.
Mon oreille s’ouvre et je songe immédiatement à mes deux cartes postales qui concernent précisément ce bâtiment. Mais j’ai un doute et je sais que ce n’est pas ce nom qui est au dos de mes cartes.
Je n’arrive pas de mémoire à me rappeler ces noms et je dois patienter pour trouver dans mes classeurs les deux cartes postales ; je ne sais d’ailleurs dans lequel chercher et je finis par les trouver dans le volume dédié aux lettres de A à D.
D comme Desgraviers qui est associé à Lerescassoux. Mais point de Edmond Lay...
A qui est due cette erreur ?
Je vérifie sur internet et trouve bien Monsieur Lay comme architecte.
Pourquoi les éditeurs de cartes postales font-ils ce choix d’architectes ? C’est un mystère pour moi mais pour vous ? Qui m’aidera ?
Monsieur Chaslin ? Monsieur Lay lui-même ?
Je me souviens parfaitement du lieu d’achat de ma carte postale (Saint Pierre lès Elbeuf) et de ma joie de découvrir ce bâtiment et mon envie l’an dernier, en séjour à Royan de pousser jusqu’à Bordeaux. Evidemment j’y trouve absolument l’ensemble de mes goûts pour des constructions à la volumétrie puissante, aux matériaux francs et au dessin donnant lecture de la structure. Un brutalisme certain qui me réjouit, je l’avoue.
Oui il exista une époque pour ce genre de construction et une époque pour qu’on les photographie et les édite en carte postale.
J’irai à Mériadeck cette année.

lundi 19 octobre 2009

j'aime, Seigneur et la cathédrale

Je viens à l'instant et avec près d'une semaine de retard d'écouter l'émission de François Chaslin : Métropolitains.
Il recevait François Seigneur et Mario Botta.
Comme d'habitude j'essaie de coller à l'émission avec ma collection.
Pour François Seigneur c'est raté. Rien. Mais à l'écoute de l'émission j'apprends qu'il a travaillé sur... le centre commercial de Sens lorsqu'il était employé par Monsieur Parent. Il nous apprend entre autres choses passionnantes qu'il dessina le logo G. E. M des magasins.
Alors je vous donne ça :


C'est un cliché d'époque qui provient de la magnifique collection d'archives de Goulet-Laurent Leroy.
J'en profite aussi pour faire un point sur la demande de classement du centre commercial. Nous devrions avoir au moins une réponse pour sa labellisation au titre du "Patrimoine du XXème siècle" les 26 ou 27 octobre prochain.
Pour ce qui est du classement au titre des monuments historiques, il nous faudra attendre le mois de janvier 2010.
Ne baissons pas les bras et continuons à nous manifester.

Pour Mario Botta je trouve ça dans ma collection :



Il s'agit bien entendu de la Cathédrale d'Evry. Ici dans une édition de la Boissière avec une photographie de Serge Gloagen. La carte postale fut envoyée par Serge (le photographe ?) en 1996 et il nous dit qu'il trouve la cathédrale affreuse... Pauvre Serge...
Nous ne discuterons pas avec lui et nous profiterons de cette image prise d'un peu en dessous et qui écrase, c'est vrai, un peu le cylindre. Et puis je l'aurais peut-être préféré ainsi :



Encore de béton, dans une allure de centrale nucléaire sans son revêtement de brique, un objet industriel.
Cette carte postale promotionnelle servait à récolter des fonds pour l'achèvement de la cathédrale. Voici le verso avec la signature de Monseigneur Herbulot :


C'est une carte de grand format, à la limite d'une carte postale. Mais un beau document, non ?
Regardez comme la pose du toit est spectaculaire et comme encore une fois l'appareil photographique écrase, cette fois par le haut, le cylindre. C'est daté dans l'image du 28 4 93.
Autre pièce de ma collection :


On retrouve Monseigneur Herbulot, plan à la main devant le chantier. Mais qui est l'autre personne ? Là également c'est à peine une carte postale mais plus certainement une carte-réponse en remerciement d'un don car Monseigneur Herbulot souhaite un Joyeux Noël et meilleurs vœux à son correspondant dont je ne sais rien.
Le chantier est à son début, les fondations sont posées. Voyons le plan :


Vous connaissez d'autres cathédrales représentées en cartes postales par leur chantier et par leur plan ?
la Sagrada Familia, oui, peut-être.
Et avec son architecte ? Plus dur non ? Eh bien regardez là :

Sur cette autre carte postale géante qui célèbre le sacrement de la cathédrale et la pose à la fois des cloches et des briques qui voyons-nous ?


Mario Botta si je ne me trompe !
Et c'est bien normal qu'il soit présent en ce jour si important. Être l'architecte d'une cathédrale tout de même... Cela doit être quelque chose...
Je vous conseille vivement de télécharger l'émission de Monsieur Chaslin car les témoignages de ces deux architectes sont fort intéressants.


mardi 12 août 2008

La Réunion de André Bloch, André Bloc et André Bruyère



C'est compliqué.
A moins que ce ne soit moi qui ne comprenne pas.
Cette carte postale nous montre l'Hôtel La Caravelle à Sainte-Anne en Guadeloupe. Derrière les palmes on devine un bâtiment intéressant, lyrique, avec des audaces de béton tendu en courbe comme je peux les aimer. Mes recherches me font alors tomber sur un Hôtel La Caravelle non pas en Guadeloupe mais à la Réunion (Ministère de la Culture) dessiné par un certain André Bruyère en 1963 et protégé à ce titre. Mais mes recherches à la Réunion ne sont pas concluantes, pas de Sainte-Anne là-bas. Pire encore mes recherches sur André Bruyère me rapprochent de André Bloch célèbre architecte et fondateur je crois de la revue Architecture d'Aujourd'hui. Il s'agirait d'un nom pris sous l'occupation (Bruyère). Mais est-ce que André Bloc et André Bloch sont la même personne ? Ce qui voudrait dire que Bloc, Bloch et Bruyére est le même architecte ?
Qui peut dénouer cette histoire d'outre-mer ?
J'ai attendu une soirée pour le savoir. Comme l'un des articles lus sur internet était signé de Monsieur Chaslin, qui anime la remarquable et indispensable émission Métropolitains sur France Culture, dont je vous ai déjà parlé, je lui ai tout simplement envoyé un courriel auquel il a prestement répondu. Voilà qui est gentil et professionnel à la fois. Je me permets de vous donner sa réponse qui sera très claire pour tout le monde :
Non André Bloch dit Bruyère n'avait rien à voir avec André Bloch dit Bloc. Sinon qu'il a dirigé le A.A après la Libération.
Bloc et Bruyère n'étaient pas tout à fait de la même génération :
(1896-1966) et André Bruyère (1912-1998).
Merci encore Monsieur Chaslin.
Donc notre Hôtel La Caravelle est de André Bruyère (Bloch) et est situé en Guadeloupe. Si, parmi vous certains possèdent des images de ce bâtiment...
La carte postale est une édition Guadeloupe Artistique N°205 en Mexichrome envoyée en 1968.
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/metropolitains/

samedi 11 avril 2009

le nom des architectes





La ville est pleine du nom des architectes, du moins de ceux qui pensent qu'ils peuvent signer leurs œuvres.
J'ai le nez en l'air et je commence, à Paris à relever systématiquement les signatures laissées sur les constructions par leurs auteurs.
Le 19ème siècle est très complet. Du moins pour ce qui est du bâti luxueux mais les H.B.M aussi portent la marque des architectes. 
Pour le Vingtième c'est un peu plus difficile. Mais ne pas y voir trop vite un manque de fierté mais peut-être une législation qui aurait changé. Rien ne me dit, en effet, que cette habitude ne soit pas une obligation légale.



Et parfois, sur un chantier terminé de peu, on peut même voir la tête des architectes (Karine Chartier et Thomas Corbasson). J'ai eu cette chance sur le très jeune bâtiment encore frais proposé par Monsieur Chaslin lors de sa dernière émission. Des panneaux explicatifs pour le public nous racontent le chantier, ses objectifs et nous montrent les architectes radieux. C'est heureux.
Parfois d'autres architectes aident à trouver le noms d'autres. Ainsi sur la nouvelle passerelle Valmy de Dietmar Feichtinger de la Défense, une passerelle absolument remarquable toute de tensions câblées et de légèreté on nous donne là aussi les objectifs du chantiers, les prouesses techniques (ici je le répète remarquables) et on en profite pour nous dire ce que la passerelle nous offre comme point de vue. Au loin, Nanterre et les constructions qui étaient encore anonymes sur ce blog deviennent des constructions signées de Monsieur Kalisz. Et puis là aussi les architectes, les ingénieurs et les ouvriers au travail. J'aime ça.
Allez voir cette passerelle, elle résume à elle seule mon goût pour la structure, l'impeccable justesse des ingénieurs résumée dans une esthétique fine, délicate de trois petits pilotis et de la puissance de câbles tendus à se rompre. Ca tourne autour de la tour cylindrique, ça s'arqueboute sur le vide, ça offre de la ville c'est génial.
http://www.feichtingerarchitectes.com/
J'ai aussi vu dans la méthode de traits posés sur la vitre un bel exemple de l'exercice que fait réaliser Claude Lothier à ses élèves pour leur faire comprendre "le tableau" en perspective. Quand l'architecture du génie civil rejoint la pédagogie avancée...