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dimanche 11 décembre 2011

Royan entre deux dates

Où en était Royan le 20 juillet 1955 vers 6h30 ?
Il suffit de regarder cette carte postale des éditions Combier !
Nous sommes en avion et cette photographie véritable permet de saisir l'avancement du chantier de la plus belle ville du Monde.



Évidemment vous me direz que cette carte postale peut bien être antérieure à la date d'affranchissement mais franchement on ne doit pas être bien loin.
Regardons en détail de la mer vers la ville.



D'abord le portique et les immeubles attenants ne sont pas achevés et aujourd'hui cette ouverture correspond à la situation actuelle suite à la destruction du balcon sur la mer.



Un peu plus à gauche et on retrouve encore le front de mer qui n'est pas terminé. Si on se tourne vers l'église on ne la trouve pas !



On voit parfaitement son emplacement mais rien ne laisse présager sa présence, aucun signe de chantier.
Le boulevard Aristide Briand est lui bien construit et apparaît dans sa globalité avec tous ses aspects. Il forme une sorte de colonne vertébrale au chantier de la reconstruction.
Mais au bout...



...le marché n'existe pas encore !
Il y a même à sa place encore des maisons qui ne sont pas tombées.
Pour le reste, tout un ensemble de petites constructions qui évoquent le Royan d'avant-guerre dont on pourrait avec patience établir leur maintien ou leur disparition programmée par le nouveau plan d'urbanisme.
La ville se réveille doucement de son traumatisme et en profite pour faire peau neuve, celle d'un modernisme avoué et affiché qui fera sa grandeur, sa désaffection et son retour.
Une ville prise dans l'histoire de l'architecture, une ville à sauver à nouveau.
Mais pour dire la joie de vivre à Royan, pour dire le ciel ensoleillé et l'unisson d'un bonheur de vacances quoi de mieux que son auditorium ?



Sa courbe comme une oreille brésilienne moderne doit avoir une fonction sonore, envoyer la musique vers les auditeurs tout en protégeant du soleil les musiciens.
Sur la placette vide seulement occupée par une silhouette bleue en appui, des barquettes de fleurs font semblant de s'épanouir.



Au font, le front de mer, superbe sans l'envahissement des terrasses illicites en regard des lois de l'architecture moderne, donne à voir sa polychromie audacieuse, sa géométrie aboutie.
Comme si ici, dans le cadre d'une carte postale Elcé, Oscar Niemeyer côtoyait Auguste Perret.
Nous sommes cette fois aux alentours du 27 juillet 1962 à 10h.
Le cachet de la Poste fait foi et histoire.

mardi 1 novembre 2011

Grenoble gris moderne

On pourrait démarrer comme ça par le ciel :


Le boulevard Joseph Vallier est visé par le photographe de carte postale. Il met l'accent sur la ville proche de l'horizon montagneux. Une ville grise.
Mon regard s'attache immédiatement à deux constructions qu'il reconnaît. En bas à gauche l'église St-Jean apôtre et en haut je reconnais à la fois le Palais des Sport et la tour de la houille blanche des frères Perret.
L'église a encore son très beau toit conique, nous verrons plus loin en détail cette construction.
Rapprochons-nous du centre :



Deux très beaux bâtiments dans un parc. Toujours le Palais des Sports et le nouvel hôtel de ville dont l'éditeur Iris nous donne les architectes : messieurs Novarina, Welti et Giovannoni.
En 1977 voici comment la ville se représente :



On retrouve les stars (icônes ? Ai-je le droit ?) de cette ville moderne : le stade de glace, les tours vues ici, la maison de la culture de Mr Wogensky, la gare et son stabile de Calder et la mairie ou l'hôtel de ville. La carte est une édition André.
Voici l'un d'eux :



Le Palais des Sports qui est donc aussi appelé le stade de glace est ici parfaitement photographié pour une carte postale typique. Un panache de branches et de feuilles au premier plan ouvre la vue vers la construction qui ne démérite pas face à ce modèle de la "nature"!
J'aime beaucoup cette construction que nous devons à Messieurs Demartini et Junillon.
Revenons au Boulevard Vallier :



Le canyon que produit cette artère nous offre encore une vision un rien sévère de la ville qui est accentué par la barrière de la Montagne au fond. Et malgré la largeur de ce boulevard, j'étouffe un peu.
Qui nous racontera l'histoire de cet urbanisme à Grenoble qui semble avoir poussé d'un coup et de manière si homogène ? Les jeux olympiques ne peuvent pas être les seuls responsables de cette sensation ?
Pour venir à Grenoble, vous arriverez par la gare :


Elle est avec son stabile de Calder (ici admirablement ignoré par le photographe), une carte postale très populaire.
En voici un autre exemple :


On pourra un peu mieux voir le beau stabile et aussi regarder la belle qualité du traitement graphique du sol. On regrettera sans doute les inévitables jardinières bourrées de fleurs qui atterrissent on ne sait comment comme s'il fallait absolument combler le vide. Je déteste toutes ces jardinières, petites poésies minables d'un manque probant de qualité paysagère.
Et voici la preuve :



La nuit aurait pu baigner la ville d'une étrangeté puissante et orange. La nuit serait tombée sur l'œuvre de Calder et l'aurait effacée doucement par le haut. Mais la jardinière emplie de fleurs droites et figées bien moins libres que la sculpture offrent l'occasion au photographe de s'agenouiller et de se planquer derrière ces plantations : un premier plan inutile.
La gare de Grenoble est donc photographiée à 11h45, 13h10, et... 21h50.
altitude urbaine :



La carte postale André nous donne : Tour de l'exposition, Parc et Place Paul Mistral. A l'angle du Boulevard et à gauche, le Park Hôtel. On a même le numéro de téléphone ce qui me fait penser à une carte postale promotionnelle pour cet hôtel.
Mais revenons un peu en arrière en retournant vers l'église Saint-Jean apôtre de l'architecte Maurice Blanc.





On a déjà conté l'histoire de sa couverture et de ses problèmes dans ce message mais ces deux cartes postales nous permettent de bien comprendre et regretter la grande beauté de ce toit disparu. Et je me permets de dire que ce très beau tressage n'avait rien à envier à ceux de Shigeru Ban...
La nuit tombe, nous devons quitter Grenoble et sa grande richesse architecturale. Certainement que nous y reviendrons bientôt.
Alors...


Dans une très belle lumière, les trois tours de Anger et Junillon font horizon. Le soleil chatouille encore un rien les montagnes de Belledonne.
Il ne fait aucun doute que je devrais revenir à Grenoble.

lundi 8 août 2011

Marcel Gascoin au Havre

Je suis allé voir cette exposition deux fois.
Dans l'appartement-témoin des immeubles Perret au Havre, une exposition du mobilier de Marcel Gascoin est visible.
La reconstitution est superbe et la découverte est pour moi totale.
Un mobilier d'une grande rigueur formelle, moderne non pas dans son image mais dans sa conception organise la vie des premiers habitants du Havre.
Le conférencier fait bien le travail, il est précis, heureux de ce travail et également plein d'humour.
On fait la visite avec un grand plaisir mais aussi avec la certitude d'apprendre plein de choses sur Gascoin, Perret et le Havre tant la reconstitution est fidèle, pointue jusque dans le choix par exemple des textiles et des objets quotidiens. Quel travail !
Remarquable...
Je vous conseille plus que vivement cette visite.
Voici quelques images :

le beau travail du béton chez Perret.

le hall d'entrée.

la salle de bain.

la cuisine.

la salle à manger. Les chaises sont particulièrement magnifiques.

l'ilôt depuis le balcon.
une chambre.

le salon. Lampadaire de Guariche.

un coin du salon.

les étagères du bureau.

Je profite de cette visite pour aller voir l'immeuble déjà publié ici.


Le voici aujourd'hui et il reste un bien bel exemple de l'architecture des années 50. Attention ! Il n'est pas de Perret !
Mais...
Je retrouve dans un très pratique guide architecture au Havre cet immeuble. Il est de messieurs les architectes Fabre, Lesoudier, Dechenaud et Louvet. Il date de 1955.
Comme quoi patience et longueur de temps font plus que force et que rage...
Et comme une promenade au Havre c'est toujours l'occasion de belles images d'architectures voici une petite sélection des deux dernières.

Oscar Niemeyer et son beau volcan.

depuis le pont métallique de Monsieur Gillet, la ville du Havre.


et sa plaque.
Pour finir, des vues de l'intérieur de Saint Joseph de Monsieur Perret.
C'est toujours, toujours incroyable...







dimanche 16 janvier 2011

cinq années les séparent.

En 1925, Auguste Perret réalise à Grenoble cette tour :


Tout est dit sur l'image.
Lieu, année, nom de l'objet architectural, nom des architectes (ici MM. Perret frères, arch. -constr.)
On nous donne aussi le nom du photographe, Pacalet !
Cette tour extrêmement fine pour sa hauteur semble surtout une sorte de prouesse technique pour démontrer la validité du béton armé.
Son dessin rigoureux est un peu allégé par la fantaisie minimum du haut de la lanterne hésitant entre phare maritime, lampe de mineur et minaret.
Mais ce qui me séduit dans cette image au-delà de son objet architectural, c'est le vide du ciel qui fait remonter la matière du papier.
La Tour Perret ainsi isolée dans ce crème léger est comme redessinée, recomposée. Elle se libère de son environnement et sans doute cela lui offre l'opportunité de paraître plus haute, plus majesteuse.
Comme si l'éditeur et le photographe avaient compris le jeu des architectes qui, en dessinant fin avec un étage souligné d'une corniche savaient que l'œil du dessous étirerait encore et encore cette tour.
Sa solitude fait avec son dessin son ambition technique et sa beauté.
1930 à Anvers :


Tout change. Le style de construction, le type d'édition.
Ici pour nous montrer ce très beau pavillon des arts décoratifs de l'exposition internationale d'Anvers, l'éditeur Belga Phot. (Géo Potié) nous propose une véritable photographie.
Au verso, il est surtout question dans les deux langues, de l'exclusivité de l'image pour cet éditeur, seul "concessionnaire" de l'exposition.
De la construction, on ne nous dit pas le nom de l'architecte. On doit se contenter du superbe cliché mettant dans le noir brouillon et feuillu la construction à la grande pureté géométrique et abstraite.
Malgré ce dessin un rien dur et presque trop, excusez-moi, expressif de ce désir moderne, il semble pourtant que le pavillon ait parfois du mal à jouer contre ce fond noir en contre-jour.
Le bas de l'image ne permet pas par exemple de lire correctement la construction.
Finalement tout tient dans l'angle de la petite tour marquée par sa perspective quasiment en axonométrie. Du moins, on devine que le dessin devait ainsi marquer sa modernité mettant en quelque sorte tout le paquet dans l'articulation des angles !
La courbe du rez-de-chaussée venant sans doute dans un contraste formel accentuer elle aussi le plaisir des règles et des équerres.
La blancheur de quelques lignes accentuant aussi ici le dessin finit ce plaisir moderne dans lequel Joost Swarte pourrait faire circuler ses personnages.
L'architecte ? Peut-être Monsieur Stynen. Mais rien n'est moins certain.

lundi 27 septembre 2010

des nouvelles, de Royan

La plus belle ville du Monde vue depuis quelques nouvelles cartes postales :



Cette édition de L'Europe nous propose un point de vue intéressant. La ville semble bien avancée mais restent encore quelques traces de chantiers juste sous nos pieds à droite en bas. On peut penser que nous sommes sur cette résidence des congrès de Monsieur Simon architecte.


Il s'agit d'une carte postale Artaud pour Gaby.
Revenons à notre carte postale des éditions de l'Europe qui nous permet de voir l'église mais aussi, moins connu, cet immeuble fort intéressant également de Monsieur Simon architecte d'une facture plus classique à la Perret :


On change de quartier et on se retrouve rue Gambetta :


L'ombre longue nous indique que nous sommes l'après-midi.
La ville est belle, toute neuve. On voit la belle courbe et aussi la pente légère. La carte postale qui nous met à la hauteur du piéton est une édition d'Art Videau.

Le bus vient d'arriver à l'église.


Monsieur Gillet, l'architecte de cette merveille, est bien nommé sur cette carte postale Cap en Réal-photo.
Ciel, autos, noir et blanc, font de cette carte postale l'une des plus belles de ce monument.
Une autre car je sais que vous aimez ça :


Parfait non ?
Une chose assez drôle, cette carte postale des éditions de l'Europe nomme l'église cathédrale, ce qui est une erreur assez commune.
Sauf que la correspondante reprend cette erreur en questionnant : "Où sont les belles cathédrales d'antan ?"
Mais sous vos yeux Madame !
La carte fut expédiée en 1960.
On revient sur le front de mer :


Depuis le portique dont la rambarde apparaît dans le cadre en bas à gauche on voit bien l'animation du bord de mer sur cette version coloriée des éditions Maison de la Presse.
La Ds Citroën est suivie de près par une 403 Peugeot. Les enfants jouent sur des petites carrioles attelés de chevaux, la plage est bien occupée également. Une joie de vivre finalement.
La carte fut expédiée en 1965.
Poursuivons notre promenade :


Cette vue d'ensemble du front de mer nous montre sur l'horizon courbe l'église et nous permet d'apprécier également l'auditorium de plein air.
Certainement que, à l'aller comme au retour, les enfants aimaient passer là à la recherche du ballon multicolore, de la bouée canard ou mieux du petit voilier en bois.
Cette carte postale Iris fut expédiée en 1978 mais je crois la prise de vue bien plus ancienne.

vendredi 23 juillet 2010

1 architecture postale, une histoire en mouvement...

...en mouvement oui.
Il s'agit du titre de l'exposition qui a lieu au Musée de la Poste à Paris.
L'affiche est alléchante en regroupant un regard croisé sur les constructions postales, leur histoire, leur esthétique et des regards de photographes contemporains bien connus comme le toujours excellent Stéphane Couturier.
Je vous propose quelque chose comme une sorte de prolongation de cette petite (trop petite ?) promenade dans le patrimoine de la Poste.
Ce patrimoine compte à n'en pas douter quelques chefs-d'œuvre de l'architecture mais aussi des choses très modestes qui ont su marquer le paysage au point de le nommer. Combien en France de places de la Poste, carrefours de la Poste, rues de la Poste...
Je vais en fait, faire ce que j'aurais aimer trouver dans cette exposition qui aura donc le mérite d'être un déclencheur pour cet article.
D'abord dire que de l'architecture postale à la représentation de la Poste dans les cartes postales il y avait un pas très très court à effectuer. Ce pas aurait permis de juger historiquement de la représentation de l'architecture postale par le biais d'un objet postal populaire et ainsi de porter un jugement sur l'implication de ce patrimoine dans le paysage français.
Ensuite il eût été possible dans un registre tautologique de jouer de cet acte curieux qui consiste comme mode de correspondance à envoyer une image du lieu construit pour cette correspondance. Envoyer une carte postale d'un bureau de Poste depuis ce même bureau de Poste... ce geste est d'ailleurs l'objet de convoitise de certains collectionneurs de cartes postales prenant plaisir à trouver une carte postale d'un bureau de poste affranchi et tamponné de ce même bureau...
On peut aussi se poser la question de la nécessité d'une telle image. Pourquoi donc à une époque encore récente la Poste d'une ville méritait-elle ainsi sa représentation en carte postale ? Pourquoi les éditeurs de cartes postales croyaient-ils trouver là un marché ?
Vous verrez avec ce qui suit que parfois l'architecture n'est vraiment pas le point fort de cette représentation !
Il est évident sans doute que cela signifie la très grande place accordée par les populations à ce lieu urbain qu'était un bureau de Poste dans une ville, au point, oui, qu'une représentation en était nécessaire et demandait - à moins que cela signifie également que la Poste était considérée comme une sorte d'attraction - de point fort d'une modernité, un nœud de convivialité urbaine.
Pour revenir à l'exposition, un des exemples de ce regard renouvelé sur le patrimoine architectural de la Poste était le spectaculaire cas du centre de tri postal de Nancy par Claude Prouvé. L'exposition nous montre une image en nous informant dans son cartel que le bâtiment fut sauvé in extremis.
Rien sur ce combat patrimonial, rien sur ceux qui effectivement se sont battus pour sa sauvegarde, rien sur une analyse possible de ce basculement patrimonial...
C'est injuste.
Je passerai rapidement sur la mauvaise orthographe du nom du très grand architecte René Gagès orthographié Cagès... Il méritait une attention certainement plus grande vu son ampleur.
Ne boudons pas notre plaisir et allez voir cette exposition, le bâtiment lui-même du point de vue architectural ne manque pas d'intérêt... Et la collection permanente est superbe ainsi que la petite mais jubilatoire exposition des élèves de l'Ecole Olivier de Serres.
Et le quartier est passionnant.
Comme j'ai beaucoup de choses à vous montrer je ferai deux articles.

Commençons par le commencement, le lieu de l'exposition :




Sur ces deux cartes postales on voit l'immeuble des chèques postaux. Sur la première aux éditions Yvon l'éditeur réussit à placer la Tour Eiffel sur l'horizon pour bien dire Paris. Les architectes de cet immeuble des chèques postaux sont bien nommés : messieurs J. Bukiet et J.-B. Mathon.
Mais d'où est pris ce cliché ? Depuis la Tour Montparnasse ?
Sur la seconde on voit apparaître le lieu exact où se tient l'exposition : le Musée Postal.
Il s'agit d'un entier philatélique avec timbre et cachet de la Poste à l'unisson de la carte postale. Facile à dater donc puisque le cachet de la Poste fait foi, du 21 janvier 1974 !



On remarquera surtout la façade particulièrement sculpturale de ce musée de la Poste. Je cherche dans mes guides les architectes et je trouve : André Chatelin et Charles le Maresquier.
Je m'interroge sur le premier plan de cette carte postale. S'agit-il ici aussi du jardin au pied de la Tour Montparnasse ?
Voici un cas étrange :


Il s'agit d'une carte postale informative qui signale une installation de la Direction d'Exploitation du Courrier, Boulevard Newton à Marne la Vallée.
Pas de nom d'architecte, il s'agit d'un pur produit de communication de la Poste qui ne nécessite pas d'affranchissement...
Pour ce qui est de l'architecture, on gardera surtout le jeu magnifique (!) des reflets sur la façade avec sa colonnade très officielle et sérieuse.
Maintenant la preuve que les bureaux de Poste furent l'objet d'attention des éditeurs de cartes postales il y a encore peu :


Nous sommes à Cerizay, dans les Deux-Sèvres devant... la Poste toute moderne et neuve. La Carte postale du grand éditeur Combier fut expédiée en 1998 et il semble bien que nous devons cette construction à l'architecte Jean-François Milou, Studio Milou, qui a construit beaucoup dans cette région. (merci Archiguide)
On sent une volumétrie volontaire, un rien grégaire avec un traitement de façade assez radical. On regardera surtout le traitement des ouvertures comme rentrées dans le bâtiment offrant une épaisseur défensive à la construction jouant en opposition avec l'ouverture généreuse et transparente placée dans l'un des angles de la construction, comme un "coin" débordant sur la chaussée. Tout cela est accentué par la prise de vue symétrique faisant fuir le bâtiment de manière quasi égale de gauche et de droite. La photographie est de Pierre Morisan. La carte fut expédiée depuis cette même poste pour un jeu le mot caché. La réponse était délectable... oui vraiment délectable !
Encore un effort :


Nous sommes cette fois à Bourg-Lastic (!) devant... la Poste !
N'est-elle pas étonnante cette construction ? Regardez cet étrange bandeau de béton qui s'enroule autour d'une sorte de pyramide. Il semble que cela soit un balcon, peut-être pour l'appartement situé au premier étage. C'est à la fois massif et sculptural. Là aussi comme dans le cas précédent on notera l'incroyable épaisseur des murs. Elle ne manque pas d'allure cette poste mais qui en est l'architecte ? L'éditeur Sully ne nous informe pas.
Par contre ici :


Cette très jolie et modeste Poste de Biganos nous donne par l'intermédiaire des éditions Artaud le nom des architectes : Messieurs Chaveron Jean et Philippe Bordeaux.
On dirait une villa de Royan, se jouant de l'articulation de volumes simples mais bien proportionnés, d'un jeu d'ouvertures et de matériaux bien sentis. La carte postale fut bien mise dans la boite aux lettres de cette Poste et le cachet nous offre une date et une heure : 19h15, le 23 juillet 1975...
Sur la gauche un terrain en friche et devant la poste un bien joli cyclomoteur.
Plus majestueux, presque ostentatoire : la Poste de Vichy.
L'architecte de cette beauté sobre est Monsieur Azéma qui construisit entre autres le Palais de Chaillot à Paris.
Cette poste eut certainement un grand retentissement car un nombre impressionnant de cartes postales fut édité.
Je vous en propose quelques-unes :




A noter qu'aucune ne donne le nom de l'architecte. On regardera pourtant là aussi un vrai plaisir des volumes bien marqués et soulignés, des ouvertures généreuses formant une modénature épurée et une symétrie rigoureuse donnant à la fois un caractère abstrait et très officiel à cette construction.
Cette Poste pourrait être un palais, une mairie, une préfecture. Elle dit son caractère officiel. Elle est superbe.


Vous remarquerez également la gare routière (?) magnifique bloc de béton sculpté et évidé au toit végétalisé si typique de cette période et qui fait penser à la fois aux dessin de Mallet-Stevens et à Perret.
On peut se demander raisonnablement si Monsieur Azéma n'est pas également l'architecte des chèques postaux de Lille visibles ici :


Cette carte postale des édition de l' Europe nous montre un bâtiment qui d'un point de vue formel à beaucoup à voir avec cet architecte. Une nouvelle fois on s'étonnera aujourd'hui qu'une telle édition fut possible. Qui aujourd'hui ferait une carte postale d'un tel objet architectural ?

jusqu'au 28 septembre.