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mercredi 10 octobre 2012

Architectures en Bretagne au XXe siècle



Un pavé breton.
Mais rien d'indigeste bien au contraire !
Ce très gros livre est simplement une vraie mine d'informations, d'analyses et d'images de la situation de l'architecture en Bretagne durant le XXe siècle. Et disons le tout net, on prend une claque. Les auteurs, Philippe Bonnet et Daniel Le Couédic, font un travail passionnant qui simplement révèle mon inculture totale pour cette région que je croyais un rien vide d'expériences. Il faut bien dire que, normand, je regarde soit plus à l'est vers Paris, soit plus au sud, laissant la Bretagne dans un nuage régionaliste dont d'ailleurs, à ma décharge, elle fait souvent usage comme ... écran de fumée. Pourtant ce blog ne manque pas d'exemples de cette architecture. Je m'aveugle donc moi-même !
Quelle découverte ! Quelle richesse ! Mais quel lourd livre ! Mes genoux s'en souviennent encore !
Alors armez-vous de courage, musclez vos bras et entrez dans ce très beau livre, laissez vous conter l'histoire d'une architecture bretonne moderne, vive, hésitante mais toujours originale car il s'agit non pas d'un volume pour décorer votre table de salon mais d'un "vrai" livre qui se lit avec plaisir. L'écriture est claire, prend position et surtout on y fait une vraie description, par le menu, des lieux. Des photographies pleine page donnent la mesure des constructions. On y apprend aussi du vocabulaire ! On remarque que Architectures ici porte un S comme pour bien dire la pluralité des expériences en Bretagne.
On va de découverte en découverte, de héros méconnus du modernisme perdus dans les landes bretonnes aux grands noms de l'architecture internationale et on finit par avoir une envie furieuse de prendre la voiture pour faire ce tour de Bretagne. Alors en attendant ce voyage, je vous conseille vivement, que vous soyez de la région ou non, de vous procurer cet ouvrage. Au travers de l'histoire architecturale de la Bretagne, il s'agit bien de l'histoire de l'Architecture tout court. Le livre conclut sur la nécessité de faire aimer l'architecture du XXème siècle : comment ne pas adhérer à cette démarche !
On fera juste un petit reproche : une belle carte aurait permis de situer tous les lieux.
Merci à Claude pour ce beau cadeau.

Architecture en Bretagne au XXe siècle
Philippe Bonnet, Daniel Le Couédic
éditions Palantines
isbn 978-2-35678-070-6

Quelques images, vraiment rien à côté de la richesse de l'ouvrage, juste pour vous ouvrir l'appétit de la Bretagne !








Quelques cartes postales ?
Allez...

la mairie de Carnac par l'architecte Kobakhidze. une construction vraiment étonnante et sculpturale qui mérite bien une visite. La carte postale est une édition Jos pour Iris expédiée en 1980 :



La maison de la culture de Rennes par Carlu, architecte. Une édition Rosy dont on admirera au-delà du bâtiment l'ombre puissante au premier plan !



Une œuvre connue ici sur ce blog, la piscine par André Bruyère située à l'institut de Thalassothérapie Louison Bobet. ici par les éditions Artaud :



Toujours pour la Thalassothérapie, ici le "Thalass Armor" par l'architecte Monsieur Guillou. Nous sommes encore à Carnac :



Et pour finir cette très courte visite en Bretagne, la Tour de Bretagne à Nantes (en Bretagne, vraiment ?) par l'architecte Devorsine. Tour que j'aime beaucoup, surtout son articulation avec le sol de la ville et qui est une sorte de "Tour Montparnasse" bretonne :


dimanche 19 février 2012

J'en fais des caisses !


Oui, j'en fais des caisses pour vous dégotter quelques belles cartes postales d'architecture ! Et ce matin, j'ai dû, assis sur un banc, en regarder au bas mot 4000...
J'en ai retenu "que" 80 !
Certaines ne nous concernent pas et sont des cartes postales pour d'autres thèmes que celui pour lequel vous venez ici : guerre de 14/18, métiers, images curieuses. Mais pour le reste si !
Et ce matin, je vous propose une petite sélection de ce mélange étrange d'images.
Vous êtes prêts ?
D'abord pour coller avec l'article sur Walker Evans :


Fifth Avenue, New Keningston par Robbins and Son éditeur.

Le Havre et son incroyable entrée de tunnel en pavés de verre par Alfa éditeur, carte expédiée en 1960 :




Une chose rare, l'entrée de l'hôtel de "la Caravelle" par André Bruyère architecte, une édition Cabe :


Notre Grande Motte favorite avec cette belle vue du dessus par Yvon éditeur. Monsieur Perceval, le photographe est nommé mais pas Monsieur Balladur l'architecte !



On retrouve messieurs Douillet et Maneval vus à Mourenx avec cette carte postale du V.V.F "le Solaret". Ils sont accompagnés de messieurs O. Caplan, De Villiers, Gueudelin et Cottard ! La carte fut expédiée en 1973 :



Encore un V.V.F que l'on connaît bien ici avec l'intérieur de "La chambre d'Amour" d'Anglet grâce à une édition de L'Europe. On notera le choc du design avec chaises en plastique orange et table de bois... Apercevez-vous par la fenêtre les jeux de Sculpture-Jeux ?





Pour finir, une très belle tour à Hansaviertel à Berlin par Herbert Maschke éditeur :


mardi 29 décembre 2009

thalassa

édition JOS

J'ai cru longtemps posséder cette carte postale en double.
Et finalement je me suis aperçu tout à l'heure que celle ci-dessous était bien différente !

édition AS, 1972

Une fois de plus il est amusant de constater le permanence d'un point de vue et nous allons pouvoir jouer au jeu des différences, oui je sais j'aime beaucoup cela en ce moment.
D'abord où sommes nous ?
Il s'agit de la cafétéria de l'Institut de Thalassothérapie Louison Bobet dans le Morbihan à Quiberon.
Ces deux vues mettent bien en valeur l'espace avec la lumière qui entre par les grandes baies vitrées sur la gauche, le soleil breton provoque même un éclaboussement sur le lino sur l'une des deux cartes postales.
Mais la carte postale AS qui prend un peu plus de recul nous laisse voir l'extérieur et deviner la mer bleue au fond ce que ne réalise pas la carte postale des éditiond JOS. C'est bien dommage car il s'agit certainement d'une meilleure définition du lieu du moins du point de vue commercial. La terrasse également est ainsi visible.
Il suffit donc de peu, un mètre ou deux en arrière pour dire beaucoup plus de choses. La lumière aussi bien plus vive chez AS découpe franchement des ombres et dessine mieux les ouvertures au-dessus du bar. Le choix du jour et de l'heure y est pour quelque chose.
Les personnes semblent là par hasard même si le barman et la barwoman (?) sont conscients d'être photographiés et regardent l'objectif.
Le mobilier d'un design un peu terne n'ose la modernité que timidement. Seul le choix des luminaires tombant du plafond donne une ambiance plus actuelle.
On remarque aussi cet entre-deux dans l'architecture elle-même alliant pierres bretonnes un peu lourdes à un espace très ouvert au plafond laissant voir sa structure. On remarquera qu'une poutre traverse la hotte de la cheminée (factice ?) !
Le lieu est accueillant et je prendrais bien là un chocolat chaud en lisant comme le monsieur mon journal.
Détails amusants, regardez comme le caoutchouc a grandi entre les deux prises de vues et une porte a été ouverte au bout du bar...




Et si nous sortions...


édition JOS, 1965

A notre gauche la cafétéria et sa terrasse. On peut un peu mieux deviner la structure de la construction que l'on pourrait penser faite de lamellé-collé.
Sur peu de niveaux (2 au mieux je crois) l'ensemble doit s'étirer sur le front de mer. Pas de doute il s'agit d'une modernité toute modérée mais de bon aloi.
C'est gentil et j'aime bien ce type de construction.
Comment cela a résisté au temps marin ? Il faudra aller voir.
Voici ce que nous dit notre guide d'architecture en France. Vous allez voir on retrouve deux architectes déjà évoqués ici, messieurs Lopez et Bruyère.

On comprend que la partie de Monsieur Lopez est moins bien notée que celle de Monsieur Bruyère. N'est-ce pas un peu dur même pour Monsieur Bruyère d'ailleurs ; j'aime beaucoup la dernière phrase :
A l'homme a été préféré une définition traditionnelle du curiste.

Voici une carte postale retrouvée elle aussi in extremis dans mon classeur piscine :


édition JOS

J'aime beaucoup à la fois l'image et l'objet.
La distance donnée par le grillage bien rectiligne avec son angle droit qui semble lutter contre les courbes de la piscine.
Voici d'ailleurs l'image du guide qui prend un autre point de vue plus proche mais aussi plus aventureux voulant démontrer le travail d'ouvertures et de courbes de l'architecte.



En fait cette piscine est collée tout contre la cafétéria et je pense que la porte ouverte au bout du bar le fut pour permettre un passage entre les deux.
Avec cet article me voici presque au complet sur ce centre de thalassothérapie de Quiberon. Je vais pouvoir tout ranger, bien groupé. Mais comment dois-je faire pour la partie de Monsieur Bruyère ? Je la range à part, à son nom ou ensemble avec Monsieur Lopez ?
Finalement dois-je privilégier le lieu ou l'architecte ?
L'architecte évidemment...


Pour finir, les gens là pour toujours :








jeudi 24 septembre 2009

un donateur : Claude Lothier

Une fois de plus, Claude joue le rôle du donateur.
Il me livre quelques beautés que je partage avec vous.
Pour commencer voici une carte postale bien intéressante.
J'ai reconnu immédiatement le point de vue alors que je ne suis jamais (du moins je ne crois pas) allé là mais mes souvenirs d'images m'ont ramené à ce lieu grâce à une autre carte postale, une de celle que j'aime le plus.
Celle de Claude :

La mienne :


Vous voyez ?
Sur la première l'éditeur Abeille-cartes nous indique place de la Boule. La place c'est encore un peu un lieu pour les piétons. Peut-être un marché, un espace disons partagé. Sur la seconde, l'éditeur Raymon parle de carrefour de la Boule. Cela change tout. Il s'agit bien maintenant d'un nœud routier, voué aux automobiles et rien d'autre. Mais que cela soit sur l'une ou l'autre on se demande bien comment un photographe-piéton pouvait regagner depuis son point de vue les immeubles blancs et neufs au fond de l'image...
Obligation du rond-point, tourner manège.
Mais évidemment l'élément essentiel de ces deux images c'est l'invention du toboggan à voitures.
Comment éviter un carrefour sans trop de frais ? Eh bien le toboggan à voitures vous offre la solution !
Je me souviens d'un semblable à Rouen et de la Renault 12 familiale sautant sur chacune des soudures des plaques de métal de la construction à grands renforts de badaboum, badaboum, badaboum. Je me souviens de notre joie d'enfants à passer là-dessus !
Oui certainement, le monument devait bien mériter une carte postale, il est le signe d'un progrès très pompidolien.
Mais pourquoi ce lieu ? Que représente de si important pour Nanterre ce carrefour pour qu'il mérite ainsi une permanence éditoriale en carte postale ?
Mais qui est l'architecte de ces immeubles si modernes ?
On remarquera aussi les deux trous sur la première image, certainement pour un classement des souvenirs dans un classeur.


Nous voici maintenant grâce à cette carte postale bien longue devant et dans l'hôtel Caravelle Beach que nous devons à Monsieur Bruyère.
Ce qui est étonnant c'est que cette carte postale est américaine ! Alors que nous sommes bien en France à Sainte-Anne en Guadeloupe ! Il s'agit d'une édition Hannau-Robinson imprimée aux U.S.A expédiée en 1969.
Malgré un pli très prononcé, on peut profiter du très bel aménagement intérieur. Regardez bien le mobilier, d'une très grande et simple beauté. On voit un peu moins bien l'extérieur pourtant lui aussi superbe.
Rappelez vous l'article sur ce blog ici ou encore ici.

En 1968, cette carte postale NBC arrive en France.


Elle nous montre Nightime Ginza à Tokyo.
On remarque au coin un cylindre superbe, concession automobile de la marque Mitsubishi. Il semble que le bâtiment soit une sorte d'immense panneau publicitaire tout ouvert sur les modèles de voitures bien rangées sur au moins trois des étages. La transparence permet de bien les voir et de lire le bâtiment dans ses fonctions. L'ensemble est rehaussé d'un autre cylindre en décrochement qui lui ne doit avoir d'autre fonction qu'un affichage forcené de lumière et de logo de la marque. Ne serait-il pas pivotant, ajoutant ainsi aux jeux de lumières un cinétisme de bon goût ?
En tout état de cause, l'ensemble est encore très contemporain mais existe-il encore ?
Oui.
On remarquera que ce morceau de ville ne semble que structuré par les publicités qui forment volumes et écrans jouant des échelles dans une ambiance pop joyeuse et un rien mercantile. Le ciel ne sait pas s'il doit tomber en nuit ou en petit matin.
L'architecture serait due à Nikken Sekkei.

Nous finirons avec Le Corbusier.



Voici la maquette du couvent Dominicain d'Eveux. La carte postale nous dit que la maquette a été réalisée par le Père Sage et le cliché par Récamier. Aucun nom d'éditeur pour cette étonnante image. La maquette semble très juste par rapport à la construction finale. Peut-être a-t-elle été construite après la construction pour des raisons didactiques. On peut en effet percevoir vers le bas de l'image une légende explicative.
Comme souvent, les photographies de maquettes de cette époque sont totalement nettoyées et détourées. Posant le bâtiment dans un vide blanc ou noir selon l'usage.

mardi 3 février 2009

André Bruyère architecte


le 12 août dernier, Grâce à Monsieur Chaslin nous faisions le point sur l'architecte André Bruyère.
J'avais posté alors une carte postale représentant un hôtel dont l'image laissait penser à un bâtiment et un architecte intéressant.
Aujourd'hui je reçois "Pourquoi des architectes" du même André Bruyère édité en 1968 chez Pauvert.
Il semble que nous tenions là un étrange bonhomme. Héritier de le Corbusier, prônant à la fois le merveilleux et une certaine rationalité que parfois on qualifiait de lyrique. Il y a aussi beaucoup d'amertume, un désarroi je crois de génération. Le livre assez véhément parfois, mai 68 est tout proche, est un catalogue de projets et de réalisations. Bien plus de projets d'ailleurs.
L'ensemble semble juste, beau et d'une plasticité assez marquée par son époque. Volumes pleins fendus, courbes ondoyantes, rêves de sculpture et un sens total du paysage et de l'inscription dans le lieu de l'architecture et tout cela respire le Brésil.
Cela pourrait tendre au loufoque, projet œuf, mais c'est toujours au contraire empli d'une utopie seule possible celle liée à l'analyse. L'ouvrage est d'une grande qualité de composition que l'on doit à Monsieur Le Breton.
Il faudra encore trouver d'autres images, d'autres cartes postales.
Voici quelques images tirées du livre et quelques citations :

l'architecture est pour moi, la façon de mouler une tendresse sur une contrainte. Et si après avoir résolu les difficultés techniques, ça sent la main, c'est une œuvre d'art. Encore que tout dépende de la main ; mais il est peut-être sans importance que le résultat soit contestable. la rue merveilleuse est bien faite d'un tas de médiocrités manuelles.

Il est intéressant de voir au passage combien l'uniforme ou le véhicule de série se prêtent volontiers aux transformations, aux interventions imaginatives. Voitures et toilettes sont donc des sujets d'intérêt, tout comme la fermette qu'on arrange dans sa campagne. Mal. Mal du siècle.

Un univers poétique, seul, est habitable.

L'objet se sert du béton armé pour réaliser cette voûte comme si ce béton armé se prêtait à n'importe quoi. C'est bien ce qui s'est passé, la main guidée par un rêve.