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samedi 20 octobre 2012

Une école suisse de l'église bunker ?

En France nous avons la plus belle église bunker du Monde à Nevers, église Sainte-Bernadette du Banlay, par Claude Parent et Paul Virilio.
La référence objective est bien le bunker.
Mais la Suisse qui raffole des montagnes fausses en béton formant des abris anti-atomiques n'est pas en reste avec parfois, des églises qui font du moins depuis leurs images un sérieux coup d'œil à ces objets architecturaux et militaires.
Nous dirons au moins que, ces églises offrent des volumes de béton fermés, tendus, arrondis sur les bords, repliés sur eux-mêmes et dont la pénétration ne semble vouloir être réservée qu'à ceux qui ont compris où se trouve l'entrée.
J'ironise, mais bien entendu, j'aime aussi beaucoup cela !
Voyez ces deux exemples :



Nous sommes en Suisse à Sarnen devant l'église St-Martin. Eglise... Oui !
La petite croix modeste (et donc belle) est bien plantée sur l'édifice. Nous admirerons comment les volumes se forment au gré de courbes douces mais bien closes sur elles-mêmes. Elle semble imprenable cette église comme si elle contenait un trésor incroyable ou un danger nucléaire imminent !




On ne sait si elle se défend de l'extérieur ou tient à nous préserver de ce qu'elle contient ! Ernst Studer serait l'architecte de cet objet de culte. La carte postale est une édition Reihnard expédiée en 1967 par un correspondant qui indique que la Suisse est belle et très moderne comme le prouve ce monastère bénédictin.
Une autre ?



L'éditeur nous annonce : Bruderklaus, Kirche Birsfelden. Cette église est de Hermann Baur, architecte. Le noir et blanc accentue encore l'effet un rien clos de l'ensemble même si, évidemment, il ne s'agit bien là que d'une impression. Nous avons largement déjà évoqué cette question du "rendu" photographique comme constituant la définition d'image d'un bâtiment. Cette qualité parfois pose même la question de sa lecture et démontre bien que seule la visite, l'utilisation et le déroulement des espaces dans le réel permettent une vraie vision architecturale. Ici, depuis cette carte postale, cette église semble réduite à un cylindre haut et fin, un autre plus trapu relié à des boîtes de béton. Tout cela extrêmement clos, fermé. Or la subtilité de ce type de construction vient bien du génie du plan offrant au regard une impression immédiatement contrariée par le déploiement des espaces dès que l'église est "parcourue" fabriquant ainsi une sorte de "machine spatiale" propre à évoquer par les jeux d'ouvertures une expérience spirituelle. Regardez donc sur ce site les autres images de cette église pour comprendre un peu mieux cette église de Hermann Baur.
On trouve une double page dans l'Architecture d'Aujourd'hui de 1961( l'architecture religieuse ) consacrée à cette église. En voici quelques extraits, les photos sont de R. Spreng :






jeudi 6 septembre 2012

courrier du jour

Je vous dis tout, je ne vous cache rien.
Je reçois ce matin deux courrier bien différents mais tout aussi sympathiques que je veux vous faire partager.
D'abord, je reçois de la part d'Agnès Chemetov et de César Canet cette carte postale accompagnée d'une invitation pour l'exposition Chacun sa maison, de Paul Chemetov.
D'abord la carte postale :



Nous sommes à Goderville en Seine Maritime. La résidence "la Chesnaie" ouvre toute grande sa façade sur des balcons-alvéoles dessinés par Antoine George son architecte. Aucune rapport évidemment avec Monsieur Chemetov !
La carte postale Combier a bien nettoyé son ciel. C'est son travail ! Mais cette petite modernité de la campagne normande finalement si elle n'est pas spectaculaire a quelque chose de tranquille. Les amateurs d'automobiles admireront sur le parking la petite mais rare aujourd'hui Peugeot 204 cabriolet ici avec son Hard Top !



Mais regardons autre chose plus spécifiquement :



Voici donc le carton d'invitation à l'exposition Chacun sa maison, Paul Chemetov. l'exposition aura lieu à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine du 13 septembre au 12 novembre 2012. Il vous faudra y aller ! Il me faudra y aller ! Vous savez que sur ce blog, Nous sommes sensibles au travail de Paul Chemetov et à celui de A.U.A. Allez ici, ou encore ici pour vous en souvenir.
Ne trouvez-vous pas que déjà ce carton est bien alléchant ? Cette maison ferait bien mon affaire...
Une autre maison, un autre correspondant, un autre ami :



Cette carte postale m'est envoyée par Hansjörg Schneider, un excellent artiste allemand dont je vous ai déjà parlé. Sa pratique le conduit à un regard superbe et rare sur l'architecture : une fragilité exacerbée, une tenue du dessin. Allez voir son site ! Ou retournez là.
Voyons ce que Hansjörg nous envoie. Il s'agit de la Mozin House à Liège (1957-58) par le groupe Egau, Charles Carlier, Hyacinthe Lhoest, Jules Mozin. C'est simplement... magnifique et dire que je l'ai loupée lors de notre visite de Liège ! La succession des vides et des pleins, ce jeu de retrait et de balcon, la légèreté de l'ensemble, sa transparence en font une œuvre vraiment remarquable non ? La photographie est de Francis Niffle pour les éditions Plaizier.
Merci Hansjörg pour cette belle découverte !
On retrouve le groupe EGAU dans ce très beau site l'homme et la ville mais aussi dans l'Architecture d'Aujourd'hui avec une gare et un ensemble de logements collectifs. D'abord en 1957, quelques images des logements à Liège, le quartier du champ de manœuvres. On notera que les photographies sont encore de Francis Niffle, ce qui nous permet d'affirmer que la photographie de la carte postale est un cliché d'époque d'où sa coloration. Les photos font une grande place à la construction !













Puis des images de la gare de Liège depuis le numéro de 1959 (janvier) d'Architecture d'Aujourd'hui :










vendredi 31 août 2012

Monsieur Taillibert et ses programmes sportifs

Roger Taillibert fait partie de la Great Team de ce blog. Nous évoquons le plus souvent possible l'œuvre magistrale et puissante de cet architecte et nous allons une fois de plus voir que les cartes postales ont su lui rendre à leur tour un témoignage vibrant en publiant, certainement sous la pression de son architecture spectaculaire, de nombreuses images.
Commençons :



Nous reconnaissons ici les très belles coques de l'ensemble du centre sportif de Chamonix. Depuis cette carte postale Cap dont le cliché est dû à Monsieur J. Lang (certainement pas l'ancien Ministre de la Culture !)
On admire le dessin du plan, la succession des triangles qui s'emboîtent selon le programme, la parfaite maîtrise de ce jeu plastique et l'audace fine des coques blanches de béton qui réussissent l'exploit d'une intégration jouant... d'une rupture avec son environnement fort : la montagne.
Ne dirait-on pas depuis cette hauteur, une œuvre découpée dans du papier, comme un pliage japonais ?
Une autre "collerette":



Les amateurs du sport que je crois on appelle foutebôle auront reconnu le stade du Parc des Princes. Les éditions Chantal (grand éditeur) nous livrent là une bien belle carte postale nous permettant d'observer le principe constructif et plastique de ce très beau stade dont la reconversion prochaine en première "place de lecture publique" est maintenant avérée.
On regardera là aussi l'extrême finesse du squelette. Si nous comparons le volume global à la quantité de matière (béton) nous sommes bien dans un rapport qui se rapproche de celui des travaux en papier ou en tissu. Ici, les forces remplacent les matériaux. Le dessin des arcs qui forment en succession les gradins du stade est remarquable également. D'une grande élégance, élancé, ce dessin donne l'image
dynamique d'un déploiement comme une sorte d'accordéon, de pliage ouvert. Nous trouvons de superbes photographies de Gilles Ehrmann dans le numéro 164 (1972) de l'Architecture d'Aujourd'hui :









un dessin technique :




Nous poursuivons avec une carte postale vraiment étrange :



Cette édition Cap nous montre quoi ?
Elle nous montre l'entrée de la piscine de Deauville qui est également un autre superbe morceau de Roger Taillibert. Mais pourquoi diable ce cadrage ? Pourquoi, alors que la piscine déploie des formes audacieuses si souvent d'ailleurs représentées en carte postale vouloir faire cette image un rien... inattendue sur une partie certes importante mais qui ne dit pas grand-chose de cette piscine ?
Regardez comme tout est cerné dans un immense cadre sombre, on devine à peine la piscine à l'arrière plan... Une carte postale qui cherche à être moins servile à l'audace de l'architecture... ? Mais, me direz-vous, il s'agit là aussi de l'architecture de Roger Taillibert et cette image ne fait que rendre compte d'un des moments de cette piscine. Sans doute que le passage par cette entrée sombre permettait de créer une sorte de sas contrastant avec la "révélation" de l'espace même des bassins. Peut-être... On notera que l'architecte est nommé sur cette carte postale expédiée en 1968. On retrouve ce volume de l'entrée ici :


La carte postale Yvon expédiée en 1973 nous montre un peu mieux la couverture de la piscine en l'opposant étrangement à la sculpture qui semble fuir l'image. On préférera aller là pour retrouver au mieux la beauté de cette architecture.

dimanche 15 juillet 2012

Yoyogi Tange

Sans doute l'une des œuvres les plus extraordinaires du siècle dernier : le  Gymnase Yoyogi par Kenzo Tange.
Objet d'une grande technicité architecturale, il porte pourtant une image de grâce, d'onirisme telle qu'on en rencontre en regardant un beau coquillage, une pierre étrange, une mâchoire de baleine.
Son aspect organique dégagé des lignes de tensions des câbles porteurs est également accentué par la gestion de la récupération de cette tension par le socle de béton qui reprend les forces. Une toile d'araignée sur un rocher. Il s'agit en fait d'un pont suspendu au-dessus d'un stade.
Ajoutez à l'ensemble, une parfaite intégration des arts, une gestion subtile des circulations, un choix de matériaux qui expriment clairement leurs fonctions et leurs qualités et il ne fait aucun doute que ce très beau travail de Kenzo Tange est une leçon d'architecture. Formes et fonctions, lyrisme et rationalité.
Voici deux cartes postales de ce stade ou complexe sportif de Yoyogi :




















D'un peu haut, cette carte postale NBC (Nippon Beauty Colour) nous montre le Yoyogi sport center inscrit dans son paysage. Au loin la ville dessine un cercle de grandes tours. On peut depuis ce point de vue admirer les passerelles, les plans inclinés qui permettent d'accéder et de circuler dans le centre. On voit déjà également le beau jeu du métal de couverture qui brille et dessine les courbes.
Plus proche :



















Chez un autre éditeur dont je ne peux vous donner le nom, (Pégase sans doute vu le logo !) on retrouve donc notre beau Yoyogi Gymnasium. On perçoit mieux les liaisons et la quailité de dessin de l'ensemble et comment les courbes des deux constructions jouent entre elles, se rappellent, et se poursuivent.
Dans un superbe numéro d'Architecture d'Aujourd'hui de 1964 dont je ne peux m'empêcher de vous montrer la couverture, numéro dédié à l'architecture du sport, on trouve un long article écrit par Kenzo Tange lui-même et une grande quantité d'images plus superbes les unes que les autres. Je ne peux pour des raisons techniques vous donner le texte mais Kenzo Tange y évoque son gymnase comme une œuvre collective produite en relation directe avec des ingénieurs : Koji Kamya, et l'équipe URTEC architectes et Yoshikatsu Tsuboi, l'ingénieur pour la structure, Uichi Inoue ingénieur pour les installations mécaniques. Une merveille éditoriale au service d'une grande œuvre de Tange.













jeudi 5 juillet 2012

Répondez moi Lina

Elle avait la force de croire que le matériau est une substance. Elle avait compris que cette force remplace la matière et allège ainsi la structure. Elle avait parcouru les espaces libres sous les branches hautes des arbres, elle avait vu ce réseau comme un toit.
Elle avait voulu léviter dans tous les escaliers.
Elle avait dit aux hommes que sa puissance était sa poésie.
Elle avait des ponts retenu surtout la suspension. Elle avait assouvi un cheminement dans les airs, senti le béton comme un allié, un bras tendu et musclé.
Elle voulait une protection transparente et libre. Elle voulait danser dedans, voulait embrasser les foules, jouer avec les regards.
Elle s'amusait de son audace mais en fut elle-même surprise.
Elle aura construit le plus incroyable musée d'art moderne, le plus brutal, le plus radical, le plus beau.
Elle aura dessiné le Musée d'art Moderne de São Paulo.
Lina Bo Bardi, c'est son nom.




Au dos de la carte postale Brasilcolor, d'étranges notations. Des radio-opérateurs ? On remarquera que la structure n'est pas recouverte de ce rouge qu'on lui connaît maintenant.
A Madrid, dans le fabuleux (Fa Bu Leux) Musée Reina Sofia par Monsieur Jean Nouvel, nous avions vu une exposition sur l'architecture brésilienne et avions vu déjà ces belles projections de Lina Bo Bardi. Il s'agit d'un autre projet le Museo à Beira do Oceano (photo Hans Flieg). On retrouve d'une autre manière l'objet suspendu, ouvert, horizontal :







Dans le numéro 49 de 1953 de la revue Architecture d'Aujourd'hui, je trouve la maison de Lina Bo Bardi dessinée par elle-même. Toute la modernité est concentrée dans cette maison. Toute sa révolution, sa légereté, sa transparence. Et, là, sur les photographies, l'élégance d'une silhouette féminine.
Est-ce vous Lina ?
Lina ?
Répondez moi Lina... ne partez pas... Lina... Lina...