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samedi 18 février 2017

Anniversaire ! 10 ans !

J'ai loupé une date importante !
Depuis le 29 janvier de cette année votre blog a donc 10 ans !
Joyeux anniversaire le blog !
En effet tout commença en 2007 avec une carte postale de La Grande Motte, ce qui m'étonne encore, car, sans doute on aurait pu s'attendre à une carte de Royan !
Mais depuis ! Que d'aventures ! Que de confiance aussi ! Et que de découvertes !
Suis-je épuisé par ces dix années ? Oui...Parfois. Il arrive que le sentiment d'avoir fait le tour de la question se pose et puis surgit une carte, un détail, un correspondant pour que tout redémarre et j'ai aussi environ quatre à cinq mille cartes postales qui attendent...
Alors faisons le point chiffre : un million sept cent mille visites pointées par un post, ce qui laisse de la marge pour la lecture défilante...Deux mille deux cent articles...Deux volumes... http://archipostcard.blogspot.fr/ et http://archipostalecarte.blogspot.fr/ 
Je n'ai pas le nombre d'images mais bon avec une moyenne de deux ou trois par post...
Les meilleurs souvenirs ? Dans le désordre, quoique :
- De lire mon nom dans l'ouvrage de François Chaslin sur Le Corbusier. Un immense honneur.
- De rencontrer et partager avec Dominique Amouroux, l'auteur de notre guide d'architecture vénéré.
- La découverte du Fonds Bueb et la publication du livre. Spéciale dédicace à Julien Donada et à la famille Bueb si accueillante à notre projet.
- La résidence à Royan avec Thomas Dussaix et l'édition de mon livre sur Royan, ma grande fierté. Spéciale dédicace à Charlotte de Charette et Véronique Willmann.
- Bien évidemment, le classement de Sens et la joie d'avoir partagé un peu de ma vie avec Monsieur Claude Parent et sa famille. J'y ajoute la campagne pour Ris-Orangis inachevée. Spéciale dédicace à Viviane Rat-Morris.
- Le sauvetage de la bulle six coques avec toute l'énergie et l'amour autour. Spéciale dédicace à la famille Hérisson et à Manon Alberger.
- Ma rencontre avec Clément Cividino, son énergie passionnée, et sa certitude à faire de cette passion un moyen de sauver le Patrimoine mobilier et immobilier.
- Ma rencontre avec la Famille Lestrade et la confiance aigüe qu'ils me portent. Spéciale dédicace à Jean-Jean et Alvar.
- La rencontre avec le Comité de Vigilance Brutaliste dont je sais si peu de choses...
- L'exposition à Évreux, merci Emmanuel André et celle à La Forme au Havre avec Claude Parent, Thomas Dussaix et celle à Rouen sur l'invitation de Marc Hamandjian et Jean-Paul Berrenger.
- Toutes les conférences (beaucoup maintenant !), toutes les visites guidées, tous les articles, les interviews, les expositions, les films dont celui sur Royan...


- La chance de me laisser prendre le micro à Radio On et de faire ma Chronique Corbuséenne. Spéciale dédicace aux étudiants et à Philippe Langlois. Merci Philippe.
Merci à tous les donateurs, tous, ceux d'une seule carte postale ou ceux d'un paquet entier. Spéciale dédicace à Laurent Patart et Daniel Leclercq.
Merci aussi à tous ceux qui piochent dans mon Fonds, qui me demandent gentiment (ou non...) des images et qui ainsi prouvent chaque fois la validité des cartes postales comme documents historiques pour une compréhension pointue de la relation entre la photographie, l'architecture et la sauvegarde du Parimoine.
Merci aux éditeurs et à leurs photographes pour leur travail maintenant un peu mieux reconnu.
Ce blog ce veut joyeux mais aussi citoyen. Chaque carte postale est un slogan, une preuve, une histoire et une tribune pour le sauvetage et la lutte pour la reconnaissance du Patrimoine Architecturale du Vingtième Siècle.

Mais je voudrais faire un énorme merci, ÉNORME,  à celui qui me suit, me pousse, me porte. Celui qui relit dans l'ombre, qui corrige toujours avec une extrême patience (et il en faut...) tout ce que j'ai écrit. Sans le travail de Claude Lothier qui décide de mettre son propre travail de coté pour lire mes textes, sans son opiniâtreté, sans ses bras autour, toujours, rien ne serait.
Claude....MERCI.
Tu es sans doute, de fait, le plus grand et le plus fidèle lecteur de ce blog. Mais tu es aussi par ton œil, ton analyse, tes décisions d'aller voir, ta certitude que les images nous portent, celui qui m'a le mieux permis de réaliser dix années d'écriture, de voyages, de combat.
Je te dédicace donc ces dix premières années. C'est de notre anniversaire qu'il s'agit.
Remerciez-le tous, chères lectrices, chers lecteurs, en allant par exemple voir son propre blog :
http://leblogdeclaudelothier.blogspot.fr/

Alors j'oublie sans doute plein de choses, de gens, de moments. Dites-le moi !
N'oubliez pas que ce blog est en deux volumes. N'oubliez pas que vous pouvez vous y abonner.
Quelle carte postale choisir pour un tel anniversaire ?
La dernière arrivée ? Une de Royan ? La première ? Je ne savais pas.

J'ai choisi une carte postale un peu particulière, qui parle de l'un des plus grands architectes français du Logement Social qui reste ma priorité.
J'ai choisi une carte postale représentant une œuvre majeure, un chef-d'œuvre absolue, une utopie humaniste, une leçon parfaite, un brutalisme utile et verdoyant.
J'ai choisi l'amour, l'homme, le paysage accompli par l'architecture.
J'ai choisi l'urbanité au lieu de l'urbanisme, j'ai choisi le plan au lieu de la surface, j'ai choisi l'altérité faite forme.
J'ai choisi l'architecte Jean Renaudie :



Cette carte postale un peu particulière est un dessin de Yves Orly pour Givors et les Étoiles de Monsieur Jean Renaudie. C'est une édition Combier réalisée semble-t-il spécialement pour en faire un entier postal et éditée pour l'affranchissement Premier Jour le 20 avril 1985 du timbre de ce quartier des Étoiles de Givors.
Le dessin de Yves Orly est bien des années 80. Il nous amuse aujourd'hui par sa manière de mettre un peu en retrait l'architecture. On dirait que le dessin vient d'un des premiers logiciels de retouche d'images ou de photocopies successives...C'est joyeux, tendre, presque fragile. Et c'est, pour ce dixième anniversaire, une parfaite représentation de l'architecture.
Vive l'architecture moderne et contemporaine !
Vive tous les citoyens qui se battent pour la sauver, la défendre, l'enseigner !
Allez-voir, battez-vous. Imaginez ! Imaginez ! L'architecture se parcoure, se visite, se rêve.
Et comme dit si bien Jules Verne cité par Georges Perec :

"Regarde ! De tous tes yeux, regarde !"

lundi 7 juillet 2014

Jean Renaudie : trois portraits.


Je l'ai déjà maintes fois déclaré mais, pour moi, en France, l'un de nos plus éminents architectes fut Jean Renaudie. On ne peut guère faire mieux que sa réflexion sur le logement dont on peut même, et c'est bon signe, oublier l'adjectif social tant son travail déborde, tout en la prenant en compte, cette notion.
On a déjà vu sur ce site de nombreuses images et cartes postales de ses réalisations dont Ivry-sur-Seine avec Madame Gailhoustet ou Givors qui restent parmi les plus percutantes et les plus justes encore aujourd'hui.
Je ne me priverai d'aucune occasion de rendre hommage à Jean Renaudie et de défendre le plus possible l'intégrité de son œuvre.
En voici trois fois l'occasion.
D'abord par ce qui nous concerne en premier lieu ici, par des cartes postales. Nous allons en regarder deux, en tentant par leur représentation, d'évoquer l'architecture de Jean Renaudie.


Il va de soi qu'une telle carte postale d'emblée se met à l'extérieur du tout venant de la carte postale, tout venant que nous tentons en fait de briser. L'image de l'architecture de Givors, puisque c'est bien là que nous sommes, est composée d'une photographie en longueur dégageant un bord blanc, presque un cadre immense autour d'elle. Difficile de définir ce qui coupe aussi l'image en deux, difficile de dire si cela est déterminé par l'architecture même (ce que je crois) ou par un montage de deux prises de vues réalisées par Bernard Plossu, le très grand photographe.
Car, oui, cette carte postale est une image de Bernard Plossu dont, il y a peu, nous avons pu nous régaler du très beau voyage au Mexique dans une exposition saisissante au Musée Malraux du Havre. Pour comprendre comment un aussi grand photographe fait des cartes postales, il faut lire le verso de celle-ci. Il s'agit bien d'une édition Cart Com qui fait la promotion d'une exposition dédiée à Jean Renaudie à l'Institut Français d'Architecture en 1992. Nul doute qu'il s'agit donc d'une commande faite au photographe et donc d'une image frappée par un regard obligé qui n'a rien de négatif mais qui dit quelque chose du rapport du photographe avec le lieu.


Que vise Monsieur Plossu de l'œuvre de Monsieur Renaudie ? Si on se contente de cette seule image, on voit que Givors est visée de face, en voisin j'ai envie de dire. C'est d'ailleurs ce qui me laisse penser que Bernard Plossu fabrique son diptyque avec l'architecture même, en quelque sorte, derrière sa fenêtre. On observe alors comment les fameuses pointes vont depuis notre regard vers le lointain, se répétant dans les obliques, construisant l'image, couvertes de lierres et de végétaux, imitant le romantisme d'une architecture noyée sous les plantes. Seul le clocher de l'église rappelle que derrière, une ville ancienne est attentive à ses changements. Et si la sensation d'une image fermée pourrait prédominer, Bernard Plossu, dans son noir et blanc sévère mais juste, au ciel gris égal, nous permet de comprendre comment nous sommes pris dans un jardin suspendu, dans une colline construite, comment d'un rocher de béton habité, nous en regardons un autre. C'est un village en terrasses que Bernard Plossu photographie. Il faut sans doute imaginer d'autres clichés du photographe et mon imagination est grande aux rêves possibles d'autres photographies aussi belles. Ici, Bernard Plossu ne joue pas à une objectivité inutile, ne dit pas la froideur d'un regard faussement intellectualisé, il fait document autant qu'œuvre car simplement il nous laisse de la place en nous mettant... à la sienne. C'est sensible comme on dit, c'est photo-sensible. Y-a-t-il eu une belle publication en livre de ses photographies ?
Mais voici un autre portrait de Givors :


Cette superbe image est bien une carte postale. Il s'agit même d'une carte postale produite par l'un des grands éditeurs français : Combier.
Saurez-vous reconnaître le photographe de cette carte postale ?
Ce qui pourrait nous étonner déjà c'est le noir et blanc. À l'époque de la construction de Givors, il y a bien longtemps que la carte postale est en couleur et le maintien du noir et blanc ne peut que signifier immédiatement une particularité, une hauteur artistique. C'est bien le cas. Autre indice si l'on compare à la photographie de Bernard Plossu, la végétation sur les terrasses de Givors sont bien moins débordantes... Alors ?
Alors il s'agit d'une carte postale dont la photographie est due à rien moins que Robert Doisneau ! Rien pourtant dans cette image ne peut permettre de reconnaître le style du photographe : pas d'enfants rieurs, pas d'amoureux parisiens, rien d'une poésie de l'instantané. Doisneau n'aurait-il rencontré aucun habitant dans les étoiles toutes neuves de Givors ? Il nous donne à voir par le dessus l'architecture superbe de Monsieur Renaudie avec une image même un peu dure dont la force graphique est accentuée par un tirage très contrasté. Doisneau rend l'ensemble très abstrait, serré, voir étouffant. Mauvais signe d'un regard un rien... étonné ?


Ou, au contraire, volonté de faire passer devant le réalisme poétique de son habitude, une forme spectaculaire qui le saisit ? Difficile à dire. Mais l'image est d'une grande beauté, d'une belle rigueur et pousse à bout les particularités des jeux de terrasses, des espaces publiques et privés. Autre particularité de cette carte postale, c'est qu'il s'agit d'une carte maximum avec tampon et timbre à l'unisson. En effet, la Poste Française, à cette époque, savait rendre hommage à l'architecture contemporaine en éditant des timbres et des oblitérations "premier jour". C'est donc très précis : 20 avril 1985. On notera au dos que l'éditeur Combier titre sa carte postale ainsi : "Les Étoiles Renaudie des pièces en plein air"
Cette appellation qui compile le nom de l'architecte et le nom du lieu est assez rare et on se demande qui indiqua à l'éditeur cette particularité architecturale de pièces en plein air ?
Sans doute que la communication autour de cette architecture de Monsieur Renaudie mettait en avant cette particularité en en laissant derrière elle plein d'autres : perfection du plan, conscience du paysage, mixité du privé et du public, promenade architecturale, humanisme total...
N'oublions pas que Jean Renaudie ne connut pas ce jour particulier ni cette carte postale. Il disparut en 1981.
Mais le voici :


Ce document n'est pas une carte postale mais une photographie venant d'archives. Il s'agit d'une émotion parfaite.
On y voit l'architecte posant devant une table à dessin dans ce que l'on reconnaît comme son atelier à Ivry-sur-Seine. Son expression est superbe, celle d'un homme faisant l'image en se pliant au genre tout en se demandant si cela est bien... nécessaire. Cette retenue à sa propre image est aussi sans doute, le signe d'une timidité d'image voulant sans doute que l'on évoque plus son architecture que sa figure.





J'aime tout particulièrement que ses mains ne touchent pas les plans et les dessins. Ce petit espace, je veux le considérer comme une humilité au métier. La veste me fait penser à celle que Claude Lothier possède et qui avait appartenu à Jean Widmer.
Les plantes vertes occupent l'espace et mes papyrus dans mon appartement sont heureux de savoir qu'ils auraient bien pu venir de là. Mais ce beau dessin ? Qui saura lui redonner son origine, son projet ? Qui est ce bébé punaisé sur le mur ? Et j'aimerais comprendre de quel mot viennent les dernières lettres formant un NEUSE sur le bord de l'image...Villetaneuse ?
Sans aucun doute !


Il pourrait donc bien être question ici des dessins du projet pour cette ville. Au dos de la photographie figurent des notations écrites à la machine à écrire : TF1, mardi 3 mars 1981 20h30, Des lendemains pour l'homme, "le 31ème millénaire N°2, un futur sur mesure avec l'architecte Jean Renaudie, créateur des immeubles de la ville d'Ivry. Photo Interpress, 142, rue Montmartre à Paris.
J'ai cherché à retrouver ce film. Il faudrait voir ce documentaire pour entendre à nouveau (et enfin !) les opinions et idées de Monsieur Renaudie sur l'architecture.
Nul doute que sa parole serait pour notre aujourd'hui encore une leçon d'architecture, une de celles qui place l'architecture comme un outil du progrès social, qui place l'homme comme point absolu à tout tracé du construit.

Et n'oubliez pas le Volume 2 de votre blog, avec son feuilleton de l'été ! C'est par ici !

jeudi 15 septembre 2011

Jean Renaudie : le modèle

Il vous suffira un jour de prendre votre voiture vers Ivry-sur-Seine ou vers Givors et d'aller arpenter les chemins entre les pointes des constructions de Monsieur Jean Renaudie pour, comme moi (et bien d'autres !), affirmer qu'il est sans aucun doute un modèle pour toute construction de logements sociaux.
La leçon qu'il nous donne, leçon que nous donne également Madame Gailhoustet est l'une des plus humanistes, des plus sensibles mais aussi des plus plastiques.
Ici la forme naît de la réflexion sur l'usage tout en suivant une radicalité architecturale des plus remarquables.
Avoir ainsi construit non pas seulement de l'habitat mais également du paysage est rare.
Nous avons la chance en France que de telles personnalités, il y a peu de temps finalement pouvaient construire de telles œuvres.
Curieusement, il semble que cela fasse bien trop peu école.
Alors nous allons voir et un peu sans doute, visiter Givors grâce à deux cartes postales Combier d'une très grande qualité photographique.
Il s'agit d'une édition spéciale si j'en crois cette très haute qualité, le timbre du premier jour au dos des cartes mais aussi la personnalité de l'un des deux photographes.
Voyez :



Cette carte postale Combier est superbe, le cliché est de Michel Durand. D'abord par son point de vue qui permet de lire la manière dont l'ensemble de Monsieur Renaudie est accroché à la falaise mais aussi par sa lumière qui frappe durement le centre de l'image.
Le chantier vient d'être livré si j'en crois le vide dans les appartements et les terrasses qui ne sont pas encore très plantées. Le béton est encore blanc.
Pourtant ici des habitants font déjà usage de leur terrasse en faisant sécher le linge...



On remarque aussi la pancarte qui annonce la disponibilité des appartements.



Dans la même collection "impression Combier Macon " :



Cette photographie nous permet une lecture plus directe des étoiles.
Le choix du noir et blanc vous semble curieux ?
Alors...
Alors sachez que c'est Robert Doisneau lui-même qui a fait le cliché de cette carte postale !
D'ailleurs il s'agit d'un noir et blanc très dur qui dessine bien plus qu'il n'informe. Ce qui est troublant pour un photographe que l'on dit humaniste c'est qu'il fut bien lui aussi totalement intrigué par les formes caractéristiques des constructions de Jean Renaudie.
A moins qu'il ait eu du mal à cadrer un gamin descendant les escaliers avec une bouteille de vin ou des amoureux se bécotant sur les parapets...
En tout cas, voici une carte postale qui croise l'architecture moderne et contemporaine et la photographie artistique (ou comme on dit aujourd'hui plasticienne).
Il est donc évident qu'il ne s'agit sans doute pas de cartes postales pour les tourniquets de bureaux de tabac mais bien des cartes postales pour collectionneurs, sans doute à tirage restreint et diffusées le premier jour de l'oblitération du timbre.
C'est, en tout cas, l'occasion d'évoquer le travail de Monsieur Renaudie et cela suffit à faire mon bonheur.
Quelqu'un sait-il si d'autres grands photographes ont fait un safari à Givors ?

mardi 19 juillet 2011

en pointe, design et architecture à Givors

Et si l'architecture si belle et si particulière de Monsieur Jean Renaudie à Givors laissait des traces, des indices et des influences sur la création vestimentaire et de design de cette ville ?
Pour mémoire voici une carte postale de ce qui est certainement l'un des plus beaux ensembles de France, les Étoiles de Givors.





la carte postale est une édition FDC, First Day Cover, idéale pour les collectionneurs de maxiphilie. Nous en avions déjà vu des exemples ici.
La carte postale nomme bien l'architecte Monsieur Renaudie, elle nous donne aussi le nom du photographe de ce cliché : G. Laroze.
La date, rien de plus simple, 20 avril 1985 !
On voit bien, dans une image un rien sévère le très puissant travail de l'architecte.
Mais voilà autre chose, toujours à Givors :


Lorsque j'ai vu cette carte postale et surtout sa localisation, je n'ai pu m'empêcher de penser que ce jeune homme habillé en zébre et épaulettes pointues et agenouillé derrière ce beau siège bien années 80 avait dû être sous l'influence de l'architecture de sa ville.
Mais de Créatitude à Givors je ne sais rien !


Ce jeune homme est-il l'auteur de ce siège Design ?
Est-il un mannequin (bien à sa place d'ailleurs...) pour le cliché ?
J'aime la manière dont sa main tient la banquette, on sent une fierté, un désir d'appropriation.


l'image est belle.
Et il est certain que la jeunesse de ce jeune homme et la jeunesse de cette architecture ont su se rencontrer.
Créatitude est localisé dans la zone industrielle Chassagny à Givors.
La photo de cette carte postale est de Chop !

mercredi 16 mars 2011

Depuis Jean Renaudie, Renée Gailhoustet

Voici un belle et intéressante carte postale :


Certainement l'une de celles qui tiendra ma collection, nous devons cette image des nouveaux quartiers d'Ivry aux toujours formidables éditions de cartes postales Raymon.
Comment dire mon contentement ?
Depuis l'une des terrasses des constructions de Jean Renaudie nous visons les très belles et expressives tours de Madame Gailhoustet.
La proximité est un rien amoureuse.
On notera que le photographe très habilement fait couper sa photographie en son milieu par la verticale puissante d'une des tours.
Regardez également comment le point de vue s'égare dans le canyon un rien étroit sur l'image, canyon laissé entre les deux tours.
On est là, sur l'une des terrasses dont on voit clairement la végétalisation.
Et puis mon œil regarde aussi le tout petit édicule que nous avons déjà évoqué ici et qui fut repris par l'artiste Julien Pastor.


Une fois de plus, dans l'anonymat des architectes et l'anonymat du photographe, une carte postale nous offre l'opportunité de découvrir, voir et aimer l'un des plus beaux endroits de France et l'une des plus convaincantes expériences urbaines et architecturale du XXème siècle.


dimanche 23 janvier 2011

Clamart multivues

Nous avons avec beaucoup de respect et d'admiration déjà évoqué ici la bibliothèque des enfants de Clamart que l'on doit à L'Atelier de Montrouge.
Il s'agit à n'en pas douter d'une des plus belles réponses à un programme architectural de notre siècle dernier.
Mais cette ville a aussi la chance de posséder une autre belle chose qui produit de belles cartes postales d'architectures contemporaines : son hôpital Antoine Béclère par Monsieur Pottier architecte.
Et, ce qui est remarquable, c'est que les éditeurs de carte postales ont tout de suite associé ces deux architectures sur une même carte en multivues.
Voyez :
Les éditions Lyna nous offrent ainsi une image dont les deux registres du haut sont occupés par l'architecture ancienne (mairie et église) et les deux registres du bas par l'architecture contemporaine (bibliothèque et hôpital).
Pas de désir de comparaison, non, simplement un état des lieux d'une ville tournée vers sa modernité sachant regarder passé et avenir avec le même désir de représentation possible, de reconnaissance.
Souvent les vues des cartes postales multivues sont également disponibles en vue unique et c'est bien encore le cas ici avec cette vue de l'hôpital toujours chez Lyna.


Mais ce qui est assez drôle c'est bien de retrouver ce même rassemblement dans notre guide d'architecture contemporaine et dans le même ordre que sur la carte postale !


Dommage que nous n'ayons pas d'image plus convaincante du château d'eau dessiné par le groupe de l'œuf centre d'étude dont nous aimons tant le travail ici.








mardi 31 août 2010

des architectures un peu à part

Je ne sais pas pourquoi finalement j'ai réuni ces deux cartes postales dans un même article. Tout les oppose : type architectural et type postal.
L'une est une carte postale de ville en multi-vues de banlieue, une de ces cartes postales que l'on achète sur le tourniquet du marchand de journaux et l'autre est une carte de type maximum pour collectionneur averti.
Pourtant, certainement, j'ai dû voir dans ces deux objets un lien possible que vous, lecteurs, vous trouverez sans doute.
Commençons par la plus... naturelle :



Sur cette carte postale Abeille-cartes en Lynacolor, l'éditeur a rassemblé quelques vues de Cergy et nous donne ainsi à voir la manière dont la ville se représente, se définit.
On y trouve ce mélange souvent désiré à cette époque d'un modernisme affiché et revendiqué et d'un bucolique, voire d'un pittoresque encore possible.
Les pêcheurs à la ligne, les bateaux à voile jouent en collage avec la préfecture, les immeubles, et une école bien curieuse.
Cette école très colorée est l'œuvre de l'un des architectes importants de ce blog : Jean Renaudie.
Ici nous avons déjà beaucoup évoqué cet humaniste-constructeur qui avec Givors et le centre d'Ivry sur Seine a construit ce que je considère (et je ne suis pas le seul) comme un modèle de l'architecture du logement social.
Bien évidemment l'image sur la carte postale est un peu petite pour comprendre comment fonctionne cette architecture.
Mais les maquettes photographiées dans Architecture d'Aujourd'hui en 1971 nous font voir les réponses spatiales innovantes de Jean Renaudie cherchant à rompre avec une salle de classe traditionnelle. Il est question de faire jouer l'espace, d'offrir des lieux différenciés et des mouvements internes tout en générant un maximum de flexibilité et de contacts entre les classes elles-mêmes.



En fait chaque classe est un petit amphithéâtre à trois niveaux. Un niveau pour le travail intellectuel, un niveau pour les activités manuelles et un niveau de liaison avec les autres unités. Cette modulation génère une grande variété spatiale favorisant les apprentissages.
On comprend très bien ce fonctionnement sur ce dessin :



Mais ce que la revue Architecture d'Aujourd'hui nous donne aussi à voir c'est la grande beauté plastique des dessins préparatoires de Jean Renaudie, d'autant plus beaux que leur gestualité n'est point gratuite mais le résultat d'un tracé formé par la pensée, une recherche qui en quelque sorte se donne à voir.






Autre chose :



Superbe non ?
Comment résister à un tel document qui nous place sous les cubes du Kubus à Rotterdam que nous avons un peu visité ici ou ici.
La grande qualité de cette carte postale est dans son point de vue nous donnant quelques instants l'impression de sentir au-dessus de nous les constructions étranges dont on a vraiment un mal fou à saisir qu'elles puissent être habitables.
D'une grande abstraction, cette architecture à l'image forte déstabilise totalement du moins dans sa représentation en photographie. La contrariété produite par les volumes laisse en quelque sorte l'œil coi.
On peut tout de même ici voir le beau travail de polychromie, sentir un cheminement et une perspective ouverte et aussi un lieu parfaitement lumineux et ouvert. On regardera aussi le design bien des années quatre-vingt du banc public comme tiré d'un dessin de Joost Swarte.
Petit mais important rappel : l'architecte de cette curiosité est Monsieur Piet Blom.

dimanche 6 juin 2010

triangle, cercle, trapèze

Trois architectures.
Trois lieux.
Trois programmes.
Des points en commun : une certaine puissance, une radicalité et un sens aigu du paysage.
D'abord revenons sur un lieu et un moment déjà vu sur ce blog avec cette carte postale Lyna :


On retrouve le Palais du C.N.I.T et ses jardinières moribondes mais on retrouve aussi la soucoupe volante Futuro de Suuronen posée devant la merveille de béton. On détaille d'ailleurs un peu mieux l'objet ici :


Il semble que les martiens ou les vénusiens aient un sens profond de la détente car au pied de la soucoupe volante des parasols et des chaises permettent de boire un godet en toute tranquillité.
Qui aurait des souvenirs de cette soucoupe, qui saurait ce qu'elle fait là ?
Dans un tout autre genre :


Tout est dit sur le recto de cette carte postale premier jour.
Le nom de l'architecte, Monsieur Renaudie dont vous savez ma totale admiration, le nom du lieu, Givors dont vous connaissez l'incroyable beauté et la date de l'événement le 20 avril 1985.
Si l'image n'est pas flatteuse avec sa teinte grise généralisée et la verdure absente il faut savoir regarder cet endroit, s'y promener et jubiler de sa parfaite implication dans la topographie de la ville, s'appuyant contre une falaise de rocher, venant à la fois l'épouser et l'inventer.
Vous devrez vous y rendre un jour.
Et ici ?


Alors ? Où sommes-nous d'après vous ?
Je vous le dis tout net, nous sommes aux U.S.A, en Arizona à Sedona pour être très précis.
Cette chose étrange et splendide a connu une belle fortune critique puisque je la retrouve dans mon ouvrage sur Les Eglises modernes à travers le monde de Joseph Pichard et surtout dans le numéro 71 de Architecture d'Aujourd'hui d'avril 1957. Je vous propose ici des extraits de l'article qui insiste et c'est logique sur l'identité paysagère du lieu et la valeur symbolique du signe et de son dépouillement.
Les architectes sont Messieurs Anshen et Allen.