mardi 12 décembre 2017

punir la tour Montparnasse

Je ne sais pas pourquoi mais, immédiatement, à l'annonce de la mort de Jean d'Ormesson, je pense à la Tour Montparnasse et à sa requalification
Sans doute que je vois la mort de l'écrivain comme la preuve maintenant de la disparition de cette génération, de celle au pouvoir au moment de la construction de la Tour Montparnasse si haïe par la génération suivante mais aussi, étrangement, par la génération conservatrice de l'époque.
Rarement une construction se voulant moderne, affichant sa solitude, sa présence colorée, son implantation et aussi son ordre urbain n'a été aussi détestée. Même le Centre Pompidou n'a pas subi autant de haine car, il avait déjà pour lui à l'époque, une fonction particulière dont la foule s'empara immédiatement.
Alors les reproches que l'on fit à la Tour Montparnasse aurait bien dû être justement ce que nous aurions pu protéger et défendre. D'abord son isolement, son érection soudaine, violente, sans concurrence dans ce quartier de Paris faisant de la Tour Montparnasse une figure debout, éprouvant le Vieux Paris, l'éreintant sans cesse et c'est tant mieux. Ce monolithe froid qui impose au sol son indifférence au monde est l'image même de la politique urbaine de l'époque, déjà, en ce sens, c'est un patrimoine. Cet échec relatif qui fut bien souvent l'un des arguments pour une accusation rapide est pourtant exactement ce qui en fait sa place dans l'histoire. Le socle prétentieux d'une politique de la ville menée par des hommes en costumes dans des berlines Citroën. On imagine toujours la Tour Montparnasse comme la volonté d'agents immobiliers mystérieux, amis des politiques de l'époque, agissant dans l'ombre des Cabinets ministériels, comme dans un mauvais film politique des années 70 avec Alain Delon ou Yves Montand selon les orientations politiques du réalisateur. Cette ombre portée sur Paris, la surface glaçante du matériau formant la peau de verre de la Tour, verre fumé, opaque, ajoutant encore à cette violence politique est un monument à la Fiction en fait.
Mais on pourrait aussi souligner l'importance d'une telle verticale dans le tapis de la ville. Il faut des droites qui montent sur un sol trop étendu et trop blanc, nous disait Alvar Aalto. Paris est blanche des pierres et des reflets des zincs des toits. Il lui fallait une résonance, un menhir granitique, une antenne magnétique, il nous fallait équilibrer trop de netteté, trop de justesse, trop d'égalité. La Tour Montparnasse c'était le Dark Vador de Paris, casquée, troublante, offrant le désir de l'arpenter en sachant en quelque sorte qu'on cédait trop facilement au côté obscur, tout en haut, à juger de la Ville.
Alors, comme le vent tourne bien fort en haut, il a fallu punir la Tour Montparnasse, punir ceux qui l'ont posée là. C'est bien ce que la requalification future de la Tour Montparnasse prouve. Il s'agit avant tout d'une punition.
Facile d'imaginer comment on fabrique cette punition. D'abord il faut être radical et éteindre complétement le noir. Il faut faire transparent car transparence est aussi un mot de la communication politique qui devra par le matériau même de la façade raconter la démocratie, l'ouverture, une forme morale face aux engagements des nouveaux dirigeants de la Ville de Paris. Et puis, transparence a toujours été associée à l'histoire de la Modernité en architecture, c'est toujours faire signe d'une égalité entre ceux qui décident et ceux qui subissent, une manière violente d'interdire complètement la contradiction.  

"Parmi les gestes les plus manifestes de la Nouvelle AOM: l'abandon du terrible verre noir qui emballait l'immeuble, troqué contre une double peau transparente."*

"On espère que le rendu final sera aussi cristallin que sa représentation en maquette."*

Vous voyez tout, vous n'avez donc aucune raison de nous contredire. Ne pas arrêter le regard, c'est donc interdire la parole. La nouvelle Tour Montparnasse se voudra donc transparente, du moins c'est ce qui va être tenté et raconté, on ne connaît que trop bien comment l'épaisseur d'un volume éteint toujours ce jour, comment en fait, à vouloir faire un fantôme disparaissant dans l'éther du ciel, on façonne d'abord un bloc atonal sans aucune force. Et éradiquer la masse de cette Tour, en retirer la force sombre c'est, de fait, renoncer à sa première et grande qualité, à l'un des plus beaux gestes de ses architectes, c'est comme un bombardement ouvrant sur le mystère de son contenu. C'est l'échec d'une compréhension, d'une perception de cette Tour dans la Ville. C'est surtout stratégique. C'est avoir compris que c'était là son plus grand reproche (reproche politique) et offrir exactement l'attendu communicationnel. Ce n'est donc pas, non, ce n'est pas un acte architectural, c'est un renoncement de l'histoire car son histoire tout entière tenait dans cette expression terrible verre noir. Et nous aimons ici l'architecture quand elle est terrible, présente, puissante, c'est-à-dire quand elle existe. Aujourd'hui on interdit les verres fumés sur les automobiles, c'est le même geste ici. La transparence est devenue la police, la transparence est devenue la morale gentille, bien pensante.

"... percé de plusieurs patios pour révéler l'ancrage au sol bâtiment, ce nouveau socle permettra d'enrichir son programme pour accueillir demain des visiteurs de passage et des touristes. *

Pour punir encore mieux, on remodèlera le niveau piétonnier, comme pour donner l'illusion d'un attachement au piéton de Paris, figure quasi-héroïque de cette Ville. Le piéton, celui qui lève ou non le nez doit enfin se sentir aimé, accepté, choyé par l'architecture. Il doit "ne plus avoir peur", ne plus s'ennuyer sur le trottoir, ne plus s'interroger sur la réalité d'un mur infini qui le domine. Le piéton est juge, il faut que l'architecture vienne mourir à ses pieds, il sera l'échelle, en fait, il sera surtout le CLIENT.
Il faut qu'il entre... qu'il consomme. Les patios sont des appâts.
Et puis, il faut bien redessiner, reformer et boursoufler quelque part pour faire acte d'architecture, ajouter surtout de la surface commerciale, car, il s'agit avant tout d'un éternel retour sur investissement.
Mais il faut aussi faire semblant. Faire semblant de quoi ? Faire semblant d'être attentif à l'héritage et offrir une perception visuelle à cette économie. Pour cela, il suffit de laisser croire que l'on touche peu, que l'on intervient avec délicatesse en donnant le signe d'une silhouette maintenue. L'équipe a donc l'argument qui tue : elle n'a pas touché au dessin du profil de la Tour ! Formidable leçon retenue là aussi de l'image en architecture, on reconnaît ici les arguments retenus par exemple pour Toulouse-le Mirail. Juste assez d'arguments de respect pour s'autoriser au massacre. La démagogie communicationnelle à son degré le plus haut, le plus chic, le plus jeune...
La jeunesse d'une équipe comme preuve d'une attention...
Et voyez-vous, Ils aiment la Tour Montparnasse ! Ben voyons ! Je t'aime, je te tue.

"Parce que, contrairement à bon nombre de Parisiens, "ils aiment la tour Montparnasse", avoue Mathurin Hardel, la proposition de la Nouvelle AOM préserve l'image iconique de l'immeuble et son double galbe."*

"Elle permettra aussi la récupération des eaux de pluie et, puisque c'est désormais une figure imposée dans le ciel parisien, le développement de l'agriculture urbaine."*

Alors viendra pour couronner le tout et surtout pour couronner la Tour, une sorte de chapeau, de serre, de jardinerie de chez Leclerc, posée là, atterrie là, comme arrachée d'une zone commerciale de province pour nous faire croire (mais vraiment à qui ?) à une Tour écologique et éco-responsable. Quand le clin d'œil à la politique actuelle de la Ville atteint ce degré d'asservissement politique par de jeunes architectes, on est certain d'atteindre là un point culminant de non-retour et bientôt on verra Monsieur Vincent Callebaut devenir l'architecte officiel de la Ville de Paris. On notera dans l'argumentaire, la figure imposée... Mais imposée par qui ? Et comment appelle-t-on celui qui décide simplement de suivre ce qui est imposé ? Un architecte ?
Je suis de ceux qui sont certains que maintenant la politique patrimoniale sur les constructions apparues après 1945 est inexistante à Paris et en Ile-de-France. Partout, les signes de cette histoire sont bafoués, éteints et étouffés. Partout règne une forme particulière de communication architecturale mêlant propos publicitaires et politiques à une incompréhension des enjeux patrimoniaux mais surtout un cynisme ambiant qui cherche dans les arguments d'une écologie de bazar et de bons sentiments à éradiquer un héritage, non pas sur des arguments réels de sécurité (amiante) mais bien pour effacer l'affront de l'histoire d'avoir su, à une époque, construire une architecture moderne, c'est-à-dire, oui, essentiellement classique. La ruine de l'école d'Architecture de Nanterre, son état de décrépitude est le signe parfait de ce nouvel ordre moral et architectural, celui d'un "en même temps" qui veut dire "surtout plus maintenant". La Nouvelle AOM en fait n'a rien de nouvelle, elle est conservatrice, conservatrice de la novlang de ce jour, elle a reçu la leçon d'un Seguela au biberon. La France tranquille, une architecture tranquillisante. Faire d'abord un discours, utiliser les mots et bâtir dessus une coquille, une carrosserie. Elle est fille de cette politique, elle en offre l'image d'aujourd'hui : transparente, si transparente. On pourrait dire diaphane.

Je vous donne tout de même quelques cartes postales prouvant la puissance troublante et sombre de cette très belle architecture. Pour ma part, et à la différence de l'article de AMC*, bien complaisant de Margaux Darrieus avec les architectes de la Nouvelle AOM, je nomme les architectes de la seule vraie Tour Montparnasse, je ne veux pas que, eux, on les oublie. Je les remercie pour les joies, les sensations, la présence de leur beau monolithe qui va bel et bien disparaître à jamais. Merci Messieurs Arretche, Beaudouin, Cassan, Dubuisson, de Hoym, de Marien, Lopez, Saubot, Warnery. Que vos grands noms comme une ombre puissante viennent un jour, à nouveau, écraser ce Paris pourrissant et olympique.

D'abord trois cartes postales par le photographe Albert Monier, grand arpenteur de Paris, qui ici nous offre bien les grandes qualités de son travail photographique. On notera que Albert Monier, habitué à un Paris plus traditionnel, celui des clochards en bord de Seine et d'un pittoresque pour touristes n'hésite pas à regarder ce beau monument et aussi à l'aimer.
Cette édition par Cap-Théojac est en Mexichrome et nous montre la Tour Montparnasse surplombant son quartier. Mais depuis quel point de vue ? je vous laisse deviner et retrouver ! Voyez comment le photographe cisaille littéralement son image par la verticale de la Tour qui vient toucher le haut du cadre. Ici, il est bien question de dire sa puissance et sa radicalité.





Voici toujours d'Albert Monier chez le même éditeur, cet autre point de vue spectaculaire ! Le soleil vient taper dans le monolithe, vient le saluer. Tout tourne au brun sombre contre le ciel bleu de Paris. Les obliques pourtant légères appuient la monumentalité et la sensation de vertige du photographe au pied de la tour. Superbe photographie et maintenant, superbe document historique de ce qu'était la Tour Montparnasse pour son épiderme trop bronzé. C'est cette peau qui sera arrachée.





































Pour finir avec Albert Monier, une carte au cadrage plus attendue, surtout par son premier plan fleuri. On aimera être aussi prêt de la façade et de bien lire le beau dessin de son profil :






































Retournons sur le sol, Boulevard Montparnasse, grâce à un autre grand photographe de cartes postales : J.E. Pinet (écrivez-moi !)
Ici, la Tour Montparnasse est mise en relation directe avec les façades du Paris Éternel et il ne fait aucun doute que Monsieur Pinet joue avec ce contraste tout en ne prenant pas une position trop appuyée. Il se met dans l'ombre et cadre la ville à la hauteur du piéton. Un très beau document sur les rues de Paris et leur Modernité. D'ailleurs, on pourrait même trouver la tour, ici, peu audacieuse dans sa verticalité.




























Toujours depuis la rue, voici notre belle Tour qui se dresse. Là aussi, le soleil en efface une partie de la façade en tapant dessus. L'éditeur et son photographe inconnu nous offrent ici un hymne à la verticalité que tout, même le lampadaire, accentue. On pourra aussi ici, garder en mémoire la qualité exceptionnelle de cette couleur ambrée qui chante aussi dans la Ford garée au pied.





































Toujours par la verticale, toujours imposant sa masse, son trou noir, voici que les éditions Image'in éditions nous offrent aussi la tour Montparnasse, écrasant le sol de Paris que l'éditeur inscrit sur la carte comme pour bien affirmer que nous y sommes ! L'édition ajoute un peu de noir au tirage et durcit sa couleur mais on aime ça ! Un cadre noir finira la sensation de dureté pour une carte postale d'un grand chic.





































Et si nous entrions ? Et si nous venions voir Paris ? Cette carte postale Cap-Théojac nous montre ce lieu d'un chic tout parisien et nous indique que le restaurant du 56ème étage est ouvert jusqu'à 2 heures du matin ! Les rendez-vous ici devaient donner de la hauteur aux relations naissantes... Bientôt, on ira voir des salades pousser. Une autre époque.






Je vous donne aussi le très bel article de Dominique Amouroux sur la Tour Montparnasse paru dans son guide d'architecture contemporaine en France :




dimanche 26 novembre 2017

Group Ludic, un livre !


Le Group Ludic fait partie intégrante de ce blog tout comme les piscines Tournesol, les Bulles six coques, Jean Renaudie ou le Brutalisme.
Chaque fois que cela est possible, j'essaie de vous montrer les réalisations de ce collectif de designers qui ont inventé un genre d'aire de jeux qui aujourd'hui encore ne cesse de nous étonner par sa modernité, ses formes mais aussi l'esprit de liberté et de poésie, comme si les designers eux-mêmes étaient en ligne directe avec les désirs des enfants, comme si leurs observations, leurs connaissances leur avaient permis d'inventer un registre particulièrement original et joyeux.
Le plus iconique de tous étant bien entendu le sous-marin de La Palmyre au Jardin de Cordouan que nous avons décrit plusieurs fois.
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/04/groupe-ludic-le-sous-marin.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2009/08/royan-et-alentours.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2009/08/groupe-ludic-une-reponse-de-monsieur.html
Avec un témoignage :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2016/08/group-ludic-et-familial.html

Alors, lorsque Julien Donada et Grégoire Romefort décident d'éditer un ouvrage sur le travail du Group Ludic on ne peut que les suivre et les soutenir. Soutenir en effet car les deux compères ont besoin de fonds pour mettre en route l'édition de ce livre tout comme pour l'ouvrage sur Le Corbusier par Charles Bueb (toujours disponible !).
Il s'agit aussi d'être exigeant, de produire un bel objet éditorial qui rendra hommage à ce Group Ludic et permettra enfin de diffuser davantage cet héritage aujourd'hui, heureusement, regardé de nouveau à sa juste valeur. Pour l'exigence, nous pouvons faire confiance à la maison d'édition du Facteur Humain et à sa rigueur du contenu critique.
Alors, il est évident que c'est avec une grande joie que je me fais ici le relais pour que cette édition voit le jour. Et je sais que de nombreux lecteurs et lectrices feront de même car je sais que vous aimez, tout comme nous, les œuvres originales entre architecture et design et les beaux livres !
Les fêtes approchent !
Je vous conseille donc vivement de soutenir nos amis, de soutenir cette envie de voir, revoir et enfin mieux connaître ce travail remarquable.
C'est ici que cela se passe :
https://www.kisskissbankbank.com/group-ludic-l-imagination-au-pouvoir


Je m'amuse de voir que "l'imagination au pouvoir" reprend un peu le titre d'un exemplaire de la revue de Claude Parent et Paul Virilio, Architecture Principe avec leur " Pouvoir et Imagination" ! Comme quoi l'époque a bien eu ses slogans !

Allez ! Faîtes-vous plaisir ! Soyez un pionnier ! Aidez-les !

Je vous invite aussi à voir ce très beau petit film ! Quel merveille!
https://vimeo.com/244064133
https://vimeo.com/244064133

Pour revoir tous les articles sur le Group Ludic, vous pouvez aller partout ici et surtout soutenir le projet éditorial et commander votre livre.
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/11/retrouvailles-ludiques.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/06/une-reunion-amicale.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/03/des-jeux-en-france-de-lair-des-aires.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/03/point-ligne-plan.html
Certainement l'une de mes plus belles cartes postales :
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/12/toiles-tendues-mettre-les-voiles.html 
Un document rare offert par Julien Donada :
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/11/group-ludic-un-document-rare.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/09/complements-ajouts-et-autres-details.html
Celle-ci est merveilleuse, simplement merveilleuse :
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/07/groupe-ludic-chalons-sur-saone.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2009/08/groupe-ludic-architecture-pour-jeux.html 
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2013/06/sculpture-jeux.html

mercredi 15 novembre 2017

Rudy, tes spaghettis sont servis et la soupe aussi

Je vous donne à lire ci-dessous une lettre ouverte à Rudy Ricciotti.
Il est clair maintenant que la Région Ile-de-France, que ses institutions patrimoniales qui la représentent, que la politique du Grand Paris, osent tout, c'est à ça d'ailleurs qu'on les reconnaît. Chemetov et Prouvé à Saint-Ouen, Émile Aillaud à Nanterre, Jacques Kalisz à Nanterre, Tour Montparnasse, Claude Parent et Paul Virilio à Vélizy-Villacoublay, Esquillan à Fontainebleau et maintenant Maison du Peuple à Clichy de Beaudouin, Prouvé, Bodiansky et Lods... Le bilan des attaques contre le patrimoine moderne et contemporain devient lourd, très lourd, honteux. À qui le tour ? Le Musée des Arts et Traditions Populaires de Dubuisson peut-être...



Salut Rudy !
Je vais te tutoyer car tu es de ceux qui ont toujours fait de leur gouaille un signe de reconnaissance, comme si les tonalités de ta langue si chantante et fleurie et sans compromis devaient pouvoir immédiatement nous permettre de comprendre la franchise de ton architecture et de ta pensée, comme si cette voix, ta voix était l'occasion d'une complicité dont j'ose me saisir ici.
Dans cette vidéo, Rudy, tu affirmes avec une fierté non feinte qu'un architecte ça doit être un casse-couille, je crois que tu remplis bien ton programme.



Car vois-tu, lorsque pendant toute une carrière on joue l'outsider de service, celui qui empêche de tourner en rond, le grand pourfendeur de la pensée commune et le mec proche de la réalité du terrain et des connaissances des métiers, il est étonnant de voir soudain un travail qui écrase justement ceux qui, dans l'histoire de leur Art, furent les pionniers de cette brutalité chantante et de cet hommage aux gens : la Maison du Peuple de Clichy.
Non mais franchement Rudy... Qu'est-ce qui se passe ? C'est quoi cette tour de spaghettis qui va se dresser dans le ciel comme une corde enchantée par un magicien hindou et qui réduit le chef-d'œuvre de Prouvé, Lods, Bodiansky et Beaudouin à un plat de cantine en aluminium ?

Ce n'est pas à ta hauteur, c'est ça le pire. Pas à ta hauteur.

Mais vous, (je reprends le vouvoiement toujours lorsque je suis en colère), mais Monsieur Ricciotti franchement, là, vous rigolez ? Non ? Allez... C'est une blague ? Vous allez annoncer demain que vous y renoncez à ce projet et que c'était là un exercice pour montrer à tout le petit monde de l'architecture à quel point la gestion du Patrimoine Architectural du XXème siècle est méprisé en France ? 
Car sinon, tout ce que vous étiez jusque là, tout ce que vous avez porté de colères, d'intransigeance, de force et de respect à ceux qui bâtissent devient vain, inutile.
Quand on fait finalement de ses colères, de sa révolte, une image de marque, un objet de communication, un slogan à la Seguela pour servir un plat de promoteurs, on devient quoi ? 
Comment appelez-vous cela ?
Alors vous me direz que vous êtes donc bien un casse-couille pour tous ceux qui comme moi défendent le respect du Patrimoine et que vous méprisez ce combat car, sans doute, nous sommes, nous, croyez-vous, dans l'histoire et vous dans l'avenir... Que l'Histoire de la Modernité doit être réécrite, que son respect est inutile, voir ringard.
Vous avez sans doute raison Monsieur Ricciotti, mais entre l'histoire d'une gauche populaire de Clichy et de sa Maison du Peuple et l'avenir du Grand Paris des Promoteurs soutenu par une politique fourvoyée de personnalités décadentes à leur propres idéaux, je préfère le passé. 
Et je parie, oui, je parie que vous aussi Monsieur Ricciotti finalement. 
Rien dans votre projet architectural, rien ne rend hommage à cet optimisme, à cette architecture, à ces combats sociaux. Et surtout rien ne rend ici hommage à votre propre travail. Vous vous servez de ce passé comme d'un symbole, un signe qui vient marketer votre tour. Et l'absence de cette belle franchise qui était la vôtre est le signe de ce ratage. En fait, cette tour, elle débande, triste après sa petite mort érectile.
C'est certain que vous me rétorquerez que vous ne vouliez pas rendre hommage, que vous pensez que l'hommage aux aînés est une servilité. Que ce que porte cette Maison du Peuple d'idéologies d'émancipations sociales doit être réduit au silence simple de sa structure, comme un squelette vidé de sa chair. 
Mais le blanc de votre tour, ce blanc comme une boutique Macintosh de province, son élan amolli par sa façade serpentine, le contact entre l'existant, tout y est déjà épuisé surtout par son bio-design des années 90 que même Audi a abandonné il y a longtemps. Ce n'est pas du Maniérisme, c'est maniéré, c'est nouille comme on disait des mauvais suiveurs de Guimard.  Pourquoi avez-vous perdu votre puissance, votre force, votre courage ? Pourquoi la rage Ricciotti a disparu ? Pourquoi votre belle et nécessaire radicalité poétique a laissé la place à cette ascension racoleuse de spaghettis ? Quel mauvais, très mauvais dessin... Vraiment pas à votre niveau.
Mais le pire c'est l'ensemble des complicités à cette attaque patrimoniale. Le pire c'est cette caution. Le pire c'est le fourvoiement des Institutions Culturelles logotypées dans les arguments (publicitaires) des promoteurs. Ils ont instrumentalisé votre hargne pour en faire l'argument de leur probité. Le pire c'est ça, cette communication qui prend la place de la pensée, qui fait semblant, cette novlangue, outil magique pour faire passer l'indigestion de ce plat de spaghettis. Quand l'architecture devient communication, quand on illustre des concepts communicationnels par une construction, on ne fait pas de l'architecture. On fait un produit. 

Et, venant de vous Monsieur, de vous, après tout ce que vous avez porté, que j'ai tant aimé, tant admiré, et même tant diffusé auprès de mes étudiants comme modèle de résistance à ce monde boursouflé, c'est là le signe infamant qu'ils ont gagné et que nous avons perdu. Je vous inclus dans ce Nous.
Vous avez inventé ici le totem de ce retournement idéologique. Nous aurions préféré un beau majeur dressé dans le ciel de Clichy, doigt plus digne de l'héritage du Progrès Social.
Tu as raison Rudy, un architecte ça casse les couilles et on a le droit de changer après tout et nous, vois-tu, nous avons le droit au désamour.

Sinon ? Ça va ?

Pour en savoir plus sur ce projet allez là :
http://www.leparisien.fr/clichy-92110/maison-du-peuple-le-pcf-de-clichy-oppose-aux-appartements-de-luxe-05-11-2017-7374381.php 
Allez ici et lisez bien les arguments de communications. C'est hilarant puis affligeant. Où apprennent-ils à rédiger de tels textes ?

http://www.groupeduval.com/projet-maison-peuple-de-clichy-garenne/


lundi 18 septembre 2017

Saint-Ouen, Journées Européennes de destruction du Patrimoine

La Ville de Saint-Ouen-sur Seine va faire œuvre d'une grande originalité pour ce week-end des Journées Européennes du Patrimoine en offrant à tous l'occasion de voir le massacre d'un élément important de son histoire et de son Patrimoine Architectural du Vingtième Siècle : la Tour Cara de Paul Chemetov et Jean Prouvé.
On sait ici, et partout dans le Monde, (sauf à la Mairie de Sant-Ouen et chez Madame Pécresse) le rôle historique de Jean Prouvé, architecte-ingénieur dont l'œuvre entière est amoureusement sauvegardée, sauvée et même fétichisée. Eh bien, voyez-vous, il aura suffi d'une inculture générale des responsables politiques de cette ville associée à un pouvoir politique pour que, une fois encore en Ile-de-France, un Patrimoine de cette importance échappe à la sauvegarde pour faire plaisir à l'esthétique et au bon goût des Princes et des Princesses locaux mais surtout à leur amis agents immobiliers qui, avec mépris et arrogance, viendront pondre leur merde spéculative sur l'histoire de l'Architecture. La complicité est partout, la lâcheté est son instrument. Faut dire, y a du pognon à gagner et de la gentrification à faire, faisons main basse sur les signes du populaire. Et Foyer des Jeunes Travailleurs ça fait peur à la Dame. Surtout le soir, la nuit, tous ces jeunes travailleurs...

















Monsieur Chemetov est donc maudit. Il faut croire que le message architectural qu'il a défendu est aujourd'hui perdu à jamais, foulé aux pieds par des institutions et des villes dont pourtant l'histoire sociale et politique, celle d'un humanisme, est fondatrice. Si la Ville de Saint-Ouen perd cet ensemble constitué d'une tour Cara de Paul Chemetov et d'une construction de Jean Prouvé, elle niera son histoire et son patrimoine d'une manière inédite que seules les communes de Fontainebleau, de Vigneux-sur-Seine, de Grand-Quevilly ont su partager.
Car c'est la honte qui doit tomber sur cette ville et ceux qui prennent ces décisions hors de toutes réalités historiques. Il faut tout de même, une fois encore, se demander comment il se fait qu'une telle construction  ayant deux des plus grandes signatures de l'architectures associées ait pu échapper aux responsables patrimoniaux de l'Ile-de-France ? Pourquoi aucune mesure de protection, aucun signalement n'ont été opérés sur cet ensemble ? Il y a quelqu'un ? Ouhou... y a quelqu'un ?
On notera que sur la page web de la Mairie de Saint-Ouen-sur-Seine, aucun nom d'architecte n'est donné. Tu m'étonnes... Jean Prouvé et Paul Chemetov sont de grands inconnus... On réduit le travail de Jean Prouvé à des "bâtiments préfabriqués jouxtant la tour." Avec une telle réduction du travail architectural, on comprend le niveau de la culture architecturale du personnel de la Mairie de Saint-Ouen ! On voit comment on joue avec le mot préfabriqué pour réduire l'importance du bâtiment.
Je vous laisse avec la parole de Paul Chemetov. Tout est dit et bien dit :

http://www.telerama.fr/scenes/paul-chemetov-pas-touche-a-ma-tour,n5196366.php?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1505145422

En espérant que Monsieur William Delannoy Maire de Saint-Ouen, que Madame Brigitte Bachelier adjointe chargée à la Culture de cette ville seront fiers d'être les agents d'une honte patrimoniale à l'heure même de ces journées Européennes dudit Patrimoine....
Que Vivent ces Journées Européennes du Patrimoine avec leur cortège d'ignorants, de spéculateurs et de complices. En France, aujourd'hui, à Sant-Ouen-sur-Seine, on méprise l'héritage de Jean Prouvé et celui de l'A.U.A, c'est à dire l'héritage d'une politique architecturale humaniste inscrite dans les formes mêmes de l'Architecture. Bonne journée La France.

Pour en savoir plus :
https://www.seine-saint-denis.fr/IMG/pdf/cahier_du_patrimoine.pdf
http://www.caue13.fr/sites/default/files/fichaffiche_15_la_setec_rv.pdf





mercredi 14 juin 2017

Nouveau scandale. Oui...Encore !

Si vous êtes de ceux qui aiment une forme subtile et joyeuse de l'architecture, de ceux qui croient que ne rien céder de l'intelligence ne veut pas dire construire seulement pour une élite, de ceux qui savent que le verbe habiter est le plus beau, que l'urbanité est faite de voisinage, de partage, mais aussi de cachettes, que la végétalisation n'est pas un décor pour faire une démagogie écologique, qu'enfin vivre dans son architecture est toujours le signe chez une architecte d'une fidélité à ses utopies et à ses théories, alors vous allez signer la pétition ci-dessous pour sauver La Maladrerie, œuvre géniale car humaniste de Renée Gailhoustet.
Une fois encore, l'aveuglement est total. Le pragmatisme sert la bêtise. L'absence de pensée fait le jeu du faux-semblant. Toucher à la végétalisation de La Maladrerie ce n'est pas seulement croire résoudre un problème c'est éradiquer toute sa qualité, c'est ne rien avoir saisi de la leçon architecturale et surtout d'un Patrimoine architectural pourtant observé, copié, jalousé par les plus grands noms de l'Architecture Contemporaine. Je sais que Rem Koolhaas vient là.
Mais comment en France en est-on arrivés là ?
Comment a-t-on pu ainsi laisser dans des mains aussi peu éclairées le devoir de pérenniser des œuvres aussi importantes ? Après le scandale de la Cité des Poètes à Pierrefitte-sur-Seine, voilà qu'est attaquée l'une des plus belles réalisations du logement social en France. Il suffit d'avoir la chance de parcourir et de visiter les constructions de Madame Gailhoustet pour saisir l'incroyable chance de vivre là.
Signez, partagez, diffusez cette pétition. Rendez-vous dès que vous le pourrez dans les architectures de Madame Gailhoustet, racontez votre visite et votre espoir d'une France qui, enfin, se rappellera qu'elle a su, à une époque pas si lointaine, produire pour tous une architecture sociale de qualité.
Je vous donne quelques extraits du livre Éloge du Logement, renée Gailhoustet, SODEDAT 93 et Riposati éditeurs, 1993.
Signez ICI  !




































































lundi 24 avril 2017

dernière lettre ouverte à Madame Azoulay avant son départ

Madame Azoulay,
Ministre de la Culture et de la Communication,


Je suis un citoyen français, j'ai fait mon service militaire, je travaille dans la fonction publique, je paie mes impôts et mes costumes, mes contraventions aussi car, lorsque je commets une faute vis-à-vis de la République et de ses lois, je tente toujours au mieux de réparer et j'admets mon erreur.
Je pense donc être un citoyen digne d'une réponse de votre part, Madame la Ministre de la Culture.

Par trois fois Madame Azoulay, je vous ai adressé un courrier sur papier, ce que nous appelions avant une correspondance. Ce mot aussi est beau, correspondance.
Je croyais et je crois encore que, lorsqu'un citoyen écrit à une Ministre, même si il ne peut s'attendre à une réponse familière ou même trop personnel, l'administration interpelée se doit de répondre si ce n'est par la négative à la dite requête au moins, au minimum, par un courrier formel indiquant qu'il a bien pris en compte ce courrier.

Par trois fois, Madame Azoulay, je n'ai eu de votre part ou de ceux qui travaillent pour vous aucune réponse.

Trois fois.

En ce lendemain d'élections, je ne sais pas dans quel état cette lettre ouverte vous trouvera.
Au travail sans doute, réglant les derniers dossiers, travaillant au passage possible de votre Ministère à votre successeur. Je crois que nous espérons tous les deux que ce Ministère de la Culture sera toujours un Ministère de l'ouverture, de l'échange, de l'expression libre, et d'une forme de joie et de vie poétique.
Alors, Madame la Ministre de la Culture, nous aurons un Ministère de l'altérité qui écoutera, entendra, comprendra que la Culture se fait avec l'ensemble des mouvements citoyens, avec les associations, avec les artistes, avec les enseignants, avec ceux qui, lorsqu'on s'adresse à eux répondent.

Répondre.

L'état du Patrimoine Architectural Moderne et Contemporain est aujourd'hui terrible. Les menaces et les destructions n'ont jamais été aussi puissantes souvent pour des raisons croisées allant d'un manque de culture de nos élus et des citoyens à des lois sur la réduction énergétique qui écrasent les particularités et les fondements de leur beauté. Quant à nos paysages...

Il est temps d'établir un état d'exceptionnalité patrimoniale totale du Patrimoine Moderne et Contemporain.

Les destructions s'enchainent, les Labels Patrimoine du Vingtième Siècle sont bafoués, dans des villes de droite comme dans des villes de gauche.  Dans les villes mais aussi dans nos campagnes où un petit patrimoine mal connu, mal aimé est réduit au silence. Voyez, par exemple, comment la cantine scolaire de Marçon dessinée par Messieurs Wogenscky et Le Corbusier est traitée...
Le classement du centre commercial de Ris-Orangis attend depuis cinq années une réponse de l'administration.
Je ne vous fais pas l'affront de vous faire à nouveau une liste, certain que je suis que ces dossiers sont sur votre bureau et j'ai déjà eu la joie de vous les signaler par trois fois.

Trois fois.

Vous avez avec le Patrimoine Moderne et Contemporain un levier puissant pour dire votre attachement à certains territoires délaissés. Vous avez par la déclaration d'intérêt patrimonial de ces architectures dans ces territoires l'outil pour dire à ces populations qu'ils appartiennent à la Culture, qu'il y habitent, qu'ils l'utilisent et la rendent vivante. Vous auriez pu jeter sur ces territoires une lumière, celle qui permet de reconnaître un monde.

Je ne sais pas ce que deviendra cette lettre. Finira-t-elle, archivée, dans une boîte ? Je suis certain que mes collègues fonctionnaires au Ministère de la Culture feront bien ce travail d'archivage.
Ou ira-t-elle directement dans la broyeuse, accompagnée d'un sourire complaisant se moquant de ma naïveté à croire que vous me lirez et me répondrez et que la politique ne se fait pas de la sorte par l'interpellation citoyenne ?
C'est pour cette raison que je publie cette lettre ici, sur les réseaux dit sociaux. C'est aussi une belle terminaison, réseaux sociaux.

Ne pas répondre à un citoyen c'est le désespérer. Ne pas répondre, c'est ce qui fait douter de la démocratie et de son bon fonctionnement. Ne pas répondre c'est du dédain de l'expression populaire.
Nous savons, tous les deux Madame la Ministre, comment cela se termine.

Alors, je joins un timbre à ce courrier. Peut-être qu'après tout le budget du Ministère de la Culture ne vous permet plus de répondre par courrier à un citoyen. Ce timbre c'est la preuve de l'existence d'un service public, d'agents qui cheminent sur les routes portant avec eux les missives des citoyens français croyant encore aux fonctionnements des services publics et de leurs représentants élus.

Dans l'espoir fou que vous soyez encore pour quelques temps dans l'action politique et poétique, veuillez agréer Madame la Ministre de la Culture, l'Expression vivante et citoyenne de ma Considération Distinguée.

David Liaudet

À ce jour, Madame Azoulay n'a pas répondu, ni son service. Merci d'autant de limpidité, Madame.



Pour la correspondance de cette carte postale de Viry-Chatillon, Huguette indique : " Fixez-moi un après-midi de la semaine prochaine et j'irai le passer avec vous...Le soleil revenu remet le moral en place. À bientôt."
Tout pareil que Huguette, Madame la Ministre, tout pareil.
N'oublions pas que l'ensemble résidentiel CILOF est de l'architecte Maurice Novarina et qu'il s'agit d'une édition Combier en photographie véritable datée de 1965.




mercredi 8 mars 2017

Jean-Michel Lestrade à l'auditorium




Je fais un petit résumé de la conférence de jeudi sur Jean-Michel Lestrade. D'abord, je tiens ici à vivement remercier Tania Vladova et Jean-Paul Berrenger, tous deux enseignants à l'école des Beaux-Arts de Rouen pour leur invitation. C'est toujours une chance de pouvoir exprimer ce qui nous tient à cœur. Je remercie également Jean-Jean Lestrade, venu spécialement de Sèvres pour assister et aussi participer avec sa manière à cette conférence. Sa voix a su porter son héritage. Alvar, ton fils est un digne porte-parole de ta famille ! Merci encore.
Quel plaisir aussi de retrouver les amis rouennais, les étudiants de l'école des Beaux-Arts de Rouen qui ont su poser des questions pertinentes et semblent sensibles à l'architecture moderne et contemporaine.
J'ai donc fait une conférence assez classique avec un cheminement biographique surtout orienté sur les "grands chantiers" de Jean-Michel Lestrade, ceux les plus iconiques, reconnus par tous et que, pour la plupart,  nous avons déjà évoqués sur ce blog. Nous n'avions ni le temps ni les moyens en 2 heures de faire mieux mais déjà c'était bien !



Jean-Jean Lestrade écoute attentivement.




















Nous avons donc évoqué la jeunesse et les chantiers expérimentaux, la période de la Reconstruction, Royan et son chantier, les Trente Glorieuses et le passage de témoin à Mohamed Lestrade. Les images de l'esplanade de la Défense étant celles qui ont clos cette conférence, offrant les deux chantiers les plus importants : celui du père avec sa participation au C.N.I.T et celui du fils avec sa participation à la Grande Arche. Puis nous avons évoqué le projet d'exposition et enfin, Jean-Jean et moi tenions à rendre hommage à Denis Herzog. Ce que nous fîmes avec Waiting Room de Fugazi.
Voilà.
J'espère pouvoir d'autres fois vous rencontrer pour évoquer Jean-Michel Lestrade, sachez que cette conférence fut captée et qu'il vous sera donc possible de la voir ou de la revoir bientôt.
Je remercie enfin vivement le personnel du Musée des Beaux-Arts pour son accueil et son professionnalisme (merci Alex) et je remercie très vivement Simon qui m'a aidé pour la préparation technique et un peu difficile de cette conférence.
Les images sont de Claude Lothier, Merci Claude !


Claude Lothier, votre serviteur, Jean-Paul Berrenger, Jean-Jean Lestrade, Rose Mansion

















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