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jeudi 8 décembre 2011

Jean-Pierre Laporte designer par Karoll Audibert

Hier matin dans ma boîte aux lettres une grosse enveloppe mystérieuse et totalement inattendue.
A l'intérieur un livre, un bonnet de bain pour piscine Tournesol et une lettre d'un correspondant de moi inconnu.
Le correspondant :
Il s'appelle Karoll Audibert, vit à Montpellier, il est graphiste et trouve à juste raison que nous avons de nombreux points communs comme le goût de la photographie en relief (stéréoscopie et surtout pas "3D") les piscines Tournesol, le design et l'architecture. Même Antigone de Monsieur Bofill semble pouvoir nous rassembler, c'est dire !
Le livre :








Passionnant ! Il s'agit d'un très beau livre sur un designer pour ma part inconnu Jean-Pierre Laporte et sur sa production entre 1965 et 1975. Et on se régale ! Karoll Audibert son auteur, nous offre là une occasion unique je crois de reconsidérer ce travail avec un bel enthousiasme et une qualité éditoriale vraiment superbe qui va du travail de graphiste au choix des couleurs et aussi, et j'y suis sensible, des papiers. C'est l'exemple parfait qu'un travail acharné autour d'une œuvre peut produire un bel ouvrage. Les amoureux des années Pop et Seventies vont écarquiller les yeux d'envie ! (Suivez mon regard !)
J'ai évidemment cherché une correspondance avec des cartes postales mais je n'en ai pas encore trouvé. Cela viendra bien !
Le bonnet de bain :



Vous pouvez ainsi me voir, magnifiquement chapeauté, d'un bonnet pour la piscine orné d'une représentation d'une piscine Tournesol ! Mais où est mon maillot ?
Alors je remercie vivement Karoll Audibert pour cet envoi et je vous invite tous à vous procurer son bel ouvrage si vous vous intéressez au Design (et c'est le cas).
Pour ma part, il ne fait aucun doute qu'à ma future visite de Montpellier, j'irai rencontrer bonnet sur la tête Karoll Audibert !

65/75
Jean-Pierre Laporte
Dix ans de création
Karoll Audibert
éditions Edouard Edwards
isbn 978-2-7466-2357-6
octobre 2010

l'édition semble à petit tirage, dépêchez-vous ! Il n' y en aura peut-être pas pour tout le monde !
pour commander le livre :
pour découvrir le travail de Jean-Pierre Laporte :


samedi 10 juillet 2010

Tadashi Kawamata blanchi

En l'an 2000, l'artiste japonais Tadashi Kawamata proposait à la Ville d'Evreux une installation nommée "sur la voie".
Hier, en visite à la Maison des Arts sous l'invitation de mon ami Emmanuel, je tombe en arrêt devant une série de cartes postales de l'événement, cartes postales totalement blanchies par le soleil.
Suite à la mobilisation généreuse du personnel et quelques fouilles archéologiques dans les tréfonds de la Maison des Arts je réussis à repartir avec cette série que je vous propose.
Je me souviens bien de cet événement et aussi un peu, à l'époque, finalement de ma déception.
J'aime le travail de cet artiste à n'en point douter.
Il sait faire de belles constructions étranges et légères nous permettant de voir autrement les lieux en les propulsant avec des constructions de bois vers un éphémère, une fragilité qui tient souvent du dessin dans l'espace plus que justement, de la construction dure et solide.
Il se trouve que l'intervention d'Evreux était.... euh.... très solide.
D'où mon désappointement sur le moment. On avait en effet le sentiment que les commissions de sécurité diverses avaient chacune, les unes après les autres, demandé que l'on épaississe les piliers, ajoute des échafaudages et solidifie les renforts.
Le résultat tenant plus du génie militaire que de la fragilité gracile d'un trait de crayon arpenté dans l'espace !
Mais...
Je jette mes yeux dans mes vues stéréoscopiques de l'époque (10 ans !) et finalement je vois que je m'étais surtout concentré sur la structure elle-même et sur les points de vues offerts par la construction.
Magie du relief, je suis encore dans cet espace d'une manière incroyable !
Merci le Vérascope Richard.
Donc il me faut relativiser mon souvenir et aussi bien revoir les intentions de l'artiste qui, il me semble, évoquait lui aussi le génie militaire et la période sombre de la ville détruite par les bombardements et constituée ainsi à la Libération d'un tissu urbain fait de ruines, de bâtiments et de constructions provisoires dans un esprit de chantier gigantesque. On ne peut qu'acquiescer à cette image même si on peut se demander à raison s'il était nécessaire de replonger la ville dans ce souvenir et de jouer ainsi avec ce moment douloureux.
Reste que... justement il n'en reste rien que des photographies stéréoscopiques, des cartes postales et les photographies prises sur le moment.
Et que les points de vue sur la ville visibles depuis ce parcours sont maintenant impossibles.
Reste aussi que chaque fois que je passe sous la fontaine de l'Hôtel de Ville je me souviens bien avoir eu la chance de regarder sa statue de très près et d'un peu haut !
Et permettre ainsi aux habitants de parcourir leur ville d'une autre manière est déjà une belle chose.
Voici donc cette série de carte postales nous offrant tour à tour des visions générales et des resserrements.
Voici les cartes postales de Leo van der Kleij :




Puis celles de Christophe Guais :



Toutes ont pour éditeur la Ville d'Evreux.
Je remercie encore Emmanuel et le personnel de la Maison des Arts pour ces cartes postales.
Vous trouverez ici un autre article du blog où l'on voit des oeuvres de Kawamata.
On peut aussi aller sur son site ici.

mardi 20 avril 2010

Rrose, c'est la vie russe

Rose Mansion est une étudiante de 4ème année à l'école des Beaux-Arts du Mans.
Oui je mets une majuscule à Beaux-Arts. Pourvu que ça dure...
Bref...
Rose est en séjour long à Léningrad que certains appellent encore aujourd'hui Saint-Petersbourg ce qui est une erreur.
Donc de ce séjour et depuis cette destination lointaine, Rose Mansion m'envoie cette carte postale :


un détail très canevas...

Vous ne pouvez de là où vous êtes apprécier parfaitement cette image car elle est dans sa réalité en relief, du type lenticulaire.
Rose sait ma pratique de la stéréoscopie et mon goût pour ce genre d'images bien particulières.
Et voilà que je me mets en quête dans ma collection d'une autre carte postale russe de ce type et je trouve :


Nous sommes à Moscou devant le Monument de Lénine grâce à une édition Novosti Press Agency.
Est-il encore en place ce monument ?
En tout cas, on perçoit donc une école russe de la carte postale en relief !
Un petit film permet sans doute de mieux apprécier l'effet, euh... de relief... (en prime en fond sonore des bruits de gamelles et Robert Charlebois !)


Un agrandissement d'un détail permet de voir le réseau lenticulaire, c'est beau non ?


Et pour les rappeurs russes voici une possibilité économique et d'avant-garde de joindre l'image en relief au son...


samedi 3 avril 2010

la nouvelle gare en relief


Sur cette carte postale Lyna nous pouvons voir la nouvelle gare d'Argenteuil-Val d'argent.
Nous, aujourd'hui c'est votre serviteur et son neveu Vivien qui découvrent ensemble la fonction anaglyphe de Google Maps.
Pouvoir à la fois joindre mon intérêt pour les cartes postales, ma passion pour la stéréoscopie que j'utilise depuis au moins 20 ans et l'apprentissage de tout cela avec mon neveu Vivien, confère à cet après-midi un caractère exceptionnel !




Vous pouvez nous voir ici chaussés de nos lunettes rouges et bleues en train de regarder en relief la gare d'Argenteuil qui ne semble pas avoir bougé.


On devine sur ce panneau des travaux à venir en espérant que ceux-ci n'endommagent pas trop ce beau bâtiment déjà signalé comme remarquable par notre guide d'architecture contemporaine en France.
L'architecte est donc Monsieur Dubrulle.
Voyez ici :


On remarquera que le photographe de la carte postale et le photographe du guide d'architecture ont choisi tous deux quasiment le même point de vue, soulignant ainsi certainement à la fois la forme particulière de la construction et aussi la lisibilité de son principe constructif.

dimanche 28 mars 2010

les chaises, les architectes, les fesses


Nous sommes à Pleaux au centre de vacances familiales devant le bar.
Nous sommes en 1985 et Coco prépare son matériel pour la pêche de demain.
Il fait chaud et les enfants sont dans la piscine juste en face, ce qui fait qu'on peut les surveiller d'ici en buvant une petite bière.



Oui.
Moi je me souviens de cette mode des couffins en osier pour les jeunes mamans de cette époque. On les voyait trimballer ainsi les nouveaux nés avec fierté dans un mélange de vieux sentiments hippy et libertaires, comme si soudain l'enfant des années quatre-vingt devait être baladé dans cet esprit un peu vain de liberté, celui aussi de Moïse lâché sur les eaux.
Combien de mes étudiants, alors braillards et aux couches sales sont allés ainsi de l'arrière de la Renault Cinq au Caddie du supermarché...
Mais.
Mais de cette image, ma petite fabrique intérieure me dit encore et toujours : "regarde la forme des chaises et celle du toit, regarde"
Oui.



Quelque chose dans cette chaise en plastique joue parfaitement avec ce toit en paraboloïde hyperbolique.
Quelque chose d'une souplesse, d'une torsion qui permet une rigidité suffisante pour porter du poids.
Et alors que j'ai toujours détesté ces chaises de plastique, ici je leur trouve une réalité constructive, une idée de ruban souple assez judicieux et efficace.
Je me pose alors la question du rapport que les architectes ont avec nos fesses.
Quand Marcel Breuer dessine son fauteuil Vassily le voit-il aussi comme une structure porteuse qui dans une autre vie aurait pu, au lieu de soulager nos derrières, maintenir sols et plafonds ?
Je me souviens, ayant dû démonter un de ces fauteuils, avoir eu du mal à retendre la structure métallique qui offre une tension invisible au dessin. Voilà bien une question d'architecte !
Et Zaha Hadid (je vous aime) avec une banquette inouïe n'offre-t-elle pas l'occasion comme un géant de simplement s'asseoir sur une maquette de ce qui pourrait être une de ses constructions ?



Un été, je me rappelle avoir fait des photographies en stéréoscopie d'une de ces chaises de jardin, la voyant alors de près et l'œil glissant comme une architecture de Monsieur Niemeyer.
Voyez, voyez comme je m'amuse parfois (sérieusement), et pour voir en relief, croisez vos yeux et concentrez vous sinon....




dimanche 27 septembre 2009

solstice d'automne




Vendredi fut une bien belle journée.
Le matin, voir à Versailles la galerie des architectes de Xavier Veilhan dans le parc du château.
Voir en facettes numériques grandes ou petites des architectes contemporains tout de bronze juchés sur des socles penchant nous dominant d'une hauteur un rien aristocratique.
Et puis au bout, tout au bord du grand escalier, dominant la perspective des jardins, assis et costumé, épée dans les mains, Monsieur Parent est là.
Tranquille, le regard à l'horizon, son socle n'est pas oblique.
J'ai parfois des doutes sur le travail de Xavier Veilhan mais comment être objectif devant une telle réalisation ? (D'ailleurs cela n'aurait pas de Sens...)
Me glisser sous l'assise de l'architecte, à la fois abrité et exposé à mon tour. Il faut savoir que les architectes ont dû se prêter au jeu d'un appareillage assez complexe d'enregistrement en trois dimensions par un faisceau laser les balayant.
Il s'agit donc d'une sculpture stéréoscopique qui me rappelle les expériences de sculptures à partir de clichés stéréoscopiques réalisées dans les années 20.

image provenant du magnifique catalogue Paris en 3D Booth-Clibborn Editions

Etrangement et en même temps logiquement, la constitution d'un point de vue multiple autour d'un sujet n'est pas sans rappeler les "on dit" sur le cubisme. J'ai vu, mercredi au Musée des Beaux-Arts de Rouen une sculpture de Lipchitz qui est bien dans ce goût d'une constitution des corps par facettage...
Les grands chevaux du carrosse de Xavier Veilhan visibles dès l'entrée sont bien, eux, futuristes. Les italiens les auraient reconnus comme les leurs sans difficultés. Ils ont aussi quelque chose d'une belle moto Suzuki, comme sculptée pour et par la vitesse.
Allez-y, toutes les sculptures du parc sont accessibles gratuitement.
Et puis l'après-midi j'avais rendez-vous avec Stéphane Degoutin de NOGOVOYAGES dont je vous ai déjà signalé le travail remarquable.
Partages sans failles de nos préoccupations, centres d'intérêts et références. Ça fuse ! C'est superbe de sentir une telle proximité de point de vue.
Mais Nogovoyages est en avance car, eux, ont édité des cartes postales. Je vous propose quelques exemples sortis du petit porte-folio rouge simple et pourtant si élégant qui les réunit.

Nanterre. Tours "Nuages" à côté de La Défense, vues depuis le parking.

Créteil. "Les Choux"- trois des quarantes-deux tours de la ville nouvelle de Créteil.

La Défense

Access Road, La Défense

Le Palais d'Abraxas, Noisy-le-Grand. Construite en 1982, cette tour de logements sociaux est une icône de l'architecture postmoderne.

Drancy. Premier grand ensemble de logements sociaux en France, construit dans les années 30. Utilisé comme camp de déportation Nazi, puis à nouveau comme logements sociaux après la guerre.

Noisy-le-Grand. Parkings et bureaux sur dalle.

Emerainville-Pontault-Combault RER Station. Rampe de sortie ouest de la gare.

La Grande Borne, Grigny. "Ananas", sculpture de la place publique dans l'ensemble de la grande Borne à Grigny.

Nationale 20 Towards Paris. La nationale 20 relie Paris avec la frontière espagnole.

La Défense. Passerelle piétonne dans le labyrinthe tridimensionnel de la Défense.

Ivry-sur-Seine. Centre commercial et ensemble de logements "les Pyramides", de 1975.


La Défense. Dernier immeuble restant antérieur à l'opération d'aménagement de la Défense.

Les commentaires sont ceux de l'édition. Le verso des cartes postales nous indique également grâce un dessin la localisation des images avec en référence toujours les Halles de Paris. Sont indiquées aussi les coordonnées de nogovayages : www.nogovoyages.com et la phrase : "Nous sommes simplement des touristes."
On regrettera et c'est un tout petit détail, l'absence du nom des architectes. Mais mes lecteurs auront eu vite fait de les retrouver. N'est-ce-pas ?
Les cartes postales sont parfois des boring postcards, parfois des cartes postales très proches de celles éditées par les maisons habituelles. Mais aussi, on retrouve bien ce jeu d'ambiances, jouant d'espaces vides, de brutalité froide ou du si fameux "non-lieu" si cher à l'art contemporain. Mais toujours cela est contredit d'abord par l'objet même de la carte postale, objet populaire et pauvre ainsi que par un détail, un cadrage, un piéton qui passe qui ramènent
l'ensemble dans notre quotidien, notre hauteur de piéton, sans finalement ni état d'âme désolé ni prise de positions politiques ou sociales par trop usitées et vaines.
Ici, on aime les lieux, on aime les montrer pour ce qu'ils sont. C'est ce qui fait leur beauté simple et étonnement jubilatoire.
Pas de cynisme, le ciel est bleu comme sur les "vraies" cartes postales, non pas pour les enjoliver mais tout simplement parce que ce jour-là il faisait beau.
Alors je suis totalement jaloux de cette édition. Il me faudra m'y mettre. En attendant, il vous est possible de commander ces cartes postales ici.
Faites-le.