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mercredi 3 décembre 2014

Grand-Quevilly ? La honte




La honte.
Que faites-vous ?
Que faites-vous dans vos institutions, vos directions, vos mairies, vos services culturels, vos diocèses ?
Et vous le faîtes dans un silence honteux, sans répondre, sans même défendre vos positions.
Vous le faîtes la tête basse.
La honte.
Grand-Quevilly est donc la ville qui laisse son Patrimoine architectural moderne partir en ruine, je pense que bientôt l'église Charles de Foucauld subira le même sort. Elle est déjà défigurée.
Personne ne bougera car personne n'a bougé aujourd'hui. Ils ont même, voyez-vous, cette bonne conscience démagogique.
Grand-Quevilly ?
J'ai honte.

Notez bien sur cette image la destruction alors même que la fresque de Mr Szekely est encore sur le mur...
La honte.



On perçoit bien ici la grande voute en fusées céramiques :






lundi 31 mars 2014

Royan, l'image absolue




 Il y a peu de moments aussi importants que celui-là finalement dans sa vie.
Et aujourd'hui je pense beaucoup à Marcel et Jeannette et à la tête qu'ils auraient fait, si, à Royan, un type était venu leur dire que le petit garçon dont il attendent le retour de la plage, écrirait un jour un livre sur la plus belle ville du Monde : Royan.
Le livre est arrivé ce matin, et il n'est pas arrivé seul. Je crois en certains croisements, en certains signes de passage. Car ce livre dont je suis l'auteur est arrivé en compagnie du mémoire de Maxime Ravisy, étudiant à Olivier de Serres, mémoire qui interroge l'histoire et la pratique de la carte postale comme objet graphique, mémoire qui est d'une très grande qualité et qui se paye le luxe... de m'apprendre des chose !
Les bonheurs n'arrivent jamais seuls !
Alors regardons.
Le livre que je vous propose porte le titre de Royan, image absolue, en hommage direct à Serge Daney qui a défini pour moi une fois pour toute ma relation à la carte postale et en introduction vous trouverez la citation que vous connaissez déjà.
Maxime Ravisy a fait de même dans ce mémoire et cela me touche extrêmement, j'aime, je le répète les passages.
Je ne paraphraserai pas ici ce livre, les fidèles lecteurs de ce blog, ceux qui me font le plaisir de m'encourager régulièrement par des messages, des cartes postales et comme Maxime par leur confiance savent que cet ouvrage n'est pas un livre de collectionneur mais qu'il s'agit plus certainement par le biais de ce médium de soulever la question de la représentation d'une ville et la manière dont un artiste peut projeter à partir de ces images en interrogeant ses préoccupations sur la photographie.
Vous connaissez bien le ton de ce blog.
Alors je vous laisse lire le livre pour découvrir cette position.
Mais je dois vous dire évidemment que cet ouvrage, aboutissement de mes contacts avec la ville de Royan et tout particulièrement son service culturel est une grande émotion.
J'espère que vous en apprécierez son angle éditorial et la qualité des reproductions que j'ai voulu le plus possible à l'échelle exacte des images réunies dans un porte-folio final. Je souhaite aussi que vous y retrouverez mon univers.
Mais, même si les remerciements sont inscrits dans l'ouvrage, je tiens à remercier ici tout particulièrement Xavier Rozan et toute l'équipe éditoriale des éditions du Festin pour la qualité de la réalisation, la confiance qu'ils ont apportée à ce projet et leur extrême patience.
Mais je remercie surtout Claude pour son ambition à mon égard, la force qu'il m'a donné à croire que j'avais quelque chose à dire et que cela devait s'exprimer clairement et nettement.
Alors je vous souhaite à tous une bonne lecture et que, une fois de plus, mes meilleurs souvenirs vous accompagnent pour venir voir, visiter, protéger, la plus belle, la plus éclatante, la plus personnelle des villes : Royan, une image absolue.

Royan, l'image absolue
Cartes postales de la ville moderne
éditions Le Festin, Royan Patrimoine.
2014
15 euros
isbn-978-2-36062-096-8
Dans la mesure du possible, achetez cet ouvrage chez votre libraire indépendant !












Et voici le mémoire de Maxime Ravisy qui a comme un hasard attentionné et bienveillant glissé dedans, une vraie carte postale de Royan et illustre son propos avec des cartes postales de cette ville !
Merci Maxime !

Lieux communs, images singulières
Nouvelles perspectives pour la carte postale.
DSSA design graphique
ENSAAMA Olivier de Serres




mercredi 24 octobre 2012

Une carte postale de Royan très rare

Je vous montre, une fois n'est pas coutume, une carte postale très rare de Royan.
Je sais même beaucoup de choses sur cette carte postale. Elle fut éditée à seulement cent exemplaires, elle date du mois de septembre de cette année, le photographe est votre serviteur et la prise de vue, sur le toit de l'église de Royan, fut réalisée pendant la résidence du Comité de Vigilance Brutaliste.
Donc...une rareté !
Certains l'ont même déjà reçue.
La voici :


Vous aurez remarqué que cette carte postale possède sur son verso une déclaration du Comité de Vigilance Brutaliste. On notera aussi que cette carte postale est reprise par le Café Perdu pour faire l'annonce de notre soirée sur Royan. Il y sera question de la ville, de l'église et de la résidence du C.V.B. Vous pourrez y voir en exclusivité nationale une sélection des rush vidéo réalisés sur place pendant la résidence avec Thomas Dussaix.
Venez nombreux ! Nous fêterons les 500 000 visiteurs du blog, la belle architecture française, la plus belle ville du monde ! A cette occasion, la carte postale sera distribuée gratuitement.
à lundi 29 octobre au Café Perdu à Rouen !


samedi 20 octobre 2012

Une école suisse de l'église bunker ?

En France nous avons la plus belle église bunker du Monde à Nevers, église Sainte-Bernadette du Banlay, par Claude Parent et Paul Virilio.
La référence objective est bien le bunker.
Mais la Suisse qui raffole des montagnes fausses en béton formant des abris anti-atomiques n'est pas en reste avec parfois, des églises qui font du moins depuis leurs images un sérieux coup d'œil à ces objets architecturaux et militaires.
Nous dirons au moins que, ces églises offrent des volumes de béton fermés, tendus, arrondis sur les bords, repliés sur eux-mêmes et dont la pénétration ne semble vouloir être réservée qu'à ceux qui ont compris où se trouve l'entrée.
J'ironise, mais bien entendu, j'aime aussi beaucoup cela !
Voyez ces deux exemples :



Nous sommes en Suisse à Sarnen devant l'église St-Martin. Eglise... Oui !
La petite croix modeste (et donc belle) est bien plantée sur l'édifice. Nous admirerons comment les volumes se forment au gré de courbes douces mais bien closes sur elles-mêmes. Elle semble imprenable cette église comme si elle contenait un trésor incroyable ou un danger nucléaire imminent !




On ne sait si elle se défend de l'extérieur ou tient à nous préserver de ce qu'elle contient ! Ernst Studer serait l'architecte de cet objet de culte. La carte postale est une édition Reihnard expédiée en 1967 par un correspondant qui indique que la Suisse est belle et très moderne comme le prouve ce monastère bénédictin.
Une autre ?



L'éditeur nous annonce : Bruderklaus, Kirche Birsfelden. Cette église est de Hermann Baur, architecte. Le noir et blanc accentue encore l'effet un rien clos de l'ensemble même si, évidemment, il ne s'agit bien là que d'une impression. Nous avons largement déjà évoqué cette question du "rendu" photographique comme constituant la définition d'image d'un bâtiment. Cette qualité parfois pose même la question de sa lecture et démontre bien que seule la visite, l'utilisation et le déroulement des espaces dans le réel permettent une vraie vision architecturale. Ici, depuis cette carte postale, cette église semble réduite à un cylindre haut et fin, un autre plus trapu relié à des boîtes de béton. Tout cela extrêmement clos, fermé. Or la subtilité de ce type de construction vient bien du génie du plan offrant au regard une impression immédiatement contrariée par le déploiement des espaces dès que l'église est "parcourue" fabriquant ainsi une sorte de "machine spatiale" propre à évoquer par les jeux d'ouvertures une expérience spirituelle. Regardez donc sur ce site les autres images de cette église pour comprendre un peu mieux cette église de Hermann Baur.
On trouve une double page dans l'Architecture d'Aujourd'hui de 1961( l'architecture religieuse ) consacrée à cette église. En voici quelques extraits, les photos sont de R. Spreng :






jeudi 27 septembre 2012

Lille et ses Dominicains

Pour ne pas risquer une overdose royannaise et aussi parce que ma boîte aux lettres contenait à mon retour quelques cartes postales inédites, je vous propose de regarder aujourd'hui l'envoi de Pierre Lebrun dont nous connaissons sur ce blog le travail remarquable autour de l'Art Sacré au XXème siècle. Remercions tout d'abord Pierre pour cette donation à ce blog et partons ensuite en visite au couvent des Dominicains de Lille grâce à une belle série de cartes postales récentes de ce lieu. Comme le fait Pierre Lebrun dans son courrier, on regrettera que cette belle série de cartes postales oublie... de mentionner au dos le nom des architectes ! Il s'agit de messieurs Pinsard, Hutchison et Vollmar. 
D'abord l'extérieur :

























Cette carte postale nous met dans le ton. L'appareillage de briques contre le béton fait merveille et le dessin d'une remarquable rigueur n'est pas sans rappeler les pays du Nord. La sobriété dominicaine est en fait une jubilation subtile dont il faut apprendre à regarder les détails. Quelque chose d'absolument parfait, une trame tissée de géométrie et de sensualité des matériaux. La photographie est de Milène Servelle.
Puis deux vues de l'intérieur de l'église toujours photographiée avec délicatesse par Milène Servelle :




































Là encore quel remarquable dessin ! Regardez bien celui des colonnes de béton et comment la voûte fait son travail ! On s'attardera aussi sur le travail de la lumière provenant de l'espace dégagé entre la voûte et les murs. Les points de couleurs sont des vitraux qui ponctuent de percées joyeuses les grands murs roses. Notons aussi la qualité du mobilier religieux qui codifie aussi l'espace.
On retrouve ici les vitraux :



















La photographie une fois de plus de Milène Servelle fait comprendre le contraste entre la courbe élégante des voûtes dont les verres sont striés d'un graphisme tortueux comme une vigne et les rectangles purs des vitraux de couleur dans les murs. Une abstraction lyrique et rationnelle.
Pour finir :



















Le Tabernacle est une œuvre du sculpteur célèbre Henri Laurens. L'œuf parfait nous fait penser à Monsieur Székely. Ici la lumière un rien dramatique accentue la valeur religieuse de l'objet devenu presque surréaliste, dont les ombres forment une paire d'ailes. Cette photographie est de Lionel Gentric.
On peut visiter ce couvent des dominicains de Lille et trouver ces cartes postales sur place. Je crois bien que les amateurs de belle architecture sacrée du XXème siècle devraient y faire un tour.
Merci Pierre Lebrun.

lundi 3 septembre 2012

Marie dans la lumière

Pourquoi donc ne pas encore parler un peu de Le Corbusier ?
Voici pour ce faire quelques nouveautés sur Ronchamp qui seront accompagnées de quelques pages du très beau livre offert par Marc Hamandjian à votre serviteur. Merci Marc, merci.
Quand l'amitié rejoint la beauté architecturale... et même un peu de spiritualité religieuse (si si un peu...) on ne devrait que pouvoir se réjouir.
depuis dehors :



Ces deux cartes postales ont une particularité étonnante dans la matière même du papier photographique qui possède un grain très marqué. Il ne fait aucun doute qu'il s'agit de "vraies photographies". La première de ces photographies est de J. Falke, Francfort et la seconde est de Silvester, Lörrach. La première porte le numéro 57 ce qui laisse penser à au moins... 57 images et cartes postales de cette série !
On notera pour ces deux photographies une grande qualité d'équilibre du cadrage et du tirage. C'est doux, juste, sans effet mais subtilement bien fait pour mettre d'abord en avant la construction. La silhouette du personnage de dos donne l'échelle. Serait-ce Silvester photographié par J. Falke ? Les cartes nomment l'architecte mais ne sont pas datées.


























En 1983 :



Une "vraie" carte postale Combier. La Chapelle est encadrée de verdure, le ciel se doit d'être bleu et le soleil écrase un peu l'ensemble dont les ombres elles-même bleuissent. Un vrai cliché.
C'est un peu comme si on découvrait au détour d'un chemin la Chapelle surgissante. Retrouvons exactement cette façade depuis l'intérieur :



Cette autre carte postale Combier nous offre un détail des vitraux pris dans les meurtrières creusées dans l'épaisseur superbe des murs blanchis de crépi généreux. La lumière brûle un rien les vitraux et cela est beau cette lumière puissante. Les flammes des bougies ont bien du mal à combattre celle-ci mais ce n'est pas leur rôle. La lumière extérieure est une présence avérée, celle des cierges est une lumière souhaitée... espérée. On pourrait dire que finalement l'une acquiesce à l'autre.
La preuve :



Cette superbe image est une carte postale des éditions Guy Janin. La carte est imprimée en Espagne !
La lumière ici est plus chaude, orangée. Le point de vue est celui du croyant, du visiteur qui s'assoit sur les bancs. Il vise ainsi le nom de Marie. Marie dans la lumière. Celle du dehors qui traverse son nom et celle du dedans apportée par le photographe. Regardez bien... On devine les lampes et les câbles au pied des bancs !
C'est aussi ce qui rend le crépi intérieur si fort à ses ombres et qui durcit les volumes. C'est dramatique comme effet. Mais j'aime, que voulez-vous, qu'ainsi pris entre deux lumières, le nom de Marie s'évanouisse doucement. C'est à son image et celle de son culte. A trop vouloir la voir, elle disparaît simplement. C'est elle qui doit éclairer.
Il y a donc dans ce trop plein de lumière du photographe comme un trop plein d'hommage. Comme une dévotion embarrassante mais tendre.





Voici Le livre. Il s'appelle simplement Ronchamp, le texte est de Robert Th. Stoll et les photographies sont de Paul et Esther Merkle. C'est une édition Desclée de Brouwer de 1958 dont la superbe maquette sur format carré est d'Emile Ruder. L'ensemble est imprimé chez nos amis suisses qui savent y faire...