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mercredi 3 décembre 2014

Grand-Quevilly ? La honte




La honte.
Que faites-vous ?
Que faites-vous dans vos institutions, vos directions, vos mairies, vos services culturels, vos diocèses ?
Et vous le faîtes dans un silence honteux, sans répondre, sans même défendre vos positions.
Vous le faîtes la tête basse.
La honte.
Grand-Quevilly est donc la ville qui laisse son Patrimoine architectural moderne partir en ruine, je pense que bientôt l'église Charles de Foucauld subira le même sort. Elle est déjà défigurée.
Personne ne bougera car personne n'a bougé aujourd'hui. Ils ont même, voyez-vous, cette bonne conscience démagogique.
Grand-Quevilly ?
J'ai honte.

Notez bien sur cette image la destruction alors même que la fresque de Mr Szekely est encore sur le mur...
La honte.



On perçoit bien ici la grande voute en fusées céramiques :






jeudi 27 septembre 2012

Lille et ses Dominicains

Pour ne pas risquer une overdose royannaise et aussi parce que ma boîte aux lettres contenait à mon retour quelques cartes postales inédites, je vous propose de regarder aujourd'hui l'envoi de Pierre Lebrun dont nous connaissons sur ce blog le travail remarquable autour de l'Art Sacré au XXème siècle. Remercions tout d'abord Pierre pour cette donation à ce blog et partons ensuite en visite au couvent des Dominicains de Lille grâce à une belle série de cartes postales récentes de ce lieu. Comme le fait Pierre Lebrun dans son courrier, on regrettera que cette belle série de cartes postales oublie... de mentionner au dos le nom des architectes ! Il s'agit de messieurs Pinsard, Hutchison et Vollmar. 
D'abord l'extérieur :

























Cette carte postale nous met dans le ton. L'appareillage de briques contre le béton fait merveille et le dessin d'une remarquable rigueur n'est pas sans rappeler les pays du Nord. La sobriété dominicaine est en fait une jubilation subtile dont il faut apprendre à regarder les détails. Quelque chose d'absolument parfait, une trame tissée de géométrie et de sensualité des matériaux. La photographie est de Milène Servelle.
Puis deux vues de l'intérieur de l'église toujours photographiée avec délicatesse par Milène Servelle :




































Là encore quel remarquable dessin ! Regardez bien celui des colonnes de béton et comment la voûte fait son travail ! On s'attardera aussi sur le travail de la lumière provenant de l'espace dégagé entre la voûte et les murs. Les points de couleurs sont des vitraux qui ponctuent de percées joyeuses les grands murs roses. Notons aussi la qualité du mobilier religieux qui codifie aussi l'espace.
On retrouve ici les vitraux :



















La photographie une fois de plus de Milène Servelle fait comprendre le contraste entre la courbe élégante des voûtes dont les verres sont striés d'un graphisme tortueux comme une vigne et les rectangles purs des vitraux de couleur dans les murs. Une abstraction lyrique et rationnelle.
Pour finir :



















Le Tabernacle est une œuvre du sculpteur célèbre Henri Laurens. L'œuf parfait nous fait penser à Monsieur Székely. Ici la lumière un rien dramatique accentue la valeur religieuse de l'objet devenu presque surréaliste, dont les ombres forment une paire d'ailes. Cette photographie est de Lionel Gentric.
On peut visiter ce couvent des dominicains de Lille et trouver ces cartes postales sur place. Je crois bien que les amateurs de belle architecture sacrée du XXème siècle devraient y faire un tour.
Merci Pierre Lebrun.

mercredi 14 mars 2012

Pierre, Pierre et Vera Vera

Chamrousse a de la chance.
Depuis deux cartes postales, nous allons retrouver le travail de Pierre Szekely que nous suivons fidèlement sur ce blog.
On sait ici les qualités d'approches de l'architecture par ce sculpteur prolifique, on sait comment il a su faire des œuvres praticables à toutes les échelles, celle des enfants grimpeurs ou des alpinistes de banlieue.
On aime Pierre Szekely aussi parce que son registre formel est parfaitement inscrit dans son époque mêlant une utopie joyeuse et des références évidentes à Brancusi ou Jean Arp .
Alors, une fois de plus laissons-nous par les cartes postales surprendre par un travail si riche et particulier.



Il s'agit là du Totem du village de Bachat Bouloud à Chamrousse donc. L'édition de la Cigogne pose la sculpture dans la gauche de l'image pour nous donner à voir le paysage enneigé. Difficile de lire l'échelle de cette sculpture mais aidez vous par les traces de skis au sol...Oui c'est très grand !
Un peu rapidement on pourrait penser à une œuvre abstraite mais bien vite le dessin et les couleurs nous laissent lire une sorte d'ange ou de personnage assis et ailé. J'adore ça !
Belle polychromie, dessin épuré, la sculpture semble surtout être très lisible ainsi de coté. Elle réalise fièrement son travail de signe, de repère. Il s'agit bien d'un totem. L'enfant a écrit dans le ciel sans l'abîmer puisqu'il écrit en bleu. C'est un peu appuyé, Gérard a perdu son D. Je vous mets le verso, c'est truculent ! " mamuse bien stop...envois le soleil stop...gros mimi. stop et point final. Denis "
On notera que la carte postale nomme Pierre et Vera Szekely.
Toujours à Chamrousse :



Nous sommes au centre familial de vacances "renouveau". On remarque immédiatement un traitement d'un mur de béton particulièrement bien dessiné et percé d'ouvertures étonnantes sur une architecture qui, depuis cette image, ne nous apprend pas grand chose. Dépasse de ce mur une chose curieuse, une girouette que l'on devine de métal.



Il s'agit bien pour le mur comme pour cette girouette de cheminée d'une intervention de Pierre Szekely sur une architecture de Henri Mouette. Le site consacré à Monsieur Szekely nous en donne une image superbe de Pierre Joly et Vera Cardot et bien plus parlante quant aux qualités plastique de la réalisations.
Et...miracle des cartes postales, celle que vous avez sous les yeux est également un cliché de Pierre Joly et Vera Cardot. Quand la qualité architecturale s'orne de la qualité sculpturale pour être photographiée par la qualité photographique...On tient certainement une belle chose.
Il s'agit d'une édition des Nouvelles Images expédiée en 1973.
Nous avons donc dans cet article deux Pierre et deux Vera !
Pierre Pierre et Vera Vera !

lundi 19 décembre 2011

aires de jeux au pied de l'architecture

Une petite suite de cartes postales sur l'espace dédié aux enfants au pied de nos architectures. C'est un objet d'étude qui semble aujourd'hui trouver un nouveau regard et nous avons sur ce blog de nombreuses fois évoqué les qualités de certaines réalisations comme celles de Messieurs Szekely, Jacques Simon ou encore les groupes comme Group Ludic ou Sculpture-Jeux.
On peut aussi se reporter au livre et à l'exposition Anthologie Aire de Jeux d'Artistes par Vincent Romagny chez Infolio ( isbn 978-2-88474-183-5).
Voici donc une manière nouvelle de regarder les lieux et les cartes postales qui disent souvent également la qualité des espaces, tentant de prouver que l'architecture sait parfois se répandre au sol à la hauteur des gamins, alternant préoccupations du design, du paysage et du bâti.
On commence :



Nous sommes à Franconville au pied d'une tour d'une grande banalité, sorte de prototype calme de la tour moderne. Pour ce qui est de l'architecture, à part sans doute, l'efficacité hygiéniste, il y a peu à en dire...
Il en va de même pour les jeux des enfants...
On retrouve la balançoire en tube d'acier, le toboggan en... tube d'acier, le tourniquet en... tube d'acier... et l'inévitable tube... en béton, collecteur des eaux usées qui fait toujours un praticable pas trop cher !



Du sable et les enfants alternant entre vertige du toboggan et mal au cœur du tourniquet finissent par certainement trouver dans la carcasse d'une camionnette ou la friche d'un terrain vague bien plus de joie que dans cet espace sous surveillance hautaine d'une tour grise. On remarquera la maman qui regarde les enfants en blouse faire leur quart d'heure de détente.



On passe...

Où croyez-vous être ?
Allez...
Du marron à l'envi, des cheveux longs sur des épaules d'adolescents désœuvrés en pantalons de velours côtelé, des constructions alignées sans fantaisie...
Nous sommes en Allemagne à Unna-Massen-Nord sur la "Spielplatz" que mon allemand très pauvre me permet de traduire en place des jeux. Immense d'ailleurs ! Regardez comme elle va loin et on la dirait traitée en zones d'âges pour des praticables de plus en plus risqués ! C'est sans doute pour cette raison que le petit groupe d'adolescents a trouvé refuge sous ce tipi de rondin de bois. Mon œil ne peut s'empêcher de loucher sur les trois barres de la chaussure Adidas...





Puis la neige...


Au pied de l'architecture de Monsieur Breuer à Flaine, on trouve sur la neige tombée en abondance une petite structure tout à l'opposé du modèle architectural, une sorte d'édicule jaune très beau :



Ce qui trouble c'est la solitude de l'objet !
Perdu au milieu du vide blanc de la place, sans doute que la neige cache en partie l'aire de jeux.
On notera que la carte postale Théojac nous donne bien le nom de l'architecte Breuer pour cette galerie marchande, le "Cassiopée", l'hôtel des Lindars et l'Aldebaran... Nous sommes en 1977.
Allons à ...



Grigny ! C'est écrit sur cette carte postale multi-vues de chez Estelle éditeur. On s'attardera surtout aujourd'hui sur la fenêtre en bas à droite avec ce jardin d'enfants aux jeux oranges si design comme on dit aujourd'hui !



Admirons les beaux tourniquets en plastique moulé orange qui ressemblent à des soucoupes volantes, la belle échelle en bois jaune et... orange et d'étrange tripodes en plastique orange...
On retrouve surtout cette belle girafe que nous avions déjà vue là. Girafe dont des cordes partent de la tête et qui permettent de tourner en se balançant !
Passons un cran...


Nous sommes à Vichy devant l'ensemble de la Résidence et du Marcotel. Ici non seulement des praticables similaires à ceux de Grigny sont posés sur le sol de sable mais un vrai paysage de jeux est constitué.
Une petite colline se coupe en deux offrant ainsi une échelle de corde pour la traversée, un tube est enfoncé dans la terre et doit sans doute traverser la colline. L'ensemble est bien dessiné, ambitieux et tout est à l'unisson pour faire de cet espace un vrai espace construit et pensé pour le jeu.



Le très beau praticable de bois au premier plan répond parfaitement aux courbes du sol et joue le contraste avec les tripodes de plastique. Un dessin de métal (?) fait de courbes reste mystérieux comme une sculpture de Land Art.
A n'en point douter un bel ensemble pour les glissades, les sauts, les cachettes...





samedi 12 novembre 2011

Pierre Joly Vera Cardot c'est beau

Hier j'ai fait l'acquisition d'un beau lot que vous avez déjà un peu découvert. Je poursuis cette exploration avec une exceptionnelle découverte pour nous amateurs de photographies d'architecture et de cartes postales.
Nous avions vu sur ce blog que Lucien Hervé nous offrait l'occasion d'acquérir ses clichés depuis Le Corbusier par une série de cartes postales nous laissant croire que ce grand photographe est ainsi accessible aux collectionneurs modestes.
Mais voici qu'un duo de photographes parmi les plus prolifiques (55000 clichés !), les plus subtils et les plus représentatifs de l'attention portée à l'architecture nous offre également des cartes postales : Pierre Joly et Vera Cardot.
Voici un exemple magnifique:





Nous sommes au centre œcuménique de Chamrousse. Les deux cartes postales sont imprimées par Lescuyer à Lyon et elles nous donnent bien comme architecte P. Jomain et l'atelier Berthe-Chappis-Jomain. Elles nous disent bien également que Pierre Székely est le sculpteur avec J. M Pirot et I. Gaillard.
J'aime tout particulièrement la première carte postale, celle de l'extérieur car elle confine à une abstraction. L'ombre des arbres posée sur la neige tombée en tas qui déjà semble vouloir arranger l'architecture à l'ordre de la nature ajoute encore un trouble sur le plan de la construction. On ne sait plus très bien visuellement où on en est !
Et cela au lieu de créer une gêne, offre l'occasion de voir ce lieu comme un moment du paysage, comme lorsque subitement d'un vallon surgit un rocher. Le noir et blanc est aussi le lien de cette photographie, ce qui unit sa surface, la rassemble en un jeu formel plus saisissant sans doute que le programme architectural. Mais il n'est pas question pour les photographes de composer à l'envi cherchant l'audacieux et l'improbable pour faire image, mais bien d'inventer un regard sur le réel, une manière simple d'être face au "phénomène" d'une architecture prise dans un espace. Regardez comment le reflet dans les vitres semble prolonger comme un écho l'extérieur et le fondre à l'espace intérieur.
L'intérieur justement, les photographes choisissent de le brûler à la lumière. Par la baie vitrée (dessinée par Jean Prouvé ?), la blancheur d'un temps de pose long qui veut aller chercher les détails d'un intérieur sans l'utilisation du flash, donne un vide, ruine le paysage, l'efface au profit d'une valeur absolue qui donne tout à voir en opposition au beau dessin de cet espace. Le crépi du mur du fond vibre, les sculptures-objets forment une phrase au mystérieux alphabet et les bancs sont comme des rythmes en cascade, simples mais nécessaires. Regardez le détail des galets sur le sol qui font, excusez-moi, la nique aux lambris du plafond.
Voilà de la belle photographie. Voilà de la belle architecture, voilà un lieu, un espace qui s'affirme.
Alors tant que des photographes de cette envergure, tant que des architectures à la fois modestes et évidentes se donneront à voir et à jouer ensemble sur des morceaux de papier 10x15cm, je serai celui qui croit (et vous avec moi) que collectionner les cartes postales a un sens pour apprendre et jubiler.

mercredi 26 octobre 2011

la plus belle chapelle de France

Je vous propose un petit retour sur la chapelle de Saint Rouin que nous avons visitée au début de ce mois.
D'abord parce que le coup de foudre pour ce lieu reste très vivace et que ensuite quelques cartes postales nouvelles sont arrivées dans ma collection pour entretenir mon attachement à ce qui peut être considéré comme une petite merveille de l'architecture religieuse du siècle dernier.
Allez la voir, la visiter et l'aimer (ça c'est le plus simple !)
D'abord vous remarquerez que les cartes postales nous montrent toutes la chapelle sans ses vitraux, donc en cours de construction offrant ainsi des trous géométriques noirs sur la façade ce qui étonnamment donne aussi une belle composition !
Toutes ces cartes postales sont des cartes-photos c'est-à-dire qu'il s'agit d'un tirage argentique sur un papier photographique dont le verso est imprimé avec une séparation type carte postale. Il doit donc s'agir de petits tirages effectués par un amateur.
Seule la première carte postale est une édition Combier, c'est aussi la seule coloriée et expédiée.
Voici :


On remarque au bas de l'image le toit d'une automobile, celle du photographe ? A noter qu'aujourd'hui il est impossible d'aller en voiture jusqu'au pied de la chapelle Saint-Rouin et heureusement car ainsi elle apparaît lentement entre les arbres. L'accès est certainement aussi à cette époque celui du chantier...





Sur celle-ci on remarque les planches du coffrage qui restent encore sur place. La ligne qui court sur le mur n'est pas un cheveu oublié sur mon scanner mais une ligne moulée dans le béton !
Remarquez le beau noir des percées pour les vitraux à venir, vitraux dessinés par une enfant japonaise de 8 ans, Kimié Bando. Qui sait ce qu'elle est devenue ?
Une autre :



Prise depuis le chemin, aujourd'hui la végétation a un peu poussé... Regardez comme la croix blanche se détache bien et comment cette géométrie joue avec les végétaux.



Disparaissant sous les feuillages, l'arbre du premier plan coupe l'image en deux et donne un sens fort à cette architecture sereine et moderne, presque intégrée.
Et pour finir :


Point de vue depuis l'intérieur et cadrant la forêt au travers de l'ouverture encore sans vitrail, cette carte postale superbe nous dit bien comment l'ensemble architectural joue à la fois d'une intégration et d'une opposition. Finalement comme un énorme rocher.
Rappelons que le Père Rayssiguier établit les plans et que Monsieur Szekely se chargea de l'aménagement et du mobilier.

samedi 10 septembre 2011

à l'est, allez vers l'est : 1

Je reviens d'un périple court mais dense dans l'est de la France que je connaissais mal finalement à part pour des raisons militaires anciennes et peu... glorieuses.
Pourtant la région comporte quelques rares beautés et même oui, quelques chefs-d'œuvre vus sur ce blog en cartes postales.
Une nouvelle fois il faut parler de ce moment incroyable où la récurrence d'une image d'architecture rejoint la réalité d'une présence.
Ce moment de la découverte qui dure une fraction de seconde, ce moment de la reconnaissance est toujours incroyable et jubilatoire. Parfois il entraîne des étonnements d'échelle (c'est plus grand, c'est plus petit) des étonnements d'environnements ou, et c'est triste, tout simplement soudain la compréhension que l'objet n'existe plus !
Mais cette fois les objets architecturaux sont bien là et même pour certains, j'ai dormi dedans !
Alors comme il y a beaucoup de choses et beaucoup d'images, je vous propose de voir les images actuelles avec un retour sur un article déjà posté car sinon cela risque d'être un rien indigeste.
Je rappelle aussi que c'est avec le guide de Monsieur Amouroux que ces bâtiments furent découverts, visés et visités.
Commençons....

La chapelle de Saint Rouin est un petit chef-d'œuvre et je pèse mes mots. Tout est à l'unisson pour faire de ce lieu un endroit que vous devez visiter.
L'environnement, la qualité architecturale, la puissance décorative de Monsieur Székely et les vitraux superbes. Le lieu était ouvert. Une chance donc !
Voici quelques images.

Inscription dans le site remarquable :



l'arbre comme un pilier possible :


beauté du béton et de ses incisions :


La porte ouverte vers l'extérieur et le bénitier, tous dessins de Monsieur Székely :