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mercredi 8 février 2012

Je suis né là...

... enfin pour ce qui est de l'architecture !
Mes amis savent bien que je ne suis pas né à Rouen mais dans une ville toute proche. Mais on pourrait sans aucun doute affirmer que l'un de mes éveils à l'architecture fut cette église Sainte Jeanne-d'Arc de Rouen. Elle fit polémique à son époque mais aujourd'hui je crois qu'elle est bien acceptée car finalement sa modernité est bien tempérée par des matériaux reconnus et une forme symbolique (les flammes du bûcher de Jeanne) qui font toute sa gloire...
Je l'aime beaucoup cette église. Parce que, chaque fois que je passe sur son parvis, je retrouve le pas d'un jeune garçon suivant ceux de ses parents venus voir la modernité en marche au milieu des années 70.
Et puis tout de même, au-delà de ces souvenirs, elle a su faire une silhouette, entretenir dans cette ville de Rouen une forme de brisure qui a ramené la ville dans son siècle. Certes, ce n'est sans doute pas l'église la plus moderne et incroyable du monde, certes son symbolisme est sans doute un rien naïf, mais les architectes ont fait je crois un beau travail.
Il faut reconnaître que mes amis à qui je la fais découvrir sont souvent abasourdis en la découvrant car elle reste audacieuse contre les murs ripolinés de vif des colombages rouennais. Elle surgit avec les courbes de son toit dont on peut admirer la charpente ici ou ici. Alors regardons-la un peu au travers de ces quelques cartes postales et ça fait du bien aussi de vous montrer un lieu que je connais, que je fréquente et qui n'est pas un rêve ou un espoir mais un point central de ce qui me constitue, une sorte de caillou blanc sur mon chemin.
D'abord cette carte postale Iris familiale :



Editée par la Cigogne pour Iris en Mexichrome, cette carte fut envoyée par ma mère à ma grand-mère avant 1986. Et je reconnais le moment temporel puisqu'il y est question des changements de vie de mes deux frères...
Mais regardons cette architecture. Vous voyez les flammes qui montent ? A gauche vous avez les halles du marché couvert qui se dirige vers la grande flamme de l'église. On commence à deviner le beau travail de circulation réalisé autour de cette église. Le jardinet serait le lieu exact du bûcher de Jeanne dont vous devinez sans doute une statue. Nous sommes depuis une fenêtre, on voit en bas à gauche le triangle d'un chien-assis !
Depuis le sol :



La carte Estel, production Leconte, nous permet d'admirer notre église et le beau travail des circulations tout autour. Le jardin n'est d'ailleurs pas terminé, on voit encore les barrières et rien n'est planté. Amusez-vous à tirer un trait entre la croix du premier plan, seul signal réel du lieu de culte, les pointes du triangle du toit et au fond, la flèche de la Cathédrale de Rouen, flèche de bronze moderne (première moitié du XIXème siècle) de l'architecte Alavoine.
Puis :



Cette belle carte Yvon sait être une vraie carte postale avec son premier plan fleuri que le photographe pique au marchand de fleurs !
Souvent devant l'audace de ce toit, je pense aux charpentiers et aux couvreurs... Comme ils doivent être fiers d'avoir participé à un tel chantier ! Regardez le beau dessin de ce toit, les lignes des ardoises qui donnent à cette solidité les aspects d'un voile tendu.
Je vous donne aussi pour une fois le dos de cette carte postale car c'est assez rare ce genre de correspondance, nous avons droit à un poème bien organisé sur un réseau de lignes !



Chère Sylvie, Mais non il pleut ! Il pleut, il pleut... Je descends vers Rouen et je la vois sinistre comme dans une sombre apocalypse. Mais debout, droite, avec toute ses flèches et toutes ses tours qui déchirent le noir destin !... Oh belle toujours belle ! Ville des brumes et des eaux, ville d'?? engloutie, ville de rêve... éternelle ville !

Je ne sais pas si ce poème est une création du correspondant ou une copie faite pour la jolie Sylvie, je ne sais pas si le correspondant a réussi à emballer Sylvie mais ce que je sais c'est que, vu le nombre de lignes, il avait espéré faire plus long ! L'écriture est empruntée encore un peu de l'enfance mais a des cursives un rien grandiloquentes. L'adolescence doit être quelque part entre ses lignes. On comprend sans doute que l'analogie entre la ville et Sylvie a pu faire peur à la jeune fille !
On remarquera que la poésie n'est pas signée mais est bien dédiée à Sylvie tout en bas de la carte postale !
J'oublie de vous donner le nom de l'architecte de cette église Saint-Jeanne-d'Arc : il s'agit de Louis Arretche et notre ami Dominique Amouroux dans son excellent ouvrage consacré à l'architecte nous dit également que Henri Gaudin fut bien l'un des plus importants inventeurs du projet qui fut ensuite par trop... adapté aux exigences d'intégrations rouennaises pour rester poli.
On notera que les trois cartes postales nomment bien Monsieur Arretche mais oublient Monsieur Gaudin !

Louis Arretche, Collection In Folio
Dominique Amouroux
Carnets d'architecture, éditions du Patrimoine
isbn : 978-2-88474-185-9
20 euros, faites-vous plaisir !

vendredi 11 novembre 2011

un cageot, des cartes postales, un chanteur mort

Dans l'un des plus laids bâtiments de France, le boulodrome de Saint Pierre-lès-Elbeuf, se tenait ce matin une foire à tout.
Ce boulodrome malgré (ou à cause) de son appellation "Henri Salvador" n'arrive vraiment pas à avoir un intérêt constructif quelconque, il est une boîte vide un peu à l'image des chansons de son parrain.
Dans le brouhaha léger des matinaux venus à la découverte impossible d'un vase Gallée pour 2 euros ou d'une toile de Monet pour 20, était étalée une quantité invraisemblables de choses inutiles, d'objets à l'obsolescence programmée, de bibelots ravagés par leur mauvais goût de naissance.
Au milieu de tout cela, et bien loin des marchands du Temple du collectionneur peu averti, pseudo brocanteurs et vrais brigands, se trouvaient de vrais gens venus là à la fois pour vider la cave de Tata et pour gagner un peu de sous en vendant le grille-pain Seb ou la parka mauve pour la saison de ski de 1988.
Dans un cageot à légumes, deux colonnes de cartes postales modernes parfaitement rangées attendaient qu'un type comme moi juge utile de les regarder toutes, tranquillement en discutant météo, prix du mètre linéaire et ambiance matinale avec la vendeuse charmante.
Le prix du marché (c'est un mot à la mode en ce moment) est de 2 euros pour 8 cartes postales modernes et même moins "si vous en prenez beaucoup".
77 cartes postales c'est beaucoup ?
Alors je vous rassure, dans ce lot il y a du très très jubilatoire et du moyen-bien mais le hasard de la fouille permet parfois de croire à un filon. Je vous propose de voir une de ces séquences dans l'exact sens de lecture de la découverte des cartes postales dans le cageot !
Vous allez comprendre que parfois il est possible de croire au miracle de la banalité.
On y va :


Ce bâtiment sévère et grave est la "Perle de Cerdane" à Osseja. Je trouve assez facilement dans Architecture d'Aujourd'hui de 1953 (!) et dans l'excellent ouvrage Louis Arretche, in folio de Dominique Amouroux toutes les informations nécessaires. Vous l'aurez compris l'architecte de ce sanatorium, centre de santé est Mr Arretche avec messieurs Avizou, Noviant, architectes et Monsieur Rieunaud ingénieur.
Monsieur Amouroux parle de "puissante radicalité" ce que notre carte postale Dino-Fisa donne bien à voir ! On aimera aussi le joli petit logo qui dit bien l'aide ici apportée aux malades. Nous reviendrons sans doute sur l'architecte Arretche et ce livre de Dominique Amouroux ces jours prochains.
On continue :

Là... je sais... Magnifique non ?
Brasilia est toute neuve, belle, moderne et audacieuse.Vous savez que j'irai un jour sous ces colonnes d'Oscar Niemeyer et que ce jour sera sans doute l'un des plus beaux...

Toujours au Brésil :

Superbe aussi.
Le génie civil ici donne pleinement satisfaction dans ce paysage et le serpent de la route sait faire un beau bond sur ce pont audacieux. Remarquez la jolie annotation sur la carte postale Colombo par le correspondant qui nous indique la mer...

Puis...

On quitte un peu l'architecture au sens propre pour retrouver les boring postcards de Martin Parr avec cette carte postale du Bultin's Minehead dans lequel on sait que le photographe anglais a trouvé un endroit reflétant ses préoccupations. Mais cette carte postale n'est pas signée John Hinde... curieux. Signalons que l'ouvrage Notre sincère désir est votre plaisir est réédité et disponible à nouveau dans un format plus petit chez l'éditeur Textuel.

Un peu loin :

Cette carte postale d'Alger en vues multiples avec son effet graphique assez... spécial nous donne à voir un monument que nous avons vu ici mais également un hôtel remarquable de l'architecte italien Luigi Moretti.


Je finis la séquence (mais pas le lot !) avec cet hôtel de Tunis que nous avons aussi évoqué ici. Il s'agit de l'hôtel du Lac qui inspira le plus grand cinéaste du Monde, Georges Lucas pour la plus grande trilogie de l'histoire du cinéma mondial : La Guerre des Étoiles.
Oh eh oui je sais je sais... et alors... j'ai le droit non ?
Vous voyez et vous imaginez bien que cette suite de cartes postales me tombant dans les mains les unes après les autres me donna une satisfaction simple que seul l'engourdissement de mes genoux pouvait calmer.
Pour les autres cartes postales, vous devrez attendre encore un peu...

mardi 15 juin 2010

Paris, Paris, Paris, Paris

D'abord on se demanderait s'il s'agit encore de Paris.


La carte postale Lyna en exclusivité Desju, nous donnerait La Défense comme nom.
Elle serait même un peu précise avec le nom des tours comme Europe Aquitaine, E.D.F-G.D.F, Vision 80, Aurore, Manhattan G.A.N.
La carte serait datée au stylo bille bleu du 13 12 77.
Mais mon œil regarderait surtout la disposition de la foule, tournée tout entière vers le même point focal.
Mais que se passe-t-il à gauche de l'image ?


Puis dans cette foule je regarderais deux jeunes femmes très différentes. La première à gauche dans un joli ensemble parme volant au vent me ferait penser à Bernadette Lafont dans un Truffaut.
La seconde, cheveux courts et jeans aux pattes extra larges et au sac de toile sérigraphié d'un logo arc-en-ciel à Véronique Jannot dans Pause-café. A-t-elle pris des clichés de l'événement avec son appareil-photo japonais ?
Mais oui, que se passe-t-il ?
Puis, prendre le train.


Gare de Lyon depuis le pont Charles de Gaulle.
Une carte postale Alliance à la photographie de Marc Leconte.
Celui-ci détermine un cadrage serré enfermant le beffroi entre des tours froides et noires.
Le pont au tablier taillé dans une superbe courbe disposerait d'une nuée de lampadaires indiquant l'épuisement perspectif, du plus grand au plus petit.
Tout cela est écrasé pour former une image de ville dense, implacablement moderne et glacée.
A vrai dire superbe.
La carte postale nous donnerait alors le nom des architectes de ce bel ouvrage d'art : messieurs Louis Arretche, Roman Karasinski, Marcel Nouviale.
Avant démolition et regrets patrimoniaux, voir encore le Forum des Halles.


Le voir quatre fois dans de petites fenêtres, au temps de sa gloire giscardienne, sa gloire d'avenir chic.
Paris c'est chic sous les courbes blanches d'une véranda commerciale bien dessinée.
Un trou comblé d'une architecture épuisée en 30 ans.
Tenter de faire mieux à moins de décider que l'endroit devienne en permanence un concours d'architecture.
Déclarons la destruction complète tous les 20 ans des Halles et leur reconstruction. Dans une vie voir trois ou quatre lieux différents au même endroit.
La carte postale Abeille-Lyna nous donne le nom des architectes qui n'ont pas ici démérité quoi qu'on dise aujourd'hui : messieurs Vasconi et Pencreac'h.
Et la grande architecture :


Ledoux rencontre Bernard Huet à moins que cela ne soit le contraire.
La place Stalingrad au métro frôlant la superbe rotonde dans un geste tellement hardi digne de la ville de Jules Verne.
Et si la définition de la ville c'était ce genre de collage, offrant soudain du haut du métro un regard impossible.
Et l'architecte d'aujourd'hui regardant et analysant la place, vivant avec le lieu, mesurant, arpentant, définissant réinvente une place en achevant le travail de l'autre, celui disparu au fond d'un registre formel qui couve encore dans les esprits post-modernes.
Merveille de dessin, de géométrie, d'équilibre ressentie ici avec hommage, sans timidité.
Le photographe accuse le jet d'eau de parodie et le gris de l'eau sectionne l'image en deux. Derrière le métro, les égarements de la spéculation immobilière, les ratages du genre, la citation balbutiée puis crachée à prix d'or...
Paris, Paris, Paris, Paris.

mardi 6 avril 2010

Notre guide (et son auteur) : Monsieur Amouroux

Il fallait bien que cela arrive !
Quelle belle surprise !
J'ai reçu un sympathique et informatif message de la part de Monsieur Amouroux l'un des trois auteurs de notre guide vénéré d'architecture contemporaine en France.
Vous savez ce livre dont je vous parle si souvent et qui fut, oui, celui qui m'éveilla à nouveau à la question de l'architecture il y a maintenant pour moi une vingtaine d'année.
Je pourrais vous montrer l'endroit exact où j'ai trouvé et acheté ce guide dans un carton sur un vide-grenier de la banlieue de Rouen.
Je me vois l'évoquer avec Marc Hamandjian à mon retour.
Mais aussi vous savez que c'est par ce guide que j'ai découvert le travail de Claude Parent.
Ce livre c'est aussi pour Claude Lothier et moi notre bréviaire de voyage pour aller sur place voir comment le temps et les outrages sont passés sur cette modernité.
Alors je vous livre ici un extrait de la lettre de Monsieur Amouroux :

La genèse du "guide vénéré" en bref :
Circonstances = mémoire de fin d'études de l'Institut supérieur des carrières artistiques.
Raison = éviter un sujet banal d'étudiant convenu (ou l'inverse).
Directeur du mémoire = Max Querrien directeur de l'architecture du ministère André Malraux.
Méthode = classique = dépouiller des revues, faire des fiches, rencontrer des gens ... sélectionner à l'arbitraire, au flair, à l'intuition.
Un lieu de travail magique (disparu depuis) la bibliothèque du CSTB dans le XVIe : silencieuse, lumineuse, à côté d'un café/restaurant glissé dans un immeuble de Guimard où débarquaient les équipes de Pierre Schaeffer... (service de la recherche de l'ORTF)...
Le plus = partir visiter tout ce qui était en fiche ! Un véritable tour de France initiatique avec ses instants de grâce et ses déceptions !
Sponsor officiel et bienveillant : Madame Marthe Monnet. Sans elle, le guide n'aurait pas existé
La difficulté = une fois rentré, écrire les textes.
Le plaisir = le mémoire est notée au superlatif !
La première suite = rencontrer des éditeurs potentiels (Les guides Bleus... puis l'Architecture d'Aujourd'hui)
Le miracle = le oui immédiat du jeune éditeur délégué du groupe Expansion, Christian Sarramon.
La seconde difficulté : réécrire les textes pour les faire rentrer dans la maquette !
Les découvertes tumultueuses de l'apprenti = la maquette et le travail du maquettiste, la préface de Michel Ragon qui ne convient pas et l'illustre auteur qui se met en colère devant l'insolence des jeunes galopins, la démarche auprès de Jean Dewasne par l'intermédiaire de sa galeriste, Anne Lahumière où je venais de faire un stade, pour qu'il crée la couverture du livre et la déception lorsque nous comprenons qu'il a repris un bout de l'une de ses œuvres, la photocomposition par ordinateur à Barcelone, avec trois semaines de séjour en attendant que les ordinateurs catalans écrivent correctement le Français (ce sont alors les débuts de cette technique), la parution, le livre vite épuisé et le retirage envisagé, puis réalisé…

Monsieur Amouroux m'indique qu'il vient de publier un ouvrage sur l'architecte Arretche que l'on connaît bien à Rouen et sur ce site.
Il est l'un des auteurs de l'église Jeanne d'Arc place de la Pucelle à Rouen, précisément.
Vous pouvez pour les parisiens vous rendre à la signature de l'ouvrage ce soir à la librairie Flammarion du Centre Pompidou.
Nul doute qu'il s'agisse là d'un ouvrage important.
Alors comme ce blog est un blog sur les cartes postales, je vous propose ça :














Certaines ont déjà été publiées ici mais l'occasion était trop belle de vous les faire redécouvrir.
Il s'agit d'une série éditée à 1000 exemplaires par C. Hamelin et imprimée par les Affiches de Normandie.
Je ne possède malheureusement pas la série complète qui compte au moins 44 (!) cartes postales !
Aucune de celles que je possède ne nomme l'architecte mais on y voit le sénateur-maire de Rouen, Lecanuet.
C'est en tout cas un beau reportage et je crois bien qu'il doit être bien rare de suivre ainsi la construction d'un bâtiment moderne en cartes postales. Connaissez-vous d'autres exemples ?
L'édition en petit tirage prouve là aussi une destination pour collectionneurs de cartes postales.
Malheureusement l'église Jeanne d'Arc n'a pas d'entrée dans notre guide vénéré trop récent. Alors oui, il faut vraiment lire le livre de Monsieur Amouroux sur Arretche pour connaître son avis sur ce bel édifice.

guide d'architecture contemporaine en France
Par messieurs Amouroux, Crettol et Monnet
Technic-Union 1970

Louis Arretche
carnets d'architectes
coédition Infolio/éd. du Patrimoine
Dominique Amouroux
20 euros


jeudi 24 septembre 2009

deux François, un Chaslin et un Deslaugiers

Aujourd'hui encore François Chaslin nous régale de l'un de ses entretiens fameux. Parfois, j'ai le sentiment qu'il suit notre guide vénéré, passant en revue les architectes publiés dans celui-ci.
Il est aussi, à sa manière, un guide bien attendu toute les semaines.
Cette fois, il parle avec Monsieur François Deslaugiers.
Lors de l'une de nos promenades architecturales avec Claude nous avions eu la joie de découvrir son bâtiment de Nemours, beau Meccano effectivement comme le dit Monsieur Chaslin. Prenant des photographies, nous avions été gentiment dirigés vers la sortie et même à l'extérieur bien suivis l'air de rien par un monsieur un peu costaud sûr de son autorité.
Je n'ai pas de carte postale de ce centre des impôts vraiment magnifique ni d'ailleurs d'une autre construction de cet architecte. seule la carte postale d'Euralille nous montre la passerelle Le Corbusier dessiné par cet architecte.
Je montre donc quelques clichés pris par Claude Lothier lors de cette visite. Ne pas oublier la superbe piscine Tournesol orange de Bernard Schoeller juste à côté.







Et puis, comme Monsieur Chaslin et Monsieur Deslaugiers ont évoqué l'église Jeanne d'Arc de Rouen en nous donnant l'information que bien plus qu'une œuvre de Monsieur Arretche elle était le dessin de Monsieur Gaudin, et qu'il se trouve que je l'ai encore visitée hier avec Achille mon filleul, voici des cartes postales de ce lieu superbe achetées dans l'église même.



Vous trouverez des cartes postales de sa construction sur des articles du 19/02/07.
Mais que dois-je faire ? Les ranger à Arretche ou bien à Gaudin ?
Le trouble...
La première nous indique le nom du photographe Monsieur Godard. C'est une édition Le Goubey. L'autre ne nous indique rien sinon que la voûte est en forme de carène de navire inversée.
C'est vrai. Achille l'a bien vu et il a trouvé ça bien beau. Oui.
Pour entendre Monsieur Chaslin et Monsieur Deslaugiers c'est ici.

lundi 29 décembre 2008

V.V.F, ça dure.



Je vous reparle des V.V.F (Villages, Vacances, Familles).
Cette fois-ci nous sommes à Saint-Jean-de-Monts en Vendée, regardez cet immeuble de Jean Marty architecte. N'est-il pas intéressant ?
Dessiné au cutter, massif aux angles accentués, sorte de contre-fort hôtelier il mélange les formules et les références. On le dirait dessiné d'après les plaques de béton préfabriquées tentant l'amalgame entre contrainte structurelle et puissance formelle. Il est défensif. Ce qui lui donne cette allure c'est la base en pente surmontée d'un jeu d'ouvertures en saillies où les fenêtres sont à égalité avec les plaques de béton des balcons. C'est irrégulier, contre-dit, un peu hésitant mais fort dynamique et sculptural. L'escalier en vis derrière redonne encore un peu d'une image militaire, sorte de tour de vigie solide et continue. Implacable. On admirera l'auvent de l'entrée tout en pointe, sorte de pont-levis figé dans un béton aux pans colorés.
Donc du biais, du solide, du massif tout pour me plaire. Je ne trouve rien sur Jean Marty l'architecte de ce V.V.F mais le guide nous donne deux entrées. Il s'agit d'un barrage à Beaufort et de l'usine marée-motrice de la Rance. Un architecte du génie civil ?
Cela expliquerait peut-être le registre formel. La carte postale est une édition du V.V.F qui nomme l'architecte.



Mais à Saint-Jean-de-Monts Monsieur Jean Marty a aussi construit ces petits bâtiments des gîtes du V.V.F. Là encore, dans un registre plus traditionnel et régionaliste, on a droit à du pan coupé, du biais, du pointu. Les angles deviennent un élément décoratif et les murs s'avancent comme pour offrir des abris au vent. En symétrie les constructions sont reliées par des passerelles et escaliers. C'est dans le genre, assez réussi, je trouve. Pas de clôture, l'ensemble est posé sur le sable. Sur cette carte postale Artaud l'architecte est nommé.



Sur cette vue multiple on retrouve notre immeuble et on aperçoit la barre en construction sur le front de plage. Cette "Marina" est de l'architecte Monsieur Naulleau.


Là aussi, c'est pentu et en retraits successifs. Mais là c'est un peu dur. La volumétrie est pauvre, juste ce qu'il faut pour faire semblant d'éviter l'effet barre mais l'image du dos du bâtiment ne trompe pas, ça ferme le front de mer.


L'arrière est aussi pauvre que le devant. Aucune ouverture, pas de cheminement c'est un mur que nous propose cette carte postale Artaud
On peut comprendre facilement ce que la Grande Motte de Monsieur Balladur a évité. C'est l'antithèse absolue.
Monsieur Marty, signalons-le a travaillé avec Monsieur Arretche qui nous a offert la belle église de la place de la Pucelle à Rouen. Décidement ce V.V.F regorge de belles choses. Qui maîtrisait la politique architecturale de ce groupe ? Qui doit-on remercier ?

lundi 20 octobre 2008

encore un peu d'église





Puisque les choses se croisent poursuivons avec encore un peu de religion et d'architecture.
Samedi après-midi, en me rendant à la Galerie du Bellay qui propose une exposition passionnante de vidéos et d'œuvres choisies judicieusement dans le fond du F.R.A.C de Haute Normandie articulant la question du cinéma dans l'art contemporain, je me suis arrêté à l'église de Mont-Saint- Aignan.

Il s'agit de Notre-Dame de Miséricorde au centre Colbert dont vous avez déjà eu connaissance. Je suis passé devant cette église un peu en retrait des dizaines de fois en me jurant de m'y arrêter : c'est fait. Il faut dire que j'étais motivé par la découverte successive de deux cartes postales la représentant et c'était sans doute un excellent déclencheur.
Elle est comme beaucoup de ces églises de cette époque se voulant moderne et discrète, contemporaine mais pas effrayante. Il faut dire qu'à Rouen le syndrome Arretche était fort et les architectes devaient se méfier de formes par trop voyantes. Elle est modeste et cherche surtout à rassurer et inviter le fidèle sous son énorme toit d'ardoise évoquant les églises des villages normands. La modernité est surtout présente par une géométrie du toit accusant la pointe et la pente et par des vitraux en dalles de verre si typiques de cette période et qui sont parfois réussis parfois ratés. Ici c'est de qualité, laissant une belle lumière pénétrer le bâtiment tout en offrant des pierres et des verres superbes dans lesquels l'œil découvre des fossiles et des bulles colorées. La monumentalité est tout entière dans le chapeau de l'entrée accueillant et ouvert. Le sol en pente vers le chœur permet de bien lire la charpente en lamellé-collé, là aussi matériau de cette époque.

Jeu de volumes, croisements des bois offrent un rythme et un jeu plastique agréable et un volume à l'echelle humaine. On est un peu étonné par le resserrement vers le chœur qui s'écrase en pointe sous la descente du toit. De chaque côté de l'entrée et sous l'orgue on trouve à droite une tout petite pièce avec le bénitier et à gauche une identique pour les confessions.

Les chaises Mullca 510 tournent le dos aux pénitents pris dans un coin sous un aquarium de verre...
Un baptême se préparait ce qui me valut le droit d'entrée et un large sourire du prêtre. C'est déjà ça.


La carte postale de l'intérieur de l'église nous montre celle-ci en plein fonctionnement avec une messe. C'est très rare de choisir ce moment pour une carte postale et je me demande bien pourquoi d'ailleurs. On perçoit bien la charpente, bien mieux que sur mes clichés et le point de vue est placé sur la mezzanine (quel nom autre ?) de l'orgue. C'est l'hiver sûrement car tout le monde est habillé chaudement. Oui je sais en Normandie l'hiver commence au mois de septembre et finit en mai... Peut-être qu'un fidèle de la paroisse se souvient de ce jour (le jour du sacrement de l'église ?) Une date est visible encore au crayon sur les charpentes, le 9 avril 1973. Mais l'église daterait de 1970.

Une autre marque attira mon attention, une marque de charpentier je crois, placée sous une poutre. Si vous connaisez ce signe... Expliquez-moi. Cette carte est une édition Eurolux photographie de Candelier Brumaire.

L'autre carte aux éditions Kettler, en couleurs naturelles nous montre l'entrée et son toit en casquette. Derrière les pans de verre un peu sombres, l'orgue dort.
Les architectes sont Messieurs Lefebvre et Rauscher.