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lundi 19 décembre 2011

aires de jeux au pied de l'architecture

Une petite suite de cartes postales sur l'espace dédié aux enfants au pied de nos architectures. C'est un objet d'étude qui semble aujourd'hui trouver un nouveau regard et nous avons sur ce blog de nombreuses fois évoqué les qualités de certaines réalisations comme celles de Messieurs Szekely, Jacques Simon ou encore les groupes comme Group Ludic ou Sculpture-Jeux.
On peut aussi se reporter au livre et à l'exposition Anthologie Aire de Jeux d'Artistes par Vincent Romagny chez Infolio ( isbn 978-2-88474-183-5).
Voici donc une manière nouvelle de regarder les lieux et les cartes postales qui disent souvent également la qualité des espaces, tentant de prouver que l'architecture sait parfois se répandre au sol à la hauteur des gamins, alternant préoccupations du design, du paysage et du bâti.
On commence :



Nous sommes à Franconville au pied d'une tour d'une grande banalité, sorte de prototype calme de la tour moderne. Pour ce qui est de l'architecture, à part sans doute, l'efficacité hygiéniste, il y a peu à en dire...
Il en va de même pour les jeux des enfants...
On retrouve la balançoire en tube d'acier, le toboggan en... tube d'acier, le tourniquet en... tube d'acier... et l'inévitable tube... en béton, collecteur des eaux usées qui fait toujours un praticable pas trop cher !



Du sable et les enfants alternant entre vertige du toboggan et mal au cœur du tourniquet finissent par certainement trouver dans la carcasse d'une camionnette ou la friche d'un terrain vague bien plus de joie que dans cet espace sous surveillance hautaine d'une tour grise. On remarquera la maman qui regarde les enfants en blouse faire leur quart d'heure de détente.



On passe...

Où croyez-vous être ?
Allez...
Du marron à l'envi, des cheveux longs sur des épaules d'adolescents désœuvrés en pantalons de velours côtelé, des constructions alignées sans fantaisie...
Nous sommes en Allemagne à Unna-Massen-Nord sur la "Spielplatz" que mon allemand très pauvre me permet de traduire en place des jeux. Immense d'ailleurs ! Regardez comme elle va loin et on la dirait traitée en zones d'âges pour des praticables de plus en plus risqués ! C'est sans doute pour cette raison que le petit groupe d'adolescents a trouvé refuge sous ce tipi de rondin de bois. Mon œil ne peut s'empêcher de loucher sur les trois barres de la chaussure Adidas...





Puis la neige...


Au pied de l'architecture de Monsieur Breuer à Flaine, on trouve sur la neige tombée en abondance une petite structure tout à l'opposé du modèle architectural, une sorte d'édicule jaune très beau :



Ce qui trouble c'est la solitude de l'objet !
Perdu au milieu du vide blanc de la place, sans doute que la neige cache en partie l'aire de jeux.
On notera que la carte postale Théojac nous donne bien le nom de l'architecte Breuer pour cette galerie marchande, le "Cassiopée", l'hôtel des Lindars et l'Aldebaran... Nous sommes en 1977.
Allons à ...



Grigny ! C'est écrit sur cette carte postale multi-vues de chez Estelle éditeur. On s'attardera surtout aujourd'hui sur la fenêtre en bas à droite avec ce jardin d'enfants aux jeux oranges si design comme on dit aujourd'hui !



Admirons les beaux tourniquets en plastique moulé orange qui ressemblent à des soucoupes volantes, la belle échelle en bois jaune et... orange et d'étrange tripodes en plastique orange...
On retrouve surtout cette belle girafe que nous avions déjà vue là. Girafe dont des cordes partent de la tête et qui permettent de tourner en se balançant !
Passons un cran...


Nous sommes à Vichy devant l'ensemble de la Résidence et du Marcotel. Ici non seulement des praticables similaires à ceux de Grigny sont posés sur le sol de sable mais un vrai paysage de jeux est constitué.
Une petite colline se coupe en deux offrant ainsi une échelle de corde pour la traversée, un tube est enfoncé dans la terre et doit sans doute traverser la colline. L'ensemble est bien dessiné, ambitieux et tout est à l'unisson pour faire de cet espace un vrai espace construit et pensé pour le jeu.



Le très beau praticable de bois au premier plan répond parfaitement aux courbes du sol et joue le contraste avec les tripodes de plastique. Un dessin de métal (?) fait de courbes reste mystérieux comme une sculpture de Land Art.
A n'en point douter un bel ensemble pour les glissades, les sauts, les cachettes...





mercredi 14 juillet 2010

le dessin laid et la belle photographie

Une belle architecture peut (ou pas) inspirer de beaux documents.
Elle peut aussi faire naître des choses moins... intéressantes.
Voyez par exemple le superbe Palais de l'Unesco à Paris.
Voici une carte postale dite du premier jour :


On doit cette carte postale aux éditions "Bourgogne" 3, rue du Mersy-St-Denis à Dijon. C'est tamponné derrière !
Le lavis est de L. Bourgeois d'après... la maquette !
Ceci explique sans doute cela.
L'ensemble est un rien pâteux et épais mais on remarquera tout de même la précision du détail avec le mobile de Calder fidèlement (!) représenté.
Il semble que la façade ait donné beaucoup de mal au dessinateur car même le graveur du timbre a eu du mal.
Pourtant la maquette est assez claire et on voit que dans le numéro 58 de février 1956 d'Architecture d'Aujourd'hui, le grand photographe Lucien Hervé se penche lui aussi sur cette dernière.
Je trouve d'ailleurs qu'il s'agit là pour un photographe d'architecture de cette envergure d'un bien drôle d'exercice que de photographier une maquette.
Alors voici quelques images :





Mais finissons avec une autre carte postale :


Cette merveille des éditions Cap est en Real-Photo. Cet éditeur fait bien son travail car il nous donne également le nom des architectes Marcel Breuer, Pier Luigi Nervi, Bernard Zehrfuss et date la construction de 1955-1958.
Mais quelle image !
D'abord le parking rempli de nostalgie automobile. Des Simca, des Peugeot, des Renault...
Puis le bâtiment lui-même parfaitement éclairé, presque scintillant et vibrant sous un ciel nuageux remarquablement habité. Le travail de la façade est vraiment incroyable. On dirait que la construction veut avaler le monde, s'ouvrir complètement.
Quelle volumétrie !
J'aime tout particulièrement les dégagement dans le dernier niveau et l'auvent superbe dont nous avons parlé ici.

mardi 4 mai 2010

la libération par la balançoire

Sur une carte postale des éditions d'art Raymon, dans la collection images de France, on peut voir la résidence du Clos La Garenne à Fresnes.


Au premier plan une bande de gazon gras.
Suivent des enfants jouant sur l'aire de jeux, puis un premier bâtiment d'habitations. Et enfin un peu loin malgré le collage trompeur une autre unité bien plus grande d'habitations.
Pour tous ces logements on remarque une belle attention aux ouvertures et un balcon pour chaque distribution.
Une alternance ici en blanc et gris qui ponctue l'ensemble.
C'est immense, interminable et aussi comme plié par le point de vue.
Pas de nom d'architecte. Non.
Je trouve une information sur les Castors, regroupement de type coopératif et associatif d'auto-construction mais je ne suis pas certain que ce quartier de Fresnes en fasse partie et puis même dans ce cas, il doit bien y avoir un architecte. Non ? Qui nous éclairera sur cette aventure ?
Reste une fois de plus une belle image simple.
Et comme vous aimez ça entrons dans celle-ci à coup de scanner à haute résolution.
les enfants jouent sur les nouveaux portiques mis à leur disposition.


Un père les surveille, les mains encombrées d'un tout petit.


Oup ! là ! ça balance !
Oup ! là !


Une gamine toute seule entreprend le toboggan, la courageuse !


Mon regard se porte sur le jeu en tube formant des cubes à droite et mon esprit y colle Sol LeWitt immédiatement. C'est comme ça, je n'y puis plus rien.


Mais cette jubilation minimaliste je la retrouve ici :


Sur cette carte postale promotionnelle pour A.R.E.M on voit la belle balancette sur portique du type "Libération"-luxe à 2 places. ce n'est pas celle de Fresnes.
Au verso de la carte le tampon d'un revendeur G. Marchand à Rueil-Malmaison.
Le dessin de l'ensemble juste inscrit dans la courbure d'un tube d'acier m'enchante au moins autant qu'une sculpture minimaliste ou un siège de Marcel Breuer.
Regardez, pas de chichi, juste un dessin dans l'espace pour faire jouer les enfants.
Léger, léger.
Et hop là ! on s'envole !
Et hop là !
Arrête ! tu vas trop vite, j'ai peur ! Je veux descendre !
Et hop là !
Oui parfois la libération cela va trop vite et trop fort, même pour les enfants.

dimanche 28 mars 2010

les chaises, les architectes, les fesses


Nous sommes à Pleaux au centre de vacances familiales devant le bar.
Nous sommes en 1985 et Coco prépare son matériel pour la pêche de demain.
Il fait chaud et les enfants sont dans la piscine juste en face, ce qui fait qu'on peut les surveiller d'ici en buvant une petite bière.



Oui.
Moi je me souviens de cette mode des couffins en osier pour les jeunes mamans de cette époque. On les voyait trimballer ainsi les nouveaux nés avec fierté dans un mélange de vieux sentiments hippy et libertaires, comme si soudain l'enfant des années quatre-vingt devait être baladé dans cet esprit un peu vain de liberté, celui aussi de Moïse lâché sur les eaux.
Combien de mes étudiants, alors braillards et aux couches sales sont allés ainsi de l'arrière de la Renault Cinq au Caddie du supermarché...
Mais.
Mais de cette image, ma petite fabrique intérieure me dit encore et toujours : "regarde la forme des chaises et celle du toit, regarde"
Oui.



Quelque chose dans cette chaise en plastique joue parfaitement avec ce toit en paraboloïde hyperbolique.
Quelque chose d'une souplesse, d'une torsion qui permet une rigidité suffisante pour porter du poids.
Et alors que j'ai toujours détesté ces chaises de plastique, ici je leur trouve une réalité constructive, une idée de ruban souple assez judicieux et efficace.
Je me pose alors la question du rapport que les architectes ont avec nos fesses.
Quand Marcel Breuer dessine son fauteuil Vassily le voit-il aussi comme une structure porteuse qui dans une autre vie aurait pu, au lieu de soulager nos derrières, maintenir sols et plafonds ?
Je me souviens, ayant dû démonter un de ces fauteuils, avoir eu du mal à retendre la structure métallique qui offre une tension invisible au dessin. Voilà bien une question d'architecte !
Et Zaha Hadid (je vous aime) avec une banquette inouïe n'offre-t-elle pas l'occasion comme un géant de simplement s'asseoir sur une maquette de ce qui pourrait être une de ses constructions ?



Un été, je me rappelle avoir fait des photographies en stéréoscopie d'une de ces chaises de jardin, la voyant alors de près et l'œil glissant comme une architecture de Monsieur Niemeyer.
Voyez, voyez comme je m'amuse parfois (sérieusement), et pour voir en relief, croisez vos yeux et concentrez vous sinon....




samedi 10 janvier 2009

Monsieur de Brauer et Marcel Breuer


Mystère...
Voici une carte postale bien étonnante. Il s'agit :
"Sur l'emplacement même du gisement de gaz naturel de Lacq situé à quelque 4000 mètres de profondeur cette station à l'architecture audacieuse distribue l'essence séparée du gaz (260.000 tonnes par an) dans l'usine voisine de la Société Nationale des Pétroles d'Aquitaine. Architecte Mr de BRAUER."
Très surprenant le rapprochement formel avec l'auvent de l'Unesco vu sur ce blog le 10 décembre 2008.
Très surprenant le rapprochement des noms des architectes Marcel Breuer et De Brauer...
Vraiment on peut imaginer qu'il s'agit du même architecte. Pourtant on a déjà vu sur ce site des rapprochements tels que Bloc et Bloch...
Alors...
Je reste dubitatif mais je reste béat devant ce magnifique morceau de voile de béton tendu. Quelle puissance ! On remarquera la courbe inversée du toit par rapport à l'auvent de l'Unesco et les piliers un tout petit peu plus haut.
C'est fin, élancé un très beau morceau je vous dis.
Mais tiens donc, notre guide vénéré nous indique qu'à Paris les bureaux du Serete sont de Monsieur de Brauer.
Donc il ne s'agit pas d'une erreur nominative mais bien de l'œuvre de cet architecte qui a dû bien regarder l'autre.
Grâce à Street View on peut constater que le bâtiment est toujours là et toujours aussi beau.


mercredi 10 décembre 2008

Nelsonite 35



Une rareté.
Voici une carte postale nous montrant le chantier du siège de l'U.N.E.S.C.O à Paris. Cette carte est pleine de particularités. D'abord, bien évidemment le sujet : l'un des plus beaux bâtiments parisiens du XXème siècle associant trois grands architectes : Bernard Zehrfuss, Marcel Breuer et Pier-Luigi Nervi se sont associés pour le dessin. Puis c'est exceptionnel car c'est un chantier. On admirera l'état d'avancement de l'auvent ou les fers à béton dessinent déjà la forme d'une paraboloïde hyperbolique. L'échafaudage est lui-même une construction magnifique. On peut aussi sur cette photographie sentir la transparence du bâtiment. Puis c'est une carte publicitaire pour un produit de protection du bois de coffrage : Nelsonite 35.
Je vous laisse lire.



On peut voir sur cette photographie tirée du guide de l'architecture moderne de Paris par Hervé Martin (éditions Alternatives) l'allure superbe de cet auvent dessiné par Nervi.
Pour ce qui est du bâtiment je ne dirais pas mieux que mon guide vénéré, voyez :


Je profite de cette carte pour vous en montrer deux autres.

La première est une édition Gany en Ganycolor qui nous donne le nom des architectes Breuer (U.S.A) Nervi (Italie) et Zehrfuss (France). Elle est datée avec le très beau tampon du premier jour du 25ème anniversaire de l'O.N.U, le 24 octobre 1970.

L'autre carte nous montre l'intérieur de la salle de conférence en béton plissé, c'est une édition de L'U.N.E.S.C.O imprimée par Draeger, une carte avec le même tampon que précédemment.
Vraiment il s'agit là d'une belle carte postale !

jeudi 23 août 2007

connaissance des Arts de Breuer.

Marcel Breuer et I.B.M





Le rangement et le tri sont toujours des moments de redécouverte.
Je remets la main sur un vieux numéro de Connaissance des Arts du mois d’août 1974 dans lequel je trouve un article sur Marcel Breuer. Parmi les chef-d’œuvres du maître, une petite photographie du centre I.B.M de La Gaude. Immédiatement, je visualise une de mes cartes postales et j’essaie de la trouver dans mes classeurs. Je la retrouve mais étrangement sous le nom de Laugier et non de Breuer. Après quelques recherches rapides sur internet et dans le guide d’architecture contemporaine je trouve bien le bâtiment sous le nom de Breuer et Gatje. Laugier étant nommé architecte opération. Une nouvelle fois je me pose la question de la nomination des architectes au dos des cartes. Existe-t-il une réglementation particulière ?
D’après le guide le bâtiment se visite.
Je vous donne une copie de l’article:
“...Le terrain dont dispose I.B.M est distant de 3 km de la Gaude, isolé de toute construction, inscrit dans un paysage méditerranéen que les rochers et le soleil affirment.
Marcel Breuer a implanté son bâtiment au plus haut de la pente pour bénéficier d’une vue optimum ; limité à deux niveaux (R+2) le bâtiment évite ainsi d’être un “mur écran”. Le respect et l’utilisation du lieu étant deux des constantes de cette réalisation. Le terrain n’a pas été nivelé, il a conservé sa pente douce originelle, le bâtiment s’appuyant sur des piliers tridents d’une hauteur variant de 4m à 7,5 m et qui, en outre, dégagent le rez-de-chausée permettant ainsi une transparence du paysage sous la construction. Le projet initial était en Y simple. Mais avant même que les travaux ne soient entrepris, le programme a été doublé,aboutissant à une implantation en double Y (angle des branches 120°). Ce parti architectural permet un grand développé des façades et évite le vis-à-vis ; chaque aile faisant face à la nature. les façades sont composées d’éléments préfabriqués dont la forme concave évite une insolation directe tout en permettant la pénétration abondante de la lumière naturelle. Les matériaux : pourqu’ils puissent s’assimiler aux couleurs dominantes du lieu le béton a été laissé brut de décoffrage. Les pignons-claustra sont traités en terre cuite. Le mur support de la rampe d’accès (piétons, voitures) est, lui, paré en pierre locale. Deuxième bâtiment : l’augmentation de l’effectif du centre d’études et de la recherche, passé de 700 à 1300 personnes, s’est traduite par un deuxième bâtiment demandé lui aussi à Marcel Breuer. De forme parallélépipédique, invisible du premier, situé en contrebas, ils’appuie à la pente descendant vers le Var.
La façade est conçue dans le même esprit plastique : éléments préfabriqués identiques. Le parti de ce bâtiment est la discrétion. Il aurait d’ailleurs été impossible de ne pas dénaturer le premier par juxtaposition ou le prolongement. En outre l’image de marque d’I.B.M. est suffisamment défendue par le premier projet.”
D. Amouroux, M. Crettol, J.P Monnet
Guide d’architecture contemporaine en France.
Les cartes postales sont des cartes Combier imprimeur Macon. Datée de 1968, l’une d’elle fut bien affranchie cette année-là l’autre en 1984 seulement.
Références :
La Gaude (06. Alpes Maritimes)
A CI 485-36 vue panoramique aérienne de l’I.B.M
Richard Laugier Architecte D.P.L.G
La Gaude (06. Alpes maritimes)
A CI 485-37
Elles sont imprimées en Cimcolor.