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samedi 26 mai 2012

Pierre Dumas porte le voile

Nous avons déjà bien parcouru l'œuvre du prolifique Pierre Dumas sur ce blog ici ou encore ici voire ici également.
Il fut sans doute l'un de ceux qui marquèrent le plus par des églises modernes nos paysages. Et comme j'aime tenter d'être complet, je vous propose à nouveau des cartes postales nous montrant ses églises.
On verra que le béton en voile mince et courbe fut sa spécialité, on verra qu'il aimait les courbes, leur dessin, leur volume. On verra qu'il a bien travaillé.
On commence avec un complément stupéfiant de la série de l'église Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus en construction à Belfort. On retrouve là grâce à une carte postale l'extraordinaire exploit technique de ce toit tout en courbes et d'une finesse inouïe qui d'ailleurs se refuse sur le cliché à donner son épaisseur :
















Quelle merveilleux document que cette carte postale Lapie qui nous dit : "Le voile de béton après Décoffrage."
C'est l'éditeur qui met le D majuscule sur décoffrage sans doute pour accentuer la magnificence de ce moment constructif !
On pourrait presque regretter que l'église ne soit pas restée ainsi, ouverte totalement comme un suaire protecteur donnant une image de fragilité, de tension et de sécurité.
Le chantier est encore bien vivant et le bois des coffrages est partout sur le sol nous rappelant ainsi que toujours les architectures de béton sont d'abord des architectures de bois de coffrage. Quelques détails :







































































Dans un autre pays, en Suisse on trouve à nouveau Pierre Dumas comme architecte de cette église Saint Hubert au Noirmont :
















La carte postale des éditions Deriaz Baulmes nous donne à voir la construction depuis le ciel. On devine donc un ensemble composé d'un corps d'église et d'un campanile bien éloigné qui forment ensemble une place sur un plan carré.
Le choc est fort entre cet ensemble architectural et le reste des habitations de cette ville. Mais l'architecte en n'occupant pas totalement la parcelle a su conserver l'effet aéré de l'espace urbain offrant une modernité dont l'espace libre agit comme une transparence urbaine. Le contraste est alors plus fort et plus spectaculaire et les courbes douces mais néanmoins fermées de l'église lui donnent un aspect massif comme un beau rocher dont on voudrait jouir de la beauté.
Difficile depuis ce point de vue d'en dire plus. Là encore, le béton se courbe dans tous les sens et le campanile dans sa rigueur géométrique fait contrepoint à ces lignes.
Pierre Dumas donne encore toute la mesure de son talent. Je vous promets que, dès que possible, je vous donnerai d'autres vues de cette église ! On notera pour finir que l'éditeur nomme Pierre Dumas et le situe à Fribourg...

mardi 17 août 2010

Dieu aime les pointes

Si on en croit l'art sacré contemporain, Dieu aime les pointes.
Nous avions déjà remarqué cet élan vers le ciel dans d'autres articles mais voici à nouveau une série de cartes postales et surtout de constructions qui confirment que pour louer Dieu rien ne vaut une belle pointe, un beau triangle pointe en l'air.
Il ne faut pas trop vite juger les architectes modernes et contemporains sur cette fantaisie car après tout, tous nos clochers sont aussi des aiguilles plantées dans le ciel.
Commençons donc par l'étranger avec une bien jolie carte postale norvégienne nous montrant la Tromsdalen Kirke, l'église de Tromsladen.


Une succession de triangles se rapetissant vers le centre de la construction laisse un espace entre eux qui fait passer la lumière. 11 triangles, 12 aurait été plus... symbolique !
Je ne sais pas ce qui a pu conduire l'architecte à une telle rigueur géométrique mais on devine les analogies formelles : montagne, glace, flèche, tente et soufflet d'accordéon (?)
Cela fait bien signe dans le paysage, cela est parfaitement original (donc cela se veut moderne) et cela ne manque pas de compléter la collection d'architectures excentriques et curieuses de l'art sacré contemporain. Mais c'est beau aussi surtout je crois par la lecture de la structure.
Depuis le pont cela doit se repérer à des kilomètres dans des oh ! et des ah! des automobilistes.
La carte postale est en tout cas bien éditée avec une belle photographie de Giovanni Trimboli pour les éditions Grako Kortforlag.
L'architecte serait Jan Inge Hovig. L'église fut construite entre 1960 et 1965.
Revenons en France avec une belle église :


Nous sommes au Mont-Cenis, devant la chapelle qui abrite également un musée. La carte postale Iris pour Lumicap nous la montre parfaitement intégrée dans son paysage, du moins tente de nous faire passer ce sommet pour l'un des sommets de la montagne en perdant l'architecture dans le paysage. Mais elle résiste et ses arêtes franches et belles donnent du fil à retordre à cette intégration !
J'aime beaucoup ça cette dureté et cette étrangeté formelle alors que là aussi les analogies avec la nature pourraient sembler être le désir de cette forme si commune, une pyramide.
Mais ici, c'est parfait juste décalé comme il faut et aussi tout gagne à cette dureté formelle sans aucune concession. On admirera le lisse des pans de mur sans fioritures.
Superbe.
Superbe comme souvent les réalisations de ce cabinet d'architectes connus sous le nom d' Atelier d' Architecture en Montagne.

On retrouve cette chapelle ici appelée prieuré sur cette très jolie carte postale Covin expédiée en 1971. L'éditeur nous donne là aussi le nom de l'Atelier d'Architecture en Montagne comme architecte mais aussi Eve Hanrioud pour les sculptures que... nous ne voyons pas !
Mais la carte postale dans son ton bleu généralisé et dans la belle opposition entre l'objet architectural et le paysage est un beau document.
Encore un peu :


ici le Prieuré du Mont-Cenis est totalement perdu dans son paysage de montagne et perd totalement son échelle. Mais la forme tient toujours et sa solidité géométrique oblige bien l'œil à la considérer.
C'est fort une pyramide !
Les éditions Jansol ont fait aussi un beau travail et la photographie rend parfaitement la transparence et la netteté de l'air montagnard.
Un peu moins en altitude :


L'église des Trois-Epis est une belle chose. On retrouve là dans cette réalisation l'architecte Pierre Dumas associé ici avec Monsieur Keller.
On retrouve bien aussi les principes constructifs de l'époque avec encore un toit en paraboloïde hyperbolique parfaitement tendu sur une structure en lamellé-collé. La carte postale Europ met en évidence la différence de traitement entre les deux parties, une très ouverte sous colonnade et l'autre totalement occultée. L'ensemble rattrape la pente du terrain à droite.
On voit aussi sur le toit des hublots que, si l'on veut faire référence, nous nommerons canons de lumière !
J'ai la chance de posséder une petite série de trois cartes postales de la maquette de cette église et elles nous permettent de mieux saisir le plan et la forme de l'édifice. Les trois cartes nomment bien Monsieur Keller mais oublient Monsieur Dumas.




Reste un bel édifice qui ne reçut ses trois épis qu'en ...1991.

mardi 10 août 2010

la Sainte, le voile et le béton

Hier nous avons vu que parfois entre la maquette et la réalisation, il pouvait bien y avoir quelques écarts.
Grâce aux commentaires de Janvier nous avons eu des explications sur ces différences dues semble-t-il a des questions financières. Mais nous avons aussi lu la radicalité de Le Corbusier et son intransigeance.
Reste qu'il y a des constructions qui passent l'examen de la maquette avec succès. Du moins c'est ce que les cartes postales pour le moment laissent croire.
Vous allez être bluffés par les cartes postales qui suivent. C'est impossible autrement.
Elles nous présentent une église (oui encore...) moderne mais surtout elles nous montrent comment cet enjeu programmatique a su jouer d'une question technique : le voile de béton.
Nous sommes à Belfort et l'église est pour Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.
Voici deux magnifiques cartes postales de la maquette :


Déjà...
Étrangeté de ces images aux contrastes très durs où la présence du noir fait une nuit permanente sur le futur projet d'église. Nuit qui pourtant n'arrive pas à éteindre la lumière sur le campanile isolé et surtout sur la coquille du toit. La maquette est peu précieuse, on la sent un rien pauvre.
Mais c'est vrai qu'il est difficile de lire avec ce noir. Ici en tout cas pas de tentative de représenter le réel dans ces images, pas d'effet de modéliste de chemin de fer, pas de faux ciel.
Une sorte d'expressivité de la forme de la future construction, une radicalité de l'éclairage qui construit un jeu de cartes postales extrêmement fort et presque inquiétant.
Nous n'avons malheureusement aucune information d'éditeur, de photographe, d'architecte. Je peux seulement vous dire qu'il s'agit de papier photographique et non d'une image tramée. le dos est bien divisé comme une carte postale et l'ensemble est bien nommé.
Et alors...


Comment vous allez ? Je vous avais prévenu...
Magnifique image, magnifique carte postale qui rassemble plein de belles choses. D'abord l'objet architectural tout entier dans la suspension de ce voile de béton semblant flotter dans les airs et disparaissant sous le trop blanc du ciel. Le voile est comme tendu par les bords mêmes de la carte postale. Cette fois nous avons un éditeur : Lapie. Et nous avons le nom de l'architecte Pierre Dumas.
Le voile mince se fond donc au ciel et les traces du coffrage strient sa surface interne. On devine à peine les deux points d'appui.
La grille des ouvertures au fond offre en contre-jour les silhouettes des constructeurs. Le moment du chantier est toujours un moment beau et rare dans les cartes postales et que les éditeurs aient pensé que cet état ici à Belfort méritait une édition prouve que la beauté du geste technique pouvait être aussi d'un intérêt fort pour les visiteurs.
C'est tellement vrai que sur les deux cartes postales Lapie il est bien indiqué : le voile de béton après décoffrage. J'aurais beaucoup aimé voir le coffrage !
Voici la deuxième :


Oui.
Je sais. Inouï.
La grande surface noire et sombre du voile de béton sert déjà d'abri, sous sa visière le curé et un constructeur regardent le photographe.


Au pied toutes les chutes de bois du coffrage finissent entassées contre le mur.
On lit sur ce cliché un peu mieux l'épaisseur du voile. Celui-ci semble déborder énormément du socle et partir bien en avant. Illusion d'optique, déformation de l'objectif photographique. En fait, la vue depuis le satellite nous montre bien que l'église Sainte Thérèse n'est pas symétrique. Nous sommes donc devant l'auvent le plus grand.
Ce genre d'architecture mise tout sur l'expressivité technique et j'aime beaucoup ça.
Pour finir une vue de la maquette à nouveau nous montrant cette fois l'intérieur et ses aménagements.


On devine bien l'autel et les orgues. Et on comprend que la messe a lieu devant le pan de verre ouvrant l'église à la vie extérieure. On voit aussi que finalement la coque n'est qu'un des éléments de l'ensemble architectural, on devine un grand mur faisant étrangement une limite et occultant un rien le pan de verre mais on devine aussi à gauche des pièces et une chapelle plus petite dans un plan carré.
N'oublions pas le beau campanile qui ne manque pas de grâce.
Ne me reste plus qu'a dénicher une carte postale de l'église Saint Thérèse de l'Enfant jésus de Belfort mais nous montrant celle-ci terminée.

lundi 1 octobre 2007

Architecture Religieuse au XXème Siècle






Je dois vous parler d’un livre formidable qui comble beaucoup de mes interrogations et aiguise encore ma curiosité :
il s’agit de l’ouvrage Architecture Religieuse au XXème siècle, quel patrimoine ? édité sous la direction de Céline Frémaux aux éditions des presses universitaires de Rennes et de l’Institut National d’Histoire de l’Art.
Un concentré d’analyses et de recherches sur la place de ce patrimoine dans notre société enrichi par un répertoire des édifices.
Si celui-ci n’est ni complet ni un “beau livre” il est un outil indispensable à toute personne comme moi passionnée par la question de l’art sacré au xxème siècle comme devrait l’être toute personne intéressée par l’architecture de ce même siècle, (coup d’œil appuyé vers mes étudiants).
Et comme pour illustrer ce nouveau guide je vous livre quelques trouvailles en cartes postales récentes. Elles rejoindront ensuite le classeur “Vatican 2”.
Commençons par le Havre avec une image de l’église St Michel (1964) qui aurait comme architecte Mr Henri Colboc.
Cette église ne figure pas dans ce guide mais je trouve la trace de Mr Colboc pour une église à Paris Notre-Dame-de-la-Salette dans le XVème arrondissement. Il s’agit d’une carte postale Belcolor d’après un Ektachrome. Elle n’est pas datée.
Restons au Havre avec l’incontournable église St Joseph. La carte postale nous indique les noms des architectes Auguste Perret et Raymond Audigier. C’est une carte Real-Photo en bromocolor éditée par CAP. Notre nouveau guide nous indique la date de construction: 1951. Il précise également que les sculptures sont de Mr Verdoya et le maître-verrier est Madame Hure Marguerite. Consacrée en 1957 la tour fait 107 mètres de hauteur. Il s’agit d’un très beau bâtiment et d’une très belle carte postale.
Nous continuons avec l’église Sainte Bernadette de Dijon que je regrette vivement de ne pas avoir vue lors de ma visite en cette ville. L’architecte est nommé et il s’agit de Mr Belmont de Paris précise-t-on. Editée chez Combier, la carte est une photographie de D. Tibislawky assez réussie d’ailleurs. Admirons la petite Ami 6 et la population sur la place. La carte fut envoyée le 22avril 1965 à 19h30 !
Voici maintenant l’église des “trois Epis”. Les architectes sont Keller et Dumas dont on admirera l’audace de la toiture. Il s’agit d’une édition de L’Europe, imprimée en Eurolux en couleurs naturelles et c’est le numméro 11 de la série ; il n’y a pas de date.
Voilà pour l’instant en ce qui concerne nos belles églises modernes de France.
A suivre...