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jeudi 23 septembre 2010

compléments, ajouts et autres détails

Les cartes postales n'arrivent que rarement en lot, bien rangées par architecte ou par lieu.
Il m'est donc nécessaire de temps en temps de revenir sur des architectures et des cartes postales déjà publiées.
Alors un peu de manière confuse, mais aussi finalement comme un parcours dans un paysage, voici des architectures que les plus fidèles auront vues précédemment. Mais toutes ces cartes postales sont ici inédites...
Allez hop !




On retrouve d'abord la Société Pernod et sa Pernoderie que nous avions vues ici. L'architecte est Monsieur Willerval.
Les cartes postales sont des cartes de visite, vendues en souvenirs ou offertes aux visiteurs de la Société. Elles sont d'une taille supérieure à la normale (10x15cm) et toutes des photographies de Monsieur Francisco Hidalgo. Il fait un travail de couleurs étonnant, jouant du flou, pastillant de brumes colorées les lieux. On peut y voir une sorte d'hommage à la polychromie généralisée dans l'établissement.

Et là :


La vue multiple vous donne un peu de pittoresque et surtout une vue des jeux superbes du Group (e) Ludic déjà vus ici par exemple. (voir la gare de triage à droite)

On remarquera sur ce détail que deux garçons sont habillés exactement de la même manière, peut-être des jumeaux, ou des parents au sens pratique bien développé !
Les jeux, eux, continuent de me fasciner. Je les trouve vraiment très beaux. A nouveau, on constate le sens esthétique des V.V.F à cette époque et la curiosité des photographes pour ce type d'objet entre design et sculpture.
Un must :


Cette carte postale sera bientôt historique, elle l'est déjà.
Le Forum des Halles ici est bien photographié faisant socle à Saint Eustache. On peut à l'envi, plonger dans la transparence de la verrière au premier plan, glisser sur le très beau morceau que représente l'escalier, s'interroger sur le volume jaune vif à droite et aussi se demander à quoi servaient les Algéco visibles ici :


Le trou des Halles était-il encore en chantier ?
La carte postale Yvon nous donne bien le nom des deux architectes messieurs Vasconi et Pencreac'h, elle est datée par l'expéditrice de 1982 mais de l'éditeur de 1979.
On retrouve cette architecture du Forum des Halles ici par exemple. Et ne pas oublier d'aller lire l'excellente lettre de Monsieur Pencreac'h ici.

mercredi 17 février 2010

ici et maintenant



Je trouve une carte postale représentant mon quartier vu d'avion.
Ce genre de vues sur des quartiers aussi récents est assez rare.
Nous sommes à Charenton-le-Pont.
L'image nous donne une date, 1996 et nomme le quartier Valmy.
Ce qui est aussi assez rare ici c'est de pouvoir vous montrer à la fois donc cette vue d'avion et vous montrer ce que je vois depuis ma fenêtre.
J'apprends par exemple qu'il y a des jardins cachés que je ne pouvais voir depuis mon regard de piéton.
Ma fenêtre est ici :



Et voici ce que je vois :



le bâtiment gris à droite est de Monsieur Willerval.

L'ensemble néo-classique et post-moderne se veut grandiose, un rien éternel et incroyablement toc. Mais il offre des espaces silencieux et calmes, de vraies places publiques ouvertes et c'est déjà ça. Et puis tout est là en bas sous la coupole qui agit vraiment parfois comme une placette. Hier le babyfoot du bar avait étrangement migré au milieu du passage comme sur une terrasse.
Là, aussi il faut se taper le sas fumeur des personnels des bureaux qui viennent devant les portes et à l'abri en griller une petite.
Il suffit de descendre pour lire le nom des architectes. Le bâtiment central est donc de Jean Willerval. Et l'ensemble immobilier autour est de messieurs Chevenot et Rouviere.
Tous signent leur construction ce qui est bon signe. Vous ai-je dit que je faisais aussi collection des signatures d'architectes sur leurs bâtiments ?




Etrange mélange et collage.
Je n'ai pas grand chose à raconter de ce genre d'architecture qui, au plus m'indiffère. Tout cela sent le tertiaire, l'investissement, le pastiche. Les formes simples jouent les grandes dames à grand coups de compas, couvertes de verre réflechissant et de parement de granit qui doit apporter sa touche de sérieux et de qualité ou encore de zinc et d'ardoises pour les logements pour évoquer le Paris éternel.
Mais j'y dors tranquille.
Voyez la même vue depuis Google Earth, saisissant :



lundi 15 février 2010

une promenade en 5ème

Aujourd'hui j'ai arpenté la ville avec mon guide d'architecture Paris Pavillon de l'arsenal de Monsieur Eric Lapierre.
Je suis surtout allé dans le 5ème arrondissement.
J'ai arpenté les rues suivantes et à peu près dans cet ordre : rue Berbier du Mets, boulevard Arago, rue Pascal, rue Julienne, rue Corvisart, rue Arago, rue Pascal, rue Mouffetard, rue de l'Arbalète, rue Bernard, rue Rataud, rue Erasme, rue d'Ulm, Rue Feuillantine, rue Nicolle, rue Laveran, rue Blainville, rue de l'Estrapade, rue Patriarche, rue Halpern, rue Arbalète et j'ai rejoint la rue Dunois ensuite.
Je vous donne les architectures à la queueleuleu avec si possible le nom de l'architecte :
La tour De Monsieur Edouard Albert architecte, attention une merveille :



Des logements par ED architectes. Je fus très surpris par la base de l'immeuble en fausse ruine provençale qui, si je dois l'avouer sort un peu de mes repères (c'est peu dire...) cela n'en est pas moins d'une grande originalité et d'un humour bien marqué. La façade bien articulée et dessinée me plait, elle, beaucoup plus. Mais cela reste certainement l'une des plus grandes curiosités du Paris architectural :



Il s'agit bien de l'entrée de l'immeuble voulue ainsi par les architectes et pas un collage réalisé par un propriétaire tardif amoureux de la Provence.



Juste en face, ce magnifique immeuble de Claude Balick que l'on connait bien sur ce blog. Vraiment on sent un attachement aux matériaux très fort et la générosité de la façade est formidable.


Un immeuble mixte de Monsieur Willerval dont j'aime tant la caserne de pompiers. Ici une réalisation qui m'a surtout troublé par son jeu de briques au rez-de-chaussée, jeu repris par une bâche de cafetier pour sa terrasse, sorte de décor du décor, c'est improbable mais c'est un des plaisirs de la ville.






Vous voyez ? A gauche le mur du bâtiment et son jeu de briques et à droite la bâche imprimée avec le même motif. Surprenant !


Ici le volume de ce parement. C'est très typé mais c'est aussi assez beau.


Un petit mais très étonnant immeuble de Monsieur Maurios. J'aime sa relative dureté, j'aime la manière fine avec laquelle, en pavés de verre, il vient se coller à son voisin mais j'aime moins le pli de la feuille de métal sous les fenêtres. Mais là aussi, je n'ai rien vu de similaire ailleurs.




Regardez la qualité de prise au sol de l'entrée et le beau jeu des couleurs, des matériaux et des volumes :


Un magnifique escalier dans un canyon de brique dont je ne connais malheureusement pas le nom de l'architecte :


L'ilôt des Patriarches par Robert Grosjean, Jean-Philippe Pargade et Gérard Viard


et un ensemble dont je ne sais rien mais dont la massivité des décrochements me ravit au plus haut point !



Pour finir cette chose étonnante surtout quand je vous dirai la date. Il s'agit d'un immeuble de logements surélevé. Le collage est parfait, sachant tenir en respect l'ancien et la greffe tour à tour.
Pas de pastiche mais au contraire dans une belle discrétion très classique, Paul Chemetov réussit un tour de force stylistique.
Et cela en 1967 !
Lorsque l'on voit le bâtiment on ne peut y croire tellement il est parfaitement de notre époque. J'ai dû y regarder à deux fois dans mon guide... Un très beau morceau mais on est habitué avec ce monsieur.


mardi 14 juillet 2009

grincer des dents

Je vais tenter quelque chose.
En partant d'un détail rejoindre le paysage : le paysage nucléaire.
Il y a dans ces deux mots accolés tout l'effort à faire. Comment ce qui est de l'ordre de la plus minuscule particule peut côtoyer ce qui est de l'ordre du paysage ?


Partons de cette carte postale nous montrant le Centre de Production Nucléaire du Bugey (Ain) en cours de construction.
On nous dit aussi : construction 2/3, 2X925 MWe Filière REP (sic).
Mon œil a glissé il y a longtemps sur cette image de chantier. La forêt de grues, le béton frais, le bordel et le rangement associés me font toujours jubiler. J'aime les chantiers et cet état intermédiaire qui donne souvent à voir les structures des bâtiments. Mais là mon œil a aussi glissé à gauche, en bas de l'image. Regardez avec moi :


Vous reconnaissez cela ?
Il s'agit des petites cabines de chantiers dont je possède une version jouet sur un camion Majorette ! (voir article du 16 mai 2009)
C'est drôle non ?
Mais au-delà de ce détail me revient également que Monsieur Claude Parent a participé activement à la réflexion sur le paysage nucléaire. Et là j'entends grincer des dents...
D'ailleurs dans quelques-unes des Revues françaises de l'Electricité on trouve des textes de Monsieur Parent à ce sujet. Il y établit avec application la différence essentielle entre paysage et architecture.
Ce point de vue plaçant la réalisation d'espace à l'échelle du paysage est déjà présente dans son architecture en fonction oblique. Cette envie de créer le paysage au lieu de l'intégrer lorsque le programme est si vaste et l'utopie si grande est une nécessité. Mais c'est aussi, de tout temps une réalité historique de ce que l'on nomme la monumentalité. Donc, il est bon parfois de le redire. La masse est porteuse non pas d'un contresens paysagé mais bien d'un paysage. Dans un autre numéro de la Revue Française de l'Electricité on peut lire cela :


cliquez pour agrandir

Sur la page opposée on retrouve Bugey et ces incroyables tours de réfrigération magnifiques et en dessous un dessin de Monsieur Claude Parent.




Il est aussi question du rapport à l'industrie et de la marge de manœuvre des architectes. Il faut avouer que la lecture des types est un peu difficile, j'entends leur originalité. Mais l'effort est louable dans la mesure justement de l'étroitesse de cette marge de manœuvre.

Roger Taillibert

Paul Andreu

Claude Parent

Claude Parent

Claude Parent

collectif : messieurs Andreu, Dubuisson, Homberg et Parent.

collectif : messieurs Andreu, Dufau, Parent, Willerval

On devine une masse identique que chacun des architectes essaie de sculpter de manière différente et souvent subtile.
On retrouve aussi les belles maquettes de bois qui ne sont pas sans évoquer celle de Sainte Bernadette de Nevers. Sont-elles aussi réalisées par Monsieur Follenfant ? Le programme nucléaire offre à Monsieur Parent un registre formel qui lui convient parfaitement : échelle du paysage, traitement de volumes clos et masses tendues. On peut aussi y retrouver un versant quasi mystique et tellurique dans le contenu même des constructions. L'étrangeté scientifique et son secret renforce l'impression de puissance. C'est sourd.
On ressent cela très bien lorsque l'on perçoit au loin les centrales, un mélange de fascination (pour certains presque morbide) et une inquiétude devant une forme dont finalement on ne connaît pas réellement la nécessité des fonctions. Cela ressemble à des bunkers... Et c'est bien plus protégé.
Mais oui, les centrales nucléaires sont des paysages merveilleux au sens premier du terme générant une sensation inquiétante entre le Château de Kafka ou un tumulus celtique. J'ai eu la chance de voir il y a longtemps les tours de Bugey avec leur panache de vapeur. C'est tout bonnement fantastique quoi que l'on pense de l'énergie nucléaire. C'est fantastique.
J'ai dans mes classeurs "génie civil" deux autres cartes postales de centrales nucléaires.


Voici Flamanville en vue aérienne du 5/2/1985 chez Combier en photo Savary avec cette phrase : Le cœur sent ce que l'œil ne voit pas !
La réponse idéale (ici pour un jeu-concours).



L'autre carte postale nous présente Paluel ; une carte postale EDF-Paluel que j'avais dû acheter lors de ma visite à cette centrale.
Revue Française d'Electricité N° 259 1977, N°266 1979, N°269 1980
Les dates échelonnées prouvent la persistance du travail de collaboration d'E.D.F et de Monsieur Parent.