Affichage des articles dont le libellé est Georges Candilis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Georges Candilis. Afficher tous les articles

mercredi 16 mars 2016

Le Capitaine Candilis sans capitainerie




Je reçois, je diffuse :

" L'héritage moderniste se voit donc une fois de plus (et une fois de plus pour Candilis) totalement méprisé. Alors qu'une ville balnéaire existe, prend son identité dans le travail d'un architecte et de son équipe, (architecte génial reconnu par l'histoire), les seuls qui ne comprennent pas la chance qu'ils ont, sont ceux-la même qui gèrent cette héritage : les politiciens locaux. 

Il faut le dire, à leur défense, ils manquent sans doute d'une éducation de l'histoire de l'architecture et de l'œil, mais aussi d'un sens aigu de l'histoire locale, mettant à bas tout ce qui constitue la réalité historique du lieu où ils vivent. Lors de nos visites de Port Leucate, nous n'avions vu que mépris pour cette modernité qui malheureusement n'est pas détruite pour laisser place à une nouvelle mais pour fabriquer une image ressemblant à un décor digne de Walt Disney, mélange somptueux de néo-provençal revu par Las Vegas, de ferronnerie Brico Rama Brico Dépôt (un must du génie local) et un concept de l'espace inventé par le lobby tout puissant des vérandalistes aluminium qui doivent avoir, avec la mairie qui donnent les autorisations, ce même goût pour l'architecture de carton-pâte. 

C'est trop tard maintenant. 
C'est par terre.
 L'histoire de l'architecture se rappellera les noms des responsables.

On notera que, comme à l'habitude, les arguments sont comme toujours les mêmes : état de la construction, risques, non-conformité. On s'amuse de ces arguments qui sont, en fait, le symptôme de quoi ? Simplement d'un manque d'entretien et d'un désir larvé de voir ce béton disparaitre. On laisse pourrir pendant des années sans rien toucher, on fait venir les pompiers, on évoque la sécurité, on fait la démagogie habituelle sur les besoins d'aujourd'hui qui ne correspondent plus à la construction d'hier et Hop ! On met par terre avec, bien entendu, aucune honte et même une certaine joie . Nous avons honte pour eux. Bref, une histoire bien connue aujourd'hui en France. Nous conseillons donc aux élus locaux de la Culture de la Ville de Port Leucate (il y en a ?) de voyager en Suisse, en Allemagne et surtout en Hollande où les constructions modernes font l'objet d'une attention, de recherches, de soins incroyables appuyés, c'est vrai, par des architectes, des responsables patrimoniaux, des règlements et une éducation  qui font que la population, la démocratie, l'histoire donnent à lire dans le réel des rues, les héritages successifs avec originalité, idées, et même fierté. Oui, Monsieur le Maire, fierté de l'histoire et de la modernité.

L'éradication de la Capitainerie de Port Leucate est une faute patrimoniale grave. 
Grave. 
Très grave.

Nous avions cru un instant avec le classement des Carrats que cette ville et cette région auraient pu s'engager comme Royan ou Le Havre dans un vrai travail de reconnaissance de cette héritage de la Mission Racine. Il n'en est rien. Il s'agit sans doute d'un mélange audacieux de manque de courage politique et d'ignorance avec une pointe amère croquante-fondante de démagogie locale.
Bon vent Port Leucate ! 
Tu deviendras un magnifique décor pour rêve de cagoles où l'on fait semblant, où tout fait semblant."
Le Comité de Vigilance Brutaliste

Voilà qui est dit avec...euh...mesure.
Pour se rappeler un peu l'importance patrimoniale de cette Capitainerie :
elle faisait partie des tous premiers bâtiments construits par l'équipe de Monsieur Candilis pour tester le système constructif réalisant une trame étendue et infinie. Le système constructif, à la fois extrêmement fin, léger et intelligent permettait par un jeu nommé par l'équipe de Monsieur Candilis "Meccano" de produire rapidement des espaces modulables, transformables à volonté et donc de jouer avec les espaces intérieurs et extérieurs produisant un vrai urbanisme. On le sait, en architecture, la structure signe l'intelligence. Ici, à Port Leucate, avec ce système, l'équipe de Monsieur Candilis avait simplement inventé une nouvelle forme de mapping architectural si à la mode aujourd'hui. Il suffit de regarder les dessins techniques de ce système pour en comprendre le génie de sa simplicité et donc de sa beauté constructive. À l'égale des grands systèmes constructifs allant de Eiffel à Mimram, Monsieur Candilis avait offert à Port Leucate et Port Barcarès une possibilité d'avenir, un choix urbain et architectural d'une très grande originalité. C'est, sans doute, cette originalité que des yeux aveuglés par une fausse histoire du lieu n'ont pas su percevoir. On n'aime plus, en effet, une architecture qui dans sa forme, sa légèreté, sa fonction donne trop vite à lire son sens de l'égalité, son humanisme et surtout, sa liaison franche avec le paysage.
On notera que ce système de Port Leucate était si important pour Monsieur Candilis et son équipe qu'il faisait la couverture de son ouvrage sur les constructions de loisirs !

Recherches sur l'architecture des loisirs
Georges Candilis
édition Karl Krämer, 1972. 

Pour revoir tous les articles sur Monsieur Candilis :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/search/label/Georges%20Candilis

maquette et Capitainerie :

 

 

ici, le centre commercial fait du même système :

 

Comme un jeu de construction aux possibilités infinies :

 

 Détails techniques :

 

 



Je vous donne à nouveau à voir les cartes postales qui rendent compte de ce système constructif :

carte postale de la capitainerie du port de Port Leucate des éditions DINO non datée.


carte postale du centre commercial de Port Leucate, éditions Audumares, non datée :



lundi 23 mars 2015

le syndrome de Vasa étudié à l'université du Mirail





Ce matin, c'est comme un appel.
(Merci Clément pour l'alerte.)
Je vois des pages et des pages s'afficher sur la destruction du Mirail à Toulouse et notamment de son université. Comme toujours la France a la gueule de bois et se réveille trop tard pour défendre son Patrimoine. Et comme toujours dans le débat, on oublie les institutions qui n'ont pas pu (voulu ?)  protéger l'université et l'ensemble du Mirail à Toulouse.
Alors, comme tout le monde un peu sensible à cette histoire, je signe une pétition dont je sais qu'elle ne servira à rien face à la machine administrative et politique qui n'y connaît rien en architecture. Il suffit de lire les propos du Président de l'université face à ce patrimoine pour comprendre comment on tord les mots et son esprit pour faire semblant d'être sensible. C'est émouvant autant de tactique verbale. Ça marche sur des œufs un peu pourris.
Alors, quand ceux-là mêmes qui devraient défendre l'héritage architectural nous rassurent justement en prétendant qu'il ne faut pas s'inquiéter car on conservera l'esprit du lieu (mais pas l'architecture...) on est soit en colère devant un type à genoux face à l'événement ou mort de rire face à l'acquiescement politique de sa fonction. Dans quelques mois, on inaugurera une université toute neuve dont vous verrez, il osera dire avec les architectes complices de cette restructuration qu'elle est un hommage à celle qui vient d'être détruite. Allez lire la communication de l'agence c'est d'une drôlerie...
Je n'en peux plus.
Et on organisera bien un petit colloque pour faire bonne figure et une petite exposition pour rappeler la belle histoire de Georges Candilis, vous verrez, ça viendra, on voit ça tout le temps... Les invitations vont partir.
Monsieur le Président d'une architecture qui disparaît sous votre présidence, vous qui vous cachez derrière les questions financières alors qu'elles sont politiques (car la question du Patrimoine est politique je vous le rappelle) Monsieur le Président, s'il vous plaît, ne faites pas semblant d'être du côté de ceux qui défendent ou regrettent. Ayez au moins l'extrême obligeance de porter fièrement votre projet et d'en assumer les conséquences (malheureusement pour vous et pour nous) tragiques, de la destruction indigne d'un Patrimoine unique. Et comme vous êtes soutenu par le vide abyssal des paroles de nos Ministres de la Culture ou de l'enseignement dit supérieur, la France, une fois de plus, sera le pays où il fait bon être désolé et où on applique avec joie et opportunisme le fameux syndrome de Vasa.
Soyez désolé Monsieur le Président, c'est tout ce qu'il nous reste.

Pour signer la pétition, c'est urgent, faites-le, merci :
Pour lire les propos du Président désolé de ce qui arrive et que même, oui, oui, il aime bien Candilis :

Pour vivre le travail de Georges Candilis :





















Cette carte postale des éditions de la Carterie Occitane F. Loubatières nous montre Toulouse le Mirail et plus particulièrement son centre socio-culturel et sportif. On devine derrière l'un des immeubles d'habitations et devant, un peu difficile à lire, le monument de Tarass Chevtchenko. La carte fut expédiée en 1971. On comprend d'ailleurs le glissement des automobiles sous la dalle et la beauté structurelle du centre socio-culturel sur le même modèle que l'université. On notera comment le photographe place la végétation dans le cadre, avec la verticale de l'arbre venant cadrer les fonctions.
Dans le très bel ouvrage Toulouse-le-Mirail, la naissance d'une ville nouvelle, on trouve quelques éléments, les photographies sont de Taki Candilis :



















mardi 9 octobre 2012

Strabic, une revue, un écho

La revue Strabic me fait l'honneur d'une collaboration pour des articles très "caliente" sur les vacances, l'architecture ou le design.
Vous trouverez dans cette revue (exclusivement sur internet) trois courts articles de votre serviteur sur Anglet, Port-Leucate et Royan. Cette revue propose un regard souvent décalé, pertinent et même parfois franchement drôle sur les questions du territoire, de l'architecture ou du design. Ce regard est rendu palpable aussi par un travail étonnant de présentation et de pagination. Un vrai lieu donc de réflexion où l'on apprend, se divertit et s'étonne avec jubilation. J'espère que mes contributions y seront à la hauteur.
Pour compléter ces articles et plus particulièrement celui sur Port-Leucate, je vous propose quelques nouveautés sur ce spot si particulier et pour lequel je sens monter une vague de nouvel intérêt, de nouveau regard.
D'abord une carte postale en vues multiples qui permet de voir beaucoup des facettes de Port-Leucate et surtout de comprendre comment on se reconnaissait dans cette nouvelle ville. On pourra aussi admirer le graphisme et la mise en page...





Il semble que le confort moderne et la plage soient les deux axes essentiels de ces représentations. La modernité serait comme adoucie par le balnéaire, transformée en machine à plaisir et si on ne cache rien de cette modernité on s'arrange toujours pour la montrer du côté du ludique, du festif et du repos. C'est normal elle est faite pour ça !
Quelques détails :







On notera que le correspondant en 1980 ne parle au verso nullement de l'architecture et de l'urbanisme de son lieu de villégiature. Quoi conclure ? Soit que cela ne le mérite pas au sens où cette modernité est admise... soit, au contraire qu'il pense que la ville n'a aucun attrait en tant que telle. Je penche pour la première mais il est vrai que très rarement les correspondants n'évoquent l'architecture ou la ville qu'ils ont choisies en carte postale !
Une autre vue :


Cette très intéressante carte postale est originale car elle est éditée par les Caisses d'Allocations Familiales ! Elle représente le Village Vacances "Les Carrats" dans lequel on retrouve toutes les particularités de Georges Candilis l'architecte. On notera l'effet "désert habité" de l'image. Tout vient en même temps et la carte postale depuis ce point de vue dit bien cette naissance soudaine de la ville balnéaire qui semble posée sur un sol de sable, sorte d'oasis inventée de toute pièce.
Détails :




Pour finir :



Retrouvons le Kyklos ici appelé par les éditions Théojac pour Iris le drugstore. La carte postale expédiée en 1973 met surtout en avant les très beaux panneaux de plage, panneaux réalisés sous l'impulsion de Georges Candilis et que l'on retrouve parfaitement représentés dans son ouvrage "Recherches sur l'architecture des loisirs" que nous avons déjà évoqué. Nous en admirons le très beau dessin, le choix des couleurs vives et la qualité d'adaptabilité. Que sont devenus ces modèles si particuliers d'un design du balnéaire ?
Sont-ils encore utilisés ? Rangés dans un garage ? Perdus sous les sables ?




Je ne vois qu'une personne permettant de savoir cela, c'est Clément. Il a déjà sauvé des hexacubes de Georges Candilis, il pourrait bien en même temps avoir trouvé de-ci de-là quelques-uns de ces panneaux brise-vent ! On notera que Candilis donne la taille du Modulor à son panneau : 1, 83 M
Bon courage Clément pour la chasse !
Allez voir là : http://www.ledesignsexpose.com/

Extraits du livre de Georges Candilis :






samedi 25 août 2012

Candilis du ciel

Revenons un peu à Port-Leucate avec deux images qui nous permettent d'admirer le jeu des courbes et des grilles de cette ville dont on doit l'essentiel à Georges Candilis.
Regardons par exemple cette carte postale Iris qui nous montre le centre commercial :



D'abord nous admirerons la ville en chantier et le dessin des bassins. On dirait une ville posée dans un désert. Mais au premier plan ne peut-on pas admirer le beau dessin de ce centre commercial recouvert de petites pyramides et qui sait s'articuler en placette à son extrémité ?





Ne devine-t-on pas que le principe constructif naît d'une grille et d'un module répété à l'envi ? On retrouve bien ce type de construction dans le livre de Georges Candilis, Recherches sur l'architecture des loisirs. On nous explique qu'un morceau fut construit pour en étudier les inconvénients et avantages et que ce morceau était la Capitainerie du port. Le livre nous donne aussi à voir une belle projection en axonométrie du système constructif bien dans les manières un peu pop de l'époque. La structure se voudrait une nappe continue et transformable à loisir selon les besoins. La mobilité structurelle étant bien là une donnée de ce moment de l'architecture. Qu'en reste-t-il ?



















Et voici encore Port-Leucate depuis le ciel :



Ce très beau dessin organique qui aménage des terrasses à n'en plus finir est celui du Kyklos. Nous avions déjà visé là ce très beau bâtiment dont il semblerait que le cabinet d'architectes Gardia-Zavagno en soit finalement le créateur.
En tout cas cette carte postale Théojac donne toute la mesure de ce désir méditerranéen de terrasses ouvertes ou plus secrètes dont il est parfois difficile de comprendre les articulations. C'est simplement très beau et cela contraste évidemment parfaitement avec la logique plus régulière et orthogonale de Monsieur Candilis. Regardez comme le dessin déborde le bâtiment, le quitte presque pour rejoindre celui des espaces publics. On admirera également la parfaite maîtrise de la photographie de J.-C. Meauxsoone qui avait également réalisé le cliché précédent.

Recherches sur l'architecture des loisirs
Georges Candilis
Karl Krämer Verlag éditeur
1972