mardi 17 novembre 2009

André Gaillard architecte

Vous vous souvenez de cette carte postale ?

édition Cusco, Barcelone

J'ai posté un message dessus le 28 avril 2009.
Voici que mon patrimoine de papier, ma collection d'Architecture d'Aujourd'hui continue de me prodiguer informations et photographies sur mes cartes postales mystérieuses.
Vous allez voir.
Ce qui continue de m'étonner c'est le choix de cette construction pour le photographe de cartes postales de la Costa Brava qui ne doit pas manquer de clichés de vacances avec mer, baigneurs et horizons construits et pittoresques.
Est-ce que cette villa représentait quelque chose de particulier pour lui ? Est-ce finalement la modernité de la villa qui déclencha l'envie d'une publication en carte postale ? Mais alors pourquoi ce recul ? On la voit peu tout de même cette villa bien trop cachée dans les roches roses orangées. Une manière d'échapper aux propriétaires en n'en faisant pas la centre du point de vue ?
Étrange...
Il n'en demeure pas moins que le photographe l'a vue, que l'éditeur la publiée, que Henriette et Francisco l'ont envoyée et que dans un carton je l'ai repérée... Épatant non ?
Mon œil... Ma mémoire.
Et puis double page dans Architecture d'Aujourd'hui de janvier 1965 qui nous donne enfin le nom de l'architecte André Gaillard. A-t-il construit autre chose Monsieur Gaillard que je pourrais avoir en carte postale ? Vite des recherches !







cliquez dessus pour lire.
Je trouve l'article bien critique et n'arrive pas malgré les plans et photographies à comprendre le reproche ; le rédacteur de l'article est certainement allé sur place lui...

dimanche 15 novembre 2009

Holmenkollen ski jump

Inépuisable recueil.
L'Architecture d'Aujourd'hui continue de me prodiguer des surprises et je trouve par exemple un article sur ce tremplin de saut à ski en Norvège.



Lorsque j'ai acheté cette carte postale, j'ai été immédiatement séduit par cet objet architectural étonnant qui me faisait penser à la cage thoracique ouverte d'une baleine géante.
J'ai aimé aussi la lumière qui baigne les personnes au premier plan mélangeant un objet d'hiver avec une ambiance estivale.
C'est un pique-nique au pied du lac maintenant artificiel comme vous le dira l'article de l'Architecture d'Aujourd'hui de septembre... 1955 !
Au premier plan un petit garçon (une petite fille ?) fixe à jamais le photographe et les parents font chauffer de l'eau sur un gaz de camping.



J'aimerais tant me baigner là et participer à ce déjeuner sur l'herbe.



La carte postale Garko Kortforlag A/S fut expédiée en 1968 et la photographie est de Giovanni Timboli qui ne m'est pas inconnu.
Mais quelqu'un peut-il me dire à quelle hauteur, oui hauteur, saute un skieur lors d'un saut en longueur ?
Le contraste entre l'ambiance de l'été et celle de l'hiver est saisissant. On voit que les architectes sont Frode Rinnan et Olav Tveten. Charme des prénoms du Nord...
Pour lire les textes n'oubliez pas de cliquer dessus.







depuis la mer, depuis la ville

Quelques nouvelles de la Grande Motte.
éditions la Cigogne 1975

éditions Yvon 1975

D'abord deux cartes postales les pieds dans l'eau, le photographe, pantalon remonté jusqu'aux genoux, tenant attentivement son appareil s'avance dans la mer et se retourne vers la terre. Entre lui et la ville, la plage offre ses vacanciers en goguette jouissant du bonheur de vivre là pendant quelques jours.
Clic Clac.
Tout fera de cette image un cliché des vacances. Il faut pouvoir dire la joie des baignades, le bleu de la mer et aussi tout de même l'architecture. Ici, cela tombe bien, elle a les pieds dans l'eau comme tout le monde.
On remarquera d'ailleurs la permanence ici aussi du point de vue entre les deux cartes postales qui semblent vouloir établir un modèle type.
Je ne m'étendrai pas sur la Grande Motte que nous connaissons bien ici. Petit rappel tout de même pour les arrivants : l'architecte est Monsieur Balladur.
Après la plage le photographe pourrait bien remonter vers le centre ville et prendre quelques clichés de l'ambiance si moderne de la ville. Comment dire cela autrement que par une vue là aussi très attendue : le jet d'eau sur la place.


éditions Diffu-cartes 1988

Ici nous sommes sur la place du 1er octobre 1974 (date de fondation de la ville ?). On admirera les lampadaires superbes et tournoyants.
C'est moderne oui un peu comme chez Tati, doucement moqueur.
On peut aussi se rendre au point zéro de la ville grâce à cette édition Yvon.

édition d'art Yvon 1973

Là, le photographe oublie la mer et nous montre la ville comme plantée dans la végétation bien guidée. Pourtant au loin on devine l'horizon. Les pyramides surgissent d'un coup solides et fières comme ce pied d'herbe bien drue au premier plan. Je ne peux m'empêcher de voir dans le bord du bassin en ciment une analogie avec le bétonnage des côtes maritimes. Un long ruban ininterrompu séparant la terre de la mer. Mais ce n'est vraiment pas le cas ici à la Grande Motte.
Mais la nuit tombe et la soirée ne fait que commencer.

éditions Mar 1979

La carte postale Mar nous nomme cela "la ville de l'an 2000, la nuit". Et comme partout et comme toujours au bord de mer, les lumières sont photogéniques dans les reflets incessants de l'eau du port. L'hôtel palpite des lumières des chambres occupées.
En espadrilles on fait du vélo, on danse le disco et Bye Bye boulot, en espadrille....

samedi 14 novembre 2009

Grenoble, les trois tours

L'immeuble résidentiel photographié seul comme objet unique d'une carte postale est assez rare.
On photographie plus volontiers le quartier.
Seuls, quelques immeubles certainement curieux, originaux et suffisamment marquants ont donc droit à des clichés serrés.
Le 24 août 2007, je publiais une carte postale de Grenoble nous montrant un coin du paysage de la ville avec au fond les belles tours de messieurs les architectes Anger, Pivot et Junillon.
Le point de vue jouait alors sur l'inscription moderniste des tours dans un paysage plus pittoresque.
Voici que je trouve cette autre carte postale :



Ici, pas de doute, les immeubles modernes sont l'objet de la carte postale. Le photographe comme souvent génère un premier plan vert et boisé toujours je crois pour modérer la modernité mais aussi pour dire peut-être la réalité d'un quartier paysagé et luxueux où l'habitat en hauteur libère le sol pour les pelouses, parcs et... parkings .
En tout état de cause ces tours sont superbes. De véritables sculptures cinétiques, des ruches en loggias.
Malheureusement on devine mal le travail de jonction des tours sur le sol et l'éloignement ne permet peut-être pas tout à fait de jouir de la belle grille des façades.
Mais tout de même cette carte postale est le signe d'un intérêt pour l'architecture moderne et pour l'image qu'elle renvoie de la ville de Grenoble qui se voulait à juste titre une ville à l'avant-garde surtout quand les jeux olympiques rejoignaient les jeux immobiliers.
Je trouve dans la revue Architecture d'Aujourd'hui d'octobre-novembre 1962 une double page nous livrant maquettes et plans.
Je vous les offre également :








une belle série sur l'Atomium

Parfois on connaît parfaitement une construction et les éditions de cartes postales qui l'accompagnent.
Les cartes postales rangées dans les boîtes à chaussures semblent toujours vouloir nous donner la même image de ce bâtiment.
Et puis soudain, il arrive qu'une série inédite vous offre l'occasion de regarder à nouveau cet objet.
C'est le cas avec cette très belle série sur l'Atomium de Bruxelles, série trouvée cette semaine.
Toutes ces cartes postales sont en véritable photographie (echte foto). Au dos elles nous donnent : Copyright Huub Murré, Ottenhome Loodrecht, druck't Sticht- Utrecht.
La qualité d'édition est superbe avec un papier solide et brillant. J'ai cru au début qu'il s'agissait non pas de cartes postales mais de photographies provenant d'un album, impression appuyée également par les points de vue et les cadrages très originaux.
Le noir et blanc est aussi d'une très grande qualité.
Aucune des cartes n'est écrite.
Admirez :





mercredi 11 novembre 2009

Rouen chantier Le Havre chantier

Voici deux villes voisines toutes deux martyrisées par les bombes alliées.
Des champs de ruines qu'il a fallut rebâtir.
Voici deux cartes postales montrant les travaux en cours.
Commençons par l'embouchure du fleuve avec le Havre :




Nous sommes devant le Bassin du Commerce et les nouveaux immeubles dans une superbe édition Bellevues en véritable photographie.
Voyez comment le photographe essaie d'apporter du pittoresque avec sa ligne de barques au premier plan, rejetant ainsi la reconstruction à l'horizon.
Une ligne de terre, une ligne de barques, une ligne d'eau une ligne de baraquements, une ligne d'immeubles, une ligne de ciel.
On devine parfaitement les baraques sur le quai en face avec le linge qui sèche. On perçoit aussi, toutes grues dehors l'effervescence d'un chantier gigantesque qui ne sait pas encore qu'il rentrera dans le patrimoine mondiale de l'UNESCO.
Au dos une date au stylo hésite entre 1950 et 1956. Tante Jeanine écrit à Suzanne dans une orthographe relative : "tu peut voir ma petite Suzanne le changement aux Hâvre. Ses l'amérique 10 étage et les loyers a 45 mil par année. Bons baiser."
Oui l'Amérique et pour pas cher ! Mais est-on en 1950 ou 1956 ? le chantier était-il aussi avancé en 1950 ?




Rouen est un peu plus construite. On pourrait même d'un regard furtif ne rien voir du chantier. Pourtant l'œil rapidement lit bien que tout cela est neuf et inachevé.
La rue Jeanne d'Arc continue encore de monter vers la gare en bleuissant les toits.
La photographie au bromure est colorisée à grands coups de pochoirs malhabiles, des roses, des jaunes et des bleus pour l'ardoise.
La volumétrie a peu changé finalement depuis.
Mais il faudrait courageusement à la loupe lire rue par rue, façade par façade et faire monter le doute de cette pérennité.
Au moins 50 ans depuis...
une édition Lapie, service aérien.


c'est aussi Claude Parent.

Sainte Bernadette a toujours été bonne pour Claude Parent.
Imaginez que, avant d'avoir à réinventer la grotte à Nevers avec Monsieur Virilio, il avait dû se mettre au travail pour dépouiller la vraie grotte, celle de Lourdes.
Si les petites choses font les grands architectes alors Monsieur Parent est un grand architecte.
Regardez avec quelle minutie du détail, quelle douceur et quelle subtilité à la limite du vide, il a su redonner du merveilleux à cette grotte lieu fétichisé s'il en est.
édition d'art Roland 1948


Elcé 1958

Tout est en discrétion humble faisant du creux dans la roche l'œuvre et l'architecture.
Seule maintenant la foi habite ce lieu comme dans les absides romanes presque froides, nids de pierres noircies de fumée.
Tout juste 10 années séparent ces deux cartes postales : 1948, 1958.
La grille saute laissant le passage et redonnant aux pèlerins une circulation des yeux, des jambes et j'ose des genoux si on en croit le pénitent au premier plan de la carte postale Elcé.
Vous pourrez bien me dire que les différences sont faibles entre l'image du haut et celle du bas.
Oui et c'est bien ce qui honore le travail de l'architecte.
Pas de pompe, pas de fanfare tonitruante, rien qu'un travail de retrait, presque de rangement pour permettre enfin à ceux qui voient de voir sans barreau, sans dentelle, sans meuble. La grotte redevient cet écran de projection à espoir, chacun y envoyant son désir et sa compassion sans retenue et sans les ombres d'objets inutiles.
Même la très vilaine sculpture de la vierge y retrouve finalement sa candeur.
On admirera la simplicité de l'autel, géométrie simple aussi qui dit son utilité et ne se pare que des gestes de la liturgie.
C'est touchant, émouvant.



Cette dernière carte postale en couleur chez Edlux éclaire la grotte et la fait voir dans son espace.
Une simple estrade fait comprendre au corps qu'il franchit un lieu pour quitter un paysage. On entre ici par cette petite marche. La nature est laissée sur les parois, dégoulinant d'humidité dans les anfractuosités verdies par les souffles. Ici je retrouve la peau du béton de Nevers imprimée des bois de coffrage. Pour le pèlerin les deux lieux sont à la fois ouverts et fermés. Il faut peu de chose pour le recueillement, la simplicité d'une forme, la réalité d'une matière et la vérité d'une pensée de l'espace.
Sans nul doute que Messieurs Parent et Virilio ont compris cela à Lourdes.