jeudi 12 avril 2012

URGENCE ABSOLUE à Vélizy-Villacoublay



Des menaces terribles planent au-dessus d'une des œuvres majeures de Claude Parent et Paul Virilio à Vélizy-Villacoublay.
L'usine et le centre de recherche de Thomson-Houston aujourd'hui Thales sont menacés de destruction et des panneaux annoncent déjà sa chute.
Comment une mairie peut-elle laisser un tel ordre de destruction se réaliser sur une œuvre pourtant importante de ce duo d'architectes alors même que leurs travaux et particulièrement ceux de Monsieur Parent connaissent aujourd'hui une politique de classement, une reconnaissance nationale et internationale ?
Les institutions du Patrimoines (D.R.A.C Île-de-France), les associations de défense de l'architecture moderne et contemporaine, les amateurs d'architecture, les architectes, toutes les énergies doivent se mettre au service de la protection du centre de Recherche Thomson-Houston de Vélizy-Villacoublay.
C'est une URGENCE ABSOLUE !

Signez cette pétition ! (c'est gratuit et indolore !)



Je sais que vous êtes tous, lectrices et lecteurs de ce blog, des passionnés de cette architecture. Passez un bon week-end en ayant fait une bonne action !
MERCI ! Je compte sur vous !

Vive l'architecture moderne ! Vive le Brutalisme !

Les photographies ci-dessous sont tirées du catalogue de l'exposition "Claude Parent, l'œuvre construite, l'œuvre graphique" Cité de l'Architecture et du Patrimoine 2010 HYX éditeur et sont de Pierre Berrenger.


Pierre Berrenger, Photographe.



Pierre Berrenger, photographe.



Pierre Berrenger, photographe.

mercredi 11 avril 2012

Conférence demain

Je vous invite à me rejoindre demain à 18h30 au Musée Français de la Carte à Jouer d'Issy-les-Moulineaux pour une conférence sur ce blog.
C'est l'occasion de se rencontrer, de se revoir, de discuter.
Venez nombreux !
C'est gratuit et il y aura distribution de cartes postales militantes !
A demain donc !

la France d'en bas (des immeubles)

Par trois fois, des photographes de cartes postales sont venus au bas des immeubles, cadrer la vie d'ici.
Ils ont trouvé un parking, une façade filante bien difficile à saisir dans un ensemble, parfois coupant le point de fuite par une autre barre.
Pourtant, sans jugement de valeur, juste pour offrir à ceux qui vivent là l'occasion de s'y reconnaître, de faire d'un lieu de vie une image possible.
D'abord...



La carte postale Lyna nous montre la résidence du Luth à Gennevilliers. Cette carte était une exclusivité de la Presse-Papeterie-Cadeaux-Tabac (ouf !) de Mr Brisset.
On remarque un Caddie abandonné et un ciel d'une artifice inouï. L'un va bien avec l'autre.
Puis...



Le centre H.L.M de Baignet-les-Tournelles à Chelles en Seine-et-Marne. Les éditions Mage nous donnent deux noms d'architectes : Messieurs Bauve et Nicolas.
Ils ont particulièrement bien dessiné le béton des garde-corps. Ils y ont mis toute la modernité...
Sur le parking, les caravanes tiendront leurs promesses de vacances à la Grande Motte et les 2CV Citroën en attendant font bien leur boulot pour la France qui se lève tôt.





Enfin...



Sur le plateau de la Duchère à Lyon, le bâtiment SACVAL se donne à voir dans un noir et blanc bien... gris.
La façade encaissée, les premiers niveaux comme sous une colonnade, l'escalier desservant le demi-niveau, la répétition, la répétition, la répétition, la répétition de la grille vers l'infini du point de fuite.
Reste le brillant de la carrosserie d'une 403 et les feuilles jeunes et frêles d'arbustes qui ne désirent que croître contre la falaise de béton.


mardi 10 avril 2012

de la peinture moderne (presque)

Voilà un cas vraiment intéressant.
En même temps on verra qu'intéressant ne veut pas forcément dire beau...



Cette carte postale du Centre Pompidou est une reproduction d'une peinture de M. Legendre aux éditions Krisarts (1981).
Et là, c'est le choc !
D'abord bien évidemment par le style de la peinture dont on devine l'habitude de peindre plus certainement les mamelons gonflés de Montmartre que de l'architecture moderne. Ensuite parce que l'objet peint abrite lui-même l'avant-garde picturale et subit ainsi une sorte de retournement fond-forme assez saisissant !
Monsieur Legendre le peintre pourtant joue sa carte stylistique avec vigueur dans une sorte d'imitation grise d'un post-post-impressionnisme rejoint de manière fatale (hélas pour lui) par une naïveté d'effets picturaux éculés.
Mais ...
Car, vous vous doutez bien que je ne prendrais pas cinq minutes à défendre cette œuvre s'il n'y avait pas un mais...
On remarque sur cette peinture un élément incroyable c'est le Diatope de Monsieur Xenakis et ici, sur cette peinture, il est représenté à un moment tout aussi incroyable : sa construction !*



On peut donc malgré la qualité relative de cette peinture lui rendre grâce d'avoir su enregistrer ce moment ! Aucune autre carte postale dans ma collection ne me montre ainsi le Diatope. On devine même les drapeaux flottants de Radio-France !
Comme quoi, un document malgré des qualités redoutables peut tout de même porter des informations étonnantes : ici la structure de l'œuvre éphémère de Monsieur Xenakis.
Enfin reste à relativiser le réalisme de cette représentation...
D'ailleurs est-ce d'abord une représentation du Centre Pompidou ou une représentation de la peinture de Monsieur Legendre ?
Je vous laisse y répondre avec les empâtements, les rehauts et la gamme chromatique du peintre et aussi une certaine forme de tendresse...

* et si, vu la date de l'édition, il s'agissait du démontage ?...

lundi 9 avril 2012

un (demi) œuf de Pâques

Une petite gourmandise de Pâques pour tous les amoureux de mobilier des Seventies.
Une friandise, presque rien, un aménagement intérieur par Bruce Boyd, un californien comme le précise l'article de ce Paris Match de février 1973, an american egg for children.
Une petite sucrerie qui aurait sans doute plu à Monsieur Haüsermann.
Bon lundi de Pâques à tous... Et merci Christophe pour cette découverte !


dimanche 8 avril 2012

Architecture de lumière : une revue magnifique

Et si nous parlions un peu d'une revue d'architecture hélas aujourd'hui disparue ?
Il s'agit de la superbe revue Architecture de Lumière.
Par bonheur je possède quelques numéros de cette merveille éditoriale. Tout ce que nous aimons sur ce blog y est parfaitement représenté !
Le choix des constructions, le choix des photographes, les mises en page font un objet imprimé d'un luxe inouï et quasiment œuvre de livres d'artistes.
Pour vous faire un peu baver, (c'est ma méchanceté !) je vous donne quelques-unes des extraordinaires couvertures. La sobriété est ici... à son apogée !






Alors ?
Certes Architecture de Lumière n'est pas une revue d'analyse et de torture critique. Elle donne à voir avec beauté et finesse les architectures qu'elle défend. C'est sa ligne éditoriale : une esthétique au service des architectures, faire de l'espace de la revue un espace d'accueil de l'art des architectes. Les bâtiments sont décrits au plus juste, parfois par les architectes eux-mêmes.
Les doigts se posent sur les images et on se prend les constructions en pleine figure. C'est magnifique. Et comme il n'y a pas de hasard, un article de plusieurs pages rend compte de la construction du centre Thomson-Houston par Messieurs Parent et Virilio.
Photographies de Monsieur Bérenger:






Seul défaut à ce monument éditorial : sa fragilité. Surtout du point de vue de la reliure qui ne permet pas (ou au risque d'une brisure nette) l'ouverture complète du magazine.
Le comité de rédaction de Architecture de Lumière était composé de Messieurs F. Moreau de Balasy, A. Boulard comme rédacteur en chef, J. Sauvegrain secrétaire de rédaction, S.A. Nicolaïdis pour la fabrication.
Le comité de Rédaction : Messieurs G. Bras, M. Bedetti, J-P. Etiévant, B. Galey, B. Manhes, E. Maymil, R. Morel, Y. Tallec, E. Vinot et Madame M. Riand. La revue est une publication sous le patronage de la Compagnie de Saint-Gobain. Mes revues sont datées de 1966 à 1967 à raison de trois numéros par an... Il m'en manque !
Voici d'autres beaux moments... attention les yeux !
Un article sur Marcel Lods et ses belles constructions des Hauts de Rouen aujourd'hui menacées :




Un article sur le centre nautique d'Aubervilliers que nous avions découvert ici :




Un article de Claudius-Petit (!) sur Chandigarh par le Corbusier, les photographies sont de Claudius-Petit :






Un article sur la Villa d'Antibes par André Bloc et Claude Parent, les photographies sont de Monsieur Gilles Ehrmann :



Si des vieux numéros traînent dans votre sous-sol... je suis preneur !

samedi 7 avril 2012

Monsieur Novarina en résidence

Il y a des moments où tout est à l'unisson.
D'abord un parfait carton 10 par 15 cm, absolument neuf et imprimé avec soin nous montre une belle tour surgissant forte et majestueuse entre les deux bords verticaux de cette carte postale Guy pour André Leconte éditeur.
Puis au dos, comme pour confirmer l'impression de qualité et dire que l'œil ne s'est pas trompé, le nom d'un grand architecte français : Monsieur Novarina.
La carte est expédiée le 11 octobre 1971 depuis Viry-Chatillon car c'est bien là que nous sommes dans cette image. Devant l'ensemble résidentiel CILOF. Compagnie Immobilière des Logements des Fonctionnaires.
Regardons :



D'abord une surface grise légèrement mauve. Viennent des barres horizontales, une fois pour les ouvertures, une fois pour la façade elle-même. La ponctuation des stores de couleur rythme aussi ici cette façade : qui écrira une histoire des stores de couleur dans l'architecture moderniste ?



On remarque que les ouvertures verticales sont toutes rejetées vers les bords de la tour brisant ainsi la monotonie de la grille et soulignant par la même occasion sa verticale. Simple ? Oui mais efficace.
On devine une tranchée verticale sur les côtés de la tour qui allège aussi la silhouette.
Revenons au sol et regardons maintenant comment cette tour travaille son contact avec la terre. Un rez-de-jardin qui semble décoré d'une céramique ou d'un appareillage de brique forme le socle fin et accueillant de la tour de Monsieur Novarina. Puis une première ligne de percées horizontales (stores oranges) assoit encore cette horizontale : des appartements ?
On remarque que si nous poursuivons notre chemin depuis ce point de vue vers la tour, nous arriverons par sa gauche à une sorte de premier niveau en passant sur un édicule de béton gris. La tour est en effet un peu en contrebas.



Puis sur la façade, deux niveaux aveugles sauf aux extrémités forment un rectangle plein qui aussi assoit la tour. Une sorte de "socle" pour la grille de la façade.
Tout est parfaitement dessiné, sobre, élégant.
D'ici, comme souvent avec Monsieur Novarina, simplement une grande et belle architecture.


URGENCE : Signez la pétition pour la sauvegarde du centre Thomson-Houston de Claude Parent et Paul Virilio architectes.