mercredi 15 juillet 2009

la politesse des maisons

La politesse des maisons est le titre d'un très beau livre de Bénédicte Chaljub qui nous parle de Renée Gailhoustet et de son travail d'architecte.
C'est simplement merveilleux de lire ça.
Si vous avez envie de lire un livre sur l'architecture, comment on la vit, comment on la conçoit et pour qui on la conçoit vous devez lire ce livre.
Ici pas d'idéologie forcenée mais l'expérience de l'habitat, de son espace et de son déploiement. Notre imagination remarquablement aidée par une iconographie à la fois riche et pas écœurante, nous permet de comprendre les lieux, leurs formes et la manière dont on peut, on pourrait, on devrait faire du logement social, du logement collectif.
Combien de temps encore va-t-on ignorer cette expérience et ce chemin de vie ?
Pourquoi perdre encore si souvent ce qui a été si formidablement pensé par Madame Gailhoustet et Monsieur Renaudie ?
Lorsque j'ai reposé le livre sur ma table j'ai eu envie d'aller vivre là-bas. Et, ainsi de rejoindre l'architecte au Liégat. Car, voyez-vous, il y a bien des architectes qui vivent dans leur construction et qui en parlent avec un détachement surprenant.
C'est vraiment un livre indispensable.
Il faut noter également la très belle qualité éditoriale de l'ensemble, qualité du papier, des reproductions et de la typographie.
Il pourrait manquer la liste des réalisations de Madame Gailhoustet mais c'est tout. Tout cela pour seulement 22 euros.
Quittez tout et allez chez votre libraire.

la politesse des maisons
Renée Gailhoustet, architecte
par Bénédicte Chaljub
collection l'impensé chez Acte Sud
ISBN 978-2-7427-8227-7





Claude Parent soutient Fernand Pouillon, et Vous ?

Prenez deux minutes de votre temps, quittez ce blog pour aller là :
et comme Monsieur Claude Parent et comme Monsieur Nicolas Mémain signez cette pétition :


mardi 14 juillet 2009

grincer des dents

Je vais tenter quelque chose.
En partant d'un détail rejoindre le paysage : le paysage nucléaire.
Il y a dans ces deux mots accolés tout l'effort à faire. Comment ce qui est de l'ordre de la plus minuscule particule peut côtoyer ce qui est de l'ordre du paysage ?


Partons de cette carte postale nous montrant le Centre de Production Nucléaire du Bugey (Ain) en cours de construction.
On nous dit aussi : construction 2/3, 2X925 MWe Filière REP (sic).
Mon œil a glissé il y a longtemps sur cette image de chantier. La forêt de grues, le béton frais, le bordel et le rangement associés me font toujours jubiler. J'aime les chantiers et cet état intermédiaire qui donne souvent à voir les structures des bâtiments. Mais là mon œil a aussi glissé à gauche, en bas de l'image. Regardez avec moi :


Vous reconnaissez cela ?
Il s'agit des petites cabines de chantiers dont je possède une version jouet sur un camion Majorette ! (voir article du 16 mai 2009)
C'est drôle non ?
Mais au-delà de ce détail me revient également que Monsieur Claude Parent a participé activement à la réflexion sur le paysage nucléaire. Et là j'entends grincer des dents...
D'ailleurs dans quelques-unes des Revues françaises de l'Electricité on trouve des textes de Monsieur Parent à ce sujet. Il y établit avec application la différence essentielle entre paysage et architecture.
Ce point de vue plaçant la réalisation d'espace à l'échelle du paysage est déjà présente dans son architecture en fonction oblique. Cette envie de créer le paysage au lieu de l'intégrer lorsque le programme est si vaste et l'utopie si grande est une nécessité. Mais c'est aussi, de tout temps une réalité historique de ce que l'on nomme la monumentalité. Donc, il est bon parfois de le redire. La masse est porteuse non pas d'un contresens paysagé mais bien d'un paysage. Dans un autre numéro de la Revue Française de l'Electricité on peut lire cela :


cliquez pour agrandir

Sur la page opposée on retrouve Bugey et ces incroyables tours de réfrigération magnifiques et en dessous un dessin de Monsieur Claude Parent.




Il est aussi question du rapport à l'industrie et de la marge de manœuvre des architectes. Il faut avouer que la lecture des types est un peu difficile, j'entends leur originalité. Mais l'effort est louable dans la mesure justement de l'étroitesse de cette marge de manœuvre.

Roger Taillibert

Paul Andreu

Claude Parent

Claude Parent

Claude Parent

collectif : messieurs Andreu, Dubuisson, Homberg et Parent.

collectif : messieurs Andreu, Dufau, Parent, Willerval

On devine une masse identique que chacun des architectes essaie de sculpter de manière différente et souvent subtile.
On retrouve aussi les belles maquettes de bois qui ne sont pas sans évoquer celle de Sainte Bernadette de Nevers. Sont-elles aussi réalisées par Monsieur Follenfant ? Le programme nucléaire offre à Monsieur Parent un registre formel qui lui convient parfaitement : échelle du paysage, traitement de volumes clos et masses tendues. On peut aussi y retrouver un versant quasi mystique et tellurique dans le contenu même des constructions. L'étrangeté scientifique et son secret renforce l'impression de puissance. C'est sourd.
On ressent cela très bien lorsque l'on perçoit au loin les centrales, un mélange de fascination (pour certains presque morbide) et une inquiétude devant une forme dont finalement on ne connaît pas réellement la nécessité des fonctions. Cela ressemble à des bunkers... Et c'est bien plus protégé.
Mais oui, les centrales nucléaires sont des paysages merveilleux au sens premier du terme générant une sensation inquiétante entre le Château de Kafka ou un tumulus celtique. J'ai eu la chance de voir il y a longtemps les tours de Bugey avec leur panache de vapeur. C'est tout bonnement fantastique quoi que l'on pense de l'énergie nucléaire. C'est fantastique.
J'ai dans mes classeurs "génie civil" deux autres cartes postales de centrales nucléaires.


Voici Flamanville en vue aérienne du 5/2/1985 chez Combier en photo Savary avec cette phrase : Le cœur sent ce que l'œil ne voit pas !
La réponse idéale (ici pour un jeu-concours).



L'autre carte postale nous présente Paluel ; une carte postale EDF-Paluel que j'avais dû acheter lors de ma visite à cette centrale.
Revue Française d'Electricité N° 259 1977, N°266 1979, N°269 1980
Les dates échelonnées prouvent la persistance du travail de collaboration d'E.D.F et de Monsieur Parent.


lundi 13 juillet 2009

beau Bobigny

En attendant ma visite à Brasilia, si j'allais là :


je pourrais avec l'imagination et une voiture rapide me rendre en même temps au Havre et dans un resserrement spatial et imaginatif avoir l'impression d'être au Brésil. Si si...
Et puis je ne la connais pas cette bourse du travail de Bobigny et ce n'est pas si loin. J'aimerais y rencontrer des skaters glissant sur les pentes de l'auditorium et faisant jouer leur corps dans l'espace, prendre le tremplin et à pleine vitesse faire des figures audacieuses comme je crois les aime Oscar.
Parfois c'est comme ça que cela doit être l'architecture : praticable.
Mais si Monsieur Niemeyer a dessiné la bourse du travail de Bobigny qui a dessiné la maison de la culture ?



Cette carte postale Raymon ne nous le dit pas. L'édifice a l'air intéressant avec un effet de masse arrondie aux angles qui n'est pas pour me déplaire... suivez mon regard !
On sent également quelque chose comme un carrelage sur la façade et on remarque aussi cet étrange motif au-dessus de la cage d'escalier. Rien sur internet, rien. Si vous savez...
La carte postale de la bourse du travail est une édition Lyna (Lyna je t'aime) avec une photographie de Rolf Walter en couleurs naturelles pour Abeilles-Cartes.
Bobigny reste donc une destination de choix pour ce qui est de l'architecture moderne et contemporaine. Il me faudra m'y rendre le vérascope à la main.

on retrouve Nicolas Mémain

Hier, j'ai décidé d'en savoir plus sur cette carte postale:



j'ai toujours aimé cette image qui mélange une incroyable construction colorée évoquant un peu un rangement de containers sur un port, un pont superbe passant au loin, une mouette passant très près et la vie du port de Martigues.
Mais voilà, longtemps internet et ma documentation restaient muettes. Ma tentative nouvelle fut plus fructueuse.
Je trouve que l'architecte qui réalisa cet Hôtel de Ville de Martigues est Monsieur Delaugerre. En cherchant un peu plus d'informations sur lui je tombe sur une page :
On y voit le talent pour construire de beaux immeubles qui me font immanquablement penser à l'Atelier de Montrouge et à leurs très beaux immeubles pour l'E.D.F à Ivry.
Mais plus drôle encore, lors des journées du Patrimoine la visite de ce quartier était organisée par une connaissance de ce blog Monsieur Nicolas Mémain !
Voir les articles du 2 juin et 27 septembre 2008.
Certainement, Nicolas nous donnera de plus amples informations sur cet architecte ! En tout cas la carte postale C.C.I.C.L (?) grâce à la photographie de Monsieur Xuereb nous montre un bâtiment bien curieux. Jeux multiples de petits volumes cubiques alternant le turquoise et le blanc reliés par des cylindres. On remarquera aussi l'entrée du bâtiment très sculpturale et complexe. L'ensemble apparaît immense pour un Hôtel-de-Ville !
Le point de vue est vraiment bien choisi créant une succession de plans, tous aussi spectaculaires les uns que les autres : le port, l'Hôtel de Ville, le pont et le pilier électrique. Tout cela nous donne une impression d'activités et d'industries assez marquée. Regardons la très belle et fine pile du pont autoroutier. Qui a dessiné cela ?
L'expéditeur de cette carte postale habite A3 Paradis Parc, il pourrait bien s'agir des immeubles dessinés aussi par Monsieur Delaugerre.
Mais l'expéditeur répond à un concours par ce message : le mensonge, ce rêve pris sur le fait.
Alors...

vendredi 10 juillet 2009

la modestie

Il arrive bien souvent que malgré le réseau puissant d'internet je n'arrive pas à nommer les architectes responsables des constructions photographiées sur mes cartes postales.
C'est dommage car les bâtiments en question sont parfois modestes certes mais aussi très intéressants.
Voici trois cas modestes.
Commençons par cette très belle ambiance.


Nous sommes à Dax devant les Thermes Adour et sa façade principale. Bel emboîtement de volumes et jeux accentués des ouvertures et des occultations. Le cylindre qui ressemble à un kinétoscope géant n'offre que des petites fentes, alors que la pagode chinoise de l'accueil est toute ouverte sur l'extérieur.
Tout cela sent le neuf et le sol en terre battue sous les roues de la Mercedes et de la Renault 8 nous laisse penser que le bâtiment vient juste d'ouvrir. On discute devant la porte soit des bénéfices des eaux de Dax soit de l'architecture moderne...
Une carte postale Elcé en Elcécolor expédiée en 1973.
Mais qui est l'architecte ?


Nous sommes à Quiberon devant l'hôtel Sofitel. Un beau petit bâtiment tout blanc et bleu. le bleu est le reflet dans les nombreuses baies vitrées du ciel breton. Si on regarde attentivement on devine même la côte et la mer dans les vitres. On s'attachera aussi à l'étrange ligne de sol donnant le sentiment que l'hôtel s'est enfoncé dans la terre (sable). Des fenêtres sont effectivement au ras du sol et ouvertes. Des chambres de l'hôtel ? Plus certainement les buanderies et locaux de service. Le bâtiment n'est pas exceptionnel je vous l'accorde mais ses grandes ouvertures, ses lignes claires et bien définies, les légers décrochements du toit lui donnent tout de même une belle allure moderniste. Une carte postale Combier en Cimcolor.
Mais qui est l'architecte ?


Nous sommes à Granville devant l'école de voile. Le bâtiment s'étire sur une alternance de pilotis dégageant l'espace au sol et un rez-de-chaussée largement occupé par des petits édicules coincés dessous. Un vaste hall d'accueil vitré à gauche permet de pénétrer la construction. Deux étages de chambres (?) avec larges balcons étirent l'ensemble. Peut-être en forme de coursives.
Le toit est coiffé d'un petit édicule plus complexe lui aussi équipé d'une terrasse dont il est difficile de déterminer la fonction : bureau, logement de la direction, local de surveillance...
L'ensemble est en béton brut et offre un jeu de gris que le photographe a placé judicieusement sur les enrochements de la jetée proposant ainsi une continuité colorée. Seul le jaune paille des stores joue de contraste. C'est beau et c'est une carte postale Di Mario en Mariocolor imprimée en Espagne.
Mais qui est l'architecte ?

mercredi 8 juillet 2009

le paysage remis à sa place


Je viens de terminer la lecture d'un texte de Marie-Pierre Zufferey publié chez Infolio dans la collection Archigraphy Paysages.
Sa démarche me touche car elle démarre simplement sur le constat qu'elle possède en sa maison plein de paysages. Ces paysages posés sur la table sont imprimés en cartes postales.
A la recherche d'un HORIZON, elle se trouve dans l'obligation douce d'entreprendre une classification, un rangement. Là tout se complique joyeusement car les images semblent toujours vouloir dès leur définition posée vouloir y échapper pour rejoindre une autre catégorie. Les collectionneurs de cartes postales connaissent bien ce problème qui les oblige parfois à des tours de force pour ne pas se perdre dans ce qui finalement est bien la vraie difficulté du paysage : sa définition.
La carte postale est le lieu rêvé (fabriqué) de cette question et les héritages ici évoqués et les maniérismes attendus en font un délice perpétuel. Toujours et en même temps que la carte postale semble avoir défini ses principes, elle nous montre la capacité à inventer dans ses règles de nouveaux horizons.
C'est sans doute cet état qui a poussé de nombreux artistes et nombre d'entre nous à confronter l'image de la carte postale à la réalité représentée dans ce geste simple de tendre le bras, l'image à la main et de tenter le collage pour jouir de l'écart.
La couverture du livre nous montre ainsi une photographie de Robert Ireland intitulée "la vérification":
tout est dit.
On voit dans une pochette plastique, une photographie qui tente de retrouver sa place dans le paysage, même si je n'en suis pas certain, je pense qu'il s'agit d'une carte postale. Ce qui est difficile dans ce geste que j'ai pu moi-même éprouver c'est d'être à la fois dans le bon placement pour l'image ainsi présentée mais également être dans le désir de faire de cette tentative à nouveau une image qui se jouerait du collage. Retrouver le point de vue n'est pas toujours aussi simple et la déformation de nos objectifs (suggestifs) photographiques est bien importante parfois.
Mais reste le geste qui porte l'idée : vérifier.
Vérifier que l'image n'a pas menti, la faire intégrer enfin à nouveau son lieu et cela malgré les écarts spatio-temporels entre elle et sa réalité. Le temps s'écoule et s'est écoulé à l'instant même de la photographie. Impossible réconciliation mais curieusement c'est là que surgit le plaisir.
Dans ce cas, les rochers sont encore bien loin de leur image, on les devine au fond, un peu flous. Mais sans doute l'œil les colle-t-il irrémédiablement. Tout doit être parfait, le réel retrouve son image, la photographie existe donc bel et bien, elle n'est pas qu'un fantasme. Oui, c'est bien le réel qui est capté, ce n'est ni un mauvais souvenir ni un mensonge. Il fallait vérifier.

Je retrouve dans un vieux numéro de l'excellente revue Camera de mai 1974 un article sur le photographe américain Kenneth Josephson. Dans un geste similaire, bras tendu et image pincée entre le pouce et les doigts, il la présente à son paysage.
L'image n'a pas de titre ni de situation bien éclaircie mais on voit un château au bord de l'eau. Dans le lieu retrouvé, les statues sur la droite sont mises en boîte alors que la carte postale nous les montre nues.
Le ciel nuageux de l'image fait place dans le réel à un ciel gris uniforme. Mais ce qui est subtil c'est la mise en place de la ligne diagonale du bord du bassin venant se recoller parfaitement à celle de la carte postale accentuant ainsi et révélant par la même occasion le rôle perspectif du tableau, lieu de la projection du monde.
Cela aussi nous dit que si l'image reprend sa place, elle cache et occulte alors son réel. Il faut choisir toujours entre l'image et sa représentation, la superposition donnant toujours l'avantage à l'image sur le réel. Le clignement des yeux souvent joue le rôle d'alternateur, un coup le réel, un coup l'image. Réconciliation impossible sans la perte de l'un ou de l'autre d'où une mise en place soit dessous, de côté, de l'image face à son modèle.
Pratiquant la photographie stéréoscopique, celle du relief et donc des deux yeux, je sais que même dans ce cas, l'image malgré sa grande faculté d'illusion (à cause d'elle) n'est jamais le réel. D'ailleurs il faut me voir encore m'amuser après des années de pratique à ce que cette illusion soit le centre même du plaisir alors que finalement dans l'expérience du sens de la vue elle en est sa définition même. Perte et gain de la photographie, jamais totalement l'un ou l'autre.

Dans cet autre exemple de Kenneth Josephson, l'image apportée ne tente pas de retrouver son lieu.
Le bateau ne cherche pas le bateau mais s'amuse de sa possibilité d'être dans cette image. D'ailleurs l'illusion est de courte durée car l'horizon de la mer et celui du bateau ne sont pas les mêmes, la vue du bateau étant prise d'avion sans doute, est-ce pour cela que l'image du bateau est suspendue par la main dans le ciel ?
Mais le cerveau fait le collage. Bateau sur l'eau. C'est tout, ça fonctionne. Et comme dans un film de Robert Dehry, le bateau est petit parce qu'il est loin ! Admirons également la force de paysage du bras qui joue comme une presqu'île, une jetée vers l'horizon, un morceau de terre.
Superbe.


Je finirai avec cette carte postale envoyé par Claude. Elle reproduit une photographie de Michel Gantner (éditions nouvellesimages).
Il faut se poser la question : est la photographie de Michel Gantner ?
Est-ce l'image tenue dans la main et (re)présentée devant son modèle ou bien est-ce la photographie que je tiens dans ma main sous la forme d'une carte postale ?
Est-ce une image fabriquée pour la carte postale ou une surprise orchestrée ?
Soyons attentifs : si on regarde la photographie tenue dans la main, la prise de vue fut réalisée sur l'esplanade du Trocadéro. On reconnaît le dallage et le point de vue qui me fait toujours frémir lorsque je m'y rends car je sais qu'Adolf Hitler a posé exactement là, je vous assure c'est physique, je le ressens. Mais le lieu où l'image est présentée est situé juste en face dans les jardins que d'ailleurs on perçoit derrière la Tour Eiffel ! Il s'agit donc d'un jeu de retournement.
On se place du côté du point de fuite de la première image pour voir si les parallèles s'y rejoignent quelquefois !
Admirons le remarquable placement du piéton de droite marchant à la fois sur l'esplanade et sur le jardin dans un jeu d'échelle parfait, il est à sa taille, à sa place dans les deux images ! Incroyable collage ! On remarquera aussi que l'image tenue nous donne une Tour Eiffel nette alors que le lieu de la Tour Eiffel nous en donne une image floue. Comme l'œil travaille avec l'appareil photographique !
On peut aussi déduire de la position du bras, la manière dont il présente l'image à l'appareil photographique que ce dernier est sur un pied. Il s'agit donc bien d'une construction d'image une pré(méditation) de l'image. La difficulté qu'il y a parfois à tenir l'image main gauche et l'appareil main droite peut dans l'imperfection du rapprochement évoquer une surprise ; chez Michel Gantner tout nous dit la construction.
Il me faudra à mon prochain voyage à Paris placer à nouveau cette image dans son lieu. Un abyme profond...
Claude au dos de la carte écrivait ceci :
"Si nous voulons vraiment sauver l'esthétique de la carte postale il nous faut réintroduire l'usage des cartes postales locales : par exemple aucune carte vue de l'aéroport à l'aéroport d'Orly. Où va le monde ? très sérieusement Claude"
Oui c'est sérieux et c'est pour cela qu'on en rit.