mercredi 16 mars 2011

Depuis Jean Renaudie, Renée Gailhoustet

Voici un belle et intéressante carte postale :


Certainement l'une de celles qui tiendra ma collection, nous devons cette image des nouveaux quartiers d'Ivry aux toujours formidables éditions de cartes postales Raymon.
Comment dire mon contentement ?
Depuis l'une des terrasses des constructions de Jean Renaudie nous visons les très belles et expressives tours de Madame Gailhoustet.
La proximité est un rien amoureuse.
On notera que le photographe très habilement fait couper sa photographie en son milieu par la verticale puissante d'une des tours.
Regardez également comment le point de vue s'égare dans le canyon un rien étroit sur l'image, canyon laissé entre les deux tours.
On est là, sur l'une des terrasses dont on voit clairement la végétalisation.
Et puis mon œil regarde aussi le tout petit édicule que nous avons déjà évoqué ici et qui fut repris par l'artiste Julien Pastor.


Une fois de plus, dans l'anonymat des architectes et l'anonymat du photographe, une carte postale nous offre l'opportunité de découvrir, voir et aimer l'un des plus beaux endroits de France et l'une des plus convaincantes expériences urbaines et architecturale du XXème siècle.


dimanche 13 mars 2011

D333, un club des jeunes.

Je suis impardonnable !
Alors que je cherche des informations sur mon petit bâtiment de Pîtres vu ci-dessous, je retrouve toutes les informations nécessaires sur le mystère Saint-Valérien dans l'Yonne.
Dans les années Zup chez Picard, livre qui m'est très utile pour l'histoire des piscines Tournesol ou pour identifier les Milles clubs comme celui de Marçon vu ici, je retrouve enfin dans l'article de Hélène Verniers les informations sur nos petites constructions figurant sur les cartes postales.
Il s'agit donc du modèle D333.
Je vous donne un extrait du livre :
"D pour Decoene, 333 pour les dimensions du module cube.
Les prototypes de cette première génération sont partagés entre efficacité et innovation technique. Tout en mettant en œuvre les matériaux nouveaux, aluminium et plastique, il s'agit d'élaborer des assemblages simples pour une main d'œuvre non qualifiée. Le lieu décisif de cette performance est le joint entre les éléments des modules, particulièrement en toiture. Joint Néoprène comprimé et/ou recouvrement sont les deux techniques de l'assemblage à sec utilisées. Le D333 en développant la modularité, multiplie aussi les points de difficulté par la décomposition des linéaires de façade, la fragmentation de la toiture selon les six portiques du club : les chêneaux centraux sont des lieux sensibles aux malfaçons et à l'absence d'entretien régulier. Le D333 jongle entre l'image nouvelle et la fiabilité technique ; ainsi la composition des coques moulées, en polyester armé de fibre de verre, est difficile à équilibrer entre tenue au feu et résistance dans le temps, mais leur courbure tendue, les poutres en débord ponctuées de gargouilles sont aussi un élément important de l'identité du D333"
Voilà qui est bien dit !
Merci Hélène Verniers !
Je redonne aux retardataires de ce blog les deux images de ces clubs. Ceux-ci sont donc à Saint Valérien, ceux de l'article sont à Frelinghien.



Les années ZUP
architecture de la croissance 1960-1973
sous la direction de Gérard Monnier et Richard Klein
Picard édition 2002
Absolument indispensable !

la France qui se lève tôt.

Réunies parce qu'elles furent achetées ensemble ce matin de bonne heure sur un vide-grenier à Pitres et sans aucune autre raison valable voici quelques cartes postales.
Commençons par le Paris que j'aime :


Cette édition E.C nous montre la Seine et la dalle de Beaugrenelle, l'un de mes "spots" préférés de la capitale.
On y trouve bien la Tour Perspective mais pas encore la Tour Totem. On admirera la cheminée qui est presque aussi haute sur cette image que la Tour Eiffel !
En bon provincial admiratif, j'aime toujours autant passer en voiture sur les quais en bas à gauche de l'image lorsque j'arrive à Paris. La carte postale est datée de 1978.
Toujours Paris :


Un peu étrange cette carte postale du Forum des halles est aujourd'hui une page d'histoire, la destruction du jardin ayant commencé...
Ici l'éditeur a fait un bien curieux travail d'impression qui se veut sans doute un peu artistique et original. On le doit aux éditions Betula et il s'agit d'une photo peinte de Irène Jonas un peu dans le goût des premières cartes postales en couleur sans doute. C'est un rien... décalé.
Partons pour Vénissieux :


Voici l'hôtel de ville et le centre communal d'action sociale par Monsieur Bornarel architecte.
Bon.
C'est bien une architecture... administrative.
Mais voici :


Ce gros bisou bien marqué d'Antigone n'est certainement pas un chef-d'œuvre de la carte postale !
Pourtant l'éditeur, les éditions du Soleil, font leur travail d'information en nous donnant bien le nom de l'architecte de ce lieu si particulier : Ricardo Bofill.
On apprend aussi que le photographe qui a survolé le quartier est D. Paysan.
Ce qui est amusant c'est que le cachet de la Poste permet de réunir deux lieux d'architecture originaux puisque la carte postale fut expédiée de La Grande Motte avec un cachet qui nous montre le Palais des Congrès !


Pour finir une petite découverte ce matin à Pîtres. Il s'agit d'un bien curieux petit bâtiment qui ne manque pas de caractère. On pourrait y voir une salle de réunion pour la jeunesse, un centre aéré, une petite salle communale. Malheureusement aucune information sur sa destinée passée et future (il semble un peu abandonné).
L'ensemble côté rue manque complètement d'ouvertures mais peut-être que l'autre façade est ouverte. On dirait aussi un club des jeunes, mais les années Zup chez Payot ne nous renseignent pas sur cette possibilité.
Tout tient dans la forme du toit et sa couleur.
Un petit, tout petit bonheur architectural...







samedi 12 mars 2011

pièces d'eau

Voilà une carte postale très émouvante qui va nous permettre, en suivant le fil de l'eau, de regarder quelques cartes postales de piscines.
La piscine c'est à n'en point douter pour les architectes un beau programme et ici nous rendons hommage très souvent à Monsieur Schoeller, l'inventeur de la piscine Tournesol.
Mais voici :


L'un des lieux les plus remarquables de l'architecture du vingtième siècle se donne à voir sur cette carte postale Ryner, la piscine sur le toit-terrasse de la Cité Radieuse de Marseille.
On voit ce que nous serions plus prompts à nommer une pataugeoire se remplir d'eau et d'enfants !
Ils ont d'ailleurs pour certains d'entre eux l'air de porter un uniforme de type scout et l'autre un fusil sur l'épaule.


Qui sont-ils vraiment ? Les enfants de la Cité Radieuse ? Des visiteurs ?
Mais où sont les adultes ?
Beaucoup de garçons aussi. Où sont les filles ? Ici :


Cette piscine est sans doute l'une des plus belles calanques de Marseille !
Aujourd'hui on ne peut plus faire ce genre d'image tout simplement parce qu'on vous interdit de photographier les enfants... bêtise contemporaine...

Je trouve soudainement bien étrange la manière dont l'eau jaillit du petit toit ! Comme une petite cascade !
Quel beau document tout de même ! Regardez la vie éclaboussée en flaque sur le béton.
On notera la précision de l'éditeur qui donne le nom de Le Corbusier et nomme l'endroit " Unité d'Habitation, cité radieuse". Il s'agit d'une photographie véritable sans date malheureusement.
Une autre échelle :


Magnifique non ?
Il s'agit du très beau (mais très détruit !) plongeoir de la piscine de Brive la Gaillarde par Georges Jean architecte. Vous trouverez ici toute la documentation nécessaire sur cette beauté.
La carte postale Elcé rend parfaitement hommage à la construction et à l'ambiance qui devait y régner.
Les corps qui attendent de plonger, la pin-up qui regarde le plongeur, tout cela produit une image magnifique dans un superbe noir et blanc.




Au verso Annie, Micheline, Marcel ont écrit à Jean-Claude : "cherche nous sur le tremplin"
C'était le 11 juillet 1960... j'espère qu'ils se sont trouvés !
Pour Claude :


Nous sommes à Montargis.
Quelle ambiance !


Peut-être que Claude est sur cette image ! (il devait être tout petit !)
Là aussi le plongeoir est superbe et j'aime tout particulièrement la silhouette suspendue dans les airs !


Il s'agit d'une édition C.F.M en photographie véritable mais sans date. Vu les maillots je dirais début des années soixante. Mais il nous manque le nom de l'architecte.
De l'extérieur :


Plus massive, cette piscine pourrait vue de là être bien autre chose : un entrepôt, une usine, une gare...
Nous sommes à Lyon devant la piscine Garibaldi. On voit ici que l'ensemble est massif, puissant et un rien génie civil. Admirons les voûtes et le goût pour la lisibilité constructive.
Peu ou même pas du tout de décor, l'ensemble tient par son très beau dessin des masses.
Nous devons cela à Monsieur Colliard dans les années trente. Là aussi la carte postale est d'une très grande qualité, là aussi il s'agit d'une véritable photographie par "Real-Photo", superbe.
On pourrait conclure que les piscines sont des lieux pour voir et être vu. Autant de spectacle sur les bords que dans les bassins et cela quelle que soit l'époque, surtout autour des plongeoirs.

vendredi 11 mars 2011

Je suis ici

J'ai posé ma chaise longue sur la plateforme d'atterrissage.
Le vent fait tourner les pages de mon livre.
Je maintiens ma casquette avec ma main gauche.
Le ciel est bleu et j'entends à peine le ressac de la mer sur les deux pylônes en contrebas.
Hier j'ai grimpé en haut de ma grue, je l'ai fait tourner et tourner et tourner jusqu'au vertige.
Je riais fort. Je suis seul.
Personne.
Plus personne devrais-je dire.
Même là-bas sur la terre, sur la falaise, il y a bien longtemps que je ne scrute plus l'horizon pour espérer y voir une silhouette.
Parfois je descends le long du cylindre, je prends le Zodiac et je fais un tour sur la terre ferme. Toujours rapidement.
Je pique de la bouffe, je remplis les jerricanes d'eau douce même si la pluie m'en fournit.
Au début, j'avais peur. Le silence. Et maintenant cela me rassure.
Je tente encore avec la radio d'écouter le monde disparu. Ça grésille un monde disparu, c'est tout.
Ne me demandez pas comment je suis arrivé là. C'est aussi pour moi un mystère comme pour quelle raison je suis le dernier. Enfin je crois.
J'ai dû beaucoup fauter pour une telle punition.
Mais si j'y trouve une certaine beauté, un luxe même...



... Arrête de regarder comme ça tu vas t'user les yeux...
Tu t'inquiètes bien trop pour eux, moi je suis certain que tout va bien, Alan est avec eux.
Et puis ils ont voulu y aller là-haut, hein ! Personne pour les obliger !
Quels idiots tout de même, croire faire de l'alpinisme en lisant un livre !
Et sans préparation !
Va plutôt me faire un café...
Qu'est-ce que tu écris ?
Une carte postale ?
C'est démodé non ?
Quel guignol !
Et mets bien une croix pour dire où ils se sont perdus !
Mais non je rigole, je rigole...
C'est quoi ton bouquin déjà ? le Mont ana ... quoi ? analogue ? le Mont Analogue ?
Ça veut rien dire...
Ah les guignols... non mais quels guignols...


Centrale nucléaire de Penly
plateforme pour creusement du puits de rejet en mer
photo de D. Poidvin

Sites et paysages de France
le Mont-Blanc (4807m) et sa Chaîne
édition France-couleurs

jeudi 10 mars 2011

Parking provençal

Comment faire ?
Voici l'exemple encore bien typique d'une difficulté de jugement, de prise de position.
Port-Grimaud.
Véritable chef-d'œuvre de pastiche de village provençal aux allures de Venise de récupération, Port-Grimaud ne signe rien moins que le déclin du modernisme, l'espoir mis dans la révolution des formes pour la révolution des vies.
C'est faire semblant.
Faire semblant est-ce faire architecture ?
Tout ici pourrait, devrait me hérisser le poil. Tout ici devrait me faire faire un pas en arrière.
Collages affolants de matériaux de récupération pour établir un style dont on ne devine que trop bien l'inspiration provenant d'un folklore de boîte de biscuits, cette construction est bien une invention de l'imaginaire de la ville provençale.
Cela sent les essences de lavande de l'Occitane, le touriste en goguette cherchant l'authentique dans une tuile romane trop cuite, l'usure d'une porte.
Port-Grimaud est inutile à l'architecture sinon pour dire les soubresauts de son histoire.
Reste certainement un parking ravissant pour bateaux de plaisance en plastique.
Et puis Brigitte Bardot pieds nus y a chanté...Alors...



Alors pour poursuivre notre début d'exploration des côtes françaises, voici quelques cartes postales de Port-Grimaud, preuve que je ne suis pas rancunier :




Les trois cartes Combier nous donnent les informations suivantes au verso :
"Cité lacustre réalisée par la Société Etige suivant un projet de François Spoerry, architecte D.P.L.G, vue typique (sic!)"
Aucune des trois cartes n'est datée, mais ce que vous voyez est bel et bien "moderne" !


Enfin une carte postale aux éditions Rella en Rellacolor qui donne également des informations :
"conçu par François Spoerry, architecte D.P.L.G., ce village situé au fond du Golfe de St-Tropez est la première cité lacustre de France."

On notera donc que les éditeurs nous donnent systématiquement le nom de l'architecte et signalent de la sorte que l'image que nous voyons est bien une réalisation récente et une invention totale.
C'est vrai que... ce n'est pas très clair !
Vous relirez sans doute avec plaisir (si si) l'article publié ici et surtout ne loupez pas le texte de Monsieur Amouroux !

Rouen à l'oblique de Claude Parent, 3

Hier, j'ai entamé la partie gauche du PLOT HR.
C'est la plus difficile car elle donne accès à la fois sur l'extérieur et sur les pièces aveugles du fond.
Comme j'ai orienté dans la longueur le premier praticable, j'ai décidé de maintenir cette orientation.
Je décidai aussi de prévoir une zone plane permettant une circulation jusqu'au fond pour les poussettes et chaises roulantes.
Il me fallut vite revoir les angles et réaliser avec un morceau de carton une sorte de pantin me permettant de mieux lire l'espace et les assises.



Hier, j'avais fait une très jolie banquette... dont on ne pouvait pas se sortir une fois assis !
Mais aujourd'hui j'ai mis en place mon plan décapotable permettant à la fois de monter sur la grande pente et aussi d'avoir accès à ce qui pourrait être la salle de projection vidéo. Ce petit détail mobile me plaît beaucoup.
Alan Aubry en visite et entre deux photographies me conseilla la construction d'une banquette. J'ai presque suivi son conseil en fabricant une sorte de dossier amovible que l'on peut promener sur la pente et glisser dans les fentes du sol. On peut également inverser son sens pour jouer avec les angles de l'assise. Pour le moment son dessin n'est pas très heureux mais l'idée est bonne je crois.



Vous verrez également une table qui pourrait bien, elle aussi, gagner en mobilité soit en se pliant sur elle-même soit en étant à son tour totalement amovible.




Vous verrez sans doute plein de petit défauts d'écarts ou de planéité mais rien n'est définitif.
J'ai aussi envie de tenter l'oblique non plus dans la longueur du PLOT HR mais dans sa largeur... Une autre maquette à faire !
Bonne visite.
(au fait, Vive le Commandeur Parent ! Honneur et Gloire !)