vendredi 9 mai 2014

1000 000 par Thomas Dussaix.


Un million de pages lues cumulées sur les deux volumes d'Architectures de Cartes Postales !
C'est formidable ! Merci à tous !
Continuez ainsi à venir, à partager, à discuter, et à apporter vos précisions sur nos belles cartes postales, nos belles architectures !
Comment fêter cela ?
On trouvera sans doute une manière architecturale de le faire...
Je vous propose de regarder des cartes postales offertes par Thomas Dussaix, mon acolyte du Comité de Vigilance Brutaliste, Comité né ici dans ces pages. J'ai aimé tout particulièrement regarder avec toi Thomas, ces cartes postales sur le parking de Boos, pendant que sous la pluie, réfugiés dans la Twingo, nous attendions le camion qui emporterait la Bulle six coques. C'était sans doute, le moment le plus Grautag (si Nicolas Moulin me permet...) du Comité de Vigilance Brutaliste.
Quoi de plus naturel que de faire ainsi de Thomas, le rédacteur exceptionnel de cette article exceptionnel qui fête un chiffre rond plein de zéro, la preuve que la carte postale, objet photographique, image et représentation de l'architecture a su trouver un public qui aimait y voir le moyen le plus populaire et donc le plus étonnant de diffuser nos belles architectures modernes et contemporaines.
Regardons ce que Thomas nous donne !
Dans deux portes-folios si typiques de la production de l'Union Soviétique sont rassemblées des cartes postales de Moscou et de Rostov-sur-le-Don qui se trouve être le nom également de la rue qui donne l'adresse de notre école des Beaux-Arts au Mans ! Il faudra vraiment qu'un jour le Comité de Vigilance Brutaliste aille à Rostov-sur-le-Don !
Mais commençons par Moscou :



D'abord une vue générale qui nous permet de retrouver cet immeuble que j'avais déjà analyser ici. Le ciel chargé de Moscou vient donner à l'image un caractère très brutal et une lumière étrange. La carte postale nous indique à gauche le Ministère du Conseil de la Fédération Russe et donc à droite le Conseil Économique. On notera que la carte est datée de 1989.
Cette autre carte postale nous présente une sculpture de Lénine et nous donne le nom des sculpteurs L. Kerbel et V. Fedorov. Elle nous donne aussi le nom des architectes du monument G. Makarevitch et A. Samsonov mais oublie de nous préciser quel est ce bâtiment blanc à l'arrière plan !



On pourrait sur cette vue de Herzen Street passer rapidement s'il n'y avait pas là une petite beauté cachée et bien rangée...



Quel est donc la fonction de ce petit immeuble qui me séduit beaucoup ?
Nous allons maintenant à Rostov-sur-le-Don qui semble bien être une sorte de ville riche pour le Comité ! Donc toujours rassemblées dans un porte-folio, datant toutes de 1985, voici des cartes postales bien alléchantes !


Ce très beau bâtiment aux articulations surprenantes n'est rien moins que le théâtre Corky ! On devine effectivement le volume clos et aveugle de la scène mais ici entouré, enlacé par deux bras qui pourraient bien être des entrées. Cela forme en tout cas un théâtre étonnant et superbe qui nous fait penser à certaines utopies constructivistes. Malheureusement la carte postale ne nous donne pas le nom de l'architecte ni l'année de la construction.
Promenons-nous dans les rues de Rostov-sur-le-Don sous un ciel radieux et voici, tour à tour (?), l'avenue Voroshilov et un square.



Puis passons sur le bord de la rivière faire du pédalo...


Et voici que notre promenade sur la rivière le Don, nous permet de voir une superbe construction digne de devenir les bureaux du Comité de Vigilance Brutaliste !




Malheureusement il s'agit pour l'instant du Terminal de la rivière (?) sans doute une administration portuaire... Là également, nous n'aurons pas d'autres informations, c'est dommage.
Mais il nous faut dormir et je crois bien qu'à Rostov il faut aller là :


Ce magnifique Intourist Hotel sera nous accueillir Camarade Thomas. Nous arriverons dans une Lada noire rutilante et comme représentants des forces vives du Mans (ville jumelée avec Rostov) nous serons accueillis par une gamine en costume traditionnel avec un bouquet de fleur. Nous irons chacun rejoindre notre chambre, laissant sur le lit, le petit guide de la ville offert à la réception. Tu dormiras. Pour ma part j'essayerai pendant une demi-heure, au bar, d'avoir le courage de demander en anglais épouvantable un thé avant de m'apercevoir que la jeune serveuse parle un français parfait. On évoquera Paris et Le Mans où elle est venue en échange l'an passé...
Mais Voici que la donation de Thomas, nous emmène devant une merveille en Pologne cette fois :


Ah mais je vous entends frémir derrière vos écran devant cette incroyable carte postale nous montrant le Spodek de Katowice ! On notera que l'éditeur nous donne bien le nom de l'architecte et du sculpteur du monument au premier plan qui est lui aussi assez extraordinaire, G. Zemtai et W. Zablocki, mais ne nous donne pas celui des architectes de cette stupéfiante salle des sports qui évoque chez nous celle de St Nazaire. On trouve une page complète avec la réponse ici.
Mais quelle image !
Je finirai cette promenade en pays brutaliste. Me reste encore de nombreuses cartes postales offertes par Thomas mais que je réserve pour d'autres moments.
En espérant tous vous retrouver pour le 2 000 000ème lecteur !
Merci Thomas pour ces belles cartes que tu as su choisir judicieusement.
Merci encore à tous pour votre fidélité !
Vive l'architecture brutaliste, que vivent leurs images, que les cartes postales, fonds inépuisable de plaisir photographique continuent ainsi de nous les faire découvrir, aimer et aussi défendre.
le C.V.B.

pour un Réseau National des Micro et Mobiles Architectures.





C'est une nouvelle importante dont certains de mes plus proches sont déjà au courant.
J'ai fait l'acquisition d'une Bulle Six Coques de Mr Maneval, architecte. Je le dis tout de suite : sans l'énergie conjuguée de Clément Cividino et de Nicolas Hérisson, je ne me serais jamais lancé dans cette aventure !
Depuis deux jours, nous organisons le démontage et le déménagement de cette bulle qui était jusqu'alors posée sur le tarmac de l'aéroport de Boos. La bulle ira enrichir le parcours architectural dessiné par Nicolas Hérisson dans le cadre de sa manifestation à Piacé-le-Radieux. C'est une chance pour elle et pour nous de rejoindre ce village dynamisé par l'accueil de cette manifestation d'envergure nationale maintenant.
Alors, comme la bulle rencontre ainsi des partenaires très axés sur l'architecture et le Design, nous avons décidé de mettre en place un réseau national de micro et mobiles architectures. En effet, depuis peu, ce type d'architecture remonte à la surface, retrouve les honneurs des expositions. L'aventure de l'Hexacube de Georges Candilis dont Clément Cividino est maintenant le spécialiste n'y est pas pour rien, comme les récentes aventures aussi du Tetrodon, dont des exemplaires furent sauvés récemment. Cet engouement reste trop souvent très individualisé, chacun faisant avec passion ce qu'il peut dans son coin pour trouver des documents, des astuces de restauration ou de démontage. Le RéNaMiMoA a pour but de tenter une synergie entre tous les propriétaires publics ou privés, les architectes, les concepteurs ou simplement les passionnés de ce type de programme architectural. Pour l'instant, nous nous consacrerons essentiellement aux types disponibles sur le sol français  comme donc : la Bulle Six Coque, l'Hexacube, le Tetrodon, la Station-Service de Jean Prouvé, l'Algéco, la Futuro.
Nous avons sur ce blog souvent évoqué tous ces types et bien d'autres et nous continuerons au-delà de ce nouveau site, ici à vous en parler. Alors, si vous voulez nous aider à construire ce réseau, à partager vos idées, vos images, vos expériences d'habitants ou de restauration, venez sur ce site ! C'est chez vous !
Voici quelques images du chantier pour vous allécher mais il y a beaucoup plus à lire et à voir sur le site du Réseau National des Micro et Mobiles Architectures !

Merci Kévin Alberola, Alice Ribault, Antoine Charon, Léa Dumand, Wendie Autrique, Fabien Yvon, Pauline Djerfi, Thomas Dussaix, Nicolas Hérisson, Raymond Hérisson, Pascal Jahouel, Marc Hamandjian, Martine Goupil.
Je tiens également à remercier Monsieur Barbeau et Madame Le Clézio pour leur patience et leur soutien dans ce projet ainsi que les autorités de l'aéroport de Boos.

Merci à Clément Cividino pour son énergie envoyée depuis Perpignan !

Thomas Dussaix et Fabien Yvon en piqueteurs :


Thomas, votre serviteur et Kévin Albérola :



Fabien et Nicolas Hérisson au déboulonnage :


Notre bulle six coques contient l'inscription : maison n°7 (?)


Fabien Yvon la tête :


Votre serviteur, Nicolas Hérisson aux commandes et Thomas Dussaix :









mardi 8 avril 2014

photographier l'usine : extérieur.


Nous nous sommes posés la question de ce point de vue en ne tirant pas trop vite des conclusions sur ce type de cartes postales et d'images, n'ayant pas assez d'exemples pour établir une étude plus aboutie de cette représentation.
Finalement, nous avons senti les photographies pour ce qu'elles donnent à voir.
Mais la question reste entière de cette distance au monde du travail et de la manière dont les entreprises se laissent ainsi inscrire en photographie sur des éditions de cartes postales de cette période. 
Il ne fait aucun doute que lorsque l'entreprise laisse ainsi entrer le photographe, elle lui confie son image et reste attentive à celle-ci. Sylvain Bonniol pourrait facilement confirmer cela encore aujourd'hui.
Regardons un exemple avec une petite (et incomplète ?) série sur l'usine Wolkswagen de Hannovre (Hannover) qui nous donne à voir le cœur de la fabrication du fameux Combi qui fit rêver plus d'une génération à une liberté de mouvement et de voyages.
D'abord l'extérieur encore un peu:


D'un peu haut, certainement juché sur un escabeau, le photographe cadre l'usine et son parking qui ferait rêver aujourd'hui n'importe quel collectionneur de coccinelles Wolkswagen ! Il s'agit bien des automobiles des ouvriers et employés et non le parking de la production. Nous avons à Cléon, chez Renault, le même type de souvenir : une nappe d'automobiles quasiment toutes de la même marque automobile ! Au dos de la carte postale il n'y a pas de nom d'architecte mais une petite description met l'accent sur le fait que ce bâtiment n'est pas qu'un bloc de béton mais un mélange de style et de fonctionnalité...Il ne faudrait pas trop faire peur !


Cette fois, nous voyons les immenses presses qui forment les tôles, les coupent et les emboutissent. L'alignement implacable de ces monstres mécaniques dont l'étonnement vient de leur carrossage impeccable et de la propreté de cet espace. Mais l'image est muette au vacarme. Ce qui est visé ici, c'est bien la puissance industrielle et le photographe devant saisir l'objet dans sa hauteur doit également en donner à voir le grand nombre. Au dos, la description nous indique qu'il suffit "de pousser un bouton" pour que le "monstre d'acier" commence à travailler. Là également, on minimise l'intervention ouvrière à une simple action et une surveillance. Mais rien sur la violence de la cadence ni sur le mouvement répété de la pose et du retrait des dites pièces de métal. La distance atténue, le silence de l'image adoucie. La puissance technique est l'objet de l'image.


Cette magnifique image nous montre l'une des phase de la production des camions Combi WV et leur carroserie encore sans peinture. Le point de vue est toujours en hauteur pour rendre lisible l'ensemble de la courbe de la chaine de production. Deux silhouettes d'ouvriers sont au travail sur une sorte d'estrade. Difficile de définir l'objet de leur intervention sur le futur Combi. C'est la carte postale qui nous l'indique au dos : pose des cables. Le texte nous parle de production planifiée et pleine de réflexion sur la logique productive...C'est, parait-il ce qui ce laisserait voir au travers "des masses de machines" ! La logique voudrait-elle atténuer la pénibilité et ou améliorer la productivité ?


Ici, difficile de ne pas voir ceux qui assemblent. Deux ouvriers sont au montage au cul du Combi pick-up. Que font-ils ? le montage du pare-choc ? Oui, c'est bien cela. Que nous dit la carte postale sur ce geste ? Elle met l'accent une fois encore sur l'habileté et la rapidité du travail et cela à "tous les niveaux de la production." Là encore la gestualité des ouvriers est perdue dans la ligne de montage. On ne fait pas le portrait des ouvriers mais on les place dans l'ensemble de la chaine. Ils sont comme des outils. On ne les nomme pas.
On peut d'ailleurs sur ce geste facilement comprendre la difficulté du dit montage. Courbé vers l'arrière, en appui sur un pied, l'ouvrier de gauche boulonne. Celui de droite maintient à niveau une pièce qu'il ne voit pas. Et si la ligne de montage est en hauteur pour facilité le geste et la production, on imagine facilement que selon la taille des ouvriers, ceux-ci devaient bien s'adapter à cette hauteur sans doute construite sur une moyenne globale et rationalisée. Trop grand, l'ouvrier devait se pencher, trop petit, il devait se soulevait.
On reste perplexe aussi face à la lumière très puissante venant de la droite et faisant des ombres très longues alors que le reste de la chaine est bien moins éclairée. Une lampe ajoutée par le photographe ?


Sur cette carte postale, le facteur humain semble absent et c'est d'ailleurs volontaire puisque le commentaire de la carte postale appuie sur la totale automatisation de cette ligne de transfert des carters et précise qu'un homme seul surveille cet ensemble, homme dont on ne voit rien sur la photographie. Une image désincarnée en quelque sorte.


Il faut bien que tout cela fabrique quelque chose !
Toutes ses images, toutes ces cartes postales pour aboutir à cette dernière, celle qui justifie l'ensemble. Les Combis quittent la chaine de montage à une fréquence de 750 par jour...Cela donne une idée de la rapidité du montage et de la réalité violente de la chaine. Au dos, encore l'utilisation de mots très particuliers. On y évoque l'ordre et la propreté.
Le Combi quitte l'usine pour des aventures inconnues. Il doit être attendu quelque part, en Allemagne, dans une agence. Il ne restera rien sur ce véhicule qui évoquera les mains des ouvriers. Un chiffon doux effacera tout. 
Cette carte postale met aussi l'accent sur la masse productive avec l'enfilade des véhicules. Pas un seul ouvrier clairement visible, pas de photographie de groupe des ouvriers devant leur production, pas de fierté lisible dans l'image. En fait cette image possède une permanence qui la rend anonyme à ceux qui l'habite. Hier, demain, tout de suite, tout à l'heure n'ont aucun sens. Il se passera la même chose, le même geste, la même image, elle-même prise dans cette continuité.
On pourrait faire la liste de ce que ces photographies ne donnent pas à vivre : bruit, odeur, hiérarchie, pénibilité, lutte syndicale.
Elles sont des objets de communication, des objets puissamment contrôlées. Et pourtant, dans cette rigueur et même grâce à cette rigueur, elles ont une beauté certaine.
Cette beauté provient de l'agencement, de la compilation de l'objet photographié et de cette distance froide qui lui est accordé. 
Les cartes postales ne comportent aucun nom de photographe, aucun nom d'éditeur mais il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une production institutionnelle. Comme ma série n'est pas complète et que l'exception ne confirme pas toujours la règle, il me sera difficile de poursuivre l'analyse de cette série.
Alors je fais "comme si", comme si tout cela était aussi simple, aussi silencieux.

N'oubliez pas que votre blog a changé d'adresse. C'est ici maintenant.

lundi 31 mars 2014

Royan, l'image absolue




 Il y a peu de moments aussi importants que celui-là finalement dans sa vie.
Et aujourd'hui je pense beaucoup à Marcel et Jeannette et à la tête qu'ils auraient fait, si, à Royan, un type était venu leur dire que le petit garçon dont il attendent le retour de la plage, écrirait un jour un livre sur la plus belle ville du Monde : Royan.
Le livre est arrivé ce matin, et il n'est pas arrivé seul. Je crois en certains croisements, en certains signes de passage. Car ce livre dont je suis l'auteur est arrivé en compagnie du mémoire de Maxime Ravisy, étudiant à Olivier de Serres, mémoire qui interroge l'histoire et la pratique de la carte postale comme objet graphique, mémoire qui est d'une très grande qualité et qui se paye le luxe... de m'apprendre des chose !
Les bonheurs n'arrivent jamais seuls !
Alors regardons.
Le livre que je vous propose porte le titre de Royan, image absolue, en hommage direct à Serge Daney qui a défini pour moi une fois pour toute ma relation à la carte postale et en introduction vous trouverez la citation que vous connaissez déjà.
Maxime Ravisy a fait de même dans ce mémoire et cela me touche extrêmement, j'aime, je le répète les passages.
Je ne paraphraserai pas ici ce livre, les fidèles lecteurs de ce blog, ceux qui me font le plaisir de m'encourager régulièrement par des messages, des cartes postales et comme Maxime par leur confiance savent que cet ouvrage n'est pas un livre de collectionneur mais qu'il s'agit plus certainement par le biais de ce médium de soulever la question de la représentation d'une ville et la manière dont un artiste peut projeter à partir de ces images en interrogeant ses préoccupations sur la photographie.
Vous connaissez bien le ton de ce blog.
Alors je vous laisse lire le livre pour découvrir cette position.
Mais je dois vous dire évidemment que cet ouvrage, aboutissement de mes contacts avec la ville de Royan et tout particulièrement son service culturel est une grande émotion.
J'espère que vous en apprécierez son angle éditorial et la qualité des reproductions que j'ai voulu le plus possible à l'échelle exacte des images réunies dans un porte-folio final. Je souhaite aussi que vous y retrouverez mon univers.
Mais, même si les remerciements sont inscrits dans l'ouvrage, je tiens à remercier ici tout particulièrement Xavier Rozan et toute l'équipe éditoriale des éditions du Festin pour la qualité de la réalisation, la confiance qu'ils ont apportée à ce projet et leur extrême patience.
Mais je remercie surtout Claude pour son ambition à mon égard, la force qu'il m'a donné à croire que j'avais quelque chose à dire et que cela devait s'exprimer clairement et nettement.
Alors je vous souhaite à tous une bonne lecture et que, une fois de plus, mes meilleurs souvenirs vous accompagnent pour venir voir, visiter, protéger, la plus belle, la plus éclatante, la plus personnelle des villes : Royan, une image absolue.

Royan, l'image absolue
Cartes postales de la ville moderne
éditions Le Festin, Royan Patrimoine.
2014
15 euros
isbn-978-2-36062-096-8
Dans la mesure du possible, achetez cet ouvrage chez votre libraire indépendant !












Et voici le mémoire de Maxime Ravisy qui a comme un hasard attentionné et bienveillant glissé dedans, une vraie carte postale de Royan et illustre son propos avec des cartes postales de cette ville !
Merci Maxime !

Lieux communs, images singulières
Nouvelles perspectives pour la carte postale.
DSSA design graphique
ENSAAMA Olivier de Serres




dimanche 9 mars 2014

le Comité de Vigilance Brutaliste au Havre.



L'exposition Le Havre versus Royan est ouverte depuis hier à la Forme, lieu d'exposition au Havre.
Sur l'inviation de Didier Mouchel, Pascal Desplanques et Anne BettingerThomas DussaixClaude Parent et votre serviteur vous proposent donc une exposition hybride mêlant plusieurs articulations. Tout commence avec le souvenir que Monsieur Parent avait, avec Monsieur Virilio, proposé en 1969 un praticable en Fonction Oblique à la Maison de la Culture du Havre encore installée au sein du Musée Malraux, praticable qui servait aux architectes de première tentative pour faire éprouver au public le potentiel de cette révolution spatiale que représente la Fonction Oblique.
L'autre idée de notre exposition à la Forme était aussi de mettre en liaison, ces deux villes nées des bombardements et de la Reconstruction que sont Royan et le Havre. Deux villes posées sur un estuaire, deux villes portuaires mais aussi deux échelles urbaines différentes et surtout, deux architectes en chef de générations différentes ! Perret et... Ferret
Mais le hasard de nos recherches sur l'intervention de Claude Parent au Havre nous a fait découvrir que celle-ci, en 1969, était passée par... Royan avant d'être installée au Havre dans la foulée... Et grâce aux archives personnelles de Monsieur Gosselin et à ses souvenirs vivaces de cette expérience, nous avons pu tirer le fil de cette histoire incroyable qui lia donc ces deux villes autour de la Fonction Oblique et d'un hommage à André Bloc.
Nos avions tous les éléments pour que le résultat de notre résidence à Royan puisse être montré au Havre, pour que Monsieur Parent nous prête des dessins, pour mettre en relation des cartes postales des deux villes et regarder comment elles se sont donné à voir et vous proposer également des archives passionnantes et un témoignage très touchant de Monsieur Gosselin qui fut avec Monsieur Gobled l'un des deux initiateurs et constructeurs de cette fonction Oblique au Havre !
Si vous venez vous pourrez donc dans cette exposition voir des dessins de Monsieur Parent, des dessins de Thomas Dussaix largement inspirés par notre résidence à Royan, la vidéo réalisée dans Notre-Dame-de-Royan, une table d'archives sur l'histoire de cette expérience de la Fonction Oblique à la Maison de la Culture du Havre, une vidéo nous permettant d'entendre Monsieur Gosselin évoquer cette expérience et... des cartes postales de Royan et du Havre...
Tout cela gratuitement, pour le plaisir de partager avec vous, nos histoires, nos dessins, nos rêves et nos souvenirs d'une architecture vivante, joyeuse et nous l'espérons chaleureuse !
Venez nombreux nous voir !
Je vous propose quelques images de l'accrochage qui ne valent évidemment pas le plaisir que vous aurez à venir passer une journée au Havre pour jouir de la totalité des manifestations du Mois de l'Architecture.
Les membres du Comité de Vigilance Brutaliste tiennent à remercier vivement pour leur invitation Anne Bettinger et Pascal Desplanques, nous remercions également Christian, Jules, Marine, Sabine pour leur aide au montage et nous remercions aussi la Maison de l'Architecture du Havre pour son soutien.

Un merci appuyé à Madame et Monsieur Gosselin pour leurs archives et leurs souvenirs offerts si généreusement.

Spéciale dédicace à Didier Mouchel, promoteur infatigable et généreux de la Photographie Plasticienne au Pôle Image Haute Normandie.
Didier... Merci !

Infos pratiques : La Forme 170 rue Victor Hugo au Havre. Ouverture du Jeudi au Samedi de 14h à 18h.