samedi 4 août 2012

Royan, du ciel 2

Est-ce que les vacanciers, les mémés à gamins, les nounous débordées, les habitués de la Conche entendent notre moteur ?
Nous, nous n'entendons que cela et nous devons hurler nos commentaires au pilote.



















Et pan ! Appui sur l'aile gauche. Le Casino de Monsieur Ferret donne tout ce qu'il a, il articule ce lieu si particulier des villes de bord de mer, cet espace entre le bain et la ville, entre les loisirs et la vie régulière. Il faut savoir faire de ce moment un moment urbain. Monsieur Ferret avait bien su le faire.
Le parking aux bateaux bien rangés, le port.
Les baigneurs bien rangés, les cabines, la plage.
Vroummmm....
On atterrit.


















Les éditions Berjaud, fières d'être de fabrication française nous montrent encore le Casino. Sur sa façade, les couleurs de la Modernité s'alternent. Et le rouge vif du Front de Mer fait vibrer la grille de cette construction moderne.
Même les jardiniers de la Ville de Royan savaient jouer de ces graphismes modernes : triangles, pointes, zig-zags en couleurs vivifiantes comme les tables de Formica toutes neuves.
Suivre les courbes agencées et ainsi l'air de rien aller de la ville à la plage, du privé au public, de l'habillé au torse nu, du chaud au bain frais. Tout est prévu. Soyez tranquille, vous êtes à Royan.


vendredi 3 août 2012

Royan, du ciel 1

Nous aurions pris des cours de pilotage.
Nous aurions fixé des appareils photographiques sur des cerf-volants.
Nous serions monté dans les étages des immeubles voisins.
Nous aurions sauté en parachute.
Nous aurions pu aussi glisser dans la nacelle en osier d'un ballon à air chaud.
Nous serions entre azur et sable, en toit et nuage. Ni trop haut, ni trop bas.
A nos pieds, la plus belle ville du Monde, en construction ou terminée, livrée aux oublis des horreurs de la guerre, libérée, vivante et fière de sa modernité flamboyante, vengeresse.
Et comme tout un chacun, pour perpétuer et raconter cette vie ensoleillée, nous aurions acheté et envoyé une carte postale.
Premier épisode de l'été :



















Pour L. Chatagneau, ce cliché de A. Bouclaud de Rochefort nous montre de haut l'Avenue Aristide Briand et le Nouveau Marché. La ville est dessinée presque terminée. On devine encore les baraquements de commerces.
Prenons le virage à gauche et descendons en piqué dans l'espace et dans le temps :



















Par les éditions Sofer, nous visons par le petit trou du Portique disparu comme au travers d'une serrure, nous visons la mer. Le Marché devient une sorte de rond-point aérien autour duquel nous tournons. Royan sait être une ville, un manège, une plage, un lieu.

mardi 31 juillet 2012

la mort un peu





















Pour ceux qui veulent cuisiner dans un cercueil, ceux qui pensent massif et chêne, ceux qui dans le coin, la tête tournée vers le marron flammé d'un carrelage, font cuire le dégoût, ceux qui le samedi décrochent les rideaux pour la lessive, ceux qui rangent les épices dans les petits pots de la grand-tante, ceux qui dans la cruche en terre versent l'eau du robinet pour rêver à la fontaine en imitation bronze dans le jardin, ceux qui accrochent le dessin de leur cuisine comme une œuvre d'art sur le mur de gauche, ceux qui encaustiquent les vernis pour faire quelque chose de leur journée, ceux qui remplissent le four de poulets fermiers pourtant trop salissants pour ce four auto-nettoyant, ceux qui tout de même ont cédé aux plaques électriques parce qu'il faut être de son temps, ceux qui font la vaisselle en surveillant le noir des fenêtres sur la vie des voisins, ceux qui Pétunias sur le rebord, ceux qui Ficus à l'intérieur, ceux qui croient faire avec cette cuisine comme avec une armoire normande du patrimoine familial, laisser quelque chose à leur enfants. Pour ceux qui vivants, sont déjà morts un peu : une cuisine française.


lundi 30 juillet 2012

un club et la Méditerranée

Nous allons visiter un Club Méditerranée en trois cartes postales. Nous n'apprendrons rien sur le ou les architectes de ce Club d'Agadir au Maroc simplement parce qu'il arrive qu'on ne trouve aucune information !
Mais nous verrons que pourtant ce Village Hôtel a de belles qualités.


















Depuis ce point de vue on peut au moins acquiescer à une grande transparence de l'ensemble puisque les deux parties de cette construction n'arrivent pas à boucher le point de vue sur l'horizon de la mer !
Les reflets dans les vitres troublent encore le rapport entre le dedans et le dehors surtout sur la gauche de l'image. Les vitres descendent jusqu'en bas, le sol est ainsi au même niveau à l'intérieur et à l'extérieur formant une continuité visuelle mais aussi d'espace. Ce trouble est une qualité.
Les formes des constructions sont simples, rien depuis ce cadre ne permet de dire autre chose que de beaux espaces simplement posés, simplement dessinés et posés sur le sol en offrant le maximum de chance au paysage. C'est bien là aussi une belle qualité et une attention.
Si on regarde bien on commence à deviner quelque chose de pourtant particulier.
Encore bien plus lisible là, sur cette autre carte postale :


















Saisissant non ?
Un rideau de fer forgé fait la séparation entre deux fonctions de l'hôtel. On devine la salle à manger à gauche (admirez au passage les beaux sièges !) et le salon-bar aux sièges en rotin bien plus bas.













































Sans doute un espace ouvert aux clients de passage et un autre réservé aux résidents permanents. La grille magnifiquement utilisée ici pour sa transparence et son graphisme vient travailler avec la triangulation du plafond qui fait toute la surprise de ce lieu. Triangulation qui pourtant ne semble pas ici constructive puisqu'elle ne détermine rien de la forme extérieure. Cette "Fantaisie" superbe et forte est encore bien plus visible ici :


















Alors ?
Etonnant non ?
Regardons bien cette carte postale. Et regardons par exemple le pilier de gauche au premier plan. On devine qu'il récupère la triangulation du plafond par 4 barres qui forment les arêtes de la pyramide. Chacune d'elles reçoit à son tour les zébrures de baguettes (de bois sans doute) qui font le jeu formel de ce plafond. Pourtant ce qui est un rien étrange, c'est que cette pyramide semble bien articuler une forme en creux dans le toit de la construction. Peut-on croire à un caissonage par l'envers du-dit toit ?

























Voyez en tout cas comment cela a une grande ampleur. Pour cela regardons le détail du barman qui pose sa tête à la rencontre de la pointe pyramidale.
Tout cela est bien spectaculaire !


























Mais voilà tout ce travail, cette attention architecturale, restent anonymes. On pourrait rêver à Zevaco mais l'extérieur semble un peu sage et je ne trouve vraiment aucun indice sur cette possibilité. Alors ?
Qui dessina ce beau Club Méditerranée à Agadir ?
Les trois cartes postales sont des cartes-photos dont seules les mentions de lieux et la marque Gevaert du papier photographique figurent au dos.

La réponse arrive le jour même (!) par notre ami Philippe Perreaudin, alors je ne la laisse pas dans un commentaire mais vous la livre directement dans l'article:
l'architecte est Emile-Jean Duhon et les aménagements sont de Ludmila Weiler. Philippe Perreaudin trouve cette source dans L'Architecture Française, N° 303-304, 1967, Page 79-82.
Voilà qui est précis, concis et rapide !
Nous aurions pu penser à Duhon effectivement qui avait déjà réalisé à Agadir le très beau restaurant La Réserve que nous avions vu ici même.
Merci donc encore Philippe Perreaudin.





samedi 28 juillet 2012

Le Comité de Vigilance Brutaliste à la plage

Nous recevons de la part de Thomas Dussaix, l'un des deux membres permanents et fondateurs du Comité de Vigilance Brutaliste et de Céline Dufust, une artiste accomplie, une série estivale de cartes postales.
Nous passerons sur le fait que, au lieu de parcourir les architectures de béton, de se perdre dans les méandres noires des cités enfouies, de s'écorcher les genoux dans les caves abruptes des monolithes modernes, Thomas Dussaix préfère, bien accompagné il est vrai, la chaleur douce d'un sable jaune sur une plage.
Que voulez-vous, les membres du Comité de Vigilance Brutaliste sont aussi des hommes comme les autres...
Mais malgré cela il sait choisir ses cartes postales : il fut bien instruit celui-là !
Regardons :



















Cette carte postale un peu ancienne pour notre blog est pourtant un choix judicieux. Ce monument ainsi représenté dans un noir et blanc chaud montre bien une construction qui pour sa géométrie est parfaitement recevable. Une pyramide tronquée et brutale, une ouverture a minima, tout cela hésite entre une architecture militaire, un bunker, une œuvre de Vauban tête-bêche ! On en trouve dans le très précis "Les architectes de la Mémoire"* aux éditions du Huitième Jour, une description informative :
"Le monument ossuaire de la ferme de Navarin est situé à 45 km à l'est de Reims sur le bord de la RD 77, environ à 30 km au nord de Chalons-en-Champagne. A l'emplacement d'une ancienne ferme-auberge se dresse une importante pyramide de béton et de grès rose, surmontée de trois soldats en pierre. Le soldat de gauche a les traits du frère du sculpteur, Real Del Sarte, tué en Champagne pendant la Première Guerre mondiale. Le monument abrite une chapelle dont les murs sont tapissés de stèles et d'un millier de plaques commémoratives apposées par les familles des disparus dont celle des quatre fils du Président Doumer. Dans la crypte reposent les restes de 10 000 (sic!) soldats tombés au front de Champagne où se sont déroulés les combats les plus acharnés."
Nous apprenons également que l'architecte de cette tombe monumentale est André Bauer, la statuaire est donc de Réal Del Sarte, le ferronnier est Raymond Subes.
Beaucoup plus récent :



















Nous retrouvons, grâce à cette carte postale Rex inédite sur ce blog, le très beau et puissant V.V.F d'Anglet " la Chambre d'Amour" dont nous parlons souvent ici comme un exemple parfaitement réussi d'une grande architecture sur nos côtes. Revoyez ou ou encore ici. Le point de vue tente le miracle de décrire à la fois la mer, les loisirs et la construction. Trois bleus : ciel, mer, piscine contre un brun chaud, celui de la bâtisse et de la falaise. Je crois que notre frileux Thomas aurait bien plus volontiers choisi ici... la piscine...
Plus au sud :



















Une merveille non ?
Nous sommes à Tenerife sur les bords de la Costal del Silencio par l'éditeur Perla.
Quel magnifique jeu constructif ! Quel beau travail du béton ! Qui a dessiné cela ?





















Le jeu magnifique des retraits et des débordements des balcons, la succession des modules s'emboîtant les uns après les autres, tout cela forme une belle architecture moderne de vacances dont nous ignorons malheureusement le nom du ou des concepteurs... Si vous avez une idée... La sculpture également reste anonyme, elle ne manque pourtant pas de mystères organico-mécaniques !
Pour finir une rareté :


























Voici une carte postale très rare d'un bord de mer agitée surveillé depuis la hauteur par un bunker taggué de neuf. Nous sommes à la plage de l'anse du croc à Préhel. Cette carte postale est une vue d'artiste qui s'intitule "le Surveillant", on la doit aux éditions C.V.B dont la légende voudrait que la reproduction (de la carte !) serait impossible.
Je vous en laisse juge.

* les architectes de la Mémoire
éditions du Huitième Jour, 2007
par Simon Texier
Photographies de Jean Christophe Dartoux
isbn-9782914119894

vendredi 27 juillet 2012

école blanche

Jean-Michel venait d'arriver.
Il avait dans les yeux et dans les jambes un étrange mélange de Chartres, son ancienne ville, et de l'Italie où il venait de passer une semaine avec son ami de lycée, Antoine, comme lui nouvellement gratifié d'un baccalauréat.
Il était enfin là devant son école.

éditions Tardy



















Il avait choisi celle de Marseille pour sa pédagogie. C'est ce qu'il avait expliqué à ses parents. Mais il avait choisi Marseille aussi pour sa situation.
Il rêvait d'abord d'être loin de Chartres. C'était parfait. Il rêvait d'être loin de ses parents. C'était parfait. Mais il regrettait déjà l'éloignement d'Antoine qu'il connaissait depuis toujours.
Enfin il faudrait ici apprendre son métier, apprendre à le vivre avec d'autres de son âge et l'école lui fit une belle impression. Il se rappelait même un peu les lieux car il avait dû venir pour son concours d'entrée. Il avait donc une sensation de familiarité mêlée d'une trouille un peu pressante. Il regarda d'abord depuis l'extérieur son école toute neuve. Une succession de blocs blancs immaculés aux grandes ouvertures semblaient par leur géométrie jouer contre les rochers gris du paysage. Un ciel d'un bleu dur écrasait sa nuque. Il la trouva belle cette école.
Il devait maintenant entrer.

éditions Tardy


















Il fut d'abord un rien décontenancé par l'absence d'autres élèves. Il s'attendait à un bordel joyeux de jeunes étudiants encadrés et moqués par les anciens. Il s'attendait à une sorte de cérémonie d'intronisation, une foule accueillante. Mais personne dans ce hall de l'unité pédagogique d'architecture. Personne que cette jeune femme en bleu ciel de la tête aux pieds qui comme lui semblait attendre... Il posa son sac ni trop près ni trop loin ne voulant pas entrer brutalement dans son espace ni paraître tout de suite comme perdu. Il décida simplement de se diriger vers l'accueil où l'on rit de bon cœur à son étonnement de ne voir personne. Il avait simplement deux jours d'avance !




























On lui donna tout de même les papiers à remplir et l'accent chantant vient lui souligner son éloignement et la réalité de sa situation ! Il rit à son tour et devant un sourire esquissé par la jeune femme en bleu, il saisit l'opportunité de rompre la distance.
Quelle surprise !
Un autre accent vint lui rappeler immédiatement des souvenirs récents. Milena était italienne et arrivait tout droit de Turin, un peu épuisée également, un peu abattue ! Elle avait aussi pris un peu d'avance... ils s'aperçurent alors tous deux que leur convocation comportait bien un léger doute de date et ils rirent ensemble de ce méfait sympathique. Mais que faire de ce temps ? Visitons l'école !
Alors rapidement, son sac sur le dos, Jean-Michel accompagna Milena dans une excursion sur le campus. Elle lui raconta son oncle opérant pour Gio Ponti à Milan et lui son père maçon qui l'emmenait sur les chantiers... Il raconta son voyage récent en Italie et elle son désir un jour de voir la grande cathédrale de Chartres. Ils avaient chaud et l'ombre fraîche du hall d'accueil de l'école d'art les rafraîchit un peu. Milena logerait en centre ville dans un studio, Jean-Michel dans une chambre meublée prêtée par un ami de la famille. Ils avaient leur journée de libre. Ils n'avaient jamais vraiment connu cette sensation, une journée de libre. Dans un chahut vocal, un petit groupe d'hurluberlus vint à leur rencontre.

éditions Tardy



















Ils se présentèrent, se firent moquer gentiment de leur erreur à tous deux. Puis, naturellement, on les invita à aller se baigner là-bas, au fond des calanques. Vous verrez l'eau est chaude. Milena s'éloigna déjà avec le groupe d'étudiants.
Jean-Michel en retrait pensa immédiatement à Antoine. Il aurait bien des choses à lui écrire ce soir. Marseille.

Le campus de Luminy et l'école d'Art et d'Architecture sont l'œuvre de René Egger, architecte.
Pour de plus amples informations sur ce beau site, reportez-vous à l'excellent "guide d'architecture, Marseille 1945-1993" aux éditions Parenthèses par Jacques Sbriglio.
isbn 2-86364-075-5

jeudi 26 juillet 2012

la honte à Vélizy-Villacoublay

J'ai honte.
Rien, ni votre mobilisation, ni le sursaut des autorités compétentes, n'aura permis de sauver l'une des œuvres majeures de l'architecture contemporaine : le Centre Thomson-Houston (Thales) de Vélizy-Villacoublay.
Faut-il chercher des responsables à cette indifférence ?
Faut-il croire que la France qui s'enorgueillit de son Patrimoine laisse disparaître dans un silence lourd des pans entiers de ce qui devrait constituer le registre futur de ce Patrimoine ?
Doit-on accuser les propriétaires de ces lieux de leur incompétence dans ce domaine ou juste se dire que finalement ils sont comme la moyenne française qui NE SAIT PAS VOIR car elle N'A PAS APPRIS A VOIR !
Doit-on encore penser que l'argent, le capital, le profit font l'histoire de l'architecture bien plus que l'intelligence d'une forme, la pensée d'un espace, la conception heureuse et humaniste d'une architecture ?
Mais c'est surtout ce silence, cette indifférence qui fait maintenant l'image de marque de la gestion de notre Patrimoine en France.
Cette absence de débat. Car, si après une réflexion commune, une discussion posée entre tous les partenaires les décisions (bonnes ou mauvaises) étaient prises au moins nous pourrions dire que nous décidons de quelque chose...
Mais on dit "politique", on dit "grosse société", on dit d'avance nos bras ballants le long du corps, notre impuissance. Ce "à quoi bon" général...
Mais quelque chose ne fonctionne pas dans les mécanismes de défense du Patrimoine, quelque chose de profond, d'interne et pour le coup de vraiment politique : comment des œuvres reconnues, publiées, parfois labelisées tombent-elles ainsi les unes après les autres ?
Comment et pourquoi ce regard ne permet-il pas de prises de décisions fortes ?
Parce qu'il n'y en a pas la volonté ?... Parce que l'éducation visuelle, artistique et architecturale est d'une pauvreté telle aujourd'hui qu'elle atteint l'ensemble de la société : le grutier qui fait tomber, le promoteur immobilier qui donne l'ordre, les autorités municipales qui ne connaissent pas leur Patrimoine... et pire parfois même les architectes qui sans remords projettent leur œuvres sur les ruines de ceux-la mêmes qui leur permettent d'exister.
Cette éducation essentielle est le nœud de la question.
Combien d'heures d'enseignement avez-vous eues au collège, au lycée sur l'architecture et l'art en général ?
Combien ?
L'inculture est généralisée, les troupes défilent en rangs serrés dans des stades dont ils ne connaissent pas le nom des concepteurs. Pire cette inculture est élevée par certains médias comme une vraie culture (on la nomme urbaine, populaire (!) et même maintenant on voit l'émergence de la culture philanthropique qui devient une nouvelle norme sociale celle qui distribue les bons points aux chanteurs et autres saltimbanques).
J'ai honte.
Mais je me bats, avec vous.
Nous sauverons le centre commercial de Ris-Orangis parce que :
C'est une œuvre vivante qui anime sa ville, sa banlieue dans une vraie dynamique des jonctions urbaines, des circulations de ses usagers.
C'est une œuvre plastique d'une grande richesse formelle, d'une puissance sculpturale originale.
C'est une œuvre brutaliste qui ne cède rien au décorum facile d'une intégration minable.
C'est une œuvre essentielle de l'un des plus pertinents architectes français, reconnu, aimé, et ayant éduqué une génération d'architectes.
C'est l'un des plus beaux dessins de bâtiments en France, dessin dont la force vient de sa netteté programmatique.
C'est un centre commercial, une œuvre quotidiennement parcourue, utilisée et utile.
C'est donc une VRAIE ŒUVRE POPULAIRE.
C'est donc bien un Monument Historique. C'est notre Patrimoine. C'est le vôtre, le nôtre.
Défendez-le.