J'ai honte.
Rien, ni votre mobilisation, ni le sursaut des autorités compétentes, n'aura permis de sauver l'une des œuvres majeures de l'architecture contemporaine : le Centre Thomson-Houston (Thales) de Vélizy-Villacoublay.
Faut-il chercher des responsables à cette indifférence ?
Faut-il croire que la France qui s'enorgueillit de son Patrimoine laisse disparaître dans un silence lourd des pans entiers de ce qui devrait constituer le registre futur de ce Patrimoine ?
Doit-on accuser les propriétaires de ces lieux de leur incompétence dans ce domaine ou juste se dire que finalement ils sont comme la moyenne française qui NE SAIT PAS VOIR car elle N'A PAS APPRIS A VOIR !
Doit-on encore penser que l'argent, le capital, le profit font l'histoire de l'architecture bien plus que l'intelligence d'une forme, la pensée d'un espace, la conception heureuse et humaniste d'une architecture ?
Mais c'est surtout ce silence, cette indifférence qui fait maintenant l'image de marque de la gestion de notre Patrimoine en France.
Cette absence de débat. Car, si après une réflexion commune, une discussion posée entre tous les partenaires les décisions (bonnes ou mauvaises) étaient prises au moins nous pourrions dire que nous décidons de quelque chose...
Mais on dit "politique", on dit "grosse société", on dit d'avance nos bras ballants le long du corps, notre impuissance. Ce "à quoi bon" général...
Mais quelque chose ne fonctionne pas dans les mécanismes de défense du Patrimoine, quelque chose de profond, d'interne et pour le coup de vraiment politique : comment des œuvres reconnues, publiées, parfois labelisées tombent-elles ainsi les unes après les autres ?
Comment et pourquoi ce regard ne permet-il pas de prises de décisions fortes ?
Parce qu'il n'y en a pas la volonté ?... Parce que l'éducation visuelle, artistique et architecturale est d'une pauvreté telle aujourd'hui qu'elle atteint l'ensemble de la société : le grutier qui fait tomber, le promoteur immobilier qui donne l'ordre, les autorités municipales qui ne connaissent pas leur Patrimoine... et pire parfois même les architectes qui sans remords projettent leur œuvres sur les ruines de ceux-la mêmes qui leur permettent d'exister.
Cette éducation essentielle est le nœud de la question.
Combien d'heures d'enseignement avez-vous eues au collège, au lycée sur l'architecture et l'art en général ?
Combien ?
L'inculture est généralisée, les troupes défilent en rangs serrés dans des stades dont ils ne connaissent pas le nom des concepteurs. Pire cette inculture est élevée par certains médias comme une vraie culture (on la nomme urbaine, populaire (!) et même maintenant on voit l'émergence de la culture philanthropique qui devient une nouvelle norme sociale celle qui distribue les bons points aux chanteurs et autres saltimbanques).
J'ai honte.
Mais je me bats, avec vous.
Nous sauverons le centre commercial de Ris-Orangis parce que :
C'est une œuvre vivante qui anime sa ville, sa banlieue dans une vraie dynamique des jonctions urbaines, des circulations de ses usagers.
C'est une œuvre plastique d'une grande richesse formelle, d'une puissance sculpturale originale.
C'est une œuvre brutaliste qui ne cède rien au décorum facile d'une intégration minable.
C'est une œuvre essentielle de l'un des plus pertinents architectes français, reconnu, aimé, et ayant éduqué une génération d'architectes.
C'est l'un des plus beaux dessins de bâtiments en France, dessin dont la force vient de sa netteté programmatique.
C'est un centre commercial, une œuvre quotidiennement parcourue, utilisée et utile.
C'est donc une VRAIE ŒUVRE POPULAIRE.
C'est donc bien un Monument Historique. C'est notre Patrimoine. C'est le vôtre, le nôtre.
Défendez-le.
mobilisation !
écoutez et enregistrez l'émission de Camille Juza, le Génie des Lieux, émission consacrée entièrement au centre commercial de Ris-Orangis !
Si vous aimez ce blog : signez la pétition !
sauvegardons le centre commercial de Ris-Orangis dessiné par Claude Parent !
Si vous aimez ce blog : signez la pétition !
sauvegardons le centre commercial de Ris-Orangis dessiné par Claude Parent !
Venez rejoindre le Réseau National des Micro et Mobiles Architectures !
N'oubliez pas de consulter Architecture de Cartes Postales 2 !
N'oubliez pas de consulter Architecture de Cartes Postales 2 !
jeudi 26 juillet 2012
mercredi 25 juillet 2012
la porte d'Italie
![]() |
| éditions Yvon |
Antoine venait d'avoir son baccalauréat dans son lycée de Chartres. Il était heureux car son goût pour les langues anciennes, le grec et le latin, lui avait permis d'obtenir une mention, ce qui réjouissait sa mère qui aimait tant la civilisation latine.
Comme promis, Antoine pourrait donc cet été aller en Italie, voyage que sa mère lui offrait pour son bac.
Mais avant l'Italie et ses promesses d'une vie moins adolescente, Antoine devait faire les démarches pour s'inscrire en Faculté de lettres à Nanterre. Avec sa mère, ils prirent donc le train pour Paris. Pour Antoine c'était bien la première fois qu'il allait ainsi dans la capitale. Sa mère lui avait bien évoqué la ville puisque c'est là qu'elle vivait avec le père d'Antoine avant le décès de ce dernier survenu trop tôt sans doute.
Mais Antoine, tout en sentant l'ombre paternelle dans ces lieux, sentait surtout une immense liberté gagner tout son corps. Inconnu, ici il pourra, croyait-il, tenter d'être totalement lui-même et tout le ravissait d'une manière naïve, celle du provincial à Paris. Le métro semblait à lui seul pour Antoine une sorte de réjouissance aiguë inédite liant réseau mécanique et liberté de mouvement. On pouvait aller partout et de manière anonyme sans risquer comme en province que la boulangère vous reconnaisse ou que le sportif du lycée vous aperçoive à la sortie de la librairie. Antoine louait le métro à sa mère tout le long du cheminement souterrain, la soûlant presque de ses Oh ! de ses Ah! qui ponctuaient ici la qualité de la motrice, là les aménagements du R.E.R. Il trouvait remarquable qu'on puisse ainsi voir des œuvres d'art dans le métro. Il acheta d'ailleurs une belle série de cartes postales à Châtelet-les-Halles non pour lui mais pour Jean-Michel son ami de Chartres qui lui, devait partir pour Marseille dans une école d'architecture.
![]() |
| éditions Abeilles-Cartes, Rolf Walter photographe. |
![]() |
| éditions Yvon |
![]() |
| éditions Yvon |
C'était bien là le seul défaut de cette nouvelle vie. Antoine pensa que Jean-Michel serait sensible à l'Art Contemporain qui décore et embellit la vie des usagers du R.E.R. Surtout la très étrange sculpture de Ilio Signori qui symbolisait la rencontre. Les deux hommes ainsi nus et dorés choquèrent un peu sa mère mais pas Antoine qui fit remarquer que la civilisation latine contient bien d'autres choses plus surprenantes.

Antoine et sa mère aperçurent bien un type avec un appareil photographique qui faisait des clichés des lieux. Ils le regardèrent se contorsionner pour faire ses cadrages et cela, dans une expression familiale, les fit sourire tous les deux la mère et le fils, similitude que l'on retrouvait dans le choix d'un pull à col roulé pour venir à Paris. Comment pouvaient-ils penser tous les deux que ce morceau de leur vie commune, la mère et le fils, dernier moment d'ailleurs de cette histoire finirait ainsi imprimé sur des cartes postales ?
![]() |
| éditions Greff |

Et devant le vide des espaces entre les bâtiments de la Faculté de Nanterre, là dans ce paysage si étranger à ce qu'ils avaient connu jusqu'alors, Antoine entendit sa mère lui dire cette chose incroyable :
"Tu devrais aller en Italie avec Jean-Michel. J'avais prévu de t'y accompagner mais cela serait sûrement plus intéressant pour toi d'y aller avec ton meilleur ami. Il verra comme toi des choses importantes pour ses études et vous devez faire vos vies. Vous m'enverrez des cartes postales."
![]() |
| édition Abeille-Cartes, Lyna. |
Une semaine plus tard, devant l'Académie de France à Rome, sur le muret à l'ombre des arbres, Antoine et Jean-Michel signaient au dos d'une carte postale : "Nous pensons à toi ici. Voyage superbe. Bientôt de retour."
lundi 23 juillet 2012
Meccano Berbère

Peut-on croire vraiment l'éditeur de cette carte postale lorsqu'il donne comme titre, le Parc municipal, à son cliché ?
Je veux dire que, s'il ne fait aucun doute que Rolf (parfois Ralf) Walter qui a fait ce cliché vise bien l'espace vert devant lui, nous lui sommes gré d'y mettre au fond une construction particulièrement intéressante pour nous : la bibliothèque Elsa Triolet de Pantin.
Nous connaissons bien l'éditeur Abeilles-carte (Lyna) qui a édité un grand champ du territoire de la banlieue parisienne, nous connaissons bien Ralf (parfois Rolf !) Walter qui a ainsi parcouru cette étendue pour cadrer les paysages de cette banlieue mais nous connaissons sans doute moins ce superbe bâtiment de Messieurs Perrotet et Kalisz les architectes.

Pourquoi superbe ?
Parce que sur une trame décidée et affirmée, au moyen d'un système constructif affiché et qui fait forme, la fonction du bâtiment et ses organes sont parfaitement étudiés et dessinés au profit d'une architecture franche et mécanique sans effet autre que lui-même.
Cette franchise est finalement assez proche (à une tout autre échelle) que celle du Centre Pompidou. Une carcasse qui s'exprime, une mécanique lisible par tous, un ordonnancement des espaces à la fois clair et libre, une intégration par l'opposition si j'ose dire !
C'est une sorte de cabane sophistiquée qui se voudrait à la fois légère et sérieuse mais aussi un rien foraine, presque mobile : une sorte Meccano berbère.
Regardez comme la cheminée en inox est visible, comme la trame des poutrelles est lisible et accroche presque littéralement le bâtiment par le haut !
Mais pour être plus précis et nous rapprocher un peu plus de cet objet étonnant, je vous donne à voir quelques extraits de la revue techniques et Architectures de février 1973.
Mais avant vous irez signer la pétition pour la sauvegarde de l'école d'architecture de Nanterre, œuvre menacée de Jacques Kalisz:
http://www.mesopinions.com/petition/art-culture/sauvegarde-ecole-architecture-nanterre-defense-paris/1389?signature-list=true

samedi 21 juillet 2012
Liberté du pouvoir d'achat
On sait que l'architecture des centres commerciaux est, dans une grande mesure, une catastrophe. Les centres commerciaux sont de véritables "machines à acheter" et j'oserais dire pour la gestion des parcours intérieurs des "machines à voler" puisque tout y est organisé pour que vous circuliez d'abord par ce dont vous avez le moins besoin et le plus cher vers ce qui est le plus quotidien et le moins cher, du moins ce qui dégage le moins de marge pour nos amis de la grande distribution.
Fermez les yeux et pensez à l'entrée de votre supermarché. Je parie qu'à droite juste là le rayon téléviseurs à écrans plats et le manège à bijoux moches sont votre première image... Au fond du magasin, comme perdu dans une grotte introuvable, tout en bas d'un rayon, le kilo de farine premier prix vous attend si vous savez le trouver...
On comprend pourquoi je suis si attaché aux centres commerciaux de Claude Parent qui sont la preuve qu'il était possible de faire avec cet objet un travail remarquable.
Regardons avec deux cartes postales comment dans nos paysages parfois s'installent ces monstres de l'échange et du flux, ces nœuds sociaux du rituel de l'achat.
D'abord près de chez moi, ce qui fut pendant quelques années une sorte de Saint Graal à notre enfance : le centre commercial de Barentin.

La carte postale "La Cigogne" nous montre ce qu'elle appelle le Centre commercial de Mensil-Roux dont l'essentiel est un Carrefour. Enfants, nos parents nous emmenaient là et c'était une sorte de fête moderne, de jubilation seventies de la découverte de ce genre d'énormes espaces commerciaux. Le must étant de manger à la Cafétéria dont la seule prononciation nous faisait rêver à un mélange de feuilleton américain et l'an 2000. C'est là que nous achetions, pour la première fois, nos céréales pour le petit déjeuner. La Renault break garée, nous courions, sautions tels de joyeux petits cabris prêts à être dévorés sans retenue par le loup commercial sachant faire briller l'inutile. Nous étions déjà cuits...
Venir là était bien une expédition, il fallait prendre l'autoroute comme pour aller à la mer... Et sur le parking une star, une vedette, nous attendait déjà. La statue de la Liberté, celle-la même qui avait servi dans le film "le cerveau" avec Bourvil et Belmondo, film que nous adorions mêlant drôlerie aventureuse et gaudriole franchouillarde. J'ai encore la chanson du film dans la tête. A chaque passage du film à la télé, il y en avait bien un parmi nous pour dire "c'est la statue de Barentin" en rêvant sans doute que cela déclenche l'envie d'y aller faire un tour chez l'un de nos parents.

La carte postale nous dit bien le nœud et le piège urbain. Au premier plan, le réseau routier qui va desservir le centre commercial accroché comme un ganglion au réseau autoroutier, grand axe Paris, Rouen, mer. Il y a fort à parier qu'une partie de ce réseau fut payée par la société même du centre commercial. Puis, il faut un signe de reconnaissance, quelque chose qui vous installe un souvenir indélébile, qui fasse image. La Statue de la Liberté c'est parfait ! Tout y est comme ramassé : le rêve américain, la modernité, la référence populaire au film, et... la liberté dont ici on voit à quoi elle est réduite, choisir entre un poste télé Brandt ou un Radiola couleur. Regardez comme la statue est posée sur un monticule. N'oublions pas que dans le film, cette statue de la Liberté est bourrée de Dollars volés par le Cerveau ! (ze brainne !)
Puis vient le parking nu et ses autos et enfin la surface commerciale plate dont la seule attention au paysage est sa couverture vaguement noire pour sans doute évoquer les toits traditionnels. Au fond encore existant, le paysage d'origine déjà bien remembré mais encore campagnard dans lequel Guy de Maupassant pourrait bien se promener.
Ailleurs et inconnu :

Cette carte postale du centre commercial Créteil Soleil (sic!) a des qualités étonnantes pour nous. d'abord bien évidemment l'objet urbain représenté avec ce centre commercial vu d'avion et qui s'inscrit dans l'incroyable paysage de la ville moderne de Créteil dans lequel nous allons reconnaître bien des architectures que nous aimons. Mais avant de poursuivre de ce côté-là, il faut retourner la carte postale qui apparaît alors comme une carte de promotion pour le centre commercial Créteil Soleil :
les soldes d'été ! On remarque que la carte n'avait au fond aucune vocation postale puisque le timbre est imprimé dans le ton de l'ensemble mais singe la carte postale de vacances et s'amuse de la pratique en faisant de la promotion un acte proche d'un lien social : la carte postale d'été.
Mais au-delà de l'objet promotionel, on remarque un centre commercial absolument incroyable pour ce qui est du traitement de sa couverture, de son toit qui sert de parking.



Là, sur cette étendue, des volumes géométriques forts sont peints avec une polychromie superbe formant un paysage vraiment surprenant. Je n'ai malheureusement aucune information sur ce projet, sur le peintre, sur le traitement de ce toit comme un jardin minéral. Mais l'attention est évidente, la recherche, même si elle reste formelle et décorative, fonctionne bien dans cet espace nouveau de Créteil. Il fabrique un nouvel ordre spatial, il ordonne une utilité qui pourrait (aurait pu) faire école : l'invention de nouvelles places urbaines. J'aime le détail de la très longue rampe qui fait monter les automobiles. Malheureusement le parking au pied du centre commercial reste un lieu vide dont seuls les automobiles forment une variation... trop pauvre. Pourquoi cet effort sur l'architecture ne gagne-t-il pas le sol ? Si quelqu'un pouvait nous dire quel peintre, quel artiste a réalisé ce travail sur le centre commercial Créteil Soleil, cela serait bien de lui rendre justice. Pierre Dufau semble sans trop d'erreur l'architecte de ce centre commercial mais il ne fait pas de doute qu'il a dû travailler avec un plasticien pour la réalisation des polychromies.
Et j'aime ce paysage. Regardons ce que nous connaissons déjà de Créteil :
Fermez les yeux et pensez à l'entrée de votre supermarché. Je parie qu'à droite juste là le rayon téléviseurs à écrans plats et le manège à bijoux moches sont votre première image... Au fond du magasin, comme perdu dans une grotte introuvable, tout en bas d'un rayon, le kilo de farine premier prix vous attend si vous savez le trouver...
On comprend pourquoi je suis si attaché aux centres commerciaux de Claude Parent qui sont la preuve qu'il était possible de faire avec cet objet un travail remarquable.
Regardons avec deux cartes postales comment dans nos paysages parfois s'installent ces monstres de l'échange et du flux, ces nœuds sociaux du rituel de l'achat.
D'abord près de chez moi, ce qui fut pendant quelques années une sorte de Saint Graal à notre enfance : le centre commercial de Barentin.

La carte postale "La Cigogne" nous montre ce qu'elle appelle le Centre commercial de Mensil-Roux dont l'essentiel est un Carrefour. Enfants, nos parents nous emmenaient là et c'était une sorte de fête moderne, de jubilation seventies de la découverte de ce genre d'énormes espaces commerciaux. Le must étant de manger à la Cafétéria dont la seule prononciation nous faisait rêver à un mélange de feuilleton américain et l'an 2000. C'est là que nous achetions, pour la première fois, nos céréales pour le petit déjeuner. La Renault break garée, nous courions, sautions tels de joyeux petits cabris prêts à être dévorés sans retenue par le loup commercial sachant faire briller l'inutile. Nous étions déjà cuits...
Venir là était bien une expédition, il fallait prendre l'autoroute comme pour aller à la mer... Et sur le parking une star, une vedette, nous attendait déjà. La statue de la Liberté, celle-la même qui avait servi dans le film "le cerveau" avec Bourvil et Belmondo, film que nous adorions mêlant drôlerie aventureuse et gaudriole franchouillarde. J'ai encore la chanson du film dans la tête. A chaque passage du film à la télé, il y en avait bien un parmi nous pour dire "c'est la statue de Barentin" en rêvant sans doute que cela déclenche l'envie d'y aller faire un tour chez l'un de nos parents.

La carte postale nous dit bien le nœud et le piège urbain. Au premier plan, le réseau routier qui va desservir le centre commercial accroché comme un ganglion au réseau autoroutier, grand axe Paris, Rouen, mer. Il y a fort à parier qu'une partie de ce réseau fut payée par la société même du centre commercial. Puis, il faut un signe de reconnaissance, quelque chose qui vous installe un souvenir indélébile, qui fasse image. La Statue de la Liberté c'est parfait ! Tout y est comme ramassé : le rêve américain, la modernité, la référence populaire au film, et... la liberté dont ici on voit à quoi elle est réduite, choisir entre un poste télé Brandt ou un Radiola couleur. Regardez comme la statue est posée sur un monticule. N'oublions pas que dans le film, cette statue de la Liberté est bourrée de Dollars volés par le Cerveau ! (ze brainne !)
Puis vient le parking nu et ses autos et enfin la surface commerciale plate dont la seule attention au paysage est sa couverture vaguement noire pour sans doute évoquer les toits traditionnels. Au fond encore existant, le paysage d'origine déjà bien remembré mais encore campagnard dans lequel Guy de Maupassant pourrait bien se promener.
Ailleurs et inconnu :

Cette carte postale du centre commercial Créteil Soleil (sic!) a des qualités étonnantes pour nous. d'abord bien évidemment l'objet urbain représenté avec ce centre commercial vu d'avion et qui s'inscrit dans l'incroyable paysage de la ville moderne de Créteil dans lequel nous allons reconnaître bien des architectures que nous aimons. Mais avant de poursuivre de ce côté-là, il faut retourner la carte postale qui apparaît alors comme une carte de promotion pour le centre commercial Créteil Soleil :
les soldes d'été ! On remarque que la carte n'avait au fond aucune vocation postale puisque le timbre est imprimé dans le ton de l'ensemble mais singe la carte postale de vacances et s'amuse de la pratique en faisant de la promotion un acte proche d'un lien social : la carte postale d'été.
Mais au-delà de l'objet promotionel, on remarque un centre commercial absolument incroyable pour ce qui est du traitement de sa couverture, de son toit qui sert de parking.



Là, sur cette étendue, des volumes géométriques forts sont peints avec une polychromie superbe formant un paysage vraiment surprenant. Je n'ai malheureusement aucune information sur ce projet, sur le peintre, sur le traitement de ce toit comme un jardin minéral. Mais l'attention est évidente, la recherche, même si elle reste formelle et décorative, fonctionne bien dans cet espace nouveau de Créteil. Il fabrique un nouvel ordre spatial, il ordonne une utilité qui pourrait (aurait pu) faire école : l'invention de nouvelles places urbaines. J'aime le détail de la très longue rampe qui fait monter les automobiles. Malheureusement le parking au pied du centre commercial reste un lieu vide dont seuls les automobiles forment une variation... trop pauvre. Pourquoi cet effort sur l'architecture ne gagne-t-il pas le sol ? Si quelqu'un pouvait nous dire quel peintre, quel artiste a réalisé ce travail sur le centre commercial Créteil Soleil, cela serait bien de lui rendre justice. Pierre Dufau semble sans trop d'erreur l'architecte de ce centre commercial mais il ne fait pas de doute qu'il a dû travailler avec un plasticien pour la réalisation des polychromies.
Et j'aime ce paysage. Regardons ce que nous connaissons déjà de Créteil :
![]() |
| la Pernoderie de Mr Willerval, architecte. |
![]() |
| les "choux" de Mr Grandval |
![]() |
| la préfecture par Mr Badani, architecte. |
jeudi 19 juillet 2012
Drancy Hard
Certainement parce que plongé dans le passionnant Reconstruction Déconstruction de Bruno Vayssière (Merci Didier Mouchel), je m'égare à nouveau dans le paquet "Hard French" et "chemin de grue" de ma collection, se regroupent presque toutes seules trois cartes postales de Drancy.
Regardons ce qu'elles nous disent :

Cette vue générale de la Cité Paul-Eluard, du groupe scolaire Roger Salengro, de la Cité Gaston Roulaud et enfin de la tour Fernand Péna est une édition Mage. Une image presque une icône de cet typologie urbaine française. Marcel Lods est l'un des architectes de cet ensemble. Ne faisons pas semblant. C'est hard. Devons-nous pour autant regarder cela sur une chaine cryptée ?
N'oublions pas que, les images, toutes les images, ne sont que des images et les excitations ou les déceptions prises à leurs observations ne vaudront jamais l'expérience de les vivre.
J'aime l'œuvre de Marcel Lods. J'aime sa profonde rigueur. Mais l'addition des volontés de bonheur ne produisent pas forcément les images du bonheur. ici nous pourrions au moins voir les espaces intersticiels, la rupture avec un urbanisme de place et d'avenue ordonnant un point de vue. Nous pourrions aimer cet espace public ouvert que seule la gestion (ou son absence) des automobiles vient contrarier. les autos devraient toujours être considérées comme une pièce supplémentaire du logement et à ce titre aujourd'hui produire une architecture qui, au lieu de l'oublier et au mieux de la cacher devrait l'intégrer comme une autre dimension du logement : un patio mobile !
Nous pourrions également depuis cette hauteur de l'image se réjouir des proximités des lieux publics. Nous pourrions aimer les parcs et les jardins. Nous pourrions.
Descendons un peu :

La Cité Paul-Vaillant-Couturier est vue depuis le sol un rien rèche de son aire de jeu un rien pauvre et brutale. Les genoux écorchés aux descentes des balançoires, les pains au chocolat offerts pour calmer les cris des bambins ainsi égratignés, tout cela sans doute est de la faute des architectes. Mais la nounou est là, les deux fillettes s'amusent au pied de l'implaccable barre. C'est une belle architecture et sévère aussi.
On devine les plaisirs des glissements dans les tuyaux de béton. On devine comment cela répond aux déambulations dans les couloirs des appartements. On s'interroge de l'apprentissage des espaces et des volumes par des jeunes enfants passant ainsi de l'aire ludique à l'aire public et commun. Ce qui se libère là sous les cheminements des tubes et ce qui est retenu dans les cages d'escaliers ! Les cris possibles, les chaussures sales et un espaces ou la géométrie n'ordonne rien d'autre que l'imagination. Si l'un avait pu être le prolongement de l'autre, si l'un avait pu être le refuge de l'autre c'est certain, nous aurions la plus belle des architectures.
Plusieurs vues :

La carte postale le dit tout haut sur fond vert et orange : le nouveau centre ville.
En trois images, effectivement nous voyons (un peu difficilement) l'une des opérations les plus remarquables de renouvellement urbain en France.
La carte postale des éditions Mage nous donne les informations suivantes : Place Maurice Thorez par Mr Coulon paysagiste, le Centre administratif par G. Maurios et la rénovation du centre ville par O. Girard (et Edith Girard en fait, oubliée par l'éditeur !)
Il ne fait aucun doute qu'une attention particulière a été donné à une recherche volumétrique puissante et sculpturale qui s'exprime dans un modelage des façades spectaculaire. Cela n'est pas sans me faire penser à un paysage de la ville du Mans lui aussi tout à fait remarquable de ce point de vue. Je vous ferais un jour un article sur ce lieu étonnant !
Mais revenons à Drancy.
La carte postale n'est pas datée et il est difficile vu son graphisme de lui donner une période précise. Mais Architecture d'Aujourd'hui (décidément !) nous sauve la mise. On trouve en effet un long article sur le projet non encore réalisé avec un texte d'Olivier Girard que je qualifierais de poétique tant ma difficulté à en saisir l'essentiel démontre mes méconnaissances et mon plaisir à l'abstraction ! L'article de la revue date d'octobre 1981 donc la carte postale est postérieure.
Regardons ce qu'elles nous disent :

Cette vue générale de la Cité Paul-Eluard, du groupe scolaire Roger Salengro, de la Cité Gaston Roulaud et enfin de la tour Fernand Péna est une édition Mage. Une image presque une icône de cet typologie urbaine française. Marcel Lods est l'un des architectes de cet ensemble. Ne faisons pas semblant. C'est hard. Devons-nous pour autant regarder cela sur une chaine cryptée ?
N'oublions pas que, les images, toutes les images, ne sont que des images et les excitations ou les déceptions prises à leurs observations ne vaudront jamais l'expérience de les vivre.
J'aime l'œuvre de Marcel Lods. J'aime sa profonde rigueur. Mais l'addition des volontés de bonheur ne produisent pas forcément les images du bonheur. ici nous pourrions au moins voir les espaces intersticiels, la rupture avec un urbanisme de place et d'avenue ordonnant un point de vue. Nous pourrions aimer cet espace public ouvert que seule la gestion (ou son absence) des automobiles vient contrarier. les autos devraient toujours être considérées comme une pièce supplémentaire du logement et à ce titre aujourd'hui produire une architecture qui, au lieu de l'oublier et au mieux de la cacher devrait l'intégrer comme une autre dimension du logement : un patio mobile !
Nous pourrions également depuis cette hauteur de l'image se réjouir des proximités des lieux publics. Nous pourrions aimer les parcs et les jardins. Nous pourrions.
Descendons un peu :

La Cité Paul-Vaillant-Couturier est vue depuis le sol un rien rèche de son aire de jeu un rien pauvre et brutale. Les genoux écorchés aux descentes des balançoires, les pains au chocolat offerts pour calmer les cris des bambins ainsi égratignés, tout cela sans doute est de la faute des architectes. Mais la nounou est là, les deux fillettes s'amusent au pied de l'implaccable barre. C'est une belle architecture et sévère aussi.
On devine les plaisirs des glissements dans les tuyaux de béton. On devine comment cela répond aux déambulations dans les couloirs des appartements. On s'interroge de l'apprentissage des espaces et des volumes par des jeunes enfants passant ainsi de l'aire ludique à l'aire public et commun. Ce qui se libère là sous les cheminements des tubes et ce qui est retenu dans les cages d'escaliers ! Les cris possibles, les chaussures sales et un espaces ou la géométrie n'ordonne rien d'autre que l'imagination. Si l'un avait pu être le prolongement de l'autre, si l'un avait pu être le refuge de l'autre c'est certain, nous aurions la plus belle des architectures.
Plusieurs vues :

La carte postale le dit tout haut sur fond vert et orange : le nouveau centre ville.
En trois images, effectivement nous voyons (un peu difficilement) l'une des opérations les plus remarquables de renouvellement urbain en France.
La carte postale des éditions Mage nous donne les informations suivantes : Place Maurice Thorez par Mr Coulon paysagiste, le Centre administratif par G. Maurios et la rénovation du centre ville par O. Girard (et Edith Girard en fait, oubliée par l'éditeur !)
Il ne fait aucun doute qu'une attention particulière a été donné à une recherche volumétrique puissante et sculpturale qui s'exprime dans un modelage des façades spectaculaire. Cela n'est pas sans me faire penser à un paysage de la ville du Mans lui aussi tout à fait remarquable de ce point de vue. Je vous ferais un jour un article sur ce lieu étonnant !
Mais revenons à Drancy.
La carte postale n'est pas datée et il est difficile vu son graphisme de lui donner une période précise. Mais Architecture d'Aujourd'hui (décidément !) nous sauve la mise. On trouve en effet un long article sur le projet non encore réalisé avec un texte d'Olivier Girard que je qualifierais de poétique tant ma difficulté à en saisir l'essentiel démontre mes méconnaissances et mon plaisir à l'abstraction ! L'article de la revue date d'octobre 1981 donc la carte postale est postérieure.
![]() |
| G. Maurios, architecte |
![]() |
| Olivier et Edith Girard, architectes |
![]() |
| Edith et Oliver Girard, architectes |
dimanche 15 juillet 2012
Yoyogi Tange
Sans doute l'une des œuvres les plus extraordinaires du siècle dernier : le Gymnase Yoyogi par Kenzo Tange.
Objet d'une grande technicité architecturale, il porte pourtant une image de grâce, d'onirisme telle qu'on en rencontre en regardant un beau coquillage, une pierre étrange, une mâchoire de baleine.
Son aspect organique dégagé des lignes de tensions des câbles porteurs est également accentué par la gestion de la récupération de cette tension par le socle de béton qui reprend les forces. Une toile d'araignée sur un rocher. Il s'agit en fait d'un pont suspendu au-dessus d'un stade.
Ajoutez à l'ensemble, une parfaite intégration des arts, une gestion subtile des circulations, un choix de matériaux qui expriment clairement leurs fonctions et leurs qualités et il ne fait aucun doute que ce très beau travail de Kenzo Tange est une leçon d'architecture. Formes et fonctions, lyrisme et rationalité.
Voici deux cartes postales de ce stade ou complexe sportif de Yoyogi :

D'un peu haut, cette carte postale NBC (Nippon Beauty Colour) nous montre le Yoyogi sport center inscrit dans son paysage. Au loin la ville dessine un cercle de grandes tours. On peut depuis ce point de vue admirer les passerelles, les plans inclinés qui permettent d'accéder et de circuler dans le centre. On voit déjà également le beau jeu du métal de couverture qui brille et dessine les courbes.
Plus proche :

Chez un autre éditeur dont je ne peux vous donner le nom, (Pégase sans doute vu le logo !) on retrouve donc notre beau Yoyogi Gymnasium. On perçoit mieux les liaisons et la quailité de dessin de l'ensemble et comment les courbes des deux constructions jouent entre elles, se rappellent, et se poursuivent.
Dans un superbe numéro d'Architecture d'Aujourd'hui de 1964 dont je ne peux m'empêcher de vous montrer la couverture, numéro dédié à l'architecture du sport, on trouve un long article écrit par Kenzo Tange lui-même et une grande quantité d'images plus superbes les unes que les autres. Je ne peux pour des raisons techniques vous donner le texte mais Kenzo Tange y évoque son gymnase comme une œuvre collective produite en relation directe avec des ingénieurs : Koji Kamya, et l'équipe URTEC architectes et Yoshikatsu Tsuboi, l'ingénieur pour la structure, Uichi Inoue ingénieur pour les installations mécaniques. Une merveille éditoriale au service d'une grande œuvre de Tange.
Objet d'une grande technicité architecturale, il porte pourtant une image de grâce, d'onirisme telle qu'on en rencontre en regardant un beau coquillage, une pierre étrange, une mâchoire de baleine.
Son aspect organique dégagé des lignes de tensions des câbles porteurs est également accentué par la gestion de la récupération de cette tension par le socle de béton qui reprend les forces. Une toile d'araignée sur un rocher. Il s'agit en fait d'un pont suspendu au-dessus d'un stade.
Ajoutez à l'ensemble, une parfaite intégration des arts, une gestion subtile des circulations, un choix de matériaux qui expriment clairement leurs fonctions et leurs qualités et il ne fait aucun doute que ce très beau travail de Kenzo Tange est une leçon d'architecture. Formes et fonctions, lyrisme et rationalité.
Voici deux cartes postales de ce stade ou complexe sportif de Yoyogi :

D'un peu haut, cette carte postale NBC (Nippon Beauty Colour) nous montre le Yoyogi sport center inscrit dans son paysage. Au loin la ville dessine un cercle de grandes tours. On peut depuis ce point de vue admirer les passerelles, les plans inclinés qui permettent d'accéder et de circuler dans le centre. On voit déjà également le beau jeu du métal de couverture qui brille et dessine les courbes.
Plus proche :

Chez un autre éditeur dont je ne peux vous donner le nom, (Pégase sans doute vu le logo !) on retrouve donc notre beau Yoyogi Gymnasium. On perçoit mieux les liaisons et la quailité de dessin de l'ensemble et comment les courbes des deux constructions jouent entre elles, se rappellent, et se poursuivent.
Dans un superbe numéro d'Architecture d'Aujourd'hui de 1964 dont je ne peux m'empêcher de vous montrer la couverture, numéro dédié à l'architecture du sport, on trouve un long article écrit par Kenzo Tange lui-même et une grande quantité d'images plus superbes les unes que les autres. Je ne peux pour des raisons techniques vous donner le texte mais Kenzo Tange y évoque son gymnase comme une œuvre collective produite en relation directe avec des ingénieurs : Koji Kamya, et l'équipe URTEC architectes et Yoshikatsu Tsuboi, l'ingénieur pour la structure, Uichi Inoue ingénieur pour les installations mécaniques. Une merveille éditoriale au service d'une grande œuvre de Tange.
Libellés :
Architecture d'Aujourd'hui,
beau béton,
Kenzo Tange
jeudi 12 juillet 2012
Chlore et béton
Nous allons regarder une piscine.
Celle de Nanterre.
Parce que deux de mes guides préférés d'architecture lui consacrent un article ce qui laisse comprendre sans aucun doute qu'une architecture importante se joue à cet endroit. Mais regardons d'abord les cartes postales et ce qu'elles nous disent :

La carte postale Lyna pour Abeilles-Cartes nous montre bien la piscine dans une manière digne d'une carte postale de banlieue. On notera tout de même que le photographe cadre sur la gauche ne cherchant pas à prendre la piscine dans son ensemble car certainement, vu l'ampleur de celle-ci le recul aurait produit une image amoindrie de la construction. Ainsi, le cadrage resserre la particularité de la piscine sur la rythmicité de sa façade constituée de losanges à moitié dedans à moitié dehors et qui portent, accrochent (c'est plus juste) cette façade et ses éléments. La répétition fait le décor et le cinétisme de l'ensemble.

La pièce maîtresse de ce point de vue étant bien évidemment la cheminée droite et cannelée en béton d'une grande qualité sculpturale accentuée par l'escalier qui vient s'y accrocher. La barrière est ouverte, la 203 est bien garée. Mais l'anecdote de cette image est aussi l'ombre du premier plan qui laisse deviner les lettres renversées U, N, I, C et le mot camion ! Un garage comme voisin ?

Deux vues, une carte postale :

Le nom de la ville de Nanterre est écrit en rouge au milieu de ces deux vues de la piscine ce qui prouve la fierté locale pour son aménagement sportif et sa reconnaissance comme un élément important.
Encore une édition Lyna qui nous permet cette fois de voir la piscine dans son ensemble et même son bassin d'été mais qui nous permet surtout de pénétrer dans l'édifice et d'y trouver la structure porteuse faite de poutres gigantesques qui la traversent. On perçoit mieux également les losanges de la façade vue plus haut.


Et encore une fois, le regard d'un gamin tourné vers le photographe. La présence du preneur d'images ainsi affirmée replace l'acte de la photographie dans un moment bien moins objectif qu'il n'y paraît. Ce regard soutenu, curieux, et définitivement à la fois suspendu et disparu est toujours une source puissante d'émotions.
Mais voyons maintenant ce que disent nos guides d'architecture. Commençons par le radical, dur, et pointu Paris construit de Ionel Schein chez Vincent, Fréal et Compagnie qui date de 1970.


On s'amusera de " la rudesse et le dépouillement des formes rendent le bâtiment sévère, il faut vouloir y entrer " ! C'est exactement ce que nous aimerons dans cette piscine des architectes Daras, Kopp, Chazanoff. La photographie est de Thomas Cugini.
Lisons maintenant notre guide d'architecture contemporaine en France de Monsieur Amouroux :



Ici on notera que Monsieur Amouroux s'attache bien plus à la richesse structurelle de la piscine en décrivant parfaitement son principe constructif. Cela ne l'empêche pas... d'imprimer son plan de coupe à l'envers ! Plan exactement identique à celui de Ionel Schein. Mais on ne peut en vouloir à ce guide qui reste sans aucun doute la clef de voûte, la poutre-maîtresse de notre bibliographie.
On notera également que les architectes nommés par Monsieur Amouroux sont A. Darras, J. Darras, Y. Bedon et que nous retrouvons l'excellent René Sarger comme ingénieur. Donc pas tout à fait les mêmes que Ionel Schein.
Celle de Nanterre.
Parce que deux de mes guides préférés d'architecture lui consacrent un article ce qui laisse comprendre sans aucun doute qu'une architecture importante se joue à cet endroit. Mais regardons d'abord les cartes postales et ce qu'elles nous disent :

La carte postale Lyna pour Abeilles-Cartes nous montre bien la piscine dans une manière digne d'une carte postale de banlieue. On notera tout de même que le photographe cadre sur la gauche ne cherchant pas à prendre la piscine dans son ensemble car certainement, vu l'ampleur de celle-ci le recul aurait produit une image amoindrie de la construction. Ainsi, le cadrage resserre la particularité de la piscine sur la rythmicité de sa façade constituée de losanges à moitié dedans à moitié dehors et qui portent, accrochent (c'est plus juste) cette façade et ses éléments. La répétition fait le décor et le cinétisme de l'ensemble.

La pièce maîtresse de ce point de vue étant bien évidemment la cheminée droite et cannelée en béton d'une grande qualité sculpturale accentuée par l'escalier qui vient s'y accrocher. La barrière est ouverte, la 203 est bien garée. Mais l'anecdote de cette image est aussi l'ombre du premier plan qui laisse deviner les lettres renversées U, N, I, C et le mot camion ! Un garage comme voisin ?

Deux vues, une carte postale :

Le nom de la ville de Nanterre est écrit en rouge au milieu de ces deux vues de la piscine ce qui prouve la fierté locale pour son aménagement sportif et sa reconnaissance comme un élément important.
Encore une édition Lyna qui nous permet cette fois de voir la piscine dans son ensemble et même son bassin d'été mais qui nous permet surtout de pénétrer dans l'édifice et d'y trouver la structure porteuse faite de poutres gigantesques qui la traversent. On perçoit mieux également les losanges de la façade vue plus haut.


Et encore une fois, le regard d'un gamin tourné vers le photographe. La présence du preneur d'images ainsi affirmée replace l'acte de la photographie dans un moment bien moins objectif qu'il n'y paraît. Ce regard soutenu, curieux, et définitivement à la fois suspendu et disparu est toujours une source puissante d'émotions.
Mais voyons maintenant ce que disent nos guides d'architecture. Commençons par le radical, dur, et pointu Paris construit de Ionel Schein chez Vincent, Fréal et Compagnie qui date de 1970.


On s'amusera de " la rudesse et le dépouillement des formes rendent le bâtiment sévère, il faut vouloir y entrer " ! C'est exactement ce que nous aimerons dans cette piscine des architectes Daras, Kopp, Chazanoff. La photographie est de Thomas Cugini.
Lisons maintenant notre guide d'architecture contemporaine en France de Monsieur Amouroux :



Ici on notera que Monsieur Amouroux s'attache bien plus à la richesse structurelle de la piscine en décrivant parfaitement son principe constructif. Cela ne l'empêche pas... d'imprimer son plan de coupe à l'envers ! Plan exactement identique à celui de Ionel Schein. Mais on ne peut en vouloir à ce guide qui reste sans aucun doute la clef de voûte, la poutre-maîtresse de notre bibliographie.
On notera également que les architectes nommés par Monsieur Amouroux sont A. Darras, J. Darras, Y. Bedon et que nous retrouvons l'excellent René Sarger comme ingénieur. Donc pas tout à fait les mêmes que Ionel Schein.
Inscription à :
Articles (Atom)






























