samedi 18 juillet 2009

j'ai trouvé Luciano Perini

Donc l'architecte de Marilleva est Luciano Perini. Voyez là c'est beau:

à nouveau sur le sol de Berlin




Poursuivons encore un peu avec Berlin.
J'ai reçu de mes amis Patricia et Philippe une carte postale intitulée :
Ost Berlin 1989 Lenindenkmal.
Il s'agit d'une carte postale tout à fait contemporaine mais jouant, je crois, le registre d'une nostalgie de l'Allemagne de l'Est. Je pense que la photographie est bien de 1989 mais je ne suis pas certain que cette image fut publiée en son temps. Il va de soi que tous les signes qui font " D.D.R" sont de sortie. Monument grandiloquent à Lénine, immeubles impressionnants de collectivisme puissant et automobiles sagement rangées certainement pour parler d'une économie florissante...
Deux trabans et une camionnette marron.



D'ailleurs le ou la passagère de cette dernière tourne le dos et cache son visage au photographe. Geste volontaire ou surprise du cliché, on ne saurait en tirer une conclusion trop hâtive.
L'image est belle (oui), forte et les immeubles sont refroidissants. Une célèbre encyclopédie en ligne nous donne Hermann Henselmann comme architecte.
Mais voyez-vous, j'ai de bons yeux et une bonne mémoire. Et je retrouve facilement dans mes cartes postales ennuyeuses d'Allemagne une autre vue de cet endroit.




Cette fois la carte est d'époque et elle annonce la couleur : Berlin Hauptstadt des DDR.
Au verso : Leninplatz, Rathausstrasse, unter den Linden, Blick zum Fernseh- und UKW Turm des deutchen Post.
La carte fut expédiée en 1981 vers la France. Pas de volonté nostalgique ici, rien que les bons souvenirs de Mickael à Odile. 8 ans après...

vraiment vue d'avion, Berlin


Toujours dans le magnifique colis de Claude une vue de Berlin particulièrement intéressante pour ce blog.
D'abord parce qu'elle représente le quartier Hansaviertel, véritable musée d'architectures modernes à ciel ouvert où les plus grands architectes modernistes y sont allés de leurs constructions posées les unes à côtés des autres et j'imagine ce que doit être la visite de ce lieu...
Et comment on y vit dans ce quartier particulièrement regardé ?
Voici une tentative d'inventaire :

Mais l'autre particularité de cette carte postale est son point de vue.
Bon, me direz-vous, des vues d'avion il y en a une palanquée c'est même un sujet de collectionneur de cartes postales. Mais ce qui est étonnant ici c'est le cadrage. Avez-vous bien regardé ?
Je vous laisse deux minutes.
Vous avez-vu sur la droite ?
Le pneu du train d'atterrissage !
C'est un beau détail qui dit beaucoup des prises de vues acrobatiques de nos photographes de cartes postales. Que j'aimerais partir ainsi en tournée avec eux et viser le toit de quelques créatures architecturales ! Si une place se libère, pensez à moi.
Dans son très bon ouvrage un siècle de cartes postales Cim Combier imprimeur Mâcon, Marc Combier nous offre l'occasion de voir quelques-uns de ces photographes aériens en action.



On voit ainsi Monsieur Michel Glatz avec son Altiphot. Le livre nous dit qu'il effectua... 500 000 photos aériennes ! A ses côtés le pilote Monsieur Gilles Balligand.
Que de souvenirs cela doit faire !
J'imagine que le photographe qui a réalisé notre carte postale allemande n'a pas vu dans son cadrage le pneu de l'avion. Mais je trouve particulièrement émouvant de le voir surgir ainsi, redonnant à cette image soudainement un complément d'ambiance. On peut construire ce moment, le bruit du moteur, le corps du photographe penché hors du cockpit et le vent qui s'engouffre et rend difficile le maintien de l'appareil photographique très lourd !
Ce pneu est vraiment le bienvenu !
Il doit exister des passionnés qui nous font faire le tour de ce quartier de Berlin à pied et à vélo.
Il faudra se renseigner pour l'avion, l'hélicoptère, le delta-plane, le dirigeable...

un siècle de cartes postales
CIM combier Imprimeur Mâcon
Marc Combier
éditions Alternatives 2005

vendredi 17 juillet 2009

Hier, un beau colis

J'ai des rabatteurs.
Des amis qui savent parfois me trouver des merveilles et qui me les envoient. Cela fait chaud au cœur.
Ce matin j'ai reçu un colis très bien rempli. Je ne vous donne pas tout mais quelques merveilles notamment de Berlin.
Mais commençons par l'Italie. Et là j'aimerais vraiment en savoir plus. Regardez moi ça :




Albergo c'est hôtel. J'ai bien trouvé des images de ce bâtiment sur internet (donc il est encore debout) mais rien sur son ou ses architectes. Dommage...
Car c'est très croustillant non ? Du beau béton traité en étages aérés et brutaux. J'aime.
Que se passe-t-il d'ailleurs sur ces entre-sols vides ? des terrasses gigantesques ? On devine un vide sur l'étage supérieur dans le fond. Dessous on pense à un parking. C'est magnifique non ?
Je n'ai ni date ni éditeur, rien. Alors menez l'enquête.
Voici maintenant une petite série sur Berlin, ville que je n'ai toujours pas visitée.


Je commence avec cette vue qui nous dit : mur à créneaux, vu du district Mitte à Berlin Est. Je ne comprends pas très bien mais quelle image et quelle ambiance ! C'est dur. Pas de date.



Je poursuis avec le monument du pont aérien devant l'aérogare de Berlin Tempelhof. On dirait qu'ici a échoué un morceau de pont autoroutier. Posé là, il pourrait aussi attendre d'être terminé. C'est remarquablement... sobre comme monument. Derrière l'aéroport construit par Ernst Sagebiel sous le régime nazi. La nuit est tombée.





Je passe rapidement devant le Palais des Congrès toujours aussi spectaculaire mais dont nous avons déjà parlé ici. La photographie est superbe mais on s'étonne que le photographe ait coupé le bâtiment sur sa pointe à gauche, l'espace à droite était-il nécessaire ?



Mais voici la Nouvelle Philarmonie aux formes vraiment étranges et si loin d'un modernisme de l'angle droit. Impossible de comprendre le bâtiment globalement à partir d'un cliché, un peu comme pour Ronchamp, cela semble ménager des surprises pour le regard. On parle alors d'expressionnisme architectural mais on est tout de même bien loin d'une pensée sauvage. Le photographe ménage une base de verdure et fait jaillir le bâtiment dessus comme si les formes de celui-ci naissaient de cette végétation sombre. Étranges formes. Rappelons que Hans Sharoun est l'architecte.


Passons à un autre édifice de spectacle avec l'opéra allemand de Berlin. Beaucoup de monde devant le bâtiment, des projecteurs de cinéma éclairent l'entrée et la foule semble se rassembler pour une occasion particulière. L'inauguration ?
J'aime beaucoup cette image car les jeux de lumière y sont multiples. D'abord on est saisi par les filets des phares des autos ce qui laisse penser à un temps de pose long pour la prise de vue ce qui serait normal vu que nous sommes en nocturne. Puis une lumière violente dont on ne connaît pas la source vient de la droite, un projecteur sans doute qui éclaire la façade, regardez comme il semble se coller parfaitement au point de fuite de l'image, générant presque les fuyantes de l'opéra. Mais ce qui est aussi très spectaculaire c'est l'éclairage interne du bâtiment jeu étonnant de transparence et révélant la façade comme un mur mince entre intérieur et extérieur. On peut ainsi saisir des personnages au deuxième étage à l'intérieur sur les balcons... L'architecte est Fritz Bornemann. Le photographe est lui-même observé par un petit groupe de piétons sur le trottoir.



Là aussi les piétons sont subjugués par les jeux de lumières et par le spectacle des jets d'eau. Nous sommes sur la place Ernst Reuter devant les bâtiments de Telefunken et d'Osram.
Le premier est dû aux architectes Hanz Schoszberger et Paul Schwebes.
Le deuxième est de Bernhard Hermkes.



Cet architecte est aussi et toujours sur cette Place Reuter l'architecte de la faculté d'architecture, merveilleux bâtiment dont je cherchais désespérément le nom de son créateur.
Les petits carrés colorés et le jet d'eau un peu maigre me font penser au jardin des Arpel.
La carte postale est une édition Anco Lux expédiée en 1974. Pour ce qui est des cartes postales en noir et blanc on ne nous donne aucun nom d'éditeur mais seulement la mention foto : Landesbildstelle Berlin...
Merci à Claude pour ce beau colis.

mercredi 15 juillet 2009

la politesse des maisons

La politesse des maisons est le titre d'un très beau livre de Bénédicte Chaljub qui nous parle de Renée Gailhoustet et de son travail d'architecte.
C'est simplement merveilleux de lire ça.
Si vous avez envie de lire un livre sur l'architecture, comment on la vit, comment on la conçoit et pour qui on la conçoit vous devez lire ce livre.
Ici pas d'idéologie forcenée mais l'expérience de l'habitat, de son espace et de son déploiement. Notre imagination remarquablement aidée par une iconographie à la fois riche et pas écœurante, nous permet de comprendre les lieux, leurs formes et la manière dont on peut, on pourrait, on devrait faire du logement social, du logement collectif.
Combien de temps encore va-t-on ignorer cette expérience et ce chemin de vie ?
Pourquoi perdre encore si souvent ce qui a été si formidablement pensé par Madame Gailhoustet et Monsieur Renaudie ?
Lorsque j'ai reposé le livre sur ma table j'ai eu envie d'aller vivre là-bas. Et, ainsi de rejoindre l'architecte au Liégat. Car, voyez-vous, il y a bien des architectes qui vivent dans leur construction et qui en parlent avec un détachement surprenant.
C'est vraiment un livre indispensable.
Il faut noter également la très belle qualité éditoriale de l'ensemble, qualité du papier, des reproductions et de la typographie.
Il pourrait manquer la liste des réalisations de Madame Gailhoustet mais c'est tout. Tout cela pour seulement 22 euros.
Quittez tout et allez chez votre libraire.

la politesse des maisons
Renée Gailhoustet, architecte
par Bénédicte Chaljub
collection l'impensé chez Acte Sud
ISBN 978-2-7427-8227-7





Claude Parent soutient Fernand Pouillon, et Vous ?

Prenez deux minutes de votre temps, quittez ce blog pour aller là :
et comme Monsieur Claude Parent et comme Monsieur Nicolas Mémain signez cette pétition :


mardi 14 juillet 2009

grincer des dents

Je vais tenter quelque chose.
En partant d'un détail rejoindre le paysage : le paysage nucléaire.
Il y a dans ces deux mots accolés tout l'effort à faire. Comment ce qui est de l'ordre de la plus minuscule particule peut côtoyer ce qui est de l'ordre du paysage ?


Partons de cette carte postale nous montrant le Centre de Production Nucléaire du Bugey (Ain) en cours de construction.
On nous dit aussi : construction 2/3, 2X925 MWe Filière REP (sic).
Mon œil a glissé il y a longtemps sur cette image de chantier. La forêt de grues, le béton frais, le bordel et le rangement associés me font toujours jubiler. J'aime les chantiers et cet état intermédiaire qui donne souvent à voir les structures des bâtiments. Mais là mon œil a aussi glissé à gauche, en bas de l'image. Regardez avec moi :


Vous reconnaissez cela ?
Il s'agit des petites cabines de chantiers dont je possède une version jouet sur un camion Majorette ! (voir article du 16 mai 2009)
C'est drôle non ?
Mais au-delà de ce détail me revient également que Monsieur Claude Parent a participé activement à la réflexion sur le paysage nucléaire. Et là j'entends grincer des dents...
D'ailleurs dans quelques-unes des Revues françaises de l'Electricité on trouve des textes de Monsieur Parent à ce sujet. Il y établit avec application la différence essentielle entre paysage et architecture.
Ce point de vue plaçant la réalisation d'espace à l'échelle du paysage est déjà présente dans son architecture en fonction oblique. Cette envie de créer le paysage au lieu de l'intégrer lorsque le programme est si vaste et l'utopie si grande est une nécessité. Mais c'est aussi, de tout temps une réalité historique de ce que l'on nomme la monumentalité. Donc, il est bon parfois de le redire. La masse est porteuse non pas d'un contresens paysagé mais bien d'un paysage. Dans un autre numéro de la Revue Française de l'Electricité on peut lire cela :


cliquez pour agrandir

Sur la page opposée on retrouve Bugey et ces incroyables tours de réfrigération magnifiques et en dessous un dessin de Monsieur Claude Parent.




Il est aussi question du rapport à l'industrie et de la marge de manœuvre des architectes. Il faut avouer que la lecture des types est un peu difficile, j'entends leur originalité. Mais l'effort est louable dans la mesure justement de l'étroitesse de cette marge de manœuvre.

Roger Taillibert

Paul Andreu

Claude Parent

Claude Parent

Claude Parent

collectif : messieurs Andreu, Dubuisson, Homberg et Parent.

collectif : messieurs Andreu, Dufau, Parent, Willerval

On devine une masse identique que chacun des architectes essaie de sculpter de manière différente et souvent subtile.
On retrouve aussi les belles maquettes de bois qui ne sont pas sans évoquer celle de Sainte Bernadette de Nevers. Sont-elles aussi réalisées par Monsieur Follenfant ? Le programme nucléaire offre à Monsieur Parent un registre formel qui lui convient parfaitement : échelle du paysage, traitement de volumes clos et masses tendues. On peut aussi y retrouver un versant quasi mystique et tellurique dans le contenu même des constructions. L'étrangeté scientifique et son secret renforce l'impression de puissance. C'est sourd.
On ressent cela très bien lorsque l'on perçoit au loin les centrales, un mélange de fascination (pour certains presque morbide) et une inquiétude devant une forme dont finalement on ne connaît pas réellement la nécessité des fonctions. Cela ressemble à des bunkers... Et c'est bien plus protégé.
Mais oui, les centrales nucléaires sont des paysages merveilleux au sens premier du terme générant une sensation inquiétante entre le Château de Kafka ou un tumulus celtique. J'ai eu la chance de voir il y a longtemps les tours de Bugey avec leur panache de vapeur. C'est tout bonnement fantastique quoi que l'on pense de l'énergie nucléaire. C'est fantastique.
J'ai dans mes classeurs "génie civil" deux autres cartes postales de centrales nucléaires.


Voici Flamanville en vue aérienne du 5/2/1985 chez Combier en photo Savary avec cette phrase : Le cœur sent ce que l'œil ne voit pas !
La réponse idéale (ici pour un jeu-concours).



L'autre carte postale nous présente Paluel ; une carte postale EDF-Paluel que j'avais dû acheter lors de ma visite à cette centrale.
Revue Française d'Electricité N° 259 1977, N°266 1979, N°269 1980
Les dates échelonnées prouvent la persistance du travail de collaboration d'E.D.F et de Monsieur Parent.