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samedi 27 mars 2010
mercredi 24 mars 2010
Argenteuil sur Royan

Hier nous étions à Argenteuil.
Aujourd'hui nous sommes à Argenteuil !
Je retrouve cette jolie carte du marché avec son ambiance bien marquée.
Et puis il y a cette forme de toit qui n'est pas sans me rappeler le marché de Royan.
J'avoue que c'est un peu moins bien peut-être mais comment ne pas rapprocher ces formes l'une de l'autre.
Le goût pour le coquillage de béton a traversé la France pour se retrouver là, un peu moins ouvert.
Là, il ne fait pas bâtiment mais toit seulement.
La carte postale est encore une belle carte Lyna.
Elle n'est pas datée.
Regardez aujourd'hui, j'aime bien cette image :
mardi 23 mars 2010
avoir Pignon sur rue
Souvent, sur une carte postale un élément et un seul vous capte le regard et chaque fois que vous reprenez l'image, immanquablement c'est cet élément qui surgit.
effrayant non ?
effrayant non ?
Cette grosse tête sculptée m'emmène à la fois vers les surréalistes mais aussi vers les grotesques italiens de la Renaissance.
Nous sommes à Argenteuil, avenue Gabriel Péri.
Très vite on trouve sur internet toutes les informations sur cette œuvre d'Edouard Pignon sur une architecture de Monsieur Dubrulle pour une maison des jeunes.
Malgré la qualité du travail je ne peux m'empêcher de penser que cela a dû bien faire peur à quelques enfants !
La tête déchiquetée aux yeux grands ouverts a dû laisser chez certains habitants d'Argenteuil des souvenirs bien étranges.
On remarquera que le photographe de la carte postale Lyna ne serre pas trop le sujet et laisse la fresque dans son coin. Ce que je pense être finalement sa juste place dans la ville comme le reste des constructions. En n'appuyant pas sur ce "détail", il lui donne toute sa dignité.
C'est assez rare que de telles interventions artistiques prennent le pas sur des constructions architecturales avec cette vigueur. Le bâtiment disparaît dessous comme un simple socle dont d'ailleurs il ne faut pas oublier de regarder la beauté simple.
Il semble aussi qu'Argenteuil ait aimé la sculpture car je trouve dans mes cartes postales celle-ci :
La carte postale nous dit qu'il s'agit de "la fleur dans la cité", une œuvre de Roland Brice. Il s'agit d'une édition Lyna, une fois de plus (expédiée en 1972).
Je ne connais pas ce sculpteur mais il semble qu'il a dû bien aimer le travail de Miro. On remarque quelques enfants au pied de la sculpture et même une petite fille juchée dessus.
Mais aujourd'hui la sculpture a l'air un peu triste et abandonnée, et surtout, pas entretenue.
Mais je retrouve Edouard Pignon bien plus près de chez moi, à Saint Etienne du Rouvray. Devant le collège Picasso, il a posé une œuvre.
Chaque fois que je la vois je pense aux graffittis.
Quelque chose dans le dessin, les lignes, me fait penser à un graff. Et en même temps, je l'oublie.
J'aime beaucoup par contre dans cette image le moment où la grille des fenêtres du collège s'entrechoque avec les lignes de la sculpture-peinture.
Deux univers qui semblent se repousser et en même temps trouver là une raison d'être.
L'un croyant toujours être le faire valoir de l'autre.
La carte postale ne possède ni date ni nom d'éditeur.
samedi 20 mars 2010
international monumental
J'ai hésité un peu, me disant que ces monuments dans leur grandiloquence pourraient peut-être vous ennuyer, vous lecteurs.
Mais les formes, toujours les formes, me ramènent à une nécessité de partage car tout de même il y a dans le mélange de l'inutilité constructive et de la beauté structurelle quelque chose d'important.
Commençons :
Depuis l'Iran sur la place de Khayam, cet étonnant monument dédié à un poète iranien, Omar Khayyam.
J'avoue que j'aime beaucoup ce croisement de lignes brisées parfois. Il s'agit là d'un savant découpage ou d'un tissage de brins de béton s'entrelaçant pour réaliser une ogive qui rappelle peut-être de manière un peu péremptoire quelque construction gothique.
Malheureusement pas de nom de sculpteur ni d'architecte !
Pour finir un monument un peu plus connu :


Nous sommes devant le Mémorial des Martyrs à Alger.
Ne croyez pas que je me sois trompé en vous mettant deux fois la même carte postale car si vous êtes attentifs, et vous l'êtes, vous aurez remarqué qu'il s'agit bien de deux clichés différents !
Les voitures ne trompent pas.
J'aime assez cette construction voulant allier des voiles de béton assez lyriques à un dessin très... spatial, un rien fusée interplanétaire.
J'aime beaucoup comment la vigie est placée dans la forme. C'est élancé, virevoltant.
Peut-être qu'un tout petit plus de hauteur...
Mais le défi est déjà gigantesque et superbe.
Reste tout de même que de ces trois monuments, celui de Saarinen demeure par sa simplicité formelle certainement le plus spectaculaire. Parce qu'il n'hésite pas entre une construction fermée (abri) et un signal. Il est une ligne visitable, pénétrable, qui doit à son échelle la possibilité d'offrir un intérieur.
C'est je crois dans l'architecture un des rares cas où la ligne devient au sens premier du terme une architecture offrant à la fois le dedans et le dehors, liant stabilité et équilibre, mathématique et liberté ; mais surtout déterminant un vide découpé dans le ciel et le paysage, au point que finalement c'est ce vide qui est bâti.
Mais les formes, toujours les formes, me ramènent à une nécessité de partage car tout de même il y a dans le mélange de l'inutilité constructive et de la beauté structurelle quelque chose d'important.
Commençons :
Jefferson National Expansion Memorial
The Gateway Arch soars 630 feet into the sky above St Louis. Designed by Ero Saarinen, it Symbolized St Louis' victoric role as Gateway to the West.
Oui, Saarinen.
C'est simplement superbe. Une forme déployée, retombante mais qui propose pourtant un élan incroyable. Là aussi les techniciens ont dû bien travailler. Et cela pour dessiner le plus beau vide (!) possible.
The Gateway Arch soars 630 feet into the sky above St Louis. Designed by Ero Saarinen, it Symbolized St Louis' victoric role as Gateway to the West.
Oui, Saarinen.
C'est simplement superbe. Une forme déployée, retombante mais qui propose pourtant un élan incroyable. Là aussi les techniciens ont dû bien travailler. Et cela pour dessiner le plus beau vide (!) possible.
Il semble que l'on puisse monter à l'intérieur de cette courbe, cela doit être bien surprenant comme expérience architecturale !
Et maintenant :
Et maintenant :
Depuis l'Iran sur la place de Khayam, cet étonnant monument dédié à un poète iranien, Omar Khayyam.
J'avoue que j'aime beaucoup ce croisement de lignes brisées parfois. Il s'agit là d'un savant découpage ou d'un tissage de brins de béton s'entrelaçant pour réaliser une ogive qui rappelle peut-être de manière un peu péremptoire quelque construction gothique.
Malheureusement pas de nom de sculpteur ni d'architecte !
Pour finir un monument un peu plus connu :


Nous sommes devant le Mémorial des Martyrs à Alger.
Ne croyez pas que je me sois trompé en vous mettant deux fois la même carte postale car si vous êtes attentifs, et vous l'êtes, vous aurez remarqué qu'il s'agit bien de deux clichés différents !
Les voitures ne trompent pas.
J'aime assez cette construction voulant allier des voiles de béton assez lyriques à un dessin très... spatial, un rien fusée interplanétaire.
J'aime beaucoup comment la vigie est placée dans la forme. C'est élancé, virevoltant.
Peut-être qu'un tout petit plus de hauteur...
Mais le défi est déjà gigantesque et superbe.
Reste tout de même que de ces trois monuments, celui de Saarinen demeure par sa simplicité formelle certainement le plus spectaculaire. Parce qu'il n'hésite pas entre une construction fermée (abri) et un signal. Il est une ligne visitable, pénétrable, qui doit à son échelle la possibilité d'offrir un intérieur.
C'est je crois dans l'architecture un des rares cas où la ligne devient au sens premier du terme une architecture offrant à la fois le dedans et le dehors, liant stabilité et équilibre, mathématique et liberté ; mais surtout déterminant un vide découpé dans le ciel et le paysage, au point que finalement c'est ce vide qui est bâti.
mercredi 17 mars 2010
Arlequin 3
La vie était belle.
Et beaucoup de leurs amis jalousaient cette vie de couple épanouie.
En effet, d'un hôtel à l'autre, d'un lieu de tournage à l'autre, ils finissaient toujours par se retrouver dans les plus beaux hôtels du monde et cela parfois grâce à des effets d'avions incroyables.
Lui assurait encore et encore les photographies de plateau des plus grands metteurs en scène du moment ; elle, jouait des rôles de plus en plus importants et avait su trouver son emploi dans un grand nombre de films pourtant différents.
Mais souvent, elle aimait choisir les comédies romantiques qu'elle illuminait sans égal d'un sourire sexy et d'un jeu d'actrice sobre mais élégant.
Le charme était devenu leur manière d'être en toute simplicité.

Une nuit à l'Americana of New York pour régler le prochain tournage en Europe de l'Est sur les traces d'une histoire d'espionnage et de rideau de fer, puis l'avion et une semaine passée Parc Hotel de Bucarest.

Partout la presse suivait ce couple qui savait tranquillement répondre aux questions.
Dignity always Dignity.
Toujours après leur travail, ils aimaient se changer et descendre en grande tenue dans les bars et discothèques les plus chics. Non pas pour montrer leur richesse comme des parvenus, mais tout simplement parce que c'était leur manière de prendre plaisir à leur nouveau statut, s'étonnant encore d'y être arrivés aussi facilement.
Ils aimaient la vie simplement.
Elle portait souvent les dernières nouveautés parisiennes de Dior ou mieux encore d'Yves Saint Laurent qu'elle avait connu d'ailleurs lorsqu'elle exerçait le métier de mannequin. Elle aimait les couleurs vives et chatoyantes qui cohabitaient si merveilleusement avec les costumes sobres et parfaitement taillés de son compagnon.
L'un étant toujours le faire-valoir de l'autre mais sans ostentation dans un sublime chic qui semblait chez eux si naturel.
Mais ce soir, alors qu'une halte professionnelle les obligeait à un détour par la Suisse pour une sombre histoire de doublage et de copie-son perdue, ils ont choisi une tenue décontractée presque discrète mais c'est certainement pour ne pas gêner la secrétaire des studios qui les accompagne.
Et beaucoup de leurs amis jalousaient cette vie de couple épanouie.
En effet, d'un hôtel à l'autre, d'un lieu de tournage à l'autre, ils finissaient toujours par se retrouver dans les plus beaux hôtels du monde et cela parfois grâce à des effets d'avions incroyables.
Lui assurait encore et encore les photographies de plateau des plus grands metteurs en scène du moment ; elle, jouait des rôles de plus en plus importants et avait su trouver son emploi dans un grand nombre de films pourtant différents.
Mais souvent, elle aimait choisir les comédies romantiques qu'elle illuminait sans égal d'un sourire sexy et d'un jeu d'actrice sobre mais élégant.
Le charme était devenu leur manière d'être en toute simplicité.

Une nuit à l'Americana of New York pour régler le prochain tournage en Europe de l'Est sur les traces d'une histoire d'espionnage et de rideau de fer, puis l'avion et une semaine passée Parc Hotel de Bucarest.

Partout la presse suivait ce couple qui savait tranquillement répondre aux questions.
Dignity always Dignity.
Toujours après leur travail, ils aimaient se changer et descendre en grande tenue dans les bars et discothèques les plus chics. Non pas pour montrer leur richesse comme des parvenus, mais tout simplement parce que c'était leur manière de prendre plaisir à leur nouveau statut, s'étonnant encore d'y être arrivés aussi facilement.
Ils aimaient la vie simplement.
Elle portait souvent les dernières nouveautés parisiennes de Dior ou mieux encore d'Yves Saint Laurent qu'elle avait connu d'ailleurs lorsqu'elle exerçait le métier de mannequin. Elle aimait les couleurs vives et chatoyantes qui cohabitaient si merveilleusement avec les costumes sobres et parfaitement taillés de son compagnon.
L'un étant toujours le faire-valoir de l'autre mais sans ostentation dans un sublime chic qui semblait chez eux si naturel.
Mais ce soir, alors qu'une halte professionnelle les obligeait à un détour par la Suisse pour une sombre histoire de doublage et de copie-son perdue, ils ont choisi une tenue décontractée presque discrète mais c'est certainement pour ne pas gêner la secrétaire des studios qui les accompagne.
mardi 16 mars 2010
un coin du monde

Sur une chaussée grise et large une Jaguar en pleine vitesse s'échappe de la ville.
Le ciel, quoiqu'un rien nuageux, laisse son bleu céruléen teinter la carte postale.
La ville change, c'est visible.
De nouveaux immeubles blancs écrasent un peu les petites constructions du début du siècle mais rien de grave, de méchant, juste l'époque qui signe son temps.
Voiture superbe de ligne, de couleur.
Voiture d'exception ici dans ce décor.
Celle du pharmacien, du notaire, de l'avocat.
Mais le photographe inconscient se place au milieu de la chaussée.
Attention !
Derrière !
Ouf ! de justesse...
Nous sommes à Epinay-sur-Seine en Seine Saint Denis sur l'avenue De Lattre-de-Tassigny.
Une carte Combier expédiée en 1999 mais bien plus vieille !
les images parlent
Imaginez un bâtiment dont vous entendriez les habitants dire les choses suivantes :
On y a vécu sept ans, l'été on se posait dehors, on discutait, les enfants jouaient.
Notre centre culturel, j'y vais souvent.
Quand on fait un bouquet de fleurs, il faut en mettre de différentes couleurs. C'est ça la beauté.
à..., il y avait un peu une vie de souk. On voyait les enfants jouer. Ça donnait une empreinte de vie.
Les gens aux... disent ce qu'ils veulent dire ! C'était un quartier sympathique.
Les gens avaient fait des affiches, venez pas squatter le bâtiment.
Des fois je regrette même d'être partie.
Quand j'étais gosse c'était bien.
Maintenant vous penseriez quoi de cette construction ?
Qu'elle vient d'obtenir un prix d'architecture et d'urbanisme ? Qu'il s'agit d'un nouveau quartier écologique ? D'une réhabilitation exemplaire ?
Vous auriez tort. Il s'agit tout simplement d'une affiche collée sur les murs de Pierrefitte-sur-Seine pour justifier la destruction du quartier des Poètes !
Difficile de croire à une telle communication qui fait des qualités du bâtiment les raisons même de sa démolition !
Étrange retournement de la communication !
Je vous donne maintenant la dernière phrase qui finira d'achever le ridicule de la chose, à côté de photographies d'une habitante on peut lire :
Si vous ne connaissez pas la valeur des choses, vous ne les mettez pas en valeur.
Je crois bien que cette phrase à elle seule résume l'incroyable lucidité des habitants.
Le plus tragique, c'est que la valeur de la cité des Poètes est reconnue par les services culturels et patrimoniaux car elle avait obtenu le Label Patrimoine du XXème siècle !
Doit-on rire, doit-on pleurer ?
Merci Agnés Cailliau pour cette photographie.
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