dimanche 9 août 2009

Bruxelles magnifique

Cette fin de dimanche après-midi s'éternisait un peu sur une lecture un peu molle du pourtant magnifique catalogue de l'exposition consacrée à l'Atelier de Montrouge lorsque mon ordinateur m'informa de l'arrivée d'un nouveau message.
Ce message arrive de Belgique et me remercie pour mon blog.
Ça commence bien.
Puis m'indique en retour un site internet consacré à Bruxelles, celui des trente glorieuses.
Et là c'est un réveil forcé ! J'écarquille les yeux sur les constructions, les informations et la qualité graphique et photographique de l'ensemble.
C'est tout bonnement un beau voyage à Bruxelles !
Merci Pierre Bernard.
Alors je me suis plongé dans mes classeurs. Et il faut dire qu'à part l'exposition de 1958, je n'ai que peu de choses en comparaison avec la richesse du site.
Je vous propose cela :

Bruxelles, le centre international. Pas de nom d'éditeur ni d'architectes. Là c'est facile, grâce au site de notre ami belge on trouve non seulement le nom de l'architecte, Jacques Cuisinier mais aussi la même carte postale !
Je vous propose cette autre carte :



La place Rogier. On retrouve notre immeuble sur cette carte éditée par Thill.
Bruxelles se prend pour Manhattan. Finalement je trouve que l'architecture de la tour tient par l'enseigne Martini comme si elle était un immense socle brillant pour la publicité. Le volume a l'air plus complexe que ne le laisse croire le cliché.
Le paysage sur sa ligne d'horizon semble se couvrir de tels blocs de murs rideaux et on sent entre eux la ville plus basse.
Il me faudra être plus attentif maintenant à Bruxelles. Mais comment se fait-il, alors que la Belgique est si proche de ma Normandie, que je ne m'y rende pas plus souvent et que nos boîtes à chaussures ne contiennent pas plus de cartes postales de cette capitale ?
En attendant je rêve en me promenant par écran interposé à Bruxelles grâce à Pierre Bernard.

vendredi 7 août 2009

Jean de Mailly, trois constructions

Si les informations que j'ai glanées sont bonnes, deux, voire trois architectures de Monsieur Jean de Mailly.
Voici Sedan :


Les très jolies petites barres sont très bien dessinées. Regardez comme l'architecte a orienté les ouvertures en épi. Regardez la finesse des piliers et la belle facture de l'ensemble. Le grenier doit cacher derrière les fentes un séchoir pour le linge et les petites tourelles en béton lisse cachent soit une cage d'ascenseur (assez peu d'étages) soit une cheminée. La mono-pente du toit dynamise l'ensemble et les stores en bois produisent avec les alternances d'ouvertures et de fermetures un jeu de façade simple mais efficace.
C'est sobre mais très élégant, un rien austère mais bien moderne dans le goût de la reconstruction.
Cette carte postale Iris nous parle des blocs (sic) de l'Avenue du Général Leclerc.
Voici Puteaux :

C'est un peu plus compliqué. Des barres assez hautes sont accolées à des immeubles bas à deux étages dans des matériaux bien différents. Le raccord est étrange et on s'interroge sur ce que peuvent percevoir les personnes habitant au niveau de ce raccord. Le toit fait-il une terrasse ? Ou ont-il tout simplement leurs fenêtres qui s'ouvrent sur un toit plat ? Puis à nouveau au fond, de manière orthogonale un bâtiment aux balcons filants (coursives ?) vient se coller à l'ensemble... Et de trois!
On remarquera le bas de celui-ci décoré façon cinétique au pied du double escalier.
Quel drôle de plan tout de même... Y aurait-il quelque chose que le point de vue du photographe de ce quartier Bellini ne pouvait pas nous montrer ? Des cours intérieures, des terrasses paysagées ?
Imaginons que nous ouvrions la fenêtre ici, suivez mon doigt :


A notre gauche et sur plus de 11 étages une tour. Devant nous et sur toute notre droite une surface vide qui sert de toit à l'immeuble en dessous. Pas d'accès, sauf pour les pigeons et une vue (j'imagine) sur les conduites d'aération, ouvertures d'évacuation des fumées etc.
Certains habitants ont-ils enjambé la fenêtre pour profiter de manière un peu sauvage de cette terrasse ?
Suz qui est la correspondante et qui a coché d'une belle croix bleue au stylo bille le logement de son frère (17ème étage c'est précisé) ne nous dit rien de la vue de l'autre côté, ni de la belle verticalité du mur aveugle que souligne son signe. Par contre elle nous dit :
"... c'est affolant toutes ces constructions, aussi un jour je m'étais un peu égarée dans ce quartier à Bulding". C'est Suz qui fait la faute mais on ne lui en veut pas.
Elle date précisément son égarement le 18 juillet 1973 avec le même stylo bille bleu au verso de cette carte postale superbe Yvon imprimée par les Draeger (magnifiques imprimeurs).
La carte postale nous indique également que la tour derrière est la Tour Nobel. Cette tour est bien de Monsieur de Mailly. Mais ce quartier Bellini le doit-on également à cet architecte ?

mercredi 5 août 2009

les maraîchers de Martôt sont des architectes




Les maraîchers autour de chez moi, sur la magnifique plaine de Martôt qui est en train d'être bouchée par du pavillonnaire uniforme, les maraîchers donc sont de véritables architectes.
Regardez ce qu'ils sont capables de faire avec des cagettes (on dit aussi cageots).
Depuis longtemps je passe devant et je souhaite les photographier. C'est parfois bien plus spectaculaire et de véritables petites villes de bois émergent le temps de la récolte des scaroles ou des fameux monstrueux de Martôt, qui ne sont rien d'autre que de magnifiques poireaux gigantesques.



Mais ces maraîchers ont-ils vu que leurs immeubles rappellent les multiples dessins de grilles de nos constructions modernes ?
J'en suis certain.
Pendant une période l'insulte suprême lancée au nez de l'architecte était que ses bâtiments étaient des clapiers ou des cages à poules. Personne n'a jamais évoqué les cagettes. C'est justice car ils sont bien beaux ces immeubles éphémères et en même temps renouvelés.


Je vous sers également sur un plateau trois exemples de grilles modernes :



Nous sommes à Talant en Côte d'Or devant le foyer "Robert Granjean". Une carte postale Combier expédiée en 1996. On admirera la polychromie de façade qui donne l'illusion étrange d'un voile transparent rose passant devant les balcon filants. C'est presque... numérique. Pas de nom d'architecte ni de photographe.
On poursuit avec :



L'hôtel Colon est à Madrid. Le ciel tout autour est bien nettoyé et coupe même le bas de l'immeuble à droite ! Ah, le désir de ne faire voir QUE l'hôtel Colon va jusqu'à supprimer son environnement...
Mais c'est une belle image, bien nette et colorée. Du point de vue architectural c'est euh... un immeuble.
On finira cette très brève histoire de grille avec le Delfinul Hotel à Eforie Nord :


La photographie au point de vue basculé est de I. Oprea pour les éditions Meridiane.
Là aussi le bleu du ciel entoure l'hôtel comme une promesse d'un séjour heureux. Les deux voitures de grand standing, une Renault 12 (certainement d'ailleurs une Dacia) et une Wolkswagen, attendent les résidents.
L'arrière de la carte postale, bien ordonné permet de ne pas faire d'erreur. Tout est bien indiqué comme sur un formulaire de la police ou de la sécurité sociale. Il faut simplement que votre adresse entre dans les cases...

to dance with girls and boys...



Le casino de Royan était un chef-d'œuvre que seul, le maire de l'époque n'avait pas su voir.
Maintenant il n'existe plus (ni l'un ni l'autre).
Disparues les belles couleurs vives, disparus les espaces lumineux, disparu le beau dessin.
Mais il y a encore quelques rares et belles cartes postales de l'intérieur pour nous donner l'ambiance joyeuse de ces années yé-yé, pop, et disco. Certainement d'ailleurs que c'est un air de disco qui a retenti en dernier dans ce lieu.
Il s'agit d'une carte postale Iris pour Théojac expédiée en 1961. L'architecte de cette merveille disparue était Monsieur Ferret. Merci Monsieur.




Voici un autre type d'architecture et au temps ou certains architectes hollandais ont voulu nous vendre du Dance Floor pour les halles de Paris on peut, après tout, nommer cela de l'architecture !
Regardez la belle ambiance de cette image, son ciel mauve aux arbres noirs, les sièges en fils de plastiques colorés et la scène pleine d'instruments de musique qui attendent leur musicien.
Nous sommes au Dancing Maurizio à Senigalia. Claude indique que ce lieu a été célèbre et que Maurizio Federioni est décédé récemment.
C'est triste et l'orchestre reprend "forever young, i want to be forever young" d'Alphaville (un must), le slow sera le signe que le petit matin arrive et qu'il est grand temps de rentrer. (avec le chanteur d'Alphaville et sa combinaison orange...)

mardi 4 août 2009

ça chauffe !

Une carte postale pour chacun des articles du guide d'architecture contemporaine en France,
voilà :





Bon c'est un peu loin mais c'est aussi très beau ce paysage ?
Mais quels sont les architectes de toutes ces barres et tours ?
Jean Le Couteur l'architecte de cette chaufferie est aussi celui de l' immeuble au bord de la Sarthe au Mans.
Il a de magnifiques piliers en V qui plaisent tant à Claude.
Mais voici encore un bel objet urbain:


Nous sommes Chenôve (Côte d'Or) dans la z.u.p. La chaufferie est bien photographiée. J'aime particulièrement les lignes électriques qui zèbrent le ciel.
L'ensemble du bâtiment semble dessiné et vu la qualité des gris je serais tenté de penser à une polychromie sur l'édifice.
Une Panhard derrière le poteau, des herbes folles et un petit panache de fumée qui sort du long tube apportent une ambiance très particulière à cette image. Au compte-fil, je lis le nom de la rue : rue des anémones. Cela dit bien l'extraordinaire piqué de l'image !
Cette carte postale des éditions B.L fut expédiée en 1987 !
Sur internet, j'apprends que l'architecte Calsat réalisa la z.u.p. est-ce que cet ancien élève de Le Corbusier réalisa aussi le dessin de cette chaufferie ?

lundi 3 août 2009

Léopold, Martin, Gohard et Christophe

Comme j'ai fait une petite mise à jour pour les piscines Tournesol, je fais également une petite mise à jour en Art Sacré et églises modernes.
Commençons fort et puissant.



On retrouve le hangar au Bon Dieu de Lunéville. J'ai chanté déjà là cette magnifique église de Monsieur Jacquot architecte, si représentative des audaces de l'architecture sacrée de la moitié du XXème siècle. La prise de vue nous occulte un peu le clocher mais nous donne un peu plus d'informations sur l'environnement très... euh... ruiné du bâtiment. On remarquera que la 2cv est toujours là. Celle du photographe, pourquoi pas !
C'est vraiment une magnifique église digne de conserver un Zeppelin. La carte postale est une édition Combier qui nous donne : Lunéville, église Saint-Léopold (1954-1955).



On poursuit avec l'église Saint Martin de Donges en Loire Atlantique. Une église au double effet.
L'extérieur un peu banal même s'il est bien élancé et dessiné ressemble bien à une église. Respect du toit double pente, choix de matériaux, logique du transept et clocher (pas achevé sur l'image) tout est là pour nous donner une image d'église comme on s'attend à en trouver dans une ville de province. Le calvaire démesuré pris dans une ogive au portail pourtant déjà devrait nous inquiéter. La superbe ligne courbe ainsi formée prend sa place dans un triangle bien obtus et audacieux. Tout cela est très massif, retenu et pur.
Mais lorsque le visiteur passe le portail, il découvre ça :


Et là...
J'avoue que j'aimerais bien la faire la visite !
Si l'image ne nous ment pas c'est réellement d'une audace de lignes remarquable ! La carte postale très luxueuse joue l'effet gravure avec un coup de planche et un bord blanc généreux. Les couleurs sont superbes aussi donnant à l'ensemble un air d'expressionnisme allemand un rien inquiétant... Quel document tout de même ! Qui aujourd'hui ferait avec autant de soin une image telle que celle-ci pour une église de province ?
Les éditeurs sont Les Artistes Associés-Aigueperse (Puy-de-Dôme). Les Architectes de cette merveille sont Jean et Ch. Dorian. Bravo Messieurs. On notera que le calvaire est l'œuvre de Bizet-Lindet sculpteur.



L'austérité de l'église Saint-Gohard de Saint Nazaire n'a rien de sévère. Au contraire, je trouve dans ce dessin une belle jubilation de la géométrie, une confiance dans les formes simples à donner le sentiment du sacré. C'est rigoureux mais sans effet grandiloquant. C'est, on pourrait dire, si j'osais, roman.
Une masse fendue de quelques lignes bien proportionnées qui allègent la surface, un portique réduit à sa plus simple expression mais là aussi aux détails attentifs invite à l'intérieur de la construction que l'on doit à Monsieur Guillou architecte. Il y a là une humilité touchante dans cette simplicité. La carte postale est une édition Artaud pour Gaby et en gabycolor ! Elle fut expédiée en 1966.
C'est encore cette maison d'édition qui nous propose en noir et blanc cette fois une vue de l'intérieur de l'édifice.


La structure est remarquablement mise en avant par ce choix et l'articulation du croisement est superbe. Mais si on s'attarde sur ce dessin nous manquent tout de même quelques notations par exemple du matériau. Bois ? Béton ?
Le bâtiment vu de l'intérieur semble aussi plus ramassé, plus carré presque pyramidal.
On terminera ce petit tour par l'église saint Christophe-Martinique.



Etrange mélange de volumes ouverts se cherchant une fonction, on ne sent pas là une radicalité audacieuse. Si les volumes sont empruntés à l'univers industriel et commercial, les ouvertures nous replacent dans un registre bien plus religieux et c'est un peu cette fantaisie (au-dessus du portail) qui nous ramène devant une église. Le clocher semble largement inspiré de Ronchamp.
Il aurait fallu peu, je crois, pour que, sans concession, cette église prenne de la puissance. On reste un peu devant une salle des fêtes agrémentée d'un clocheton. Dommage.
Mais peut-être que l'intérieur recèle des merveilles, que les vitraux et les volumes jouent de concert. On ne sait jamais.
Cette église est l'œuvre de Messieurs Tessier et Crevaux en 1955. La carte postale est une photographie de Félix Rose-Rosette. On notera qu'au verso est imprimé sur la carte : "Hommage preux et reconnaissant, B. Bidou" (?) remerciement pour une offrande à la construction de l'église ?

dimanche 2 août 2009

Tournez Manège



Quelques nouvelles piscines Tournesol de Monsieur Schoeller qui ont atterri dans ma collection.
Je ne reviendrai pas sur ma passion pour ces soucoupes volantes, vous ne la connaissez que trop bien.
On commence avec Chasseneuil sur Bonnieure en Charente. La carte postale Artaud fut expédiée en 1987 par Simone qui habitait Chasseneuil et voulait participer à... Tournez Manège célèbre émission parfaitement ridicule et burlesque de TFI.
Certainement que Simone était un cœur esseulé et que, la fréquentation assidue de la piscine ne lui a pas permis de trouver là, au bord du bassin, l'élu de son cœur. j'ai son numéro de téléphone si cela vous dit, je vous le donne. Appelez-la, on ne sait jamais...



D'Ambérieu en Bugey, Patricia envoie son bonjour à ses deux amies techniciennes de surface de la piscine. Une carte postale qui nous montre la modernité de cette ville, modernité qui s'affiche par son architecture audacieuse et son goût pour la sculpture moderne. Une carte postale Cellard expédiée en 1989.



De Mazingarbe, Cathy se prépare à partir en Pologne. Vu son patronyme on peut facilement imginer qu'elle va y retrouver de la famille. La piscine est ouverte sur un paysage de sous-bois bien accueillant. Une Carte postale éditée par les éditions de l'Europe-Pierron en Eurolux. Pas de date.



De Saint-Marcel, voici la piscine et le gymnase. Suite à une visite de cette piscine il y a 3 ou 4 ans, j'avais appris sa future destruction. est-ce fait ? Elle était si je me souviens bien d'un vert étrange. En 1991, Augèle souhaitait le bonjour à Jeanne grâce à cette carte postale des éditions Dubray dont le cliché est de J. Alix. On remarquera que la mode des maillots de bain était au bleu ou noir seulement...




Suzanne écrit à Suzanne de Chauvigny en 1987. Elle fait des tours avec la 2 cheveaux (sic!). Elle a mal aux genoux et moins mal à la tête. C'est heureux.
Depuis l'intérieur et un peu en contre-jour, le photographe anime bien son point de vue. Des filles attendent pour plonger, un éclat de soleil illumine un maillot rouge vif. La buée sur l'objectif devait certainement encombrer le photographe de chez Théojac éditeur.