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samedi 18 février 2017

Anniversaire ! 10 ans !

J'ai loupé une date importante !
Depuis le 29 janvier de cette année votre blog a donc 10 ans !
Joyeux anniversaire le blog !
En effet tout commença en 2007 avec une carte postale de La Grande Motte, ce qui m'étonne encore, car, sans doute on aurait pu s'attendre à une carte de Royan !
Mais depuis ! Que d'aventures ! Que de confiance aussi ! Et que de découvertes !
Suis-je épuisé par ces dix années ? Oui...Parfois. Il arrive que le sentiment d'avoir fait le tour de la question se pose et puis surgit une carte, un détail, un correspondant pour que tout redémarre et j'ai aussi environ quatre à cinq mille cartes postales qui attendent...
Alors faisons le point chiffre : un million sept cent mille visites pointées par un post, ce qui laisse de la marge pour la lecture défilante...Deux mille deux cent articles...Deux volumes... http://archipostcard.blogspot.fr/ et http://archipostalecarte.blogspot.fr/ 
Je n'ai pas le nombre d'images mais bon avec une moyenne de deux ou trois par post...
Les meilleurs souvenirs ? Dans le désordre, quoique :
- De lire mon nom dans l'ouvrage de François Chaslin sur Le Corbusier. Un immense honneur.
- De rencontrer et partager avec Dominique Amouroux, l'auteur de notre guide d'architecture vénéré.
- La découverte du Fonds Bueb et la publication du livre. Spéciale dédicace à Julien Donada et à la famille Bueb si accueillante à notre projet.
- La résidence à Royan avec Thomas Dussaix et l'édition de mon livre sur Royan, ma grande fierté. Spéciale dédicace à Charlotte de Charette et Véronique Willmann.
- Bien évidemment, le classement de Sens et la joie d'avoir partagé un peu de ma vie avec Monsieur Claude Parent et sa famille. J'y ajoute la campagne pour Ris-Orangis inachevée. Spéciale dédicace à Viviane Rat-Morris.
- Le sauvetage de la bulle six coques avec toute l'énergie et l'amour autour. Spéciale dédicace à la famille Hérisson et à Manon Alberger.
- Ma rencontre avec Clément Cividino, son énergie passionnée, et sa certitude à faire de cette passion un moyen de sauver le Patrimoine mobilier et immobilier.
- Ma rencontre avec la Famille Lestrade et la confiance aigüe qu'ils me portent. Spéciale dédicace à Jean-Jean et Alvar.
- La rencontre avec le Comité de Vigilance Brutaliste dont je sais si peu de choses...
- L'exposition à Évreux, merci Emmanuel André et celle à La Forme au Havre avec Claude Parent, Thomas Dussaix et celle à Rouen sur l'invitation de Marc Hamandjian et Jean-Paul Berrenger.
- Toutes les conférences (beaucoup maintenant !), toutes les visites guidées, tous les articles, les interviews, les expositions, les films dont celui sur Royan...


- La chance de me laisser prendre le micro à Radio On et de faire ma Chronique Corbuséenne. Spéciale dédicace aux étudiants et à Philippe Langlois. Merci Philippe.
Merci à tous les donateurs, tous, ceux d'une seule carte postale ou ceux d'un paquet entier. Spéciale dédicace à Laurent Patart et Daniel Leclercq.
Merci aussi à tous ceux qui piochent dans mon Fonds, qui me demandent gentiment (ou non...) des images et qui ainsi prouvent chaque fois la validité des cartes postales comme documents historiques pour une compréhension pointue de la relation entre la photographie, l'architecture et la sauvegarde du Parimoine.
Merci aux éditeurs et à leurs photographes pour leur travail maintenant un peu mieux reconnu.
Ce blog ce veut joyeux mais aussi citoyen. Chaque carte postale est un slogan, une preuve, une histoire et une tribune pour le sauvetage et la lutte pour la reconnaissance du Patrimoine Architecturale du Vingtième Siècle.

Mais je voudrais faire un énorme merci, ÉNORME,  à celui qui me suit, me pousse, me porte. Celui qui relit dans l'ombre, qui corrige toujours avec une extrême patience (et il en faut...) tout ce que j'ai écrit. Sans le travail de Claude Lothier qui décide de mettre son propre travail de coté pour lire mes textes, sans son opiniâtreté, sans ses bras autour, toujours, rien ne serait.
Claude....MERCI.
Tu es sans doute, de fait, le plus grand et le plus fidèle lecteur de ce blog. Mais tu es aussi par ton œil, ton analyse, tes décisions d'aller voir, ta certitude que les images nous portent, celui qui m'a le mieux permis de réaliser dix années d'écriture, de voyages, de combat.
Je te dédicace donc ces dix premières années. C'est de notre anniversaire qu'il s'agit.
Remerciez-le tous, chères lectrices, chers lecteurs, en allant par exemple voir son propre blog :
http://leblogdeclaudelothier.blogspot.fr/

Alors j'oublie sans doute plein de choses, de gens, de moments. Dites-le moi !
N'oubliez pas que ce blog est en deux volumes. N'oubliez pas que vous pouvez vous y abonner.
Quelle carte postale choisir pour un tel anniversaire ?
La dernière arrivée ? Une de Royan ? La première ? Je ne savais pas.

J'ai choisi une carte postale un peu particulière, qui parle de l'un des plus grands architectes français du Logement Social qui reste ma priorité.
J'ai choisi une carte postale représentant une œuvre majeure, un chef-d'œuvre absolue, une utopie humaniste, une leçon parfaite, un brutalisme utile et verdoyant.
J'ai choisi l'amour, l'homme, le paysage accompli par l'architecture.
J'ai choisi l'urbanité au lieu de l'urbanisme, j'ai choisi le plan au lieu de la surface, j'ai choisi l'altérité faite forme.
J'ai choisi l'architecte Jean Renaudie :



Cette carte postale un peu particulière est un dessin de Yves Orly pour Givors et les Étoiles de Monsieur Jean Renaudie. C'est une édition Combier réalisée semble-t-il spécialement pour en faire un entier postal et éditée pour l'affranchissement Premier Jour le 20 avril 1985 du timbre de ce quartier des Étoiles de Givors.
Le dessin de Yves Orly est bien des années 80. Il nous amuse aujourd'hui par sa manière de mettre un peu en retrait l'architecture. On dirait que le dessin vient d'un des premiers logiciels de retouche d'images ou de photocopies successives...C'est joyeux, tendre, presque fragile. Et c'est, pour ce dixième anniversaire, une parfaite représentation de l'architecture.
Vive l'architecture moderne et contemporaine !
Vive tous les citoyens qui se battent pour la sauver, la défendre, l'enseigner !
Allez-voir, battez-vous. Imaginez ! Imaginez ! L'architecture se parcoure, se visite, se rêve.
Et comme dit si bien Jules Verne cité par Georges Perec :

"Regarde ! De tous tes yeux, regarde !"

jeudi 18 août 2016

Le Corbusier radiophonique

Il est bien émouvant, toujours, d'entendre l'architecture.
On se souvient comment François Chaslin savait nous faire visiter une architecture et sa pensée simplement par sa voix et celles de ses invités dans sa regrettée émission Métropolitains.
Difficile de reprendre un tel flambeau.
Pourtant, cet été, Camille Juza, sur France Culture, réalise avec talent avec une suite d'émissions judicieusement appelée le génie des lieux.
Nous tenterons de suivre par les cartes postales ces émissions (parfois avec retard) et d'ainsi soutenir la visite en quelque sorte par l'image, des sons, des voix, des témoignages entendus lors de leur diffusion.
On commencera en désordre par la chapelle de Ronchamp de Le Corbusier, rien moins que ça.
Beaucoup de publications sur ce blog ont déjà été faites sur ce lieu, il est donc difficile de trouver un nouvel angle d'attaque dans tous les sens du termes.
Comme Julien Donada nous fait la joie d'évoquer l'histoire de Charles Bueb, nous allons chercher (et trouver) une carte postale de ce photographe redécouvert par ce blog.
Rappelez-vous cette incroyable carte postale :
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/03/extremement-fort-et-incroyablement-pres.html

On regarde ?



La carte postale est une édition de la Société Immobilière de Notre-Dame du Haut qui crédite parfaitement Charles Bueb comme photographe. La carte est expédiée en 1962 ce qui doit bien correspondre peu ou prou à la date de sa prise de vue. Il faudrait aller vérifier dans ses classeurs somptueux. Charles Bueb nous installe avec lui sur le chemin, fait surgir simplement, j'ai envie de dire naturellement, la Chapelle de Ronchamp et les constructions annexes souvent malheureusement oubliées. On voit ici comment les deux constructions se glissent l'une sur l'autre.



Charles Bueb se décale un rien sur la gauche du chemin mais reste à hauteur d'homme. Il ne croisera qu'un couple de visiteurs descendant ce chemin. Le tirage est d'une grande douceur, peu contrasté, en fait, il est comme le point de vue, un rien tendre, sans effet, sans décision autre que d'être là, au milieu, comme un pèlerin.



Entrons :




Nous ne remercierons pas Charles Bueb pour ce beau cliché édité en carte postale par le même éditeur que précédemment mais qui cette fois, oublie de nommer son photographe. Difficile donc de savoir qui a réalisé ce cliché. On notera tout de même une originalité du cadre puisque le photographe choisit de montrer l'espace depuis la gauche de l'entrée, juste après le passage de la lourde porte. La sensation soudaine d'une lumière bien descendue par rapport à l'extérieur est bien le sentiment que j'ai ressenti en entrant dans ce lieu : une grotte.
Cette cavité dont le lourd plafond comme une pierre d'un dolmen pourrait nous tomber sur la tête est tout de fois percée d'une ligne fine mais éclatante venant étrangement suspendre l'ensemble. Un coup de cutter entre le mur et le plafond qui, à lui, seul, nous intrigue sur la réalité de la masse de la construction. La petite sculpture dans sa niche est littéralement brûlée par le temps de pose long.
Et n'oubliez pas ! L'architecture avant d'être des images, c'est un espace qui se parcoure.
Pour entendre l'émission et d'autres clichés de Julien Donada, voici le lien :
http://www.franceculture.fr/emissions/le-genie-des-lieux/la-chapelle-de-ronchamp-par-le-corbusier
Pour comprendre l'histoire de la découverte du Fonds Bueb, allez ici et achetez le livre !
http://archipostcard.blogspot.fr/2015/04/charles-bueb-edite-ronchamp-revele-le.html

Et n'oubliez pas d'aller sur le Volume 2 de ce blog :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/






vendredi 1 janvier 2016

Manon, Nicolas, Claude, Thomas, Marc, Laurent et vous tous

Comme tous les ans, faisons le bilan d'une année supplémentaire pour ce blog et pour l'architecture moderne et contemporaine.
L'année fut bien pleine et riche mais aussi catastrophique pour ce qui est des menaces et des destructions effectives d'œuvres. (Et pour d'autres raisons aussi...)
Voyez la dernière histoire de l'Opéra Garnier, c'est hallucinant, la précipitation héroïque en retard...
Alors d'abord ce qui fait mal : avenir incertain de l'école hôtelière du Touquet, menace sur la caisse d'épargne de Toulon, menace sur le Pont tournant de Dieppe et sa cabine de Jean Prouvé, menace sur ce qui maintenant est la dernière église en fusées céramiques de Haute-Normandie à Serqueux, menace sur le quartier des Briques Rouges de Paul Chemetov, destruction des logements de Courcouronnes toujours de Paul Chemetov, destruction honteuse de l'université du Mirail et menace sur le Mirail de manière générale, abandon pour une année supplémentaire de la très belle mais ruinée école d'architecture de Nanterre de Jacques Kalisz, on comprend maintenant sans aucun doute qu'il s'agit là d'une politique culturelle volontaire d'éradication. Défiguration du Volcan de Niemeyer au Havre, sans doute la plus grave de l'année dans une ville inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Le bilan est certainement encore beaucoup plus lourd...
On restera le cul entre deux chaises avec l'incroyable histoire de la maison Prouvé de Royan vendue par... rien moins que le maire de la ville de Royan... pour démontage et sauvetage par Patrick Seguin.

Mais cette année fut aussi celle d'une très belle et toujours visible (dépêchez-vous !) exposition de Thomas Dussaix, l'autre membre du Comité de Vigilance Brutaliste. Cette année aussi, nous avons eu trois télévisions et une radio nationale le même jour à Ris-Orangis pour la sauvegarde de ce centre commercial dessiné par Claude Parent. Signalons que le combat continue et que sans vous, il a moins de chances d'aboutir... Prenez donc de bonnes résolutions !

Il faut aussi dire que la publication du livre sur Charles Bueb fut une belle chance. Merci à tous ceux qui nous ont fait confiance par la souscription, merci à sa famille, à ceux qui ont acheté ce livre, vu l'exposition. Merci Julien Donada et Grégoire Romefort pour l'édition superbe.
Merci également à François Chaslin de me nommer dans son livre sur Le Corbusier. C'est un honneur.
Merci à tous ceux qui ont demandé, publié, édité des cartes de ma collection dans leur ouvrage, revue ou dans le très beau catalogue sur l'A.U.A. et dans l'exposition. Merci pour les invitations à enseigner, professer et discourir dans des conférences pour parler des cartes postales.
Merci à Radio On de toujours me laisser faire ma Chronique Corbuséenne !
Merci à Claude Lothier pour sa vigilance orthographique et l'ambition qu'il me porte. J'ai toujours besoin de cette énergie, Claude. Merci.
Un toujours très grand merci à Laurent Patart pour ses donations régulières et à Daniel Leclercq pour ses précisions et commentaires.

Enfin, cette année fut celle du très très gros travail de restauration de la bulle six coques à Piacé. Merci à tous ceux qui sont passés, qui ont acheté une litho pour financer cette restauration. Merci à tous ceux qui ont donné de leur temps, de leur énergie pour frotter, poncer, soulever, peindre et rigoler aussi. À ce titre, et pour finir ces remerciements, je tiens à remercier tout particulièrement Nicolas Hérisson et Manon Alberger pour l'incroyable générosité de leur temps, de leur passion, j'ai envie de dire leur dévouement à ce projet.
Le chantier n'est pas terminé mais l'année 2016 sera sans aucun doute celle de son achèvement.
Le Patrimoine architectural moderne et contemporain c'est bien à vous, à nous, à tous ceux qui l'aiment qu'il incombe de le sauver.
Restez vigilants, restez combatifs, restez ENSEMBLE ! Soutenez les associations, signez les pétitions, écrivez !
L'année 2016 va démarrer très fort avec l'exposition obliqueS à l'école des Beaux-Arts du Mans début février et l'exposition du travail de Marc Hamandjian à Piacé ! D'autres projets viendront, d'autres surprises !
Bien à vous tous.
David Liaudet pour le Comité de Vigilance Brutaliste.
N'oubliez pas que ce blog se déploie sur le tome 2 :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/

Pour finir l'année en beauté, je vous propose un archétype de ce que nous aimons ici. Populaire, largement diffusée, bien conçue, intelligente, tous ces adjectifs pour la carte postale mais aussi pour l'architecture de la piscine Tournesol de Bernard Schœller, ici à Muret par les Éditions d'Art Larrey. Il semble bien que cette piscine Tournesol fut fauchée. Quelle ville aura la dernière ?

 

 


mardi 7 avril 2015

Un Corbusier, Le livre




Je viens à l'instant de terminer la lecture du livre de François Chaslin Un Corbusier publié dans la très belle collection Fiction et Cie.
C'est un événement qu'un livre sur Le Corbusier écrit par celui qui avait réussi à me convaincre, tout au long de son émission Métropolitains, que l'architecture se construit aussi avec la voix. Il s'agit surtout, je le pense dans la tiédeur d'une lecture tout juste achevée, d'un livre d'une génération. Ceux qui sont en quelque sorte les enfants en short et chemise à carreaux que l'on voit jouer sur le toit-terrasse de la Cité Radieuse, ceux qui apprendront leurs leçons d'architectes qui ont bâti, contredit, serré les mains de l'architecte Corbu. Tout comme je me souviens de mon trouble apprenant que ledit Le Corbusier avait eu au téléphone le vieux Eiffel, c'est un ouvrage de passage, nécessaire à cette génération devant rétablir une vérité, avant de passer le flambeau à ma génération, flambeau un peu éteint d'une possible idôlatrie, la génération des enfants de mai 68. Je le prends comme ça. Dans mes salles de cours, dans les clubs des jeunes, des photographies aériennes Lapie tapissaient encore les murs avec la France superbe des Trente Glorieuses. Je me souviens de La Cité Radieuse en noir et blanc qui, je crois aussi, était visible dans les photographies des wagons de chemin de fer. Et, dans ma salle de classe de CM 1, le seul autre grand de l'Art était Picasso en poster en couleur. Je suis de ces moments-là. Il y a donc dans ce livre quelque chose que Monsieur Chaslin porte aussi, d'un inconditionnel de l'architecte ayant dû passer outre une forme parfaite d'amour (du moins de fidélité) à un doute sur un architecte autant adulé que récrié de tous côtés et surtout du côté des ignorants vociférant que notre Corbu était fasciste, nazi, de droite, puis communiste enfin, sans doute, homme de pouvoir portant à lui seul l'échec des grands ensembles.
Oui.
Le livre de Monsieur Chaslin dit la chose clairement et c'est sans doute, pour moi, pour nous, la première fois qu'ainsi, dans une multitude d'approches, de détails, de cernes on voit apparaître ce que nous aurions sans doute ne pas voulu voir. La manière de Monsieur Chaslin me fait penser à un Saint Sébastien dont l'envoi des flèches dans la chair du martyre serait la seule manière de dessiner les contours de son corps. Monsieur Chaslin sacrifie son mentor pour mieux, dans la seconde partie du livre intitulée le fada, le ressusciter avec l'histoire croisée de ses cités radieuses. C'est monumental comme écriture et comme procédé, c'est de grandeur conforme à l'homme et à l'architecte. Hésitant entre deux pôles durs, la crapule et, ou, le génie.
Le Corbusier en sort grandi et je le crois, sauvé. Parce que finalement, la petitesse habituelle des attaques sur ses pensées politiques n'est rien à côté de l'œuvre. Et si cela ne permet pas de pardonner, cela permet tout de même de dire la logique et donc l'intelligence qu'il a eu à s'en sortir. Comme si sa familiarité politique (on pourrait presque dire aujourd'hui dire sa bêtise) toujours à la recherche du pouvoir (le verbe) était rachetée par la force sereine, ambitieuse et inventive de ses constructions.
Je suis de ceux qui furent fascinés.
Je suis de ceux qui le restent, et je me refuse d'obscurcir les lumières, les ombres, les forces que j'ai aimées et ressenties au nom des idées politiques finalement médiocres d'un type ayant mal choisi son camp, ayant surtout cherché partout ceux qui lui permettraient de faire, faire son œuvre. Après tout, si je n'ai rien à faire ni à voir avec un groupuscule d'extrême-droite, je n'ai rien à voir non plus avec la grande bourgeoisie pour laquelle il a aussi construit. Ne dois-je plus aimer la Villa Savoye ? J'ai sans doute plus à voir avec les pavillons de Frugès et la collectivité de Marseille, Briey et Rezé. Mon histoire avec Le Corbusier, je me permets aussi Monsieur Chaslin, de la lire au travers de la vôtre, celle de ce livre. Je défendrai toujours Le Corbusier non pas qu'il ait encore besoin qu'on le défende ou que ma parole soit si importante à ce jeu mais simplement parce que je crois qu'il faut juger l'œuvre autant que l'homme. Et qu'il est important de ne jamais oublier que l'on a aimé. Votre livre le permet sans masque, sans fard et surtout sans peur. Enfin, avec votre infinité de détails, des citations, votre travail d'abeille voulant voir au plus près la reine, vous donnez l'occasion de mettre les choses à plat sur la grande table. Et c'est comme cela que l'on est libre d'aimer.
Et puis, vous me faites l'honneur de me nommer et surtout me faites l'honneur d'une complicité d'amateurs d'images et de cartes postales. Vous ne dites rien de néfaste à leur égard, vous les aimez. Aimer les images, y croire au-delà de leur cadre fabriqué, les aimer car elles sont des moyens de connaître et d'apprendre est bien aussi quelque chose que je crois partager avec vous. Je me souviens à l'écoute de vos émissions d'avoir construit mentalement les architectures que vous évoquiez avec vos invités, je me souviens comment les espaces naissaient de la conjugaison des verbes. Je garde précieusement, Monsieur, ces images, je jalouse celles que vous possédez et je vous remercie, une fois encore, au travers de ce livre de nous avoir donné une image de Le Corbusier, une image juste parce que personnelle, Un Corbusier vôtre, que je désire faire mien.

Et, ne me reste qu'à faire mon métier et enseigner Le Corbusier maintenant avec ce nouvel outil sincère.

Un Corbusier
François Chaslin
Fiction et Cie
isbn-978-2-02-123091-8

Et comme c'est ici un lieu de la représentation de cette architecture par la carte postale, en voici une inédite encore sur ce blog. Elle n'a rien de rare, rien de particulier, seulement la force d'un document populaire tentant de donner à voir l'une des œuvres les plus étonnantes. Pourtant, ici, dans cette édition sans nom d'éditeur ni de photographe, c'est bien le cliché parfait de la carte postale qui est présenté.
Un premier plan végétal, grandes branches d'arbres tombant en ombres et en nombre sur la grille de béton, puis au second, un arbre fruitier soutenu par une planche, puis enfin, comme infinie, la Maison Radieuse de Rezé qui porte au verso de l'image le nom de son architecte : Le Corbusier.
Rien n'est plus simple, sans doute plus juste, pour parler de l'architecture que cette forme d'hommage.






mardi 4 septembre 2012

les métropolitains sont à l'arrêt

Voici que nous n'entendrons plus la voix de Monsieur Chaslin à la radio.
Me voici dépité.
Perdu. Comme dans un réseau du métro sans métropolitain.
Alors, je me suis demandé ce qui dans ma collection pouvait résumer ce que Monsieur Chaslin et ses émissions ont pu m'apporter et c'est énorme !
Comment résumer une voix, une tonalité sérieuse, une analyse maniant objectivité amoureuse et remise en question toujours possible ?
Comment dire la capacité de Monsieur Chaslin à nous faire VOIR ce que l'on ENTEND ?
Je voulais quelque chose de modeste mais de beau, quelque chose de moderne mais de disparu, quelque chose d'un peu oublié mais qui n'a pas démérité. Et comme un clin d'œil final et nostalgique au titre de l'émission et à sa densité de réseaux (du savoir), je trouve cette toute petite chose :



Cette carte postale des éditions Chantal nous montre le métro régional (R.E.R.). En haut, les quais de la station "Charles de Gaulle-Etoile" et en bas, des détails de la station "Auber". Regardons bien l'un des détails...



On y voit des sphères, des boules colorées coupées et tranchées net. C'est pop, c'est joyeux, cela sans doute construit une sorte de village entre celui des Schtroumpfs et des Barbapapas. Cela est bien dans le ton de cette époque fruitée, French Fresh Delight, qui voudrait par la couleur et les formes simples donner un sentiment plus serein à ce métro, ce R.E.R. Et cela fonctionne bien.
On trouve dans notre guide fétiche, celui de Dominique Amouroux des informations nécessaires. Et on retrouve même nos sphères derrière les barrières du métro. On remarquera que Monsieur Amouroux reprend le terme de "décontraction" pour le visiteur. On trouve aussi les noms des architectes concernés par cet aménagement de la station Auber et il y a du beau monde ! Monsieur Wogenscky comme architecte et messieurs Richard et Monpoix pour l'architecture intérieure donc c'est bien à ces derniers que nous devons ces bulles de couleur.













































































Mais qui me dira ce que cette "chose" fait accrochée au plafond ? Quel est son rôle ? Luminaire ? On remarquera également la très belle photographie noir et blanc d'un homme seul dans le couloir du R.E.R.



Alors, cela ne suffit pas bien sûr à remercier Monsieur Chaslin. Cela ne suffit pas à payer la dette. Mais c'est un petit signe amical et respectueux. Merci Monsieur Chaslin. Nous, nous continuerons sans vous à tenter de comprendre les parpaings. Bien à vous.


mercredi 23 février 2011

Sonacotra en plastique

En essayant de trouver une carte postale pour chacun des articles de notre guide vénéré, je ne croyais pas possible de trouver pour la Sonacotra de Fos-sur-Mer une carte postale des Tétrodons de l'A.U.A.
Pourtant :


Il n'y a pas si longtemps je vous proposais un article sur les préfabriqués et voici qu'à nouveau grâce à cette image, on trouve une sorte d'échantillonnage de modèles allant de l'Algéco aux Tétrodons justement.





Ce qui est intéressant, au-delà de l'architecture si typée de ce genre de cellule et habitat en plastique c'est que le guide, selon les éditions, nous propose soit un dessin du projet soit une photographie des Tétrodons.





Je vous propose donc les deux versions. On remarquera également le changement d'attribution des constructions ou disons une plus grande précision dans la version nouvelle.


On peut se demander ce que sont devenus ces modèles d'architectures minimales et plastiques.
Et si aujourd'hui avec les containers on semble vouloir retrouver ce type d'habitat modulaire, il est à remarquer qu'ici l'expérience est aboutie et même esthétique.
J'entends Monsieur Chaslin qui nous donne de mauvaises nouvelles des containers du Havre transformés en logements d'étudiants.
Et si on rapatriait les Tétrodons de Fos-sur-Mer au Havre ?

La carte postale est une édition LaCigogne en H Color sans date.


lundi 7 juin 2010

Hommage à Jean Le Couteur

Sur ce blog nous avons déjà souvent évoqué l'architecte Jean Le Couteur surtout, il est vrai, par la présence au Mans d'une belle barre d'habitation, le long de la Sarthe.
Sa grille magnifique et différenciée selon l'orientation du bâtiment, je la vois toutes les semaines depuis mon hôtel.
En écoutant avec un léger délais, l'émission toujours excellente de Monsieur Chaslin Métropolitains j'apprends à regret le décès du grand architecte.
Rendons lui hommage avec ceci :


Nous sommes au Cap d'Agde.
Étrange vue d'avion qui met en avant l'espace de jeux en plein air et rejette au loin la ville nouvelle imitation ancien.
C'est évidemment là que tout tient dans ce souci d'intégration qui réfute le camouflage en tentant même de prendre le pli d'une certaine modernité.
Où se loge-t-elle d'ailleurs ?
Dans les plans urbains, les plans des logements et le confort moderne ?
Rapprochons-nous.


Nous sommes quai de Luno.
Couleurs sable et ocre rouge, arcade en découpe, sections étroites et sections longues, tuile romane et balcon rentré jouent le jeu des images de la ville méditerranéenne avec brio d'ailleurs. C'est gai et pimpant. C'est neuf.
Pas d'automobile, des piétons au ras de l'eau sous des parasols jouissent, semble-t-il, du soleil et du bleu du ciel de cette édition MAR.
Une autre détente :


Du haut de la rampe, le photographe cadre le paysage radieux d'une après-midi au soleil.
On retrouve le même jeu formel et plastique. La piscine bleue tente de rendre jaloux le ciel et le baby-foot n'intéresse qu'une bien trop petite fille.
On sent que tout cela vient d'être planté. Cela doit ressembler trait pour trait aux images des promoteurs. La carte postale MAR fut expédiée en 1978. Elle nous donne une localisation bien précise avec Résidence Agathea.
Cette fois c'est Port St-Clair au édition la Cigogne.


Admirons le travail des décrochements rythmant, il faut l'avouer avec succès, cette façade qui joue elle aussi de tons ocre.
Dessous c'est le centre commercial rangé sous les arcades.
Un monsieur torse nu étale sa serviette de bain d'un rouge qui fait un contrepoint magnifique avec l'azalée au premier plan.
Hasard de la subtilité des cadrages des photographes de cartes postales...
Pour finir, je vous donne la page de notre guide vénéré d'architecture contemporaine en France.
Vous verrez la dent est un peu dure !
A raison peut-être... Mais il faut toujours relativiser une parole trop contemporaine et regarder à nouveau cette réalisation.
Pour ma part, n'ayant jamais mis les pieds au Cap d'Agde, je garderai de l'œuvre de Monsieur Le Couteur notre belle barre du Mans dont pourtant les espaces entre les beaux pilotis furent comblés...



jeudi 22 avril 2010

Joyeux anniversaire Brasilia !

Chère Brasilia,
Monsieur Chaslin m'apprend dans son émission Métropolitains qu'aujourd'hui c'est ton anniversaire.
Alors voici une petite vidéo pour toi :

Je t'ai découverte avec Jean-Paul Belmondo bondissant de cascade en cascade sur ton chantier dans ce merveilleux film l'homme de Rio que j'ai vu tant et tant de fois.
J'ai appris à aimer ton audace, ta réalité.
Je ne t'ai pas encore visitée. Non. Tu restes floue, un peu loin, dans une poussière rouge.
Je ne sais pas si finalement j'irai te voir.
Mais je t'aime Brasilia
Je t'aime.
Comme on aime une aventure, une utopie.
Alors Joyeux anniversaire Brasilia !
Longue vie !
50 ans tout de même...
Alors je t'offre toutes mes cartes postales qui te montrent belle et incroyable, toutes...
On commence fort avec une série vue partiellement. J'ai cette série depuis... Oulala... longtemps !
On voit la ville soit en construction (magique...) soit juste sortie de terre. Un must de ma collection, une vraie rareté.
En plus la qualité éditoriale est au rendez-vous puisque l'ensemble est en véritable photographie par Agenor publié par Foto Postal Colombo.
Attention les yeux !




un détail des vitres couvertes d'inscriptions CVB (?).





On retrouve des sièges bien connus... Barcelona de Mies van der Rohe.

édition Edicard, Conjunto Nacional

édition Edicard, Aerial View-Alvorade Palace

édition Colombo, le même lieu, carte envoyée par Claude depuis... Paris !

édition Souvenir Brasilia Ltda.

édition Mercator, carte postale envoyée par Claude depuis... Ozoir la Ferrière !

édition Grafica Franco Brasileira LTDA, le congrès national, expédiée par Claude depuis... Charenton !

édition Brasilia Ltda, la Cathédrale

édition Edicard, la cathédrale

édition Souvenir Brasilia, les Super Quadra.

édition Edicard, la station de bus et l'axe monumental.

édition Souvenir Brasilia Ltda, le Congrès National, carte postale offerte par Marc Hamandjian avec une bise au singulier !

Mais lequel choisir ?

édition Brasilia Card, la cathédrale.

édition Mercator, le Congrès National.