Si vous êtes de ceux qui aiment une forme subtile et joyeuse de
l'architecture, de ceux qui croient que ne rien céder de l'intelligence
ne veut pas dire construire seulement pour une élite, de ceux qui savent
que le verbe habiter est le plus beau, que l'urbanité est faite
de voisinage, de partage, mais aussi de cachettes, que la végétalisation
n'est pas un décor pour faire une démagogie écologique, qu'enfin vivre
dans son architecture est toujours le signe chez une architecte d'une
fidélité à ses utopies et à ses théories, alors vous allez signer la
pétition ci-dessous pour sauver La Maladrerie, œuvre géniale car
humaniste de Renée Gailhoustet.
Une fois encore, l'aveuglement est
total. Le pragmatisme sert la bêtise. L'absence de pensée fait le jeu
du faux-semblant. Toucher à la végétalisation de La Maladrerie ce n'est
pas seulement croire résoudre un problème c'est éradiquer toute sa
qualité, c'est ne rien avoir saisi de la leçon architecturale et surtout
d'un Patrimoine architectural pourtant observé, copié, jalousé par les
plus grands noms de l'Architecture Contemporaine. Je sais que Rem
Koolhaas vient là.
Mais comment en France en est-on arrivés là ?
Comment a-t-on pu ainsi laisser dans des mains aussi peu éclairées le devoir de pérenniser des œuvres aussi importantes ? Après le scandale de la Cité des Poètes à Pierrefitte-sur-Seine,
voilà qu'est attaquée l'une des plus belles réalisations du logement
social en France. Il suffit d'avoir la chance de parcourir et de visiter
les constructions de Madame Gailhoustet pour saisir l'incroyable chance
de vivre là.
Signez, partagez, diffusez cette pétition.
Rendez-vous dès que vous le pourrez dans les architectures de Madame
Gailhoustet, racontez votre visite et votre espoir d'une France qui,
enfin, se rappellera qu'elle a su, à une époque pas si lointaine,
produire pour tous une architecture sociale de qualité.
Je vous donne quelques extraits du livre Éloge du Logement, renée Gailhoustet, SODEDAT 93 et Riposati éditeurs, 1993. Signez ICI !
Madame Azoulay,
Ministre de la Culture et de la Communication,
Je
suis un citoyen français, j'ai fait mon service militaire, je travaille
dans la fonction publique, je paie mes impôts et mes costumes, mes
contraventions aussi car, lorsque je commets une faute vis-à-vis de la
République et de ses lois, je tente toujours au mieux de réparer et
j'admets mon erreur.
Je pense donc être un citoyen digne d'une réponse de votre part, Madame la Ministre de la Culture.
Par
trois fois Madame Azoulay, je vous ai adressé un courrier sur papier,
ce que nous appelions avant une correspondance. Ce mot aussi est beau, correspondance.
Je
croyais et je crois encore que, lorsqu'un citoyen écrit à une Ministre,
même si il ne peut s'attendre à une réponse familière ou même trop
personnel, l'administration interpelée se doit de répondre si ce n'est
par la négative à la dite requête au moins, au minimum, par un courrier
formel indiquant qu'il a bien pris en compte ce courrier.
Par trois fois, Madame Azoulay, je n'ai eu de votre part ou de ceux qui travaillent pour vous aucune réponse.
Trois fois.
En ce lendemain d'élections, je ne sais pas dans quel état cette lettre ouverte vous trouvera.
Au
travail sans doute, réglant les derniers dossiers, travaillant au
passage possible de votre Ministère à votre successeur. Je crois que
nous espérons tous les deux que ce Ministère de la Culture sera toujours
un Ministère de l'ouverture, de l'échange, de l'expression libre, et
d'une forme de joie et de vie poétique.
Alors, Madame la Ministre
de la Culture, nous aurons un Ministère de l'altérité qui écoutera,
entendra, comprendra que la Culture se fait avec l'ensemble des
mouvements citoyens, avec les associations, avec les artistes, avec les
enseignants, avec ceux qui, lorsqu'on s'adresse à eux répondent.
Répondre.
L'état
du Patrimoine Architectural Moderne et Contemporain est aujourd'hui
terrible. Les menaces et les destructions n'ont jamais été aussi
puissantes souvent pour des raisons croisées allant d'un manque de
culture de nos élus et des citoyens à des lois sur la réduction
énergétique qui écrasent les particularités et les fondements de leur
beauté. Quant à nos paysages...
Il est temps d'établir un état d'exceptionnalité patrimoniale totale du Patrimoine Moderne et Contemporain.
Les
destructions s'enchainent, les Labels Patrimoine du Vingtième Siècle
sont bafoués, dans des villes de droite comme dans des villes de
gauche. Dans les villes mais aussi dans nos campagnes où un petit
patrimoine mal connu, mal aimé est réduit au silence. Voyez, par
exemple, comment la cantine scolaire de Marçon dessinée par Messieurs
Wogenscky et Le Corbusier est traitée...
Le classement du centre commercial de Ris-Orangis attend depuis cinq années une réponse de l'administration.
Je ne vous fais pas l'affront de vous faire à nouveau une liste, certain que je
suis que ces dossiers sont sur votre bureau et j'ai déjà eu la joie de
vous les signaler par trois fois.
Trois fois.
Vous
avez avec le Patrimoine Moderne et Contemporain un levier puissant pour
dire votre attachement à certains territoires délaissés. Vous avez par
la déclaration d'intérêt patrimonial de ces architectures dans ces
territoires l'outil pour dire à ces populations qu'ils appartiennent à
la Culture, qu'il y habitent, qu'ils l'utilisent et la rendent vivante.
Vous auriez pu jeter sur ces territoires une lumière, celle qui permet
de reconnaître un monde.
Je ne sais pas ce que
deviendra cette lettre. Finira-t-elle, archivée, dans une boîte ? Je
suis certain que mes collègues fonctionnaires au Ministère de la Culture
feront bien ce travail d'archivage.
Ou ira-t-elle directement
dans la broyeuse, accompagnée d'un sourire complaisant se moquant de ma
naïveté à croire que vous me lirez et me répondrez et que la politique
ne se fait pas de la sorte par l'interpellation citoyenne ?
C'est pour cette raison que je publie cette lettre ici, sur les réseaux dit sociaux. C'est aussi une belle terminaison, réseaux sociaux.
Ne
pas répondre à un citoyen c'est le désespérer. Ne pas répondre, c'est
ce qui fait douter de la démocratie et de son bon fonctionnement. Ne pas
répondre c'est du dédain de l'expression populaire.
Nous savons, tous les deux Madame la Ministre, comment cela se termine.
Alors,
je joins un timbre à ce courrier. Peut-être qu'après tout le budget du
Ministère de la Culture ne vous permet plus de répondre par courrier à
un citoyen. Ce timbre c'est la preuve de l'existence d'un service
public, d'agents qui cheminent sur les routes portant avec eux les
missives des citoyens français croyant encore aux fonctionnements des
services publics et de leurs représentants élus.
Dans
l'espoir fou que vous soyez encore pour quelques temps dans l'action
politique et poétique, veuillez agréer Madame la Ministre de la Culture,
l'Expression vivante et citoyenne de ma Considération Distinguée.
David Liaudet
À ce jour, Madame Azoulay n'a pas répondu, ni son service. Merci d'autant de limpidité, Madame.
Pour
la correspondance de cette carte postale de Viry-Chatillon, Huguette
indique : " Fixez-moi un après-midi de la semaine prochaine et j'irai le
passer avec vous...Le soleil revenu remet le moral en place. À
bientôt."
Tout pareil que Huguette, Madame la Ministre, tout pareil.
N'oublions pas que l'ensemble résidentiel CILOF est de l'architecte Maurice Novarina et qu'il s'agit d'une édition Combier en photographie véritable datée de 1965.
Je
fais un petit résumé de la conférence de jeudi sur Jean-Michel
Lestrade. D'abord, je tiens ici à vivement remercier Tania Vladova et
Jean-Paul Berrenger, tous deux enseignants à l'école des Beaux-Arts de
Rouen pour leur invitation. C'est toujours une chance de pouvoir
exprimer ce qui nous tient à cœur. Je remercie également Jean-Jean
Lestrade, venu spécialement de Sèvres pour assister et aussi participer
avec sa manière à cette conférence. Sa voix a su porter son héritage.
Alvar, ton fils est un digne porte-parole de ta famille ! Merci encore.
Quel
plaisir aussi de retrouver les amis rouennais, les étudiants de l'école
des Beaux-Arts de Rouen qui ont su poser des questions pertinentes et
semblent sensibles à l'architecture moderne et contemporaine.
J'ai
donc fait une conférence assez classique avec un cheminement
biographique surtout orienté sur les "grands chantiers" de Jean-Michel
Lestrade, ceux les plus iconiques, reconnus par tous et que, pour la
plupart, nous avons déjà évoqués sur ce blog. Nous n'avions ni le temps
ni les moyens en 2 heures de faire mieux mais déjà c'était bien !
Jean-Jean Lestrade écoute attentivement.
Nous
avons donc évoqué la jeunesse et les chantiers expérimentaux, la
période de la Reconstruction, Royan et son chantier, les Trente
Glorieuses et le passage de témoin à Mohamed Lestrade. Les images de
l'esplanade de la Défense étant celles qui ont clos cette conférence,
offrant les deux chantiers les plus importants : celui du père avec sa
participation au C.N.I.T et celui du fils avec sa participation à la
Grande Arche. Puis nous avons évoqué le projet d'exposition et enfin,
Jean-Jean et moi tenions à rendre hommage à Denis Herzog. Ce que nous
fîmes avec Waiting Room de Fugazi.
Voilà.
J'espère
pouvoir d'autres fois vous rencontrer pour évoquer Jean-Michel Lestrade,
sachez que cette conférence fut captée et qu'il vous sera donc possible de la
voir ou de la revoir bientôt.
Je remercie enfin vivement le personnel du
Musée des Beaux-Arts pour son accueil et son professionnalisme (merci
Alex) et je remercie très vivement Simon qui m'a aidé pour la
préparation technique et un peu difficile de cette conférence.
Les images sont de Claude Lothier, Merci Claude !
Claude Lothier, votre serviteur, Jean-Paul Berrenger, Jean-Jean Lestrade, Rose Mansion
J'ai beaucoup de plaisir à vous informer que ce jeudi 2 Mars, je ferai une conférence intitulée Jean-Michel Lestrade, ingénieur-Structures ou un humanisme précontraint à l'auditorium du Musée des Beaux-Arts de Rouen à 10h30.
C'est gratuit et ouvert à tous.
Cela
sera la première occasion d'évoquer en public l'œuvre de cette
personnalité trop oubliée de l'histoire de l'Architecture des Trente
Glorieuses. Je tenterai de remettre en lumière ce parcours exceptionnel
et pourtant discret de ce calculateur qui a permis aux
architectes parmi les plus célèbres de son temps ( Gillet, Candilis,
Renaudie, Prouvé, Esquillan...) de réaliser dans le réel les espoirs
d'une architecture humaniste et sociale.
Par bonheur, cette
conférence se fera en présence de Jean-Jean Lestrade, arrière-petit-fils
de Jean-Michel Lestrade avec lequel nous trions les archives de
l'agence Lestrade dans l'espoir du montage d'une exposition sur l'œuvre
de son aïeul dans les prochains mois.
Venez nombreux !
J'ai loupé une date importante !
Depuis le 29 janvier de cette année votre blog a donc 10 ans !
Joyeux anniversaire le blog !
En
effet tout commença en 2007 avec une carte postale de La Grande Motte,
ce qui m'étonne encore, car, sans doute on aurait pu s'attendre à une
carte de Royan !
Mais depuis ! Que d'aventures ! Que de confiance aussi ! Et que de découvertes !
Suis-je
épuisé par ces dix années ? Oui...Parfois. Il arrive que le sentiment
d'avoir fait le tour de la question se pose et puis surgit une carte, un
détail, un correspondant pour que tout redémarre et j'ai aussi environ
quatre à cinq mille cartes postales qui attendent...
Alors faisons
le point chiffre : un million sept cent mille visites pointées par un
post, ce qui laisse de la marge pour la lecture défilante...Deux mille
deux cent articles...Deux volumes... http://archipostcard.blogspot.fr/ et http://archipostalecarte.blogspot.fr/
Je n'ai pas le nombre d'images mais bon avec une moyenne de deux ou trois par post...
Les meilleurs souvenirs ? Dans le désordre, quoique :
- De lire mon nom dans l'ouvrage deFrançois Chaslin sur Le Corbusier. Un immense honneur.
- De rencontrer et partager avec Dominique Amouroux, l'auteur de notre guide d'architecture vénéré.
- La découverte du Fonds Bueb et la publication du livre. Spéciale dédicace à Julien Donada et à la famille Bueb si accueillante à notre projet.
- La résidence à Royan avec Thomas Dussaix et l'édition de mon livre sur Royan, ma grande fierté. Spéciale dédicace à Charlotte de Charette et Véronique Willmann.
- Bien évidemment, le classement de Sens et la joie d'avoir partagé un peu de ma vie avec Monsieur Claude Parent et sa famille. J'y ajoute la campagne pour Ris-Orangis inachevée. Spéciale dédicace à Viviane Rat-Morris.
- Le sauvetage de la bulle six coques avec toute l'énergie et l'amour autour. Spéciale dédicace àla famille Hérisson et à Manon Alberger.
- Ma rencontre avecClément Cividino, son énergie passionnée, et sa certitude à faire de cette passion un moyen de sauver le Patrimoine mobilier et immobilier.
- Ma rencontre avecla Famille Lestradeet la confiance aigüe qu'ils me portent. Spéciale dédicace à Jean-Jean et Alvar.
- La rencontre avec le Comité de Vigilance Brutalistedont je sais si peu de choses...
- L'exposition à Évreux, merci Emmanuel André et celle à La Forme au Havre avec Claude Parent, Thomas Dussaix et celle à Rouen sur l'invitation deMarc Hamandjian et Jean-Paul Berrenger.
-
Toutes les conférences (beaucoup maintenant !), toutes les visites
guidées, tous les articles, les interviews, les expositions, les films
dont celui sur Royan...
- La chance de me laisser prendre le micro à Radio On et de faire ma Chronique Corbuséenne. Spéciale dédicaceaux étudiants et à Philippe Langlois. Merci Philippe.
Merci à tous les donateurs, tous, ceux d'une seule carte postale ou ceux d'un paquet entier. Spéciale dédicace àLaurent Patart et Daniel Leclercq.
Merci
aussi à tous ceux qui piochent dans mon Fonds, qui me demandent
gentiment (ou non...) des images et qui ainsi prouvent chaque fois la
validité des cartes postales comme documents historiques pour une
compréhension pointue de la relation entre la photographie,
l'architecture et la sauvegarde du Parimoine.
Merci aux éditeurs et à leurs photographes pour leur travail maintenant un peu mieux reconnu.
Ce
blog ce veut joyeux mais aussi citoyen. Chaque carte postale est un
slogan, une preuve, une histoire et une tribune pour le sauvetage et la
lutte pour la reconnaissance du Patrimoine Architecturale du Vingtième
Siècle.
Mais
je voudrais faire un énorme merci, ÉNORME, à celui qui me suit, me
pousse, me porte. Celui qui relit dans l'ombre, qui corrige toujours
avec une extrême patience (et il en faut...) tout ce que j'ai écrit.
Sans le travail de Claude Lothier qui décide de mettre son propre
travail de coté pour lire mes textes, sans son opiniâtreté, sans ses
bras autour, toujours, rien ne serait. Claude....MERCI. Tu
es sans doute, de fait, le plus grand et le plus fidèle lecteur de ce
blog. Mais tu es aussi par ton œil, ton analyse, tes décisions d'aller
voir, ta certitude que les images nous portent, celui qui m'a le mieux
permis de réaliser dix années d'écriture, de voyages, de combat. Je te dédicace donc ces dix premières années. C'est de notre anniversaire qu'il s'agit. Remerciez-le tous, chères lectrices, chers lecteurs, en allant par exemple voir son propre blog : http://leblogdeclaudelothier.blogspot.fr/
Alors j'oublie sans doute plein de choses, de gens, de moments. Dites-le moi !
N'oubliez pas que ce blog est en deux volumes. N'oubliez pas que vous pouvez vous y abonner.
Quelle carte postale choisir pour un tel anniversaire ?
La dernière arrivée ? Une de Royan ? La première ? Je ne savais pas.
J'ai
choisi une carte postale un peu particulière, qui parle de l'un des
plus grands architectes français du Logement Social qui reste ma
priorité.
J'ai choisi une carte postale représentant une œuvre
majeure, un chef-d'œuvre absolue, une utopie humaniste, une leçon
parfaite, un brutalisme utile et verdoyant.
J'ai choisi l'amour, l'homme, le paysage accompli par l'architecture.
J'ai choisi l'urbanité au lieu de l'urbanisme, j'ai choisi le plan au lieu de la surface, j'ai choisi l'altérité faite forme.
J'ai choisi l'architecte Jean Renaudie :
Cette
carte postale un peu particulière est un dessin de Yves Orly pour
Givors et les Étoiles de Monsieur Jean Renaudie. C'est une édition
Combier réalisée semble-t-il spécialement pour en faire un entier postal
et éditée pour l'affranchissement Premier Jour le 20 avril 1985 du
timbre de ce quartier des Étoiles de Givors.
Le dessin de Yves
Orly est bien des années 80. Il nous amuse aujourd'hui par sa manière de
mettre un peu en retrait l'architecture. On dirait que le dessin vient
d'un des premiers logiciels de retouche d'images ou de photocopies
successives...C'est joyeux, tendre, presque fragile. Et c'est, pour ce
dixième anniversaire, une parfaite représentation de l'architecture.
Vive l'architecture moderne et contemporaine !
Vive tous les citoyens qui se battent pour la sauver, la défendre, l'enseigner !
Allez-voir, battez-vous. Imaginez ! Imaginez ! L'architecture se parcoure, se visite, se rêve.
Et comme dit si bien Jules Verne cité par Georges Perec :
" .....Une fois encore l'incurie des responsables culturels est à l'honneur. Nous avions déjà été atterrés il y a quelques mois par le cas scandaleux de la Caisse d'Épargne de Toulon pour laquelle la DRAC PACA n'avait rien fait laissant un Label Patrimoine du Vingtième Siècle être totalement bafoué par un projet immobilier d'une laideur sans nom pour OKKO par l'agence Tangram. Nous avions déjà évoqué le cas de Vigneux-sur-Seine en croyant qu'un espoir était toujours possible pour sauver cet ensemble dessiné par Monsieur Paul Chemetov. Mais malheureusement les dernières nouvelles de la CPAM de Vigneux-sur-Seine prouvent bien cette fois encore qu'il ne s'agit pas d'une maladresse, d'un manque d'énergie ou même d'un oubli fâcheux mais bien d'une réelle, pleine, assumée politique régionale de destruction et d'abandon du Patrimoine Moderne et Contemporain en Ile-de-France. Une vraie politique c'est à dire des responsables régionaux, des élus, des personnels de la fonction publique dont le travail est par définition la protection qui collaborent, le mot est ici à prendre sans pincette, qui collaborent donc à l'éradication d'une partie de notre Patrimoine Architectural. On voit également comment ces responsables régionaux, ces acteur étatiques du Patrimoine utilisent le Label comme chambre d'écho, lui faisant jouer le rôle d'excuses à rebours pour faire croire à une action alors même que, dès que la menace est opérante, ils se défaussent et même osent affirmer qu'ils sont actifs, justement parce qu'ils ont labelisé... ( Voyez ce même Label accordé au Ministère des Finances du même architecte....Quelle illogisme !) Parfaite hypocrisie d'acteurs de l'état, complices des politiques locales et surtout maintenant c'est clair, complices des agents commerciaux, des vendeurs de mètres-carrés, des bâtisseurs iniques dont la production à venir en lieu et remplacement est d'une pauvreté architecturale hallucinante et hallucinée. Le manque de culture architecturale est à son comble et s'affiche avec fierté maintenant grâce aux permis de démolir délivré par une mairie ignorante de ce qui fait architecture, ignorante même de ce qu'un Label doit souligner mais par contre, d'une mairie active à la démolition de son histoire. C'est juste inouï !! Il est temps d'accuser : Honte au maire Serge Poinsot et ses services culturels et d'urbanisme de la Ville de Vigneux-sur-Seine offrant à la démolition l'histoire de leur ville et leur Patrimoine. Honte aux services du Patrimoine Régionale dont maintenant on commence à saisir le peu d'attachement pour le Patrimoine du Vingtième siècle. Honte à la CPAM abandonnant son Patrimoine et l'histoire de son usage, celui de ses citoyens. Honte aux promoteurs et à leurs architectes (le sont-ils vraiment d'ailleurs ?) si serviles et qui se foutent comme d'une guigne de l'histoire et surtout de l'architecture et s'appuient sur les mairies et la démagogie de la politique du logement sociale pour s'autoriser à construire de pareilles horreurs. Honte au Ministère de la Culture qui depuis trois Ministères maintenant, (il n'y a là plus de secret) à réaliser en France le plus grand chantier de démolition du Patrimoine Contemporain. Aucune politique de défense de ce Patrimoine, aucune idée n'ont été défendues depuis 5 ans maintenant. Lâcheté des petits enjeux de politiques locales, lâcheté d'un budget plus bas que jamais, lâcheté démagogiques populistes, lâcheté à tous les niveaux et même maintenant abandon du rôle pédagogique que devait revêtir ce si beau Label du Patrimoine du Vingtième Siècle devenu une blague. On en arrive à souhaiter que les bâtiments ne le reçoivent pas, de peur que cela donnent des idées de démolition aux promoteurs et aux maires !! François Hollande va au théâtre de Michel Drucker avec Madame Azoulay. Tout est dit sur l'importance et les choix culturels de cette Présidence et de ses Ministres de la Culture. Applaudissez-bien à la fin. Faites des bravos. Pendant ce temps-là les pelleteuses dessinent votre politique culturelle. On n'oubliera pas." Le Comité de Vigilance Brutaliste, le 14 janvier 2017."
Voilà qui est dit, avec euh...fermeté...
Il va de soi que nous ne pouvons que soutenir cette opinion, j'ai envie de dire malheureusement.
Je crois que devant autant de bêtises accumulées par autant de personnels et d'agents publiques, on devient au mieux coléreux, au pire désabusé. On reste citoyen et on sait maintenant qu'il s'agit d'une affaire politique, d'un déclassement de notre histoire, d'une volonté affichée et d'un refus de faire de l'histoire de ces territoires des territoires du Patrimoine et de la République. C'est clair.
Restera la honte. Elle rentrera dans l'Histoire de cette ville de Vigneux-sur-Seine.
Rarement une telle chance m'a été donnée.
La revue CitizenK fait le plein !
D'abord,
elle porte en deux articles un hommage vibrant au travail de Claude
Parent, en premier lieu pour ses centrales nucléaires et surtout celle
de Paluel puis aux centres commerciaux de l'architecte dont il vous sera
aisé de comprendre que cela touche ce blog tout particulièrement !
L'histoire
y est racontée avec force détails et je l'avoue, une grande attention à
mon action de sauvegarde, que ce soit pour le centre commercial de Sens
ou celui de Ris-Orangis. Il est évident qu'un tel travail éditorial
dans une revue aussi accessible et si largement diffusée permettra de
mettre en lumière l'héritage de Monsieur Parent et, nous l'espérons
tous, la sauvegarde du supermarché de Ris-Orangis.
Mais ce n'est pas tout !
Puisque
j'ai aussi eu la possibilité de faire un article dans ce numéro sur les
aires d'autoroutes et leur représentation par les cartes postales !
Cela fait donc beaucoup d'occasions de se réjouir et de voir que
l'histoire d'une certaine architecture peut trouver dans ces revues des
occasions de s'exprimer et de trouver un public sans doute moins
spécialisé. C'est tant mieux !
Je veux donc ici remercier vivement Matthias Debureaux et toute l'équipe éditoriale de la revue CitizenK pour cette confiance.
Je
vous conseille donc tous d'acheter CitizenK numéro spécial hiver 2016
intitulé non sans humour "la France de toute Beauté". Il ne vous en
coûtera qu'un euro symbolique ! À ce prix-là, prenez en plusieurs et
faites, comme moi, plaisir autour de vous !
Bonne lecture !
Pour
ma part, j'aime aussi la lecture de l'article de Thomas Lévy-Lasne sur
le parcours des artistes contemporains et j'avoue que mon cœur chavire
aux pages 216 et 220... Mais là, c'est une autre histoire...
Je
fais exprès de ne pas vous donner une lecture trop aisée ici des
articles, pour que vous ayez l'opportunité de les lire en ayant acheté
la revue.
Merci de votre compréhension !