J'ai beaucoup de plaisir à vous informer que ce jeudi 2 Mars, je ferai une conférence intitulée Jean-Michel Lestrade, ingénieur-Structures ou un humanisme précontraint à l'auditorium du Musée des Beaux-Arts de Rouen à 10h30.
C'est gratuit et ouvert à tous.
Cela
sera la première occasion d'évoquer en public l'œuvre de cette
personnalité trop oubliée de l'histoire de l'Architecture des Trente
Glorieuses. Je tenterai de remettre en lumière ce parcours exceptionnel
et pourtant discret de ce calculateur qui a permis aux
architectes parmi les plus célèbres de son temps ( Gillet, Candilis,
Renaudie, Prouvé, Esquillan...) de réaliser dans le réel les espoirs
d'une architecture humaniste et sociale.
Par bonheur, cette
conférence se fera en présence de Jean-Jean Lestrade, arrière-petit-fils
de Jean-Michel Lestrade avec lequel nous trions les archives de
l'agence Lestrade dans l'espoir du montage d'une exposition sur l'œuvre
de son aïeul dans les prochains mois.
Venez nombreux !
J'ai loupé une date importante !
Depuis le 29 janvier de cette année votre blog a donc 10 ans !
Joyeux anniversaire le blog !
En
effet tout commença en 2007 avec une carte postale de La Grande Motte,
ce qui m'étonne encore, car, sans doute on aurait pu s'attendre à une
carte de Royan !
Mais depuis ! Que d'aventures ! Que de confiance aussi ! Et que de découvertes !
Suis-je
épuisé par ces dix années ? Oui...Parfois. Il arrive que le sentiment
d'avoir fait le tour de la question se pose et puis surgit une carte, un
détail, un correspondant pour que tout redémarre et j'ai aussi environ
quatre à cinq mille cartes postales qui attendent...
Alors faisons
le point chiffre : un million sept cent mille visites pointées par un
post, ce qui laisse de la marge pour la lecture défilante...Deux mille
deux cent articles...Deux volumes... http://archipostcard.blogspot.fr/ et http://archipostalecarte.blogspot.fr/
Je n'ai pas le nombre d'images mais bon avec une moyenne de deux ou trois par post...
Les meilleurs souvenirs ? Dans le désordre, quoique :
- De lire mon nom dans l'ouvrage deFrançois Chaslin sur Le Corbusier. Un immense honneur.
- De rencontrer et partager avec Dominique Amouroux, l'auteur de notre guide d'architecture vénéré.
- La découverte du Fonds Bueb et la publication du livre. Spéciale dédicace à Julien Donada et à la famille Bueb si accueillante à notre projet.
- La résidence à Royan avec Thomas Dussaix et l'édition de mon livre sur Royan, ma grande fierté. Spéciale dédicace à Charlotte de Charette et Véronique Willmann.
- Bien évidemment, le classement de Sens et la joie d'avoir partagé un peu de ma vie avec Monsieur Claude Parent et sa famille. J'y ajoute la campagne pour Ris-Orangis inachevée. Spéciale dédicace à Viviane Rat-Morris.
- Le sauvetage de la bulle six coques avec toute l'énergie et l'amour autour. Spéciale dédicace àla famille Hérisson et à Manon Alberger.
- Ma rencontre avecClément Cividino, son énergie passionnée, et sa certitude à faire de cette passion un moyen de sauver le Patrimoine mobilier et immobilier.
- Ma rencontre avecla Famille Lestradeet la confiance aigüe qu'ils me portent. Spéciale dédicace à Jean-Jean et Alvar.
- La rencontre avec le Comité de Vigilance Brutalistedont je sais si peu de choses...
- L'exposition à Évreux, merci Emmanuel André et celle à La Forme au Havre avec Claude Parent, Thomas Dussaix et celle à Rouen sur l'invitation deMarc Hamandjian et Jean-Paul Berrenger.
-
Toutes les conférences (beaucoup maintenant !), toutes les visites
guidées, tous les articles, les interviews, les expositions, les films
dont celui sur Royan...
- La chance de me laisser prendre le micro à Radio On et de faire ma Chronique Corbuséenne. Spéciale dédicaceaux étudiants et à Philippe Langlois. Merci Philippe.
Merci à tous les donateurs, tous, ceux d'une seule carte postale ou ceux d'un paquet entier. Spéciale dédicace àLaurent Patart et Daniel Leclercq.
Merci
aussi à tous ceux qui piochent dans mon Fonds, qui me demandent
gentiment (ou non...) des images et qui ainsi prouvent chaque fois la
validité des cartes postales comme documents historiques pour une
compréhension pointue de la relation entre la photographie,
l'architecture et la sauvegarde du Parimoine.
Merci aux éditeurs et à leurs photographes pour leur travail maintenant un peu mieux reconnu.
Ce
blog ce veut joyeux mais aussi citoyen. Chaque carte postale est un
slogan, une preuve, une histoire et une tribune pour le sauvetage et la
lutte pour la reconnaissance du Patrimoine Architecturale du Vingtième
Siècle.
Mais
je voudrais faire un énorme merci, ÉNORME, à celui qui me suit, me
pousse, me porte. Celui qui relit dans l'ombre, qui corrige toujours
avec une extrême patience (et il en faut...) tout ce que j'ai écrit.
Sans le travail de Claude Lothier qui décide de mettre son propre
travail de coté pour lire mes textes, sans son opiniâtreté, sans ses
bras autour, toujours, rien ne serait. Claude....MERCI. Tu
es sans doute, de fait, le plus grand et le plus fidèle lecteur de ce
blog. Mais tu es aussi par ton œil, ton analyse, tes décisions d'aller
voir, ta certitude que les images nous portent, celui qui m'a le mieux
permis de réaliser dix années d'écriture, de voyages, de combat. Je te dédicace donc ces dix premières années. C'est de notre anniversaire qu'il s'agit. Remerciez-le tous, chères lectrices, chers lecteurs, en allant par exemple voir son propre blog : http://leblogdeclaudelothier.blogspot.fr/
Alors j'oublie sans doute plein de choses, de gens, de moments. Dites-le moi !
N'oubliez pas que ce blog est en deux volumes. N'oubliez pas que vous pouvez vous y abonner.
Quelle carte postale choisir pour un tel anniversaire ?
La dernière arrivée ? Une de Royan ? La première ? Je ne savais pas.
J'ai
choisi une carte postale un peu particulière, qui parle de l'un des
plus grands architectes français du Logement Social qui reste ma
priorité.
J'ai choisi une carte postale représentant une œuvre
majeure, un chef-d'œuvre absolue, une utopie humaniste, une leçon
parfaite, un brutalisme utile et verdoyant.
J'ai choisi l'amour, l'homme, le paysage accompli par l'architecture.
J'ai choisi l'urbanité au lieu de l'urbanisme, j'ai choisi le plan au lieu de la surface, j'ai choisi l'altérité faite forme.
J'ai choisi l'architecte Jean Renaudie :
Cette
carte postale un peu particulière est un dessin de Yves Orly pour
Givors et les Étoiles de Monsieur Jean Renaudie. C'est une édition
Combier réalisée semble-t-il spécialement pour en faire un entier postal
et éditée pour l'affranchissement Premier Jour le 20 avril 1985 du
timbre de ce quartier des Étoiles de Givors.
Le dessin de Yves
Orly est bien des années 80. Il nous amuse aujourd'hui par sa manière de
mettre un peu en retrait l'architecture. On dirait que le dessin vient
d'un des premiers logiciels de retouche d'images ou de photocopies
successives...C'est joyeux, tendre, presque fragile. Et c'est, pour ce
dixième anniversaire, une parfaite représentation de l'architecture.
Vive l'architecture moderne et contemporaine !
Vive tous les citoyens qui se battent pour la sauver, la défendre, l'enseigner !
Allez-voir, battez-vous. Imaginez ! Imaginez ! L'architecture se parcoure, se visite, se rêve.
Et comme dit si bien Jules Verne cité par Georges Perec :
" .....Une fois encore l'incurie des responsables culturels est à l'honneur. Nous avions déjà été atterrés il y a quelques mois par le cas scandaleux de la Caisse d'Épargne de Toulon pour laquelle la DRAC PACA n'avait rien fait laissant un Label Patrimoine du Vingtième Siècle être totalement bafoué par un projet immobilier d'une laideur sans nom pour OKKO par l'agence Tangram. Nous avions déjà évoqué le cas de Vigneux-sur-Seine en croyant qu'un espoir était toujours possible pour sauver cet ensemble dessiné par Monsieur Paul Chemetov. Mais malheureusement les dernières nouvelles de la CPAM de Vigneux-sur-Seine prouvent bien cette fois encore qu'il ne s'agit pas d'une maladresse, d'un manque d'énergie ou même d'un oubli fâcheux mais bien d'une réelle, pleine, assumée politique régionale de destruction et d'abandon du Patrimoine Moderne et Contemporain en Ile-de-France. Une vraie politique c'est à dire des responsables régionaux, des élus, des personnels de la fonction publique dont le travail est par définition la protection qui collaborent, le mot est ici à prendre sans pincette, qui collaborent donc à l'éradication d'une partie de notre Patrimoine Architectural. On voit également comment ces responsables régionaux, ces acteur étatiques du Patrimoine utilisent le Label comme chambre d'écho, lui faisant jouer le rôle d'excuses à rebours pour faire croire à une action alors même que, dès que la menace est opérante, ils se défaussent et même osent affirmer qu'ils sont actifs, justement parce qu'ils ont labelisé... ( Voyez ce même Label accordé au Ministère des Finances du même architecte....Quelle illogisme !) Parfaite hypocrisie d'acteurs de l'état, complices des politiques locales et surtout maintenant c'est clair, complices des agents commerciaux, des vendeurs de mètres-carrés, des bâtisseurs iniques dont la production à venir en lieu et remplacement est d'une pauvreté architecturale hallucinante et hallucinée. Le manque de culture architecturale est à son comble et s'affiche avec fierté maintenant grâce aux permis de démolir délivré par une mairie ignorante de ce qui fait architecture, ignorante même de ce qu'un Label doit souligner mais par contre, d'une mairie active à la démolition de son histoire. C'est juste inouï !! Il est temps d'accuser : Honte au maire Serge Poinsot et ses services culturels et d'urbanisme de la Ville de Vigneux-sur-Seine offrant à la démolition l'histoire de leur ville et leur Patrimoine. Honte aux services du Patrimoine Régionale dont maintenant on commence à saisir le peu d'attachement pour le Patrimoine du Vingtième siècle. Honte à la CPAM abandonnant son Patrimoine et l'histoire de son usage, celui de ses citoyens. Honte aux promoteurs et à leurs architectes (le sont-ils vraiment d'ailleurs ?) si serviles et qui se foutent comme d'une guigne de l'histoire et surtout de l'architecture et s'appuient sur les mairies et la démagogie de la politique du logement sociale pour s'autoriser à construire de pareilles horreurs. Honte au Ministère de la Culture qui depuis trois Ministères maintenant, (il n'y a là plus de secret) à réaliser en France le plus grand chantier de démolition du Patrimoine Contemporain. Aucune politique de défense de ce Patrimoine, aucune idée n'ont été défendues depuis 5 ans maintenant. Lâcheté des petits enjeux de politiques locales, lâcheté d'un budget plus bas que jamais, lâcheté démagogiques populistes, lâcheté à tous les niveaux et même maintenant abandon du rôle pédagogique que devait revêtir ce si beau Label du Patrimoine du Vingtième Siècle devenu une blague. On en arrive à souhaiter que les bâtiments ne le reçoivent pas, de peur que cela donnent des idées de démolition aux promoteurs et aux maires !! François Hollande va au théâtre de Michel Drucker avec Madame Azoulay. Tout est dit sur l'importance et les choix culturels de cette Présidence et de ses Ministres de la Culture. Applaudissez-bien à la fin. Faites des bravos. Pendant ce temps-là les pelleteuses dessinent votre politique culturelle. On n'oubliera pas." Le Comité de Vigilance Brutaliste, le 14 janvier 2017."
Voilà qui est dit, avec euh...fermeté...
Il va de soi que nous ne pouvons que soutenir cette opinion, j'ai envie de dire malheureusement.
Je crois que devant autant de bêtises accumulées par autant de personnels et d'agents publiques, on devient au mieux coléreux, au pire désabusé. On reste citoyen et on sait maintenant qu'il s'agit d'une affaire politique, d'un déclassement de notre histoire, d'une volonté affichée et d'un refus de faire de l'histoire de ces territoires des territoires du Patrimoine et de la République. C'est clair.
Restera la honte. Elle rentrera dans l'Histoire de cette ville de Vigneux-sur-Seine.
Rarement une telle chance m'a été donnée.
La revue CitizenK fait le plein !
D'abord,
elle porte en deux articles un hommage vibrant au travail de Claude
Parent, en premier lieu pour ses centrales nucléaires et surtout celle
de Paluel puis aux centres commerciaux de l'architecte dont il vous sera
aisé de comprendre que cela touche ce blog tout particulièrement !
L'histoire
y est racontée avec force détails et je l'avoue, une grande attention à
mon action de sauvegarde, que ce soit pour le centre commercial de Sens
ou celui de Ris-Orangis. Il est évident qu'un tel travail éditorial
dans une revue aussi accessible et si largement diffusée permettra de
mettre en lumière l'héritage de Monsieur Parent et, nous l'espérons
tous, la sauvegarde du supermarché de Ris-Orangis.
Mais ce n'est pas tout !
Puisque
j'ai aussi eu la possibilité de faire un article dans ce numéro sur les
aires d'autoroutes et leur représentation par les cartes postales !
Cela fait donc beaucoup d'occasions de se réjouir et de voir que
l'histoire d'une certaine architecture peut trouver dans ces revues des
occasions de s'exprimer et de trouver un public sans doute moins
spécialisé. C'est tant mieux !
Je veux donc ici remercier vivement Matthias Debureaux et toute l'équipe éditoriale de la revue CitizenK pour cette confiance.
Je
vous conseille donc tous d'acheter CitizenK numéro spécial hiver 2016
intitulé non sans humour "la France de toute Beauté". Il ne vous en
coûtera qu'un euro symbolique ! À ce prix-là, prenez en plusieurs et
faites, comme moi, plaisir autour de vous !
Bonne lecture !
Pour
ma part, j'aime aussi la lecture de l'article de Thomas Lévy-Lasne sur
le parcours des artistes contemporains et j'avoue que mon cœur chavire
aux pages 216 et 220... Mais là, c'est une autre histoire...
Je
fais exprès de ne pas vous donner une lecture trop aisée ici des
articles, pour que vous ayez l'opportunité de les lire en ayant acheté
la revue.
Merci de votre compréhension !
Ici repose l'article que j'aurais du faire avec les informations
données par la DRAC Ile-de-France au sujet de l'avancement du dossier de
classement du centre commercial de Ris-Orangis dessiné par Claude
Parent déposé il y a presque 5 ans maintenant...
Malgré les
promesses faites de me rappeler cette semaine, malgré mes coups de fils
depuis des mois, mes courriers nombreux, mes demandes répétées je n'ai
eu droit à aucune information.
Manque de professionnalisme ou stratégie de l'usure ?
Oui, vous pensez comme moi.
On notera que le thème de ce week-end des Journées Européennes du Patrimoine est Patrimoine et Citoyenneté.
On voit donc comment les services du Patrimoine de la D.R.A.C
Ile-de-France sont sensibles à une demande citoyenne et comment la
communication est réalisée par ses services.
Citoyennes ! Citoyens !
Bon week-end des Journées du Patrimoine en Ile-de-France et partout en France.
Il est bien émouvant, toujours, d'entendre l'architecture.
On
se souvient comment François Chaslin savait nous faire visiter une
architecture et sa pensée simplement par sa voix et celles de ses
invités dans sa regrettée émission Métropolitains.
Difficile de reprendre un tel flambeau.
Pourtant, cet été, Camille Juza, sur France Culture, réalise avec talent avec une suite d'émissions judicieusement appelée le génie des lieux.
Nous
tenterons de suivre par les cartes postales ces émissions (parfois avec retard) et d'ainsi
soutenir la visite en quelque sorte par l'image, des sons, des voix, des
témoignages entendus lors de leur diffusion.
On commencera en désordre par la chapelle de Ronchamp de Le Corbusier, rien moins que ça.
Beaucoup
de publications sur ce blog ont déjà été faites sur ce lieu, il est donc
difficile de trouver un nouvel angle d'attaque dans tous les sens du
termes.
Comme Julien Donada nous fait la
joie d'évoquer l'histoire de Charles Bueb, nous allons chercher (et
trouver) une carte postale de ce photographe
redécouvert par ce blog.
Rappelez-vous cette incroyable carte postale : http://archipostcard.blogspot.fr/2012/03/extremement-fort-et-incroyablement-pres.html
On regarde ?
La carte postale est
une édition de la Société Immobilière de Notre-Dame du Haut qui crédite
parfaitement Charles Bueb comme photographe. La carte est expédiée
en 1962 ce qui doit bien correspondre peu ou prou à la date de sa prise
de vue. Il faudrait aller vérifier dans ses classeurs somptueux. Charles Bueb nous installe avec lui sur le chemin, fait surgir
simplement, j'ai envie de dire naturellement, la Chapelle de Ronchamp et
les constructions annexes souvent malheureusement oubliées. On voit ici
comment les deux constructions se glissent l'une sur l'autre.
Charles
Bueb se décale un rien sur la gauche du chemin mais reste à hauteur
d'homme. Il ne croisera qu'un couple de visiteurs descendant ce chemin.
Le tirage est d'une grande douceur, peu contrasté, en fait, il est comme
le point de vue, un rien tendre, sans effet, sans décision autre que
d'être là, au milieu, comme un pèlerin.
Entrons :
Nous ne
remercierons pas Charles Bueb pour ce beau cliché édité en carte postale
par le même éditeur que précédemment mais qui cette fois, oublie de
nommer son photographe. Difficile donc de savoir qui a réalisé ce
cliché. On notera tout de même une originalité du cadre puisque le
photographe choisit de montrer l'espace depuis la gauche de l'entrée,
juste après le passage de la lourde porte. La sensation soudaine d'une
lumière bien descendue par rapport à l'extérieur est bien le sentiment
que j'ai ressenti en entrant dans ce lieu : une grotte.
Cette
cavité dont le lourd plafond comme une pierre d'un dolmen pourrait nous
tomber sur la tête est tout de fois percée d'une ligne fine mais
éclatante venant étrangement suspendre l'ensemble. Un coup de cutter
entre le mur et le plafond qui, à lui, seul, nous intrigue sur la
réalité de la masse de la construction. La petite sculpture dans sa
niche est littéralement brûlée par le temps de pose long.
Et n'oubliez pas ! L'architecture avant d'être des images, c'est un espace qui se parcoure.
Pour entendre l'émission et d'autres clichés de Julien Donada, voici le lien : http://www.franceculture.fr/emissions/le-genie-des-lieux/la-chapelle-de-ronchamp-par-le-corbusier
Pour comprendre l'histoire de la découverte du Fonds Bueb, allez ici et achetez le livre ! http://archipostcard.blogspot.fr/2015/04/charles-bueb-edite-ronchamp-revele-le.html
Et voilà !
Notre département de Seine Maritime, notre Région Normandie, la Ville de Dieppe se voient nommés parmi les 7 sites les plus menacés d'Europe par Europa Nostra, rien moins que ça !
Triste,
bien triste manière de mettre la lumière sur notre département de Seine
Maritime et sur le Patrimoine exceptionnel que représente le Pont
Colbert et sa cabine de Jean Prouvé !
Rappelez-vous ici !
On
notera que le combat citoyen a permis de mettre en lumière ce scandale
régional qui s'ajoute à celui de la destruction de Sainte-Bernadette au
Grand-Quevilly, à la défiguration du Volcan de Niemeyer au Havre (ville
pourtant inscrite au Patrimoine de l'UNESCO ), la destruction probable
de la dernière église en fusées céramiques à Serqueux (le clocher est
déjà par terre), et à un avenir incertain pour l'église St-Nicaise à
Rouen et, et, et... à l'abandon des Ateliers du Parc, chef-d'œuvre de
Patrice Mottini dans la cour même de l'école d'architecture de Rouen...
Allez on arrête là...
En espérant que la prochaine fois que notre
département et notre Région seront nommés de manière internationale, ce
sera pour souligner la parfaite restauration d'une construction du
Vingtième Siècle. On peut rêver...
Mesdames, Messieurs
les maires, député(e)s, conseillers et conseillères régionaux,
conservateurs du Patrimoine, conservatrices du Patrimoine, Architectes
des Bâtiments de France, vrais citoyens, vraies citoyennes, voici des
liens que vous lirez peut-être : http://www.europanostra.org/news/737/
"
L'héritage moderniste se voit donc une fois de plus (et une fois de
plus pour Candilis) totalement méprisé. Alors qu'une ville balnéaire
existe, prend son identité dans le travail d'un architecte et de son
équipe, (architecte génial reconnu par l'histoire), les seuls qui ne
comprennent pas la chance qu'ils ont, sont ceux-la même qui gèrent cette
héritage : les politiciens locaux. Il faut le dire, à leur défense, ils manquent sans doute d'une
éducation de l'histoire de l'architecture et de l'œil, mais aussi d'un
sens aigu de l'histoire locale, mettant à bas tout ce qui constitue la
réalité historique du lieu où ils vivent. Lors de nos visites de Port
Leucate, nous n'avions vu que mépris pour cette modernité qui
malheureusement n'est pas détruite pour laisser place à une nouvelle
mais pour fabriquer une image ressemblant à un décor digne de
Walt Disney, mélange somptueux de néo-provençal revu par Las Vegas, de
ferronnerie Brico Rama Brico Dépôt (un must du génie local) et un
concept de l'espace inventé par le lobby tout puissant des vérandalistes
aluminium qui doivent avoir, avec la mairie qui donnent les
autorisations, ce même goût pour l'architecture de carton-pâte.
C'est trop tard maintenant. C'est par terre. L'histoire de l'architecture se rappellera les noms des responsables.
On
notera que, comme à l'habitude, les arguments sont comme toujours les
mêmes : état de la construction, risques, non-conformité. On s'amuse de
ces arguments qui sont, en fait, le symptôme de quoi ? Simplement d'un
manque d'entretien et d'un désir larvé de voir ce béton disparaitre. On
laisse pourrir pendant des années sans rien toucher, on fait venir les
pompiers, on évoque la sécurité, on fait la démagogie habituelle sur les
besoins d'aujourd'hui qui ne correspondent plus à la construction
d'hier et Hop ! On met par terre avec, bien entendu, aucune honte et
même une certaine joie . Nous avons honte pour eux. Bref, une histoire
bien connue aujourd'hui en France. Nous conseillons donc aux élus locaux
de la Culture de la Ville de Port Leucate (il y en a ?) de voyager en
Suisse, en Allemagne et surtout en Hollande où les constructions
modernes font l'objet d'une attention, de recherches, de soins
incroyables appuyés, c'est vrai, par des architectes, des responsables
patrimoniaux, des règlements et une éducation qui font que la
population, la démocratie, l'histoire donnent à lire dans le réel des
rues, les héritages successifs avec originalité, idées, et même fierté.
Oui, Monsieur le Maire, fierté de l'histoire et de la modernité.
L'éradication de la Capitainerie de Port Leucate est une faute patrimoniale grave. Grave. Très grave.
Nous
avions cru un instant avec le classement des Carrats que cette ville et
cette région auraient pu s'engager comme Royan ou Le Havre dans un vrai
travail de reconnaissance de cette héritage de la Mission Racine. Il
n'en est rien. Il s'agit sans doute d'un mélange audacieux de manque de
courage politique et d'ignorance avec une pointe amère
croquante-fondante de démagogie locale. Bon vent Port Leucate ! Tu deviendras un magnifique décor pour rêve de cagoles où l'on fait semblant, où tout fait semblant." Le Comité de Vigilance Brutaliste
Voilà qui est dit avec...euh...mesure.
Pour se rappeler un peu l'importance patrimoniale de cette Capitainerie :
elle
faisait partie des tous premiers bâtiments construits par l'équipe de
Monsieur Candilis pour tester le système constructif réalisant une trame
étendue et infinie. Le système constructif, à la fois extrêmement fin,
léger et intelligent permettait par un jeu nommé par l'équipe de
Monsieur Candilis "Meccano" de produire rapidement des espaces
modulables, transformables à volonté et donc de jouer avec les espaces
intérieurs et extérieurs produisant un vrai urbanisme. On le sait, en
architecture, la structure signe l'intelligence. Ici, à Port Leucate,
avec ce système, l'équipe de Monsieur Candilis avait simplement inventé
une nouvelle forme de mapping architectural si à la mode
aujourd'hui. Il suffit de regarder les dessins techniques de ce système
pour en comprendre le génie de sa simplicité et donc de sa beauté
constructive. À l'égale des grands systèmes constructifs allant de
Eiffel à Mimram, Monsieur Candilis avait offert à Port Leucate et Port
Barcarès une possibilité d'avenir, un choix urbain et architectural
d'une très grande originalité. C'est, sans doute, cette originalité que
des yeux aveuglés par une fausse histoire du lieu n'ont pas su
percevoir. On n'aime plus, en effet, une architecture qui dans sa forme,
sa légèreté, sa fonction donne trop vite à lire son sens de l'égalité,
son humanisme et surtout, sa liaison franche avec le paysage.
On
notera que ce système de Port Leucate était si important pour Monsieur
Candilis et son équipe qu'il faisait la couverture de son ouvrage sur
les constructions de loisirs !
Recherches sur l'architecture des loisirs Georges Candilis édition Karl Krämer, 1972.
Monsieur Parent,
J'avais
acheté cette carte postale pour vous l'envoyer à votre anniversaire.
Comme un imbécile, j'ai oublié de le faire, alors, parce qu'il n'est
jamais trop tard, je vous la dédie.
Cette carte postale me parle
de vous. D'abord par son sujet qui est la grotte de Lourdes, celle par
laquelle vous avez en partie commencé votre carrière, première grotte de
votre œuvre, la grotte réelle, fendue et largement ouverte sur le
monde, architecture des gens à genoux, architecture du miracle. Vous
l'avez respectée, aimée cette première grotte, je me rappelle comment
vous m'aviez dit dans un rire que vous aviez toujours été suivi par
Bernadette, mystérieusement, comme ça, comme si c'était une cliente de
l'agence.
Vous avez fait peu de choses dans cette première grotte, on dit, modestement, que vous l'aviez réaménagée.
En fait, vous nous l'avez offerte au regard, vous l'avez redonnée à la
prière, vous en avez donc redéfini le programme architectural en quelque
sorte. Quelle drôlerie ! En vidant les lieux, les donner à voir,
permettre enfin que le rocher, sa surface, sa courbe, puisse à nouveau à
l'œil et à la main, être touchés. Une table, un autel d'une grande
simplicité viennent dire sa fonction. Un devant, un dedans, une
circulation. L'une de vos plus belles réalisations avant l'autre grotte,
celle de Nevers.
Ici, cette carte postale a plusieurs effets
parce que, simplement, ce n'est pas celle de Lourdes... C'est une
maquette d'une copie future de celle de Lourdes mais, comme vous pouvez
le voir, elle reprend votre travail ! Étonnement et compréhension
parfaite et populaire de votre travail. Ici, les habitants de
Neunkirch-les-Sarreguemines ne savent sans doute pas qu'ils rêvent par
cette maquette à l'une de vos interventions. Et puis, c'est modeste.
C'est presque joyeux cette maquette, c'est touchant de gentillesse au
modèle, à la religion chrétienne et à l'amour. C'est vouloir une image
dans le réel d'un lieu loin, c'est une transposition d'une architecture
cryptique. Tout cela, c'est vous.
Car, si nous nous sommes
rencontrés, si j'ai eu ce plaisir qui était d'abord un immense honneur
et une incroyable surprise, c'est parce que vous aviez aimé comment je
disais que le bunker de l'église de Nevers était d'abord une image de
bunker, comme un déplacement, un glissement. Car les coques de béton
font semblant d'être défensives alors qu'elles sont fines et séparées
par un vide, vide qui est la vraie grotte de Nevers.
La voici :
Là
aussi, on est surpris. On est surpris parce que ce que l'on voit
d'abord c'est bien une architecture défensive, massive que l'œil avant
le corps reconnaît comme un bunker. On est autant surpris par son
surgissement que par la réalité de son existence, que vous ayez pu avec
Monsieur Virilio convaincre de la nécessité de sa construction. On est
aussi saisi par l'existence même d'une carte postale et que, sa
photographie permette aussi, force de l'image, de croire au bunker. Une
image populaire pour une architecture expulsant une image. Mais on sait
aussi la surprise de cette église, on sait ce que
Sainte-Bernadette-du-Banlay cache de lumière et aussi d'expérience du
corps devenu actif sur les deux pentes, brisant les perceptions, ruinant
les habitudes. On sait aussi que vous veniez vous y asseoir pour
entendre et voir comment les habitants vivaient votre architecture. Vous
la viviez au milieu de ceux qui en ont l'usage. Vous leur étiez à eux
disponible. Aviez-vous envoyé des cartes postales de votre église à vos
amis ?
Celle-ci est toujours debout. Classée comme on dit.
D'autres
constructions n'ont pas eu cette chance comme la maison des jeunes et de la Culture de Troyes ou comme le très beau centre Thomson-Houston
dessiné avec Monsieur Virilio et abandonné par les institutions aux
démolisseurs. D'autres attendent des réhabilitations à la hauteur de
votre héritage comme la Fondation Avicenne qu'il ne faudra pas abîmer,
avec laquelle il faudra être extrêmement délicat. Nous serons vigilants.
Nous
avons partagé un combat, celui de Sens, puis un autre, toujours en
cours, celui de Ris-Orangis.Nous avons réussi avec une énergie folle à
sauver Sens. Sens... ce nom de ville à lui seul maintenant suffit à
résumer cette architecture. Je ne dis plus centre commercial de Sens
mais simplement Sens. Valeur d'usage du nom d'une ville pour dire
l'importance d'une architecture. Nous sommes arrivés à le protéger
contre tous ceux qui ne savent pas voir, contre tous ceux qui ne savent
pas qu'ils ont un corps. Sens...
Mais je suis déçu. Je n'ai pas
dans ma collection de cartes postales de l'ensemble de votre œuvre.
C'est ainsi. Tous les bâtiments n'ont pas droit à cet honneur populaire.
Alors je me les invente, je me les édite pour nous battre.
Je
finirai sur ce verbe car c'est bien toujours d'une bataille dont il a
été question dans votre travail. Une bataille contre les préjugés,
contre nous-mêmes, contre une architecture parfois oublieuse de
l'usager, parfois trop soutenue par l'histoire sans savoir y renoncer.
Vous n'aviez peur de rien dans ce domaine.
Sans doute que comme votre ami Yves Klein vous aimiez les sauts dans le vide.
Bien à vous Monsieur Parent.
Et merci.
David Liaudet
Comme tous les ans, faisons le bilan d'une année supplémentaire pour ce blog et pour l'architecture moderne et contemporaine.
L'année
fut bien pleine et riche mais aussi catastrophique pour ce qui est des
menaces et des destructions effectives d'œuvres. (Et pour d'autres
raisons aussi...)
Voyez la dernière histoire de l'Opéra Garnier, c'est hallucinant, la précipitation héroïque en retard...
Alors
d'abord ce qui fait mal : avenir incertain de l'école hôtelière du
Touquet, menace sur la caisse d'épargne de Toulon, menace sur le Pont
tournant de Dieppe et sa cabine de Jean Prouvé, menace sur ce qui
maintenant est la dernière église en fusées céramiques de
Haute-Normandie à Serqueux, menace sur le quartier des Briques Rouges de
Paul Chemetov, destruction des logements de Courcouronnes toujours de
Paul Chemetov, destruction honteuse de l'université du Mirail et menace
sur le Mirail de manière générale, abandon pour une année supplémentaire
de la très belle mais ruinée école d'architecture de Nanterre de
Jacques Kalisz, on comprend maintenant sans aucun doute qu'il s'agit là
d'une politique culturelle volontaire d'éradication. Défiguration du
Volcan de Niemeyer au Havre, sans doute la plus grave de l'année dans
une ville inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Le bilan est
certainement encore beaucoup plus lourd...
On restera le cul entre
deux chaises avec l'incroyable histoire de la maison Prouvé de Royan
vendue par... rien moins que le maire de la ville de Royan... pour
démontage et sauvetage par Patrick Seguin.
Mais cette
année fut aussi celle d'une très belle et toujours visible
(dépêchez-vous !) exposition de Thomas Dussaix, l'autre membre du Comité
de Vigilance Brutaliste. Cette année aussi, nous avons eu trois
télévisions et une radio nationale le même jour à Ris-Orangis
pour la sauvegarde de ce centre commercial dessiné par Claude Parent.
Signalons que le combat continue et que sans vous, il a moins de chances
d'aboutir... Prenez donc de bonnes résolutions !
Il faut aussi dire que la publication du livre sur Charles Bueb
fut une belle chance. Merci à tous ceux qui nous ont fait confiance par
la souscription, merci à sa famille, à ceux qui ont acheté ce livre, vu
l'exposition. Merci Julien Donada et Grégoire Romefort pour l'édition
superbe.
Merci également à François Chaslin de me nommer dans son livre sur Le Corbusier. C'est un honneur.
Merci
à tous ceux qui ont demandé, publié, édité des cartes de ma collection
dans leur ouvrage, revue ou dans le très beau catalogue sur l'A.U.A. et
dans l'exposition. Merci pour les invitations à enseigner, professer et
discourir dans des conférences pour parler des cartes postales.
Merci à Radio On de toujours me laisser faire ma Chronique Corbuséenne !
Merci
à Claude Lothier pour sa vigilance orthographique et l'ambition qu'il
me porte. J'ai toujours besoin de cette énergie, Claude. Merci.
Un
toujours très grand merci à Laurent Patart pour ses donations
régulières et à Daniel Leclercq pour ses précisions et commentaires.
Enfin, cette année fut celle du très très gros travail de restauration de la bulle six coques à Piacé.
Merci à tous ceux qui sont passés, qui ont acheté une litho pour
financer cette restauration. Merci à tous ceux qui ont donné de leur
temps, de leur énergie pour frotter, poncer, soulever, peindre et
rigoler aussi. À ce titre, et pour finir ces remerciements, je tiens à
remercier tout particulièrement Nicolas Hérisson et Manon Alberger pour
l'incroyable générosité de leur temps, de leur passion, j'ai envie de
dire leur dévouement à ce projet.
Le chantier n'est pas terminé mais l'année 2016 sera sans aucun doute celle de son achèvement.
Le
Patrimoine architectural moderne et contemporain c'est bien à vous, à
nous, à tous ceux qui l'aiment qu'il incombe de le sauver.
Restez vigilants, restez combatifs, restez ENSEMBLE ! Soutenez les associations, signez les pétitions, écrivez !
L'année 2016 va démarrer très fort avec l'exposition obliqueS
à l'école des Beaux-Arts du Mans début février et l'exposition du
travail de Marc Hamandjian à Piacé ! D'autres projets viendront,
d'autres surprises !
Bien à vous tous.
David Liaudet pour le Comité de Vigilance Brutaliste.
N'oubliez pas que ce blog se déploie sur le tome 2 : http://archipostalecarte.blogspot.fr/
Pour
finir l'année en beauté, je vous propose un archétype de ce que nous
aimons ici. Populaire, largement diffusée, bien conçue, intelligente,
tous ces adjectifs pour la carte postale mais aussi pour l'architecture
de la piscine Tournesol de Bernard Schœller, ici à Muret par les
Éditions d'Art Larrey. Il semble bien que cette piscine Tournesol fut
fauchée. Quelle ville aura la dernière ?
Alors, bien évidemment cela ne m'amuse pas d'être la mouche tombée dans la soupe.
Mais
puisque l'actualité des Journées Européennes du Patrimoine arrive à
grand pas, je vous propose d'aller voir une dernière fois quelques
œuvres majeures, parfois labellisées et pourtant menacées de
destruction, de restructuration ou de relooking épuisant.
Faisons
une promenade vers de futures ruines, vers des regrets que les livres
d'histoires de l'architecture enregistreront dans quelques années comme
des erreurs et des exemples de bêtises de la politique patrimoniale dont
on peut se demander si en France, au-delà des affichages
institutionnelles et des émissions sur France 2, elle existe encore.
Avant, la Grande Muette c'était l'Armée, il semble qu'aujourd'hui ce
soit, au moins sur les questions de l'architecture contemporaine et de
son héritage moderniste, le Ministère de la Culture... Pendant ces
journées, il pourrait y avoir des annonces de ce Ministère montrant son
attachement au Patrimoine Moderne, cela serait un signe, une énergie,
une reconnaissance mais vous verrez que comme sous Filippetti, on aura
rien.
Voilà le programme de l'année pour ces Journées Européennes du Patrimoine :
Allez faire un tour sur le terrain déblayé de l'église Sainte Bernadette du Grand-Quevilly,
allez voir qu'il ne reste rien... Allez dans la même ville, voir
l'autre église dessinée par l'architecte Cacaut, abandonnée et
détériorée. De ce fait, pour ces Journées Européennes du Patrimoine,
Grand-Quevilly est la ville où l'Art Sacré Moderne est sacrément détesté
et dédaigné, une ville donc phare dans ce programme. Nous reste à
regarder sur Google Earth, les images de l'église encore debout...
Allez vite à Toulon pour ces Journées Européennes du Patrimoine regardez pour quelques temps encore la très belle Caisse d'Épargne de Henry, architecte
avant que les affairistes du mètre-carré, les investisseurs en
surface-plein-centre-ville associés à des architectes qui se fichent
comme d'une guigne de leurs ainés et de leur héritage ne viennent faire
un tuning hideux sur ce chef d'œuvre qui a donc obtenu pour rien
le Label Patrimoine du Vingtième sicle. Un vrai et beau futur cas
d'école pour la signification de ce Label en France. Dépêchez-vous !
Tous à Toulon pour voir la réalité de la politique patrimoniale en
France. Ils ont déjà affiché leur programme Visio...C'est à pleurer.
Allez tous à Vigneux-sur-Seine pour les Journées Européennes du Patrimoine voir l'ensemble de Paul Chemetov, les Briques rouges.
Faites des photographies, des dessins, documentez pour l'histoire la
destruction d'un Label du Patrimoine du Vingtième Siècle ! C'est une
chance de saisir en direct l'inutilité affichée publiquement de ce Label
!
Là aussi tout cela pour un programme foncier et immobilier
d'une qualité...rare, c'est inouï comme en France, la laideur a le
pouvoir de détruire sous le regard des maires les œuvres
intelligentes...
Allez tous au Touquet voir la très belle tour de l'école hôtelière
avant que l'on ne sache comment la reconvertir et que, devant le manque
d'idée et l'épuisement des possibles on ne se décide avec regrets (ils
ont toujours des regrets) à la détruire.
Allez voir au Havre comment un chef-d'oeuvre reconnu d'Oscar Niemeyer,
chef-d'œuvre posé dans une ville étant inscrite sur la Liste du
Patrimoine Mondial de l'Unesco, allez voir comment cette Maison de la
Culture a pu être éradiquée dans ses formes et ses fonctions, étant
pourtant l'une des constructions emblématiques de cet architecte en
France. Voyez ce somptueux ratage dont le seul hommage fait à
l'architecte est d'avoir inscrit son nom en énorme sur les nouveaux murs
comme pour se rassurer d'avoir bien fait. C'est, je crois, l'exemple le
plus parfait de la démagogie patrimoniale à la française, un cas
d'école, un cas historique. Suite à cette catastrophe patrimoniale, je
crois qu'il faudra retirer au Havre son inscription sur la Liste
Mondiale du Patrimoine de L'Unesco. Cela laisse songeur sur les
possibles attaques de l'œuvre de Perret si la démagogie politique
effectuée sur celle de Niemeyer venait à s'étendre. Pour ces Journées
Européennes du Patrimoine allez donc tous au Havre voir cette honte.
Allez vite au Mirail, voir comment l'héritage de Candilis
est sacrifié, mutilé, éradiqué et tout cela dans un esprit presque
festif et heureux ! C'est absolument inouï ! Et que la cabale mêlant les
idées flamboyantes radio-diffusées d'une équipe d'architectes et les
petites pensées humanistes d'un philosophe permet là aussi de croire
qu'ils font bien, juste et même rendent hommage à cette architecture !
On détruit pour rendre hommage ! Le comble... Donc vite, allez à
Toulouse Le Mirail pour ces journées européennes de destruction du
Patrimoine !
Enfin
quel avenir pour le chef-d'œuvre d'Orléans-la Source qu'est le centre
E.D.F par les architectes Renaudie, Riboulet, Thurnauer, et Veret ?
Va-t-on attendre qu'il ne soit trop tard pour s'excuser de n'avoir rien
fait dans un mélange fatiguant de désolation et de regrets ? Est-ce
logique que cette ville qui abrite pourtant le très important F.R.A.C
Centre, spécialisé dans l'architecture laisse ainsi en voisin une ruine
se fabriquer ?
Allez donc à Orléans pendant ces journées du Patrimoine voir ce centre E.D.F et la serre-restaurant de messieurs Arretche et Prouvé tout aussi abandonné...
On pourra aussi évoquer pour ces Journées de destruction du Patrimoine le cas éloquent de l'École d'architecture de Nanterre,
vandalisée, abandonnée alors même que par son programme et son
architecture elle devrait être l'exemple d'une cohérence patrimonial en
France. Pour ce cas, ce n'est plus de la honte, c'est de la colère.
En
conclusion (et malheureusement la liste va s'allonger), cette année,
les Journées Européennes du Patrimoine seront celle de la fin programmé
du Label Patrimoine du Vingtième Siècle. Jamais, jamais encore en France
notre héritage contemporain n'a subi sous les yeux devenus complices
des institutions et des politiques, une telle ampleur de destructions,
de menaces et même, j'ose, d'une rage jouissive à détruire en toute
liberté et bon conscience démagogique notre héritage moderniste.
Bonne visite à tous, bon week-end sur les ruines de notre modernité.
Le Comité de Vigilance Brutaliste.
La semaine dernière alors que je rédigeais un article sur le foyer des Vieux dessiné par Paul Chemetov pour Vigneux-sur-Seine, l'agence de ce dernier me signalait, dans une concordance des temps incroyable, que l'ensemble des Briques rouges Labelisé Patrimoine du XXème siècle était menacé de destruction et notamment sa Caisse Primaire d'Assurance Maladie CPAM, petite merveille d'architecture reconnue, publiée et... Labelisée... et déjà défigurée, la fresque du Peintre Foujino ayant été peinturlurée par des imbéciles.
Il va sans dire que c'est une nouvelle attaque du Label qui tend à prouver maintenant son inutilité patente.
Il est donc nécessaire de penser maintenant un avenir pour ce Label si français permettant sans doute, démagogiquement, de faire semblant d'un signalement pour faire plaisir à un petit cercle d'initiés (dont je fais partie) sans prendre le risque (la politique) d'un vrai classement, d'une vraie reconnaissance. Si éduquer la population française à l'architecture du XXème siècle c'est poser une plaque sur une construction pour s'autoriser quelques mois après à la broyer sous les pelleteuses, ce que l'on enseigne à cette population ce n'est pas le respect de ce travail architectural et patrimonial mais bien l'indifférence à ce patrimoine et à son territoire.
L'inculture généralisée n'est pas transformée par ce Label, les petites politiques locales, les petits responsables, les agencements financiers et immobiliers d'architectes en mal de mètres carrés en centre ville s'allient ensemble pour cracher à la gueule du Patrimoine et du travail de signalement tout cela sous les yeux (impuissants ?) des institutions chargées de la défense de ces lieux. On a même des émissions sur France Inter, radio nationale et complice (on sait pourquoi, on sait comment), où l'on donne sans contradiction, la parole à ces architectes démolisseurs qui viennent expliquer comment ils suivent " l'esprit de Candilis" sous l'égide d'un pauvre philosophe instrumentalisé et cabot, heureux d'avoir une écoute à sa petite pensée. Voyez le Mirail à Toulouse... La honte à la française.
Je ne sais pas finalement, je ne sais plus, ce qui construit ma colère. La perte de merveilles architecturales qui défendaient dans leur volumes et leurs espaces une pensée et une intelligence ? Oui.
Le rêve impossible de retenir du monde ses images ? Oui. Penser qu'un état, représentation démocratique servant à signaler notre culture commune, est impuissant, voire complice ? Oui. Devoir enseigner cet échec de la politique culturelle ? Oui.
Alors, si rien ne bouge, si aucune action immédiate n'est prise, (et l'été qui arrive servira l'inaction) il est clair que le Label Patrimoine du XXème siècle deviendra une duperie au service d'une démagogie de la défense patrimoniale d'un Ministère incapable de réagir. Ce Label sera un tombeau silencieux.
Le pire, voyez-vous, c'est qu'on commence à s'y habituer.
David Liaudet pour Le Comité de Vigilance Brutaliste.
Je reçois une nouvelle carte postale montrant au premier plan le foyer des Vieux de Vigneux-sur-Seine et au fond, l'ensemble Croix-Blanche. La carte postale est une édition Scintex en exclusivité pour Lhotellin. Mais qui a dessiné cet ensemble Croix-Blanche ?
Je trouve dans mes revues un article paru dans Techniques et Architecture de 1973 sur la sécurité sociale de Vigneux-sur-Seine, œuvre de Paul Chemetov, œuvre menacée aujourd'hui.
Je vous le donne à voir, il ne nous restera que ça bientôt ?
Les photographies de cet article sont de Augustin Dumage.