mardi 28 février 2017

conférence sur Jean-Michel Lestrade

J'ai beaucoup de plaisir à vous informer que ce jeudi 2 Mars, je ferai une conférence intitulée  Jean-Michel Lestrade, ingénieur-Structures ou un humanisme précontraint à l'auditorium du Musée des Beaux-Arts de Rouen à 10h30.
C'est gratuit et ouvert à tous.
Cela sera la première occasion d'évoquer en public l'œuvre de cette personnalité trop oubliée de l'histoire de l'Architecture des Trente Glorieuses. Je tenterai de remettre en lumière ce parcours exceptionnel et pourtant discret de ce calculateur qui a permis aux architectes parmi les plus célèbres de son temps ( Gillet, Candilis, Renaudie, Prouvé, Esquillan...) de réaliser dans le réel les espoirs d'une architecture humaniste et sociale.
Par bonheur, cette conférence se fera en présence de Jean-Jean Lestrade, arrière-petit-fils de Jean-Michel Lestrade avec lequel nous trions les archives de l'agence Lestrade dans l'espoir du montage d'une exposition sur l'œuvre de son aïeul dans les prochains mois.
Venez nombreux !
 

Toutes les infos pratiques ici :
https://fr-fr.facebook.com/events/1875100229380223/

samedi 18 février 2017

Anniversaire ! 10 ans !

J'ai loupé une date importante !
Depuis le 29 janvier de cette année votre blog a donc 10 ans !
Joyeux anniversaire le blog !
En effet tout commença en 2007 avec une carte postale de La Grande Motte, ce qui m'étonne encore, car, sans doute on aurait pu s'attendre à une carte de Royan !
Mais depuis ! Que d'aventures ! Que de confiance aussi ! Et que de découvertes !
Suis-je épuisé par ces dix années ? Oui...Parfois. Il arrive que le sentiment d'avoir fait le tour de la question se pose et puis surgit une carte, un détail, un correspondant pour que tout redémarre et j'ai aussi environ quatre à cinq mille cartes postales qui attendent...
Alors faisons le point chiffre : un million sept cent mille visites pointées par un post, ce qui laisse de la marge pour la lecture défilante...Deux mille deux cent articles...Deux volumes... http://archipostcard.blogspot.fr/ et http://archipostalecarte.blogspot.fr/ 
Je n'ai pas le nombre d'images mais bon avec une moyenne de deux ou trois par post...
Les meilleurs souvenirs ? Dans le désordre, quoique :
- De lire mon nom dans l'ouvrage de François Chaslin sur Le Corbusier. Un immense honneur.
- De rencontrer et partager avec Dominique Amouroux, l'auteur de notre guide d'architecture vénéré.
- La découverte du Fonds Bueb et la publication du livre. Spéciale dédicace à Julien Donada et à la famille Bueb si accueillante à notre projet.
- La résidence à Royan avec Thomas Dussaix et l'édition de mon livre sur Royan, ma grande fierté. Spéciale dédicace à Charlotte de Charette et Véronique Willmann.
- Bien évidemment, le classement de Sens et la joie d'avoir partagé un peu de ma vie avec Monsieur Claude Parent et sa famille. J'y ajoute la campagne pour Ris-Orangis inachevée. Spéciale dédicace à Viviane Rat-Morris.
- Le sauvetage de la bulle six coques avec toute l'énergie et l'amour autour. Spéciale dédicace à la famille Hérisson et à Manon Alberger.
- Ma rencontre avec Clément Cividino, son énergie passionnée, et sa certitude à faire de cette passion un moyen de sauver le Patrimoine mobilier et immobilier.
- Ma rencontre avec la Famille Lestrade et la confiance aigüe qu'ils me portent. Spéciale dédicace à Jean-Jean et Alvar.
- La rencontre avec le Comité de Vigilance Brutaliste dont je sais si peu de choses...
- L'exposition à Évreux, merci Emmanuel André et celle à La Forme au Havre avec Claude Parent, Thomas Dussaix et celle à Rouen sur l'invitation de Marc Hamandjian et Jean-Paul Berrenger.
- Toutes les conférences (beaucoup maintenant !), toutes les visites guidées, tous les articles, les interviews, les expositions, les films dont celui sur Royan...


- La chance de me laisser prendre le micro à Radio On et de faire ma Chronique Corbuséenne. Spéciale dédicace aux étudiants et à Philippe Langlois. Merci Philippe.
Merci à tous les donateurs, tous, ceux d'une seule carte postale ou ceux d'un paquet entier. Spéciale dédicace à Laurent Patart et Daniel Leclercq.
Merci aussi à tous ceux qui piochent dans mon Fonds, qui me demandent gentiment (ou non...) des images et qui ainsi prouvent chaque fois la validité des cartes postales comme documents historiques pour une compréhension pointue de la relation entre la photographie, l'architecture et la sauvegarde du Parimoine.
Merci aux éditeurs et à leurs photographes pour leur travail maintenant un peu mieux reconnu.
Ce blog ce veut joyeux mais aussi citoyen. Chaque carte postale est un slogan, une preuve, une histoire et une tribune pour le sauvetage et la lutte pour la reconnaissance du Patrimoine Architecturale du Vingtième Siècle.

Mais je voudrais faire un énorme merci, ÉNORME,  à celui qui me suit, me pousse, me porte. Celui qui relit dans l'ombre, qui corrige toujours avec une extrême patience (et il en faut...) tout ce que j'ai écrit. Sans le travail de Claude Lothier qui décide de mettre son propre travail de coté pour lire mes textes, sans son opiniâtreté, sans ses bras autour, toujours, rien ne serait.
Claude....MERCI.
Tu es sans doute, de fait, le plus grand et le plus fidèle lecteur de ce blog. Mais tu es aussi par ton œil, ton analyse, tes décisions d'aller voir, ta certitude que les images nous portent, celui qui m'a le mieux permis de réaliser dix années d'écriture, de voyages, de combat.
Je te dédicace donc ces dix premières années. C'est de notre anniversaire qu'il s'agit.
Remerciez-le tous, chères lectrices, chers lecteurs, en allant par exemple voir son propre blog :
http://leblogdeclaudelothier.blogspot.fr/

Alors j'oublie sans doute plein de choses, de gens, de moments. Dites-le moi !
N'oubliez pas que ce blog est en deux volumes. N'oubliez pas que vous pouvez vous y abonner.
Quelle carte postale choisir pour un tel anniversaire ?
La dernière arrivée ? Une de Royan ? La première ? Je ne savais pas.

J'ai choisi une carte postale un peu particulière, qui parle de l'un des plus grands architectes français du Logement Social qui reste ma priorité.
J'ai choisi une carte postale représentant une œuvre majeure, un chef-d'œuvre absolue, une utopie humaniste, une leçon parfaite, un brutalisme utile et verdoyant.
J'ai choisi l'amour, l'homme, le paysage accompli par l'architecture.
J'ai choisi l'urbanité au lieu de l'urbanisme, j'ai choisi le plan au lieu de la surface, j'ai choisi l'altérité faite forme.
J'ai choisi l'architecte Jean Renaudie :



Cette carte postale un peu particulière est un dessin de Yves Orly pour Givors et les Étoiles de Monsieur Jean Renaudie. C'est une édition Combier réalisée semble-t-il spécialement pour en faire un entier postal et éditée pour l'affranchissement Premier Jour le 20 avril 1985 du timbre de ce quartier des Étoiles de Givors.
Le dessin de Yves Orly est bien des années 80. Il nous amuse aujourd'hui par sa manière de mettre un peu en retrait l'architecture. On dirait que le dessin vient d'un des premiers logiciels de retouche d'images ou de photocopies successives...C'est joyeux, tendre, presque fragile. Et c'est, pour ce dixième anniversaire, une parfaite représentation de l'architecture.
Vive l'architecture moderne et contemporaine !
Vive tous les citoyens qui se battent pour la sauver, la défendre, l'enseigner !
Allez-voir, battez-vous. Imaginez ! Imaginez ! L'architecture se parcoure, se visite, se rêve.
Et comme dit si bien Jules Verne cité par Georges Perec :

"Regarde ! De tous tes yeux, regarde !"

lundi 16 janvier 2017

restera la honte

Je reçois, je diffuse :




" .....Une fois encore l'incurie des responsables culturels est à l'honneur.
Nous avions déjà été atterrés il y a quelques mois par le cas scandaleux de la Caisse d'Épargne de Toulon pour laquelle la DRAC PACA n'avait rien fait laissant un Label Patrimoine du Vingtième Siècle être totalement bafoué par un projet immobilier d'une laideur sans nom pour OKKO par l'agence Tangram. Nous avions déjà évoqué le cas de Vigneux-sur-Seine en croyant qu'un espoir était toujours possible pour sauver cet ensemble dessiné par Monsieur Paul Chemetov. Mais malheureusement les dernières nouvelles de la CPAM de Vigneux-sur-Seine prouvent bien cette fois encore qu'il ne s'agit pas d'une maladresse, d'un manque d'énergie ou même d'un oubli fâcheux mais bien d'une réelle, pleine, assumée politique régionale de destruction et d'abandon du Patrimoine Moderne et Contemporain en Ile-de-France. Une vraie politique c'est à dire des responsables régionaux, des élus, des personnels de la fonction publique dont le travail est par définition la protection qui collaborent, le mot est ici à prendre sans pincette, qui collaborent donc à l'éradication d'une partie de notre Patrimoine Architectural. On voit également comment ces responsables régionaux, ces acteur étatiques du Patrimoine utilisent le Label comme chambre d'écho, lui faisant jouer le rôle d'excuses à rebours pour faire croire à une action alors même que, dès que la menace est opérante, ils se défaussent et même osent affirmer qu'ils sont actifs, justement parce qu'ils ont labelisé... ( Voyez ce même Label accordé au Ministère des Finances du même architecte....Quelle illogisme !) Parfaite hypocrisie d'acteurs de l'état, complices des politiques locales et surtout maintenant c'est clair, complices des agents commerciaux, des vendeurs de mètres-carrés, des bâtisseurs iniques dont la production à venir en lieu et remplacement est d'une pauvreté architecturale hallucinante et hallucinée.
Le manque de culture architecturale est à son comble et s'affiche avec fierté maintenant grâce aux permis de démolir délivré par une mairie ignorante de ce qui fait architecture, ignorante même de ce qu'un Label doit souligner mais par contre, d'une mairie active à la démolition de son histoire. C'est juste inouï !!
Il est temps d'accuser :
Honte au maire Serge Poinsot et ses services culturels et d'urbanisme de la Ville de Vigneux-sur-Seine offrant à la démolition l'histoire de leur ville et leur Patrimoine.
Honte aux services du Patrimoine Régionale dont maintenant on commence à saisir le peu d'attachement pour le Patrimoine du Vingtième siècle. 
Honte à la CPAM abandonnant son Patrimoine et l'histoire de son usage, celui de ses citoyens.
Honte aux promoteurs et à leurs architectes (le sont-ils vraiment d'ailleurs ?) si serviles et qui se foutent comme d'une guigne de l'histoire et surtout de l'architecture et s'appuient sur les mairies et la démagogie de la politique du logement sociale pour s'autoriser à construire de pareilles horreurs.
Honte au Ministère de la Culture qui depuis trois Ministères maintenant, (il n'y a là plus de secret) à réaliser en France le plus grand chantier de démolition du Patrimoine Contemporain. Aucune politique de défense de ce Patrimoine, aucune idée n'ont été défendues depuis 5 ans maintenant. Lâcheté des petits enjeux de politiques locales, lâcheté d'un budget plus bas que jamais, lâcheté démagogiques populistes, lâcheté à tous les niveaux et même maintenant abandon du rôle pédagogique que devait revêtir ce si beau Label du Patrimoine du Vingtième Siècle devenu une blague. On en arrive à souhaiter que les bâtiments ne le reçoivent pas, de peur que cela donnent des idées de démolition aux promoteurs et aux maires !!
François Hollande va au théâtre de Michel Drucker avec Madame Azoulay. Tout est dit sur l'importance et les choix culturels de cette Présidence et de ses Ministres de la Culture. Applaudissez-bien à la fin. Faites des bravos. Pendant ce temps-là les pelleteuses dessinent votre politique culturelle. On n'oubliera pas."
Le Comité de Vigilance Brutaliste, le 14 janvier 2017."

Voilà qui est dit, avec euh...fermeté...
Il va de soi que nous ne pouvons que soutenir cette opinion, j'ai envie de dire malheureusement.
Je crois que devant autant de bêtises accumulées par autant de personnels et d'agents publiques, on devient au mieux coléreux, au pire désabusé. On reste citoyen et on sait maintenant qu'il s'agit d'une affaire politique, d'un déclassement de notre histoire, d'une volonté affichée et d'un refus de faire de l'histoire de ces territoires des territoires du Patrimoine et de la République. C'est clair.

Restera la honte. Elle rentrera dans l'Histoire de cette ville de Vigneux-sur-Seine.

Alors je vous conseille aussi de lire la lettre très bien écrite et argumentée de Monsieur Paul Chemetov :
http://www.lemoniteur.fr/media/FICHIER/2017/01/10/FICHIER_20170110_34085318.pdf 

À lire également :
http://www.lemoniteur.fr/article/patrimoine-contemporain-la-cpam-de-vigneux-pourra-etre-demolie-34085326

Un petit mais très éclairant extrait :




mercredi 21 décembre 2016

CitizenK est un vrai citoyen !

Rarement une telle chance m'a été donnée.
La revue CitizenK fait le plein !
D'abord, elle porte en deux articles un hommage vibrant au travail de Claude Parent, en premier lieu pour ses centrales nucléaires et surtout celle de Paluel puis aux centres commerciaux de l'architecte dont il vous sera aisé de comprendre que cela touche ce blog tout particulièrement !
L'histoire y est racontée avec force détails et je l'avoue, une grande attention à mon action de sauvegarde, que ce soit pour le centre commercial de Sens ou celui de Ris-Orangis. Il est évident qu'un tel travail éditorial dans une revue aussi accessible et si largement diffusée permettra de mettre en lumière l'héritage de Monsieur Parent et, nous l'espérons tous, la sauvegarde du supermarché de Ris-Orangis.
Mais ce n'est pas tout !
Puisque j'ai aussi eu la possibilité de faire un article dans ce numéro sur les aires d'autoroutes et leur représentation par les cartes postales ! Cela fait donc beaucoup d'occasions de se réjouir et de voir que l'histoire d'une certaine architecture peut trouver dans ces revues des occasions de s'exprimer et de trouver un public sans doute moins spécialisé. C'est tant mieux !
Je veux donc ici remercier vivement Matthias Debureaux et toute l'équipe éditoriale de la revue CitizenK pour cette confiance.
Je vous conseille donc tous d'acheter CitizenK numéro spécial hiver 2016 intitulé non sans humour "la France de toute Beauté". Il ne vous en coûtera qu'un euro symbolique ! À ce prix-là, prenez en plusieurs et faites, comme moi,  plaisir autour de vous !
Bonne lecture !
Pour ma part, j'aime aussi la lecture de l'article de Thomas Lévy-Lasne sur le parcours des artistes contemporains et j'avoue que mon cœur chavire aux pages 216 et 220... Mais là, c'est une autre histoire...
Je fais exprès de ne pas vous donner une lecture trop aisée ici des articles, pour que vous ayez l'opportunité de les lire en ayant acheté la revue.
Merci de votre compréhension !






samedi 17 septembre 2016

Journée Européennes d'oubli du Patrimone Moderne

Ici repose l'article que j'aurais du faire avec les informations données par la DRAC Ile-de-France au sujet de l'avancement du dossier de classement du centre commercial de Ris-Orangis dessiné par Claude Parent déposé il y a presque 5 ans maintenant...
Malgré les promesses faites de me rappeler cette semaine, malgré mes coups de fils depuis des mois, mes courriers nombreux, mes demandes répétées je n'ai eu droit à aucune information.
Manque de professionnalisme ou stratégie de l'usure ?
Oui, vous pensez comme moi.
On notera que le thème de ce week-end des Journées Européennes du Patrimoine est Patrimoine et Citoyenneté. On voit donc comment les services du Patrimoine de la D.R.A.C Ile-de-France sont sensibles à une demande citoyenne et comment la communication est réalisée par ses services.
Citoyennes ! Citoyens !
Bon week-end des Journées du Patrimoine en Ile-de-France et partout en France.


jeudi 18 août 2016

Le Corbusier radiophonique

Il est bien émouvant, toujours, d'entendre l'architecture.
On se souvient comment François Chaslin savait nous faire visiter une architecture et sa pensée simplement par sa voix et celles de ses invités dans sa regrettée émission Métropolitains.
Difficile de reprendre un tel flambeau.
Pourtant, cet été, Camille Juza, sur France Culture, réalise avec talent avec une suite d'émissions judicieusement appelée le génie des lieux.
Nous tenterons de suivre par les cartes postales ces émissions (parfois avec retard) et d'ainsi soutenir la visite en quelque sorte par l'image, des sons, des voix, des témoignages entendus lors de leur diffusion.
On commencera en désordre par la chapelle de Ronchamp de Le Corbusier, rien moins que ça.
Beaucoup de publications sur ce blog ont déjà été faites sur ce lieu, il est donc difficile de trouver un nouvel angle d'attaque dans tous les sens du termes.
Comme Julien Donada nous fait la joie d'évoquer l'histoire de Charles Bueb, nous allons chercher (et trouver) une carte postale de ce photographe redécouvert par ce blog.
Rappelez-vous cette incroyable carte postale :
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/03/extremement-fort-et-incroyablement-pres.html

On regarde ?



La carte postale est une édition de la Société Immobilière de Notre-Dame du Haut qui crédite parfaitement Charles Bueb comme photographe. La carte est expédiée en 1962 ce qui doit bien correspondre peu ou prou à la date de sa prise de vue. Il faudrait aller vérifier dans ses classeurs somptueux. Charles Bueb nous installe avec lui sur le chemin, fait surgir simplement, j'ai envie de dire naturellement, la Chapelle de Ronchamp et les constructions annexes souvent malheureusement oubliées. On voit ici comment les deux constructions se glissent l'une sur l'autre.



Charles Bueb se décale un rien sur la gauche du chemin mais reste à hauteur d'homme. Il ne croisera qu'un couple de visiteurs descendant ce chemin. Le tirage est d'une grande douceur, peu contrasté, en fait, il est comme le point de vue, un rien tendre, sans effet, sans décision autre que d'être là, au milieu, comme un pèlerin.



Entrons :




Nous ne remercierons pas Charles Bueb pour ce beau cliché édité en carte postale par le même éditeur que précédemment mais qui cette fois, oublie de nommer son photographe. Difficile donc de savoir qui a réalisé ce cliché. On notera tout de même une originalité du cadre puisque le photographe choisit de montrer l'espace depuis la gauche de l'entrée, juste après le passage de la lourde porte. La sensation soudaine d'une lumière bien descendue par rapport à l'extérieur est bien le sentiment que j'ai ressenti en entrant dans ce lieu : une grotte.
Cette cavité dont le lourd plafond comme une pierre d'un dolmen pourrait nous tomber sur la tête est tout de fois percée d'une ligne fine mais éclatante venant étrangement suspendre l'ensemble. Un coup de cutter entre le mur et le plafond qui, à lui, seul, nous intrigue sur la réalité de la masse de la construction. La petite sculpture dans sa niche est littéralement brûlée par le temps de pose long.
Et n'oubliez pas ! L'architecture avant d'être des images, c'est un espace qui se parcoure.
Pour entendre l'émission et d'autres clichés de Julien Donada, voici le lien :
http://www.franceculture.fr/emissions/le-genie-des-lieux/la-chapelle-de-ronchamp-par-le-corbusier
Pour comprendre l'histoire de la découverte du Fonds Bueb, allez ici et achetez le livre !
http://archipostcard.blogspot.fr/2015/04/charles-bueb-edite-ronchamp-revele-le.html

Et n'oubliez pas d'aller sur le Volume 2 de ce blog :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/






samedi 19 mars 2016

des liens pour la Conservation des Monuments Historiques de Seine Maritime

Et voilà !
Notre département de Seine Maritime, notre Région Normandie, la Ville de Dieppe se voient nommés parmi les 7 sites les plus menacés d'Europe par Europa Nostra, rien moins que ça !
Triste, bien triste manière de mettre la lumière sur notre département de Seine Maritime et sur le Patrimoine exceptionnel que représente le Pont Colbert et sa cabine de Jean Prouvé !
Rappelez-vous ici !

http://archipostalecarte.blogspot.fr/2015/11/jean-prouve-sur-le-pont.html 

On notera que le combat citoyen a permis de mettre en lumière ce scandale régional qui s'ajoute à celui de la destruction de Sainte-Bernadette au Grand-Quevilly, à la défiguration du Volcan de Niemeyer au Havre (ville pourtant inscrite au Patrimoine de l'UNESCO ), la destruction probable de la dernière église en fusées céramiques à Serqueux (le clocher est déjà par terre), et à un avenir incertain pour  l'église St-Nicaise à Rouen et, et, et... à l'abandon des Ateliers du Parc, chef-d'œuvre de Patrice Mottini dans la cour même de l'école d'architecture de Rouen... Allez on arrête là...
En espérant que la prochaine fois que notre département et notre Région seront nommés de manière internationale, ce sera pour souligner la parfaite restauration d'une construction du Vingtième Siècle. On peut rêver...

Mesdames, Messieurs les maires, député(e)s, conseillers et conseillères régionaux, conservateurs du Patrimoine, conservatrices du Patrimoine, Architectes des Bâtiments de France, vrais citoyens, vraies citoyennes, voici des liens que vous lirez peut-être :
http://www.europanostra.org/news/737/

http://www.europanostra.org/UPLOADS/FILS/20160316-PR-7ME-FR.pdf

Vive la Seine Maritime !





mercredi 16 mars 2016

Le Capitaine Candilis sans capitainerie




Je reçois, je diffuse :

" L'héritage moderniste se voit donc une fois de plus (et une fois de plus pour Candilis) totalement méprisé. Alors qu'une ville balnéaire existe, prend son identité dans le travail d'un architecte et de son équipe, (architecte génial reconnu par l'histoire), les seuls qui ne comprennent pas la chance qu'ils ont, sont ceux-la même qui gèrent cette héritage : les politiciens locaux. 

Il faut le dire, à leur défense, ils manquent sans doute d'une éducation de l'histoire de l'architecture et de l'œil, mais aussi d'un sens aigu de l'histoire locale, mettant à bas tout ce qui constitue la réalité historique du lieu où ils vivent. Lors de nos visites de Port Leucate, nous n'avions vu que mépris pour cette modernité qui malheureusement n'est pas détruite pour laisser place à une nouvelle mais pour fabriquer une image ressemblant à un décor digne de Walt Disney, mélange somptueux de néo-provençal revu par Las Vegas, de ferronnerie Brico Rama Brico Dépôt (un must du génie local) et un concept de l'espace inventé par le lobby tout puissant des vérandalistes aluminium qui doivent avoir, avec la mairie qui donnent les autorisations, ce même goût pour l'architecture de carton-pâte. 

C'est trop tard maintenant. 
C'est par terre.
 L'histoire de l'architecture se rappellera les noms des responsables.

On notera que, comme à l'habitude, les arguments sont comme toujours les mêmes : état de la construction, risques, non-conformité. On s'amuse de ces arguments qui sont, en fait, le symptôme de quoi ? Simplement d'un manque d'entretien et d'un désir larvé de voir ce béton disparaitre. On laisse pourrir pendant des années sans rien toucher, on fait venir les pompiers, on évoque la sécurité, on fait la démagogie habituelle sur les besoins d'aujourd'hui qui ne correspondent plus à la construction d'hier et Hop ! On met par terre avec, bien entendu, aucune honte et même une certaine joie . Nous avons honte pour eux. Bref, une histoire bien connue aujourd'hui en France. Nous conseillons donc aux élus locaux de la Culture de la Ville de Port Leucate (il y en a ?) de voyager en Suisse, en Allemagne et surtout en Hollande où les constructions modernes font l'objet d'une attention, de recherches, de soins incroyables appuyés, c'est vrai, par des architectes, des responsables patrimoniaux, des règlements et une éducation  qui font que la population, la démocratie, l'histoire donnent à lire dans le réel des rues, les héritages successifs avec originalité, idées, et même fierté. Oui, Monsieur le Maire, fierté de l'histoire et de la modernité.

L'éradication de la Capitainerie de Port Leucate est une faute patrimoniale grave. 
Grave. 
Très grave.

Nous avions cru un instant avec le classement des Carrats que cette ville et cette région auraient pu s'engager comme Royan ou Le Havre dans un vrai travail de reconnaissance de cette héritage de la Mission Racine. Il n'en est rien. Il s'agit sans doute d'un mélange audacieux de manque de courage politique et d'ignorance avec une pointe amère croquante-fondante de démagogie locale.
Bon vent Port Leucate ! 
Tu deviendras un magnifique décor pour rêve de cagoles où l'on fait semblant, où tout fait semblant."
Le Comité de Vigilance Brutaliste

Voilà qui est dit avec...euh...mesure.
Pour se rappeler un peu l'importance patrimoniale de cette Capitainerie :
elle faisait partie des tous premiers bâtiments construits par l'équipe de Monsieur Candilis pour tester le système constructif réalisant une trame étendue et infinie. Le système constructif, à la fois extrêmement fin, léger et intelligent permettait par un jeu nommé par l'équipe de Monsieur Candilis "Meccano" de produire rapidement des espaces modulables, transformables à volonté et donc de jouer avec les espaces intérieurs et extérieurs produisant un vrai urbanisme. On le sait, en architecture, la structure signe l'intelligence. Ici, à Port Leucate, avec ce système, l'équipe de Monsieur Candilis avait simplement inventé une nouvelle forme de mapping architectural si à la mode aujourd'hui. Il suffit de regarder les dessins techniques de ce système pour en comprendre le génie de sa simplicité et donc de sa beauté constructive. À l'égale des grands systèmes constructifs allant de Eiffel à Mimram, Monsieur Candilis avait offert à Port Leucate et Port Barcarès une possibilité d'avenir, un choix urbain et architectural d'une très grande originalité. C'est, sans doute, cette originalité que des yeux aveuglés par une fausse histoire du lieu n'ont pas su percevoir. On n'aime plus, en effet, une architecture qui dans sa forme, sa légèreté, sa fonction donne trop vite à lire son sens de l'égalité, son humanisme et surtout, sa liaison franche avec le paysage.
On notera que ce système de Port Leucate était si important pour Monsieur Candilis et son équipe qu'il faisait la couverture de son ouvrage sur les constructions de loisirs !

Recherches sur l'architecture des loisirs
Georges Candilis
édition Karl Krämer, 1972. 

Pour revoir tous les articles sur Monsieur Candilis :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/search/label/Georges%20Candilis

maquette et Capitainerie :

 

 

ici, le centre commercial fait du même système :

 

Comme un jeu de construction aux possibilités infinies :

 

 Détails techniques :

 

 



Je vous donne à nouveau à voir les cartes postales qui rendent compte de ce système constructif :

carte postale de la capitainerie du port de Port Leucate des éditions DINO non datée.


carte postale du centre commercial de Port Leucate, éditions Audumares, non datée :



lundi 29 février 2016

une dernière lettre

 


Monsieur Parent,
J'avais acheté cette carte postale pour vous l'envoyer à votre anniversaire. Comme un imbécile, j'ai oublié de le faire, alors, parce qu'il n'est jamais trop tard, je vous la dédie.
Cette carte postale me parle de vous. D'abord par son sujet qui est la grotte de Lourdes, celle par laquelle vous avez en partie commencé votre carrière, première grotte de votre œuvre, la grotte réelle, fendue et largement ouverte sur le monde, architecture des gens à genoux, architecture du miracle. Vous l'avez respectée, aimée cette première grotte, je me rappelle comment vous m'aviez dit dans un rire que vous aviez toujours été suivi par Bernadette, mystérieusement, comme ça, comme si c'était une cliente de l'agence.
Vous avez fait peu de choses dans cette première grotte, on dit, modestement, que vous l'aviez réaménagée. En fait, vous nous l'avez offerte au regard, vous l'avez redonnée à la prière, vous en avez donc redéfini le programme architectural en quelque sorte. Quelle drôlerie ! En vidant les lieux, les donner à voir, permettre enfin que le rocher, sa surface, sa courbe, puisse à nouveau à l'œil et à la main, être touchés. Une table, un autel d'une grande simplicité viennent dire sa fonction. Un devant, un dedans, une circulation. L'une de vos plus belles réalisations avant l'autre grotte, celle de Nevers.
Ici, cette carte postale a plusieurs effets parce que, simplement, ce n'est pas celle de Lourdes... C'est une maquette d'une copie future de celle de Lourdes mais, comme vous pouvez le voir, elle reprend votre travail ! Étonnement et compréhension parfaite et populaire de votre travail. Ici, les habitants de Neunkirch-les-Sarreguemines ne savent sans doute pas qu'ils rêvent par cette maquette à l'une de vos interventions. Et puis, c'est modeste. C'est presque joyeux cette maquette, c'est touchant de gentillesse au modèle, à la religion chrétienne et à l'amour. C'est vouloir une image dans le réel d'un lieu loin, c'est une transposition d'une architecture cryptique. Tout cela, c'est vous.
Car, si nous nous sommes rencontrés, si j'ai eu ce plaisir qui était d'abord un immense honneur et une incroyable surprise, c'est parce que vous aviez aimé comment je disais que le bunker de l'église de Nevers était d'abord une image de bunker, comme un déplacement, un glissement. Car les coques de béton font semblant d'être défensives alors qu'elles sont fines et séparées par un vide, vide qui est la vraie grotte de Nevers.
La voici :





Là aussi, on est surpris. On est surpris parce que ce que l'on voit d'abord c'est bien une architecture défensive, massive que l'œil avant le corps reconnaît comme un bunker. On est autant surpris par son surgissement que par la réalité de son existence, que vous ayez pu avec Monsieur Virilio convaincre de la nécessité de sa construction. On est aussi saisi par l'existence même d'une carte postale et que, sa photographie permette aussi, force de l'image, de croire au bunker. Une image populaire pour une architecture expulsant une image. Mais on sait aussi la surprise de cette église, on sait ce que Sainte-Bernadette-du-Banlay cache de lumière et aussi d'expérience du corps devenu actif sur les deux pentes, brisant les perceptions, ruinant les habitudes. On sait aussi que vous veniez vous y asseoir pour entendre et voir comment les habitants vivaient votre architecture. Vous la viviez au milieu de ceux qui en ont l'usage. Vous leur étiez à eux disponible. Aviez-vous envoyé des cartes postales de votre église à vos amis ?
Celle-ci est toujours debout. Classée comme on dit.
D'autres constructions n'ont pas eu cette chance comme la maison des jeunes et de la Culture de Troyes ou comme le très beau centre Thomson-Houston dessiné avec Monsieur Virilio et abandonné par les institutions aux démolisseurs. D'autres attendent des réhabilitations à la hauteur de votre héritage comme la Fondation Avicenne qu'il ne faudra pas abîmer, avec laquelle il faudra être extrêmement délicat. Nous serons vigilants.
Nous avons partagé un combat, celui de Sens, puis un autre, toujours en cours, celui de Ris-Orangis. Nous avons réussi avec une énergie folle à sauver Sens. Sens... ce nom de ville à lui seul maintenant suffit à résumer cette architecture. Je ne dis plus centre commercial de Sens mais simplement Sens. Valeur d'usage du nom d'une ville pour dire l'importance d'une architecture. Nous sommes arrivés à le protéger contre tous ceux qui ne savent pas voir, contre tous ceux qui ne savent pas qu'ils ont un corps. Sens...
Mais je suis déçu. Je n'ai pas dans ma collection de cartes postales de l'ensemble de votre œuvre. C'est ainsi. Tous les bâtiments n'ont pas droit à cet honneur populaire. Alors je me les invente, je me les édite pour nous battre.
Je finirai sur ce verbe car c'est bien toujours d'une bataille dont il a été question dans votre travail. Une bataille contre les préjugés, contre nous-mêmes, contre une architecture parfois oublieuse de l'usager, parfois trop soutenue par l'histoire sans savoir y renoncer. Vous n'aviez peur de rien dans ce domaine.
Sans doute que comme votre ami  Yves Klein vous aimiez les sauts dans le vide.
Bien à vous Monsieur Parent.
Et merci.
David Liaudet

vendredi 1 janvier 2016

Manon, Nicolas, Claude, Thomas, Marc, Laurent et vous tous

Comme tous les ans, faisons le bilan d'une année supplémentaire pour ce blog et pour l'architecture moderne et contemporaine.
L'année fut bien pleine et riche mais aussi catastrophique pour ce qui est des menaces et des destructions effectives d'œuvres. (Et pour d'autres raisons aussi...)
Voyez la dernière histoire de l'Opéra Garnier, c'est hallucinant, la précipitation héroïque en retard...
Alors d'abord ce qui fait mal : avenir incertain de l'école hôtelière du Touquet, menace sur la caisse d'épargne de Toulon, menace sur le Pont tournant de Dieppe et sa cabine de Jean Prouvé, menace sur ce qui maintenant est la dernière église en fusées céramiques de Haute-Normandie à Serqueux, menace sur le quartier des Briques Rouges de Paul Chemetov, destruction des logements de Courcouronnes toujours de Paul Chemetov, destruction honteuse de l'université du Mirail et menace sur le Mirail de manière générale, abandon pour une année supplémentaire de la très belle mais ruinée école d'architecture de Nanterre de Jacques Kalisz, on comprend maintenant sans aucun doute qu'il s'agit là d'une politique culturelle volontaire d'éradication. Défiguration du Volcan de Niemeyer au Havre, sans doute la plus grave de l'année dans une ville inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Le bilan est certainement encore beaucoup plus lourd...
On restera le cul entre deux chaises avec l'incroyable histoire de la maison Prouvé de Royan vendue par... rien moins que le maire de la ville de Royan... pour démontage et sauvetage par Patrick Seguin.

Mais cette année fut aussi celle d'une très belle et toujours visible (dépêchez-vous !) exposition de Thomas Dussaix, l'autre membre du Comité de Vigilance Brutaliste. Cette année aussi, nous avons eu trois télévisions et une radio nationale le même jour à Ris-Orangis pour la sauvegarde de ce centre commercial dessiné par Claude Parent. Signalons que le combat continue et que sans vous, il a moins de chances d'aboutir... Prenez donc de bonnes résolutions !

Il faut aussi dire que la publication du livre sur Charles Bueb fut une belle chance. Merci à tous ceux qui nous ont fait confiance par la souscription, merci à sa famille, à ceux qui ont acheté ce livre, vu l'exposition. Merci Julien Donada et Grégoire Romefort pour l'édition superbe.
Merci également à François Chaslin de me nommer dans son livre sur Le Corbusier. C'est un honneur.
Merci à tous ceux qui ont demandé, publié, édité des cartes de ma collection dans leur ouvrage, revue ou dans le très beau catalogue sur l'A.U.A. et dans l'exposition. Merci pour les invitations à enseigner, professer et discourir dans des conférences pour parler des cartes postales.
Merci à Radio On de toujours me laisser faire ma Chronique Corbuséenne !
Merci à Claude Lothier pour sa vigilance orthographique et l'ambition qu'il me porte. J'ai toujours besoin de cette énergie, Claude. Merci.
Un toujours très grand merci à Laurent Patart pour ses donations régulières et à Daniel Leclercq pour ses précisions et commentaires.

Enfin, cette année fut celle du très très gros travail de restauration de la bulle six coques à Piacé. Merci à tous ceux qui sont passés, qui ont acheté une litho pour financer cette restauration. Merci à tous ceux qui ont donné de leur temps, de leur énergie pour frotter, poncer, soulever, peindre et rigoler aussi. À ce titre, et pour finir ces remerciements, je tiens à remercier tout particulièrement Nicolas Hérisson et Manon Alberger pour l'incroyable générosité de leur temps, de leur passion, j'ai envie de dire leur dévouement à ce projet.
Le chantier n'est pas terminé mais l'année 2016 sera sans aucun doute celle de son achèvement.
Le Patrimoine architectural moderne et contemporain c'est bien à vous, à nous, à tous ceux qui l'aiment qu'il incombe de le sauver.
Restez vigilants, restez combatifs, restez ENSEMBLE ! Soutenez les associations, signez les pétitions, écrivez !
L'année 2016 va démarrer très fort avec l'exposition obliqueS à l'école des Beaux-Arts du Mans début février et l'exposition du travail de Marc Hamandjian à Piacé ! D'autres projets viendront, d'autres surprises !
Bien à vous tous.
David Liaudet pour le Comité de Vigilance Brutaliste.
N'oubliez pas que ce blog se déploie sur le tome 2 :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/

Pour finir l'année en beauté, je vous propose un archétype de ce que nous aimons ici. Populaire, largement diffusée, bien conçue, intelligente, tous ces adjectifs pour la carte postale mais aussi pour l'architecture de la piscine Tournesol de Bernard Schœller, ici à Muret par les Éditions d'Art Larrey. Il semble bien que cette piscine Tournesol fut fauchée. Quelle ville aura la dernière ?

 

 


mercredi 16 septembre 2015

Journées européennes de destruction du Patrimoine

Alors, bien évidemment cela ne m'amuse pas d'être la mouche tombée dans la soupe.
Mais puisque l'actualité des Journées Européennes du Patrimoine arrive à grand pas, je vous propose d'aller voir une dernière fois quelques œuvres majeures, parfois labellisées et pourtant menacées de destruction, de restructuration ou de relooking épuisant.
Faisons une promenade vers de futures ruines, vers des regrets que les livres d'histoires de l'architecture enregistreront dans quelques années comme des erreurs et des exemples de bêtises de la politique patrimoniale dont on peut se demander si en France, au-delà des affichages institutionnelles et des émissions sur France 2, elle existe encore. Avant, la Grande Muette c'était l'Armée, il semble qu'aujourd'hui ce soit, au moins sur les questions de l'architecture contemporaine et de son héritage moderniste, le Ministère de la Culture... Pendant ces journées, il pourrait y avoir des annonces de ce Ministère montrant son attachement au Patrimoine Moderne, cela serait un signe, une énergie, une reconnaissance mais vous verrez que comme sous Filippetti, on aura rien.
Voilà le programme de l'année pour ces Journées Européennes du Patrimoine :





















Allez faire un tour sur le terrain déblayé de l'église Sainte Bernadette du Grand-Quevilly, allez voir qu'il ne reste rien... Allez dans la même ville, voir l'autre église dessinée par l'architecte Cacaut, abandonnée et détériorée. De ce fait, pour ces Journées Européennes du Patrimoine, Grand-Quevilly est la ville où l'Art Sacré Moderne est sacrément détesté et dédaigné, une ville donc phare dans ce programme. Nous reste à regarder sur Google Earth, les images de l'église encore debout...




















Allez vite à Toulon pour ces Journées Européennes du Patrimoine regardez pour quelques temps encore la très belle Caisse d'Épargne de Henry, architecte avant que les affairistes du mètre-carré, les investisseurs en surface-plein-centre-ville associés à des architectes qui se fichent comme d'une guigne de leurs ainés et de leur héritage ne viennent faire un tuning hideux sur ce chef d'œuvre qui a donc obtenu pour rien le Label Patrimoine du Vingtième sicle. Un vrai et beau futur cas d'école pour la signification de ce Label en France. Dépêchez-vous ! Tous à Toulon pour voir la réalité de la politique patrimoniale en France. Ils ont déjà affiché leur programme Visio...C'est à pleurer.

Allez tous à Vigneux-sur-Seine pour les Journées Européennes du Patrimoine voir l'ensemble de Paul Chemetov, les Briques rouges. Faites des photographies, des dessins, documentez pour l'histoire la destruction d'un Label du Patrimoine du Vingtième Siècle ! C'est une chance de saisir en direct l'inutilité affichée publiquement de ce Label !
Là aussi tout cela pour un programme foncier et immobilier d'une qualité...rare, c'est inouï comme en France, la laideur a le pouvoir de détruire sous le regard des maires les œuvres intelligentes...



















Allez tous au Touquet voir la très belle tour de l'école hôtelière avant que l'on ne sache comment la reconvertir et que, devant le manque d'idée et l'épuisement des possibles on ne se décide avec regrets (ils ont toujours des regrets) à la détruire.





































Allez voir au Havre comment un chef-d'oeuvre reconnu d'Oscar Niemeyer, chef-d'œuvre posé dans une ville étant inscrite sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'Unesco, allez voir comment cette Maison de la Culture a pu être éradiquée dans ses formes et ses fonctions, étant pourtant l'une des constructions emblématiques de cet architecte en France. Voyez ce somptueux ratage dont le seul hommage fait à l'architecte est d'avoir inscrit son nom en énorme sur les nouveaux murs comme pour se rassurer d'avoir bien fait. C'est, je crois, l'exemple le plus parfait de la démagogie patrimoniale à la française, un cas d'école, un cas historique. Suite à cette catastrophe patrimoniale, je crois qu'il faudra retirer au Havre son inscription sur la Liste Mondiale du Patrimoine de L'Unesco. Cela laisse songeur sur les possibles attaques de l'œuvre de Perret si la démagogie politique effectuée sur celle de Niemeyer venait à s'étendre. Pour ces Journées Européennes du Patrimoine allez donc tous au Havre voir cette honte.


















 















Allez vite au Mirail, voir comment l'héritage de Candilis est sacrifié, mutilé, éradiqué et tout cela dans un esprit presque festif et heureux ! C'est absolument inouï ! Et que la cabale mêlant les idées flamboyantes radio-diffusées d'une équipe d'architectes et les petites pensées humanistes d'un philosophe permet là aussi de croire qu'ils font bien, juste et même rendent hommage à cette architecture ! On détruit pour rendre hommage ! Le comble... Donc vite, allez à Toulouse Le Mirail pour ces journées européennes de destruction du Patrimoine !


















Enfin quel avenir pour le chef-d'œuvre d'Orléans-la Source qu'est le centre E.D.F par les architectes Renaudie, Riboulet, Thurnauer, et Veret ? Va-t-on attendre qu'il ne soit trop tard pour s'excuser de n'avoir rien fait dans un mélange fatiguant de désolation et de regrets ? Est-ce logique que cette ville qui abrite pourtant le très important F.R.A.C Centre, spécialisé dans l'architecture laisse ainsi en voisin une ruine se fabriquer ?
Allez donc à Orléans pendant ces journées du Patrimoine voir ce centre E.D.F et la serre-restaurant de messieurs Arretche et Prouvé tout aussi abandonné...

On pourra aussi évoquer pour ces Journées de destruction du Patrimoine le cas éloquent de l'École d'architecture de Nanterre, vandalisée, abandonnée alors même que par son programme et son architecture elle devrait être l'exemple d'une cohérence patrimonial en France. Pour ce cas, ce n'est plus de la honte, c'est de la colère.

En conclusion (et malheureusement la liste va s'allonger), cette année, les Journées Européennes du Patrimoine seront celle de la fin programmé du Label Patrimoine du Vingtième Siècle. Jamais, jamais encore en France notre héritage contemporain n'a subi sous les yeux devenus complices des institutions et des politiques, une telle ampleur de destructions, de menaces et même, j'ose, d'une rage jouissive à détruire en toute liberté et bon conscience démagogique notre héritage moderniste.
Bonne visite à tous, bon week-end sur les ruines de notre modernité.
Le Comité de Vigilance Brutaliste.

samedi 4 juillet 2015

le Label Patrimoine du XXème siècle est-il inutile sous votre Ministère, Madame Pellerin ?



La semaine dernière alors que je rédigeais un article sur le foyer des Vieux dessiné par Paul Chemetov pour Vigneux-sur-Seine, l'agence de ce dernier me signalait, dans une concordance des temps incroyable, que l'ensemble des Briques rouges Labelisé Patrimoine du XXème siècle était menacé de destruction et notamment sa Caisse Primaire d'Assurance Maladie CPAM, petite merveille d'architecture reconnue, publiée et... Labelisée... et déjà défigurée, la fresque du Peintre Foujino ayant été peinturlurée par des imbéciles.
Il va sans dire que c'est une nouvelle attaque du Label qui tend à prouver maintenant son inutilité patente.
N'oublions pas le dossier de la Caisse d'Épargne de Toulon menacée par une architecture d'une laideur insoutenable de l'agence OKKO Hôtel dont le dessin du remodelage a même réussi à faire rire mes étudiants, c'est dire... Puis les mettre en colère... c'est clairvoyant.
Il est donc nécessaire de penser maintenant un avenir pour ce Label si français permettant sans doute, démagogiquement, de faire semblant d'un signalement pour faire plaisir à un petit cercle d'initiés (dont je fais partie) sans prendre le risque (la politique) d'un vrai classement, d'une vraie reconnaissance. Si éduquer la population française à l'architecture du XXème siècle c'est poser une plaque sur une construction pour s'autoriser quelques mois après à la broyer sous les pelleteuses, ce que l'on enseigne à cette population ce n'est pas le respect de ce travail architectural et patrimonial mais bien l'indifférence à ce patrimoine et à son territoire.
L'inculture généralisée n'est pas transformée par ce Label, les petites politiques locales, les petits responsables, les agencements financiers et immobiliers d'architectes en mal de mètres carrés en centre ville s'allient ensemble pour cracher à la gueule du Patrimoine et du travail de signalement tout cela sous les yeux (impuissants ?) des institutions chargées de la défense de ces lieux. On a même des émissions sur France Inter, radio nationale et complice (on sait pourquoi, on sait comment), où l'on donne sans contradiction, la parole à ces architectes démolisseurs qui viennent expliquer comment ils suivent " l'esprit de Candilis" sous l'égide d'un pauvre philosophe instrumentalisé et cabot, heureux d'avoir une écoute à sa petite pensée. Voyez le Mirail à Toulouse... La honte à la française.
Je ne sais pas finalement, je ne sais plus, ce qui construit ma colère. La perte de merveilles architecturales qui défendaient dans leur volumes et leurs espaces une pensée et une intelligence ? Oui.
Le rêve impossible de retenir du monde ses images ? Oui. Penser qu'un état, représentation démocratique servant à signaler notre culture commune, est impuissant, voire complice ? Oui. Devoir enseigner cet échec de la politique culturelle ? Oui.
Alors, si rien ne bouge, si aucune action immédiate n'est prise, (et l'été qui arrive servira l'inaction) il est clair que le Label Patrimoine du XXème siècle deviendra une duperie au service d'une démagogie de la défense patrimoniale d'un Ministère incapable de réagir. Ce Label sera un tombeau silencieux.
Le pire, voyez-vous, c'est qu'on commence à s'y habituer.

David Liaudet pour Le Comité de Vigilance Brutaliste.

tout le dossier clairement décrit ici :

Mobilisation :



Je reçois une nouvelle carte postale montrant au premier plan le foyer des Vieux de Vigneux-sur-Seine et au fond, l'ensemble Croix-Blanche. La carte postale est une édition Scintex en exclusivité pour Lhotellin. Mais qui a dessiné cet ensemble Croix-Blanche ?
Je trouve dans mes revues un article paru dans Techniques et Architecture de 1973 sur la sécurité sociale de Vigneux-sur-Seine, œuvre de Paul Chemetov, œuvre menacée aujourd'hui.
Je vous le donne à voir, il ne nous restera que ça bientôt ?

Les photographies de cet article sont de Augustin Dumage.