jeudi 21 juillet 2011

passer à la caisse.

On a chanter ici la très belle caisse d'épargne de Monsieur Edmond Lay à Bordeaux-Mériadeck.
Et, comme l'actualité bancaire est bien riche en ce moment, regardons une autre très belle caisse d'épargne à Toulon cette fois.
En plus, celle-ci a eu les hommages de notre guide vénéré, elle est donc digne de figurer sur ce blog.
D'abord la carte postale :


Une édition Aris qui prend la construction de manière habile en installant la caisse d'épargne au milieu des palmiers. On perçoit le très beau travail de béton du hall d'entrée et la jolie tour qui surgit derrière.
Voyez comme Monsieur Amouroux est moins convaincu par la tour que par le hall. Il la trouve anonyme. Moi, je l'aime bien.
On remarque la similarité des points de vue entre la photographie du guide et la carte postale, chacun ayant compris les particularités de la construction.
Vous pouvez aller voir cette caisse d'épargne sur Google Earth, elle est toujours debout.



mercredi 20 juillet 2011

ode pavillonnaire

Didier Mouchel m'a offert (merci Didier) il y a peu ce livre-Dvd : Ode pavillonnaire de Frédéric Ramade.



C'est vrai que, déjà par son titre, ce film prend d'une certaine manière position sur ce type d'étalement urbain que nous connaissons tous et dont, je l'avoue pour ma part, je ne sais plus quoi penser.
Parfois, circulant dans ma région j'ai envie de raser tout ça, qu'on arrête un peu ces lotissements de maisons toutes pareilles et d'une laideur grandissante et parfois je me dis que, finalement ce genre de constructions est une évidence bien difficile à contrer.



Le film de Frédéric Ramade est aussi, et c'est important quant à la position qu'il prend, un film nostalgique ou au moins un film de "famille", c'est un retour sur ses lieux.


Car c'est bien aussi mon problème !
Alors que le sous-sol de mon pavillon Phénix est rempli d'ouvrages sur l'architecture la plus moderne, utopique et radicale qui soit, je vis là, dans une maison faite de dalles de béton préfabriquées, d'une charpente en métal et d'un crépi blanc bien lumineux.
Alors si l'histoire d'un bonheur familial n'arrive pas à la hauteur des ambitions et désirs architecturaux les plus fous, faut-il pour autant se dire que cet espace là, cette maison Phénix n'est pas un lieu d'architecture ?
Souvent, pour rire mais aussi assez sérieusement, je dis que la maison Phénix est la vraie "machine à habiter". Sa radicalité de plan, sa brutalité constructive pourrait en faire une œuvre finalement moderne. J'aime encore ses volets tout plastique en accordéon.
Mais ce qui la réduit à une vision bien trop rétrograde c'est avant tout "son image", je veux dire que le toit double pente sur une base rectangulaire lui donne des allures de maison dessinée par un enfant. Et encore lorsque je regarde ce pavillon qui aujourd'hui a 35 ans, je le trouve bien mieux dessiné que les nouveaux. Les détails et les matériaux y sont pour quelque chose. Il faut dire que la famille n'a jamais succombé à des transformation du type : mettre des volets en bois, une véranda en poutres de chêne véritable, un ravalement en ocre marron-rose pour tenter le rapprochement avec une chaumière !
Alors le film de Frédéric Ramade a ce mérite de faire jouer cette impression curieuse d'un dégoût culturel contre une réalité heureuse, comme si finalement dans les murs même où nous avons grandi et appris l'architecture nous avions également compris ses défauts. Une sorte de suicide du lieu lui-même, offrant tout le possible d'y renoncer !
Restent les films Super 8, les témoignages des parents ayant cru (et avec raison sans doute) faire là un choix nécessaire pour leur famille et voulant avec leur bagage culturel et leurs moyens financiers de l'époque gagner quelque chose : une autonomie, un bonheur.


Ce film a beaucoup d'humour, beaucoup de tendresse aussi, quelque chose parfois d'un rien ennuyeux comme la fin impossible des repas de famille, mais toujours sans dédain et même avec une belle émotion.
Des images me font penser au travail d'Alan Aubry, des plans de Chantal Ackerman.


Et si Duchamp est convoqué dans un ReAdy MADE au nominalisme joyeux, c'est bien pour faire un signe d'un monde vers un autre. On entend dans la recherche d'un livre dans la bibliothèque le nom de Nicolas Bourriaud, autre tentative de faire un signe, d'instaurer une passerelle.
Dans le film, Frédéric Ramade lâche cette phrase : "Nous avions tout."
Nous souhaitons la même chose aux nouveaux propriétaires des lotissements à venir...

Ode Pavillonnaire
Frédéric Ramade
Filigranes éditions 2007

Alors je cherche dans ma collection de cartes postales ce type de construction et c'est étrange mais il y a en très peu !
Souvent il s'agit de cartes postales d'entrepreneurs ou de constructeurs qui servaient à la promotion de leurs constructions.
Alors regardons...
Pour commencer voici Fleurissement en Alsace par les éditions Mage sans plus de précision :


Puis et là je trouve que c'est pas mal dessiné mais c'est vrai que ce n'est pas à vraiment parler un pavillon, il s'agit du hameau de Vacances "Arnaga" à Cambo-les-bains. Une réalisation OCIL/A.RE.FO :


Enfin une carte promotionnelle, tout est dit en recto-verso :



Et pour vous prouver que je ne suis pas rancunier de ce genre de paysage, voici ce que je vois de ma fenêtre : un pavillon Phénix décoré à la normande...






mardi 19 juillet 2011

en pointe, design et architecture à Givors

Et si l'architecture si belle et si particulière de Monsieur Jean Renaudie à Givors laissait des traces, des indices et des influences sur la création vestimentaire et de design de cette ville ?
Pour mémoire voici une carte postale de ce qui est certainement l'un des plus beaux ensembles de France, les Étoiles de Givors.





la carte postale est une édition FDC, First Day Cover, idéale pour les collectionneurs de maxiphilie. Nous en avions déjà vu des exemples ici.
La carte postale nomme bien l'architecte Monsieur Renaudie, elle nous donne aussi le nom du photographe de ce cliché : G. Laroze.
La date, rien de plus simple, 20 avril 1985 !
On voit bien, dans une image un rien sévère le très puissant travail de l'architecte.
Mais voilà autre chose, toujours à Givors :


Lorsque j'ai vu cette carte postale et surtout sa localisation, je n'ai pu m'empêcher de penser que ce jeune homme habillé en zébre et épaulettes pointues et agenouillé derrière ce beau siège bien années 80 avait dû être sous l'influence de l'architecture de sa ville.
Mais de Créatitude à Givors je ne sais rien !


Ce jeune homme est-il l'auteur de ce siège Design ?
Est-il un mannequin (bien à sa place d'ailleurs...) pour le cliché ?
J'aime la manière dont sa main tient la banquette, on sent une fierté, un désir d'appropriation.


l'image est belle.
Et il est certain que la jeunesse de ce jeune homme et la jeunesse de cette architecture ont su se rencontrer.
Créatitude est localisé dans la zone industrielle Chassagny à Givors.
La photo de cette carte postale est de Chop !

lundi 18 juillet 2011

mais qu'est-ce qui lui a pris ?



- ... non mais dis-donc tu te fous de moi ?
- non Patron mais je...
- ah non mais regarde moi un peu ce cadrage...
- mais j'ai voulu faire...
- non mais rien, là, me raconte pas d'histoire là t'as rien voulu faire...
- faire un peu moderne vous voyez...
- non mais moderne moderne moderne et tu crois que les clients qui remontent de la plage après trois heures à entendre hurler les gamins ont envie d'une carte postale mÔderne comme tu dis
- mais patron faut essayer quoi, regardez c'est dynamique comme cadrage et puis c'est fort, c'est structurant...
- non mais je t'en foutrais moi du structurant mais mais non mais quelle idée...
- bah j'ai vu l'expo Lucien Hervé la semaine dernière à Paris et il...
- qui ? Lucien qui ?
- Lucien Hervé c'est un grand photographe qui...
- mais mon gars qu'est-ce qu'on en a à faire nous, du mÔderne et des grands photographes ! Non mais je te le demande !
- ...
- mon gars on vend les vacances, le farniente voilà ce qu'on vend, on vend les vacances pendant que le collègue et Tatie et Mémé sont restés au bureau ou dans la hachélème... voilà et pis c'est tout !
- ....mais quand même Patron ça empêche pas de...
- si ! ça empêche Monsieur le mÔderne, justement ça empêche de bien voir le lieu où qu'on prend son repos ton mÔderne !
- bon, bon, je voulais juste essayer quoi... l'autre jour c'est vous qui nous avez dit "les gars je veux de l'original, de la nouveauté."
- ben oui mon gros malin, de l'original et du nouveau pas du n'importe quoi, ah non mais... c'était bien la peine d'aller faire les grandes écoles de photos à Paris, ah mais faut entendre ça non mais...
- bon, alors on la jette cette photo Patron ?
- non, tiens je te propose un truc, on la tire, on la dépose sur nos tourniquets et je t'en fiche une paire de manches que si on en vend deux on sera chanceux !
- moi, je suis certain Patron qu'on en vendra...
- pari tenu, tiens si on en vend allez euh... disons une douzaine, une douzaine oui c'est jouable, tu m'en vends une douzaine et je te change ton vieux Foca pour ton appareil allemand là le yéca ?
- Leica Patron Leica, ok ok on tente et si on en vend pas ?
- ben, t'iras faire à nouveau la campagne de prise de vues du phare de Corduan !
- ah non Patron ! pas le phare de Corduan, j'ai le mal de mer et...
- et ben comme ça t'auras là l'occasion de faire des cadrages drôlement marrants et bizarres !


La carte postale est une édition Erel production Rauch en véritable photo au bromure expédiée en...1957.
quelques détails, je sais que vous aimez ça :





dimanche 17 juillet 2011

Berlin Transformers

Voici un quartier à Berlin que nous avons visité il y a peu, le Mäkisches Viertel.
Nous y avions découvert une partie de l'œuvre de Monsieur Gagès.
Mais bien entendu, lorsque l'on regarde cette carte postale ...


... il y a bien autre chose que les immeubles et l'architecture qui nous attire.
C'est l'énorme sculpture à gauche de l'image.


Elle semble hors proportions, menaçant un rien le groupe des enfants sur le trottoir et j'y vois (à cause de cette proximité enfantine ?), j'y vois donc comme un robot Transformer au repos.
Ne dirait-on pas un jouet posé là, jouet technique, Lego curieux...
Aucune indication sur la carte postale sur cette œuvre pourtant forte dont la plasticité (et le plastique! ) aurait mérité d'être restituée à son auteur.
La carte postale fut envoyée de France... vers la France pour un jeu de magazine en 1997. Je vous donne la phrase qu'il fallait trouver : " Si quelqu'un vous dit je me tue à vous le dire laisser le mourir. "
Alors si vous avez le nom du sculpteur, ne vous tuez pas à me le dire !

samedi 16 juillet 2011

Vasarely rose

Une carte postale de l'Hôtel de ville de Maubeuge :


Elle est pour ce blog assez intéressante à plusieurs titres.
D'abord elle nous permet de parler à nouveau de André Gaillard, architecte dont nous avions vu la superbe villa en Espagne ici.
Depuis le point de vue de cette carte postale de la Société d'Agences et de Diffusion, on peut difficilement juger l'architecture. On trouve tout de même une façade au dessin si marqué fait d'éléments de béton posés les uns à côté des autres. Dessin d'ailleurs assez beau. On devine une articulation avec un autre bâtiment mais rien n'est certain depuis ce point de vue.
Le photographe décide de se poser un peu loin certainement pour faire monter ce bâtiment dans le cadre au risque de faire aussi... apparaître le parking !
L'image tire vers le rose saumon, couleur qui provient d'un ciel un peu bas qui reprend le rose du revêtement et surtout les couleurs de la fresque sur la dite façade.
Et c'est là que certainement cette architecture fait sa fortune critique car l'ensemble est composé par Vasarely !


D'ailleurs notre guide ne s'y trompe pas et une phrase lapidaire vient clore l'expérience du peintre Op'artiste : " Travail de Vasarely en façade infirmant ses théories de l'œuvre plastique dans la vie quotidienne" (sic!)
C'est vrai que, d'ici, c'est un rien triste et éteint. On est bien loin de la doctrine du peintre lisible dans son texte Pasti-Cité. Et de Monsieur Gaillard on préfère sa villa comme quoi la synthèse des arts parfois...
de Vasarely on préfère ça :
"Ter-A" 1968

ou ça :
"Tettye"


ou encore ça !
"Teyoute"



vendredi 15 juillet 2011

en convalescence.



J'aime ce genre de rencontre. Deux cartes postales du centre de convalescence à Albigny-sur-Saône, toutes deux chez Combier éditeur.
On trouve de biens belles qualités qui ne sont pas sans faire penser à Monsieur Jean Deroche ou au travail de L'A.U.A.
Voussures, géométries sereines, béton de qualité, corniches en reprise de galet, huisseries épaisses et bien proportionnées donnent à cette construction quelque chose de bien marqué, d'un brutalisme adouci.
Mais ce joli ensemble se refuse à son identification.
C'est bien dommage.
Surtout que la vue intérieure nous donne dans un décor moderne la sensation que, ici, la convalescence doit être joyeuse comme les opalines de couleurs au plafond, sérieuse comme le reflet d'aluminium du bar et limpide comme la clarté qui baigne la salle.
Un lieu qui respire la santé retrouvée.
Qui retrouvera le nom du ou des architectes ?