mardi 19 juillet 2011

en pointe, design et architecture à Givors

Et si l'architecture si belle et si particulière de Monsieur Jean Renaudie à Givors laissait des traces, des indices et des influences sur la création vestimentaire et de design de cette ville ?
Pour mémoire voici une carte postale de ce qui est certainement l'un des plus beaux ensembles de France, les Étoiles de Givors.





la carte postale est une édition FDC, First Day Cover, idéale pour les collectionneurs de maxiphilie. Nous en avions déjà vu des exemples ici.
La carte postale nomme bien l'architecte Monsieur Renaudie, elle nous donne aussi le nom du photographe de ce cliché : G. Laroze.
La date, rien de plus simple, 20 avril 1985 !
On voit bien, dans une image un rien sévère le très puissant travail de l'architecte.
Mais voilà autre chose, toujours à Givors :


Lorsque j'ai vu cette carte postale et surtout sa localisation, je n'ai pu m'empêcher de penser que ce jeune homme habillé en zébre et épaulettes pointues et agenouillé derrière ce beau siège bien années 80 avait dû être sous l'influence de l'architecture de sa ville.
Mais de Créatitude à Givors je ne sais rien !


Ce jeune homme est-il l'auteur de ce siège Design ?
Est-il un mannequin (bien à sa place d'ailleurs...) pour le cliché ?
J'aime la manière dont sa main tient la banquette, on sent une fierté, un désir d'appropriation.


l'image est belle.
Et il est certain que la jeunesse de ce jeune homme et la jeunesse de cette architecture ont su se rencontrer.
Créatitude est localisé dans la zone industrielle Chassagny à Givors.
La photo de cette carte postale est de Chop !

lundi 18 juillet 2011

mais qu'est-ce qui lui a pris ?



- ... non mais dis-donc tu te fous de moi ?
- non Patron mais je...
- ah non mais regarde moi un peu ce cadrage...
- mais j'ai voulu faire...
- non mais rien, là, me raconte pas d'histoire là t'as rien voulu faire...
- faire un peu moderne vous voyez...
- non mais moderne moderne moderne et tu crois que les clients qui remontent de la plage après trois heures à entendre hurler les gamins ont envie d'une carte postale mÔderne comme tu dis
- mais patron faut essayer quoi, regardez c'est dynamique comme cadrage et puis c'est fort, c'est structurant...
- non mais je t'en foutrais moi du structurant mais mais non mais quelle idée...
- bah j'ai vu l'expo Lucien Hervé la semaine dernière à Paris et il...
- qui ? Lucien qui ?
- Lucien Hervé c'est un grand photographe qui...
- mais mon gars qu'est-ce qu'on en a à faire nous, du mÔderne et des grands photographes ! Non mais je te le demande !
- ...
- mon gars on vend les vacances, le farniente voilà ce qu'on vend, on vend les vacances pendant que le collègue et Tatie et Mémé sont restés au bureau ou dans la hachélème... voilà et pis c'est tout !
- ....mais quand même Patron ça empêche pas de...
- si ! ça empêche Monsieur le mÔderne, justement ça empêche de bien voir le lieu où qu'on prend son repos ton mÔderne !
- bon, bon, je voulais juste essayer quoi... l'autre jour c'est vous qui nous avez dit "les gars je veux de l'original, de la nouveauté."
- ben oui mon gros malin, de l'original et du nouveau pas du n'importe quoi, ah non mais... c'était bien la peine d'aller faire les grandes écoles de photos à Paris, ah mais faut entendre ça non mais...
- bon, alors on la jette cette photo Patron ?
- non, tiens je te propose un truc, on la tire, on la dépose sur nos tourniquets et je t'en fiche une paire de manches que si on en vend deux on sera chanceux !
- moi, je suis certain Patron qu'on en vendra...
- pari tenu, tiens si on en vend allez euh... disons une douzaine, une douzaine oui c'est jouable, tu m'en vends une douzaine et je te change ton vieux Foca pour ton appareil allemand là le yéca ?
- Leica Patron Leica, ok ok on tente et si on en vend pas ?
- ben, t'iras faire à nouveau la campagne de prise de vues du phare de Corduan !
- ah non Patron ! pas le phare de Corduan, j'ai le mal de mer et...
- et ben comme ça t'auras là l'occasion de faire des cadrages drôlement marrants et bizarres !


La carte postale est une édition Erel production Rauch en véritable photo au bromure expédiée en...1957.
quelques détails, je sais que vous aimez ça :





dimanche 17 juillet 2011

Berlin Transformers

Voici un quartier à Berlin que nous avons visité il y a peu, le Mäkisches Viertel.
Nous y avions découvert une partie de l'œuvre de Monsieur Gagès.
Mais bien entendu, lorsque l'on regarde cette carte postale ...


... il y a bien autre chose que les immeubles et l'architecture qui nous attire.
C'est l'énorme sculpture à gauche de l'image.


Elle semble hors proportions, menaçant un rien le groupe des enfants sur le trottoir et j'y vois (à cause de cette proximité enfantine ?), j'y vois donc comme un robot Transformer au repos.
Ne dirait-on pas un jouet posé là, jouet technique, Lego curieux...
Aucune indication sur la carte postale sur cette œuvre pourtant forte dont la plasticité (et le plastique! ) aurait mérité d'être restituée à son auteur.
La carte postale fut envoyée de France... vers la France pour un jeu de magazine en 1997. Je vous donne la phrase qu'il fallait trouver : " Si quelqu'un vous dit je me tue à vous le dire laisser le mourir. "
Alors si vous avez le nom du sculpteur, ne vous tuez pas à me le dire !

samedi 16 juillet 2011

Vasarely rose

Une carte postale de l'Hôtel de ville de Maubeuge :


Elle est pour ce blog assez intéressante à plusieurs titres.
D'abord elle nous permet de parler à nouveau de André Gaillard, architecte dont nous avions vu la superbe villa en Espagne ici.
Depuis le point de vue de cette carte postale de la Société d'Agences et de Diffusion, on peut difficilement juger l'architecture. On trouve tout de même une façade au dessin si marqué fait d'éléments de béton posés les uns à côté des autres. Dessin d'ailleurs assez beau. On devine une articulation avec un autre bâtiment mais rien n'est certain depuis ce point de vue.
Le photographe décide de se poser un peu loin certainement pour faire monter ce bâtiment dans le cadre au risque de faire aussi... apparaître le parking !
L'image tire vers le rose saumon, couleur qui provient d'un ciel un peu bas qui reprend le rose du revêtement et surtout les couleurs de la fresque sur la dite façade.
Et c'est là que certainement cette architecture fait sa fortune critique car l'ensemble est composé par Vasarely !


D'ailleurs notre guide ne s'y trompe pas et une phrase lapidaire vient clore l'expérience du peintre Op'artiste : " Travail de Vasarely en façade infirmant ses théories de l'œuvre plastique dans la vie quotidienne" (sic!)
C'est vrai que, d'ici, c'est un rien triste et éteint. On est bien loin de la doctrine du peintre lisible dans son texte Pasti-Cité. Et de Monsieur Gaillard on préfère sa villa comme quoi la synthèse des arts parfois...
de Vasarely on préfère ça :
"Ter-A" 1968

ou ça :
"Tettye"


ou encore ça !
"Teyoute"



vendredi 15 juillet 2011

en convalescence.



J'aime ce genre de rencontre. Deux cartes postales du centre de convalescence à Albigny-sur-Saône, toutes deux chez Combier éditeur.
On trouve de biens belles qualités qui ne sont pas sans faire penser à Monsieur Jean Deroche ou au travail de L'A.U.A.
Voussures, géométries sereines, béton de qualité, corniches en reprise de galet, huisseries épaisses et bien proportionnées donnent à cette construction quelque chose de bien marqué, d'un brutalisme adouci.
Mais ce joli ensemble se refuse à son identification.
C'est bien dommage.
Surtout que la vue intérieure nous donne dans un décor moderne la sensation que, ici, la convalescence doit être joyeuse comme les opalines de couleurs au plafond, sérieuse comme le reflet d'aluminium du bar et limpide comme la clarté qui baigne la salle.
Un lieu qui respire la santé retrouvée.
Qui retrouvera le nom du ou des architectes ?

jeudi 14 juillet 2011

la piscine, aller à la piscine



Non mais regardez moi cette carte postale !
Vous y croyez vous ?
Il ne s'agit pas d'un dôme de centrale nucléaire mais bien d'une piscine !
Un détail :



Nous sommes à Claviere en Italie, à la frontière d'ailleurs.
Mais quel objet !



Je trouve sur Google Earth le lieu qui existe toujours mais qui est transformé en boite de nuit. Ni la carte postale, ni les images sur internet ne me donnent de réponse sur la construction. On dirait bien sur la carte postale un dôme en béton mais il semble à mieux y regarder qu'il s'agit d'une structure en tissu tendu comme cela se faisait à cette époque. Le terme d'igloo est alors approprié. La carte postale nous donne la date : 1974.
Plus habituelle :



Nous sommes à Malakoff, Chatillon-sous-Bagneux au bord du bassin de la piscine ici nommée le centre nautique intercommunal... Rien moins...
On vise bien la barre de logement au fond mais on regarde surtout le mur peint à droite. C'est beau non ?
Notre guide d'architecture contemporaine nous donne le plein d'informations et les architectes sont bien importants : A.U.A, P. Chemetov, J. Deroche...




le mur peint est du peintre Mariano Hernandez.


Il nous faudra trouver une carte postale de l'intérieur de la piscine. Celle-ci est une édition Raymon.
En attendant si on allait piquer une tête ?


guide d'architecture en France
Messieurs Amouroux, Crettol et Monnet
technic-union, 1972

mardi 12 juillet 2011

Le Corbusier met la table.



J'aurais pu faire un article uniquement avec cette première carte postale mais comme Madame M. est généreuse je peux même vous en offrir une autre...
Alors regardons la vie à Eveux, au couvent des Dominicains dessiné par le Maître.
Regardons comment s'organisent la lumière, l'espace et les assiettes.

Cette carte postale c'est la première fois que je la vois. Nous sommes dans le réfectoire du couvent de la Tourette grâce aux éditions Combier, nous sommes en 1961.
Je ne connais pas bien la liturgie des frères Dominicains mais cette image si on la décrypte un peu pourrait bien nous dire beaucoup de choses.
D'abord l'organisation des tables et des chaises. Pas de moine face à face sur la même table. On tourne le dos à la fenêtre et on regarde en mangeant la table en face de soi. La distance dit sans doute le silence, on ne facilite pas ainsi la parole car c'est bien plus difficile d'entamer une discussion avec le voisin d'à côté qu'avec celui d'en face !



On remarque aussi que les pochettes des serviettes sont disposées dans une assiette sur deux. Les pochettes sont celles des moines, des habitués. Donc on pourrait dire qu'entre chaque moine venait s'asseoir un invité de passage, un fidèle en retraite ici. Manière subtile de l'intégrer à la table, de le faire pleinement participer à la communauté, il est invité.
Ce que j'aime aussi c'est le mobilier. Ici, comme dans les intérieurs des cités radieuses, le mobilier n'est pas une démonstration de Design moderne et chic. On dirait que l'on a rentré les chaises et les tables de l'église du coin dans l'un des plus hauts lieux de l'architecture moderne. En toute simplicité...
J'aime cette chaise paysanne qui vient faire parler le béton.
Regardons encore les tables : 3 bouteilles de vin pour 6 convives, soit tout de même une demi-bouteille par personne... On remarque aussi que tout est déjà sur la table à disposition. Ici aussi c'est une manière de réduire le brouhaha des demandes de sel, d'eau et de pain. Les choses sont là et vous attendent. Les verres ? Les très beaux et pourtant si communs verres Gigogne d'une grande simplicité. On les a tous vus, on a tous bu dedans et c'est l'un des rares objets de design qui a connu une vraie popularité. J'en possède quelques exemplaires que je garde jalousement comme des cristaux de Bohème !
Le pain.
Le pain d'un point de vue symbolique c'est fort. Ici ce qui me touche c'est qu'il n'est pas posé sur la table directement. Il est posé sur une assiette de faïence blanche. J'aime cette attention à l'une des nourritures les plus porteuses de sens dans un lieu comme celui-ci. Ce pain n'est pas très cuit, juste ce qu'il faut et il rythme un horizon contre les verticales des bouteilles de vin. Proximité des deux symboles du dernier repas du Christ.
Regardons maintenant la pièce elle-même.
Grande longueur accentuée par les tables qui partent à l'infini. Le Christ seul et simple est sur le mur du fond en face du moine récitant. D'ailleurs vous voyez que l'on parle des moines, de leur corps alors que l'éditeur à photographié le lieu vide.. .une demande des moines ?



Regardons le beau et simple dessin du plafond. Les colonnes, cylindres de béton, soutiennent des poutres moulées dignes d'un dessous d'échangeur de voies rapides.
Et court tout le long de ce beau plafond la très belle lampe en acier (?) cornière pliée contenant la lumière c'est le seul élément qui chatoie un peu.
La lumière ? Elle vient des deux côtés. Sur notre carte postale, on la voit surtout à gauche passer au travers du filtre moderniste des carrés de couleurs, un Mondrian de verre. A droite on remarque le grand rideau bleu dont je ne sais pas bien s'il sert à faire le noir ou à cacher un détail architectural. Son bleu, ce bleu n'est pas hasardeux.





Enfin, pièce maiîresse de cette disposition, ce cube au milieu. Il s'agit de la chaire (?) c'est ici que s'installe sans doute le moine chargé de la lecture des textes religieux et de l'actualité pendant le repas. Tout est dit de Le Corbusier dans ce cube. Je veux dire que faire ainsi chanter et parler un corps religieux dans une forme aussi simple et colorée c'est faire parler l'essentiel : le corps.
C'est le mettre à sa juste place, entre une géométrie fabriquée et humaine produisant une parole sacrée dans la rudesse de la Lumière, l'exactitude de la Nature.



On remarque également le tableau au dos de ce cube. On dirait bien qu'il est une sorte d'organiseur avec peut-être les "tours de garde" des dominicains, le calendrier des tâches à accomplir.
J'aimerais un jour manger dans ce silence, l'œil glissant sur un aplat de vert, dans l'écho de la faïence blanche de mes semblables.
Totalement concentré sur l'espace de l'architecture et le partage, concentré donc vers les autres.





Pour vous repérer, voici sur cette carte postale Spirale le lieu où se trouve le réfectoire.
La carte postale nous montre le couvent vu du ciel. Il est encore en travaux, on devine un tas de gravats sur la droite.
La photographie en noir et blanc est coloriée. Surtout le vert de la nature car le gris du béton ne nécessite lui finalement que la lumière. Il fait, tout seul son travail d'ombres.