lundi 23 mai 2011

Ici et maintenant, le blog "hors les murs"


Bonjour à tous,
Pour cette soirée de découverte en public de ce blog au Café Perdu, j'ai trouvé sur un tourniquet de Rouen cette carte postale nous montrant une vue aérienne bien particulière.
D'abord elle nous permet de nous localiser.
Nous sommes ici non ?


L'autre particularité de cette photographie c'est qu'il est encore possible d'y voir le très beau et déjà regretté palais des congrès de Rouen détruit cet hiver.


Nous, Comité de Vigilance Brutaliste avions déjà dénoncé cette destruction inutile d'un très beau bâtiment pour le voir remplacé par ... le même en plus "moderne" donc en plus..."intégré".
Mais on devine avec ce genre de cartes postales que les éditeurs n'ont pas l'occasion si souvent que cela de faire ce genre de cliché aérien et donc poursuive l'édition de l'image au-delà de sa réalité objective.
A notre plus grand plaisir, les éditions Le Goubey continuent donc de perpétuer le souvenir de ce palais des congrès aujourd'hui devenu un rêve superbe.
Cela nous permet de dire une fois de plus la valeur documentaire et affective d'une carte postale étant dans le même temps un cliché (usure), une preuve, une fenêtre et surtout surtout un support inouï d'imaginaire.
C'est une promenade que je voudrais ce soir faire avec vous. On y va ?
C'est parti !

dimanche 22 mai 2011

au pays des soviets, encore un peu.

Voici en vrac et avec peu d'informations, juste pour le plaisir des yeux, quelques constructions ma foi, solides, qui nous viennent toutes des soviets, de pays communistes.
C'est gigantesque, audacieux, maladroit, superbe, effrayant et sans retenue.
C'est parti !
On commence avec deux cartes postales éditées par Intourist dans les années 80.



Le cinéma "Oktyabr" de Minsk. C'est le cinéma "octobre". Le ciel est bleu, trois femmes reviennent d'une projection.
Toujours à Minsk, le Palais des Sports :


Nous sommes maintenant à Moscou devant le pavillon de l'électricité de l'URSS en 1981 :


On admirera par exemple la très moderne fresque qui court sous l'auvent. Mais je sais trop peu de choses sur le programme de cette construction.
Nous voici à Plevène devant le panorama sur l'épopée de Plevène en 1877. On y voit des scènes de batailles peintes que je vous épargne. Plevène est en Bulgarie.
Deux vues multiples de Varsovie assez typiques de la production des pays de l'Est :




Pour finir :



Nous sommes en Pologne à Kielce et nous attendons le bus devant... la gare routière. On admira l'extraordinaire effet "œil de mouche" du dôme.

samedi 21 mai 2011

et si la révolution...

Vous comprendrez facilement en voyant la carte postale qui suit la jubilation qu'il peut y avoir à la découverte de ce type de document et à ce type d'architecture.


Vous conviendrez qu'il s'agit là d'une carte postale superbe, d'un bâtiment superbe, certainement l'une des plus remarquables de ma collection bien qu'elle soit... un rien plus contemporaine.
Nous sommes à Moscou devant l'extraordinaire et constructiviste Club ZUEV de Monsieur Golossov architecte.
Tout dans son image nous dit la révolution de ce type de construction. La prise de vue sur l'angle faisait "travailler" la perspective en accentuant la volumétrie puissante et un rien surjouée. Nous sommes juste avant les années trente (1928) et Golossov s'inscrit alors pour le dixième anniversaire de la Révolution dans l'esthétique de ce bouleversement. Mais cette radicalité formelle comme le souligne très justement Anatol Knopp dans son remarquable ouvrage "ville et révolution", cette radicalité formelle donc ne doit pas être confondue avec un fonctionnalisme exacerbé, elle agit bel et bien également comme une image nouvelle.
Car si la forme signe à n'en point douter une nouveauté, un choc, le fonctionnement interne, le plan, finalement, l'est bien moins.
Ce Club est en fait une sorte de maison de la culture mélangée à une maison des jeunes, lieu de spectacles, de rencontres et de transformation sociale. Il s'agit aussi d'une certaine manière de compléter le logement social en offrant une nouvelle forme de culture et ce club est cette réponse. Comme il s'agit de changer l'image de la culture, son fonctionnement même, le bâtiment doit avoir un nouvel aspect qui n'aura rien de commun avec ceux connus jusqu'à ce jour.
Le livre de Monsieur Anatol Knopp date de 1966 et nous offre des vues prises à cette époque. Et le Club ZUEV (Zouïev pour Mr Knopp) est si caractéristique qu'il apparaît dès les premières pages de l'ouvrage.



On retrouve dans les points de vue de l'auteur la fascination pour un cadrage offrant une géométrie forte. Cela révèle également une photogénie moderniste inépuisable du bâtiment, sa fascination en quelque sorte... esthétique qui fait fonctionner le vocabulaire du triangle, du cube, du cylindre (un escalier) et de la grille.
Malheureusement on y voit aussi par petites touches l'état dégradé de la construction en 1966. Mais plus extraordinaire encore, Monsieur Knopp nous offre des images de l'intérieur prises lors de la visite du Club par l'auteur. Alors visitons :


Pour finir nous dirons que l'objet éditorial est aussi assez étonnant. La carte postale en véritable photographie est imprimée sur un papier extrêmement mou dont l'image ne nous épargne pas des poussières et des défauts de développements.
voici des détails de la carte postale :




Quelque chose comme une photographie faite à la va-vite, par un amateur dans... un club-photo.
Je vous donne le verso. Si, parmi vous des traducteurs du russe ont du courage...


jeudi 19 mai 2011

la cité dans les nuages


Il fut décidé de mettre en couleur.
Il fut décidé de mettre l'habitant au centre de l'architecture.
Il fut décidé de penser beau, étrange et poétique.
Il fut décidé de penser le logement.
Il fut décidé d'inventer un lieu, un ici.
On pourrait de loin, le bras tendu, le doigt pointé dans les nuages dire "j'habite là".
Alors les cartes postales ne font rien d'autre que montrer cela. Le bleu similaire du ciel et de l'architecture. Une coopérative du ciel bleu.
Et quand, dans le ciel son bleu manque, ce sont les tours qui l'offrent toujours égal, étendu, déchiré par des dégringolades de vert.
On notera que sur les dessins de Fabio Rieti (?), le ciel est le plus souvent blanc...
Parfois un rien frotté de rose.
Sans doute que le ciel est incertain, alors à quoi bon lui donner une couleur, une seule !













mardi 17 mai 2011

le café perdu ? Pas tant que ça !



Si vous aimez prendre un café en lisant le dernier livre de Dominique Amouroux sur l'architecte Arretche, si vous préférez un Orangina en vous plongeant dans le livre de Raymond Depardon ou encore découvrir le patrimoine moderne architectural de la Basse-Normandie et si vous aimez tout cela dans une ambiance chaleureuse, alors vous viendrez au Café Perdu à Rouen. prendre un verre ou même manger sa bonne cuisine.
C'est nouveau et ce type de lieu manquait dans cette ville.
Emmanuel et Marie-Laure tentent une belle aventure en accueillant aussi des artistes, des écrivains (François Bon hier soir).
Le comité de vigilance brutaliste y pose ses affaires depuis ce soir.
Dès demain vous trouverez sur les murs du Café Perdu, des dessins de Thomas Dussaix et quelques cartes postales de ma collection.
La programmation va se poursuivre avec une lecture de certains extraits de La maison des feuilles de Danielewski par Thomas ce samedi soir et par une présentation du blog que vous lisez actuellement lundi 23 mai.


le carnet de dessins de Thomas à votre disposition.

Dans la bibliothèque, un guide que nous connaissons bien ici !

dans le petit salon, les dessins de Thomas.


quelques cartes postales que vous découvrirez.

Thomas et Philippe (si, si) discutent de l'architecture de la Basse-Normandie et des souvenirs de jeunesse de Philippe au cinéma de Lisieux...


for you Mister Martin Parr

Eh bien non.
Non non non.
Je ne vous donnerai pas ces cartes postales, Mister Martin Parr.
D'abord parce que moi aussi j'aime les cartes postales ennuyeuses, les Boring Postcards et je les collectionne au moins depuis aussi longtemps que vous.
Et puis vous n'avez pas daigné nous offrir un volume sur la France, vous contentant de l'Allemagne, l'Angleterre et les Etats-Unis.
Vraiment... Et la France ? Pas assez ennuyeuse ?
Mais surtout Monsieur Martin Parr, j'aime à penser que ces cartes postales si on sait les regarder, les aimer, elles deviennent bien intéressantes.
Je rejoins Tom Phillips. Il suffit d'y jeter un autre regard, celui à distance qui prend le parti du plongeon, de l'immersion et surtout qui tente de lire le document et non la projection rapide d'une typologie.
Par exemple :


Cette vue de Noisy-le-Sec me parle du logement social, me dit le goût d'une modernité affirmée. Je retrouve Rolf Walter le photographe des éditions Lyna. Je sais qu'il a arpenté la banlieue française. Je sais qu'il nous montre la ville, ses bouleversements, et parfois sa beauté. Je me réjouis d'un rien : l'arrière d'une Simca 1000, la forme découpée du ciel et la verticalité symétrique des tours de la rue Vaillant Couturier. Au dos, Richard remercie sa mamie pour le mariage et écrit "Juda" au lieu de "Judo" ! Vous n'auriez pas vu ça vous Monsieur Parr !
Et puis :


Monsieur Parr comment ne pas céder devant la beauté minimale de cette carte postale ? Sur la bande d'arrêt d'urgence le photographe prend le risque de faire cette image de l'échangeur d'autoroute A2 à Onnaing dans le Nord pour Combier l'éditeur.
Le château d'eau à gauche, la Renault 4 et le rouge du panneau à droite sur la même ligne...
Je sens presque les gravillons sous mes chaussures.
Et encore :


Cette charcuterie du Havre qui fait la promotion par la carte postale de la céramique Cérabati.
Architecture-charcuterie, des mots presque identiques !
Et le bleu superbe partout répandu, et le poids des saucisses, et la tension des bras du jeune charcutier dont on devine le sourire.
Je plonge dans cet espace et m'amuse à la Raynaud de la maison carrelée de Jean-Pierre. J'ai ce droit après tout !
Car, attention Monsieur Martin Parr, l'ennui se répand aussi parfois dans la lecture de vos images !
Bon.
Allez...
Je vous accorde un prêt pour la publication de l'album sur la France. Venez à la maison on choisira, mais pas cet après-midi, je dois tondre la pelouse... boring je vous dis so boring...

lundi 16 mai 2011

à l'endroit, à l'envers : Royan


Une nouvelle fois une carte postale imprimée à l'envers et une nouvelle fois il s'agit de Royan.
Vous vous souvenez que nous avons déjà vécu cet étrange phénomène ici-même.
La carte postale est une édition Chataigneau pour Elcé en Elcécolor.
Je rétablis le bon sens à cette image. Voilà :


Je m'interroge sur ma collection car s'il m'est aisé de saisir cette erreur sur une ville que je connais bien, je peux penser que d'autres cartes postales sont aussi imprimées à l'envers et que rien ne me permet de le deviner !
Reste la chaîne incroyable des aveuglements pour la production d'une telle image ! Ni le photographe, ni l'éditeur, ni l'imprimeur, ni le vendeur, ni l'acheteur n'ont cru bon percevoir cette erreur et la carte postale a pris le chemin des souvenirs de vacances, souvenirs renversés droite-gauche !
Et quoi ?
Royan reste bien la plus belle ville du Monde : ednom ud elliv elleb sulp al !
Mais regardons-la aussi dans son plus beau sens :


Nous voici cette fois devant le très beau palais des congrès. Le cadrage fait venir remarquablement le pied de l'hôtel dans une continuité moderne. Le Palais des congrès est très ouvert. Sa façade sans le mur-rideau actuel prenait la mer de plein fouet, sans peur de l'avenir. Tout ouvert, je vous dis.
Admirons encore et encore ce dessin remarquable se jouant des espaces intérieurs et extérieurs qui forment abri, balcon géant et s'achèvent au pied du bâtiment dans une terrasse accueillante.
Une merveille.
Une merveille qu'il faudra restaurer, regarder, aimer.
Dès la réouverture de cet espace, je viendrai m'y asseoir, prendre un verre et faire ce que je rêve de faire sur les images sans jamais avoir pu passer dans le réel.
Et sur ma table, quelque cartes postales de Royan que j'écrirai pour mes amis.