samedi 14 mai 2011

la ronde des enfants de Mourenx, ville nouvelle.

Voici un cas vraiment particulier dans le monde de la carte postale.
Voici la preuve que l'architecture moderne et contemporaine trouve parfois dans ce registre l'occasion d'images étonnantes et pleine d'espoir, de beauté.
Voici la preuve que les photographes de cartes postales ne sont pas toujours des faiseurs de clichés mais savent s'amuser, témoigner des lieux qu'ils parcourent.
Bref attention, c'est remarquable :



Vous avez bien vu.
Nous sommes à Mourenx, ville nouvelle que nous devons à Messieurs Maneval et Douillet les architectes.
Les deux cartes postales sont des éditions C. Roux. Audry en photographie véritable.
Mais quelles images !
Elles soulèvent, au-delà de leur ambiance touchante, beaucoup de questions sur leur réalisation.
Les enfants font la ronde au pied des immeubles neufs de la ville. On devine même que la grande tour n'est pas encore habitée, aucun rideau. On imagine le photographe demandant par deux fois à des enfants de Mourenx de faire la ronde devant son objectif. Mais non.
Ce ne sont pas les mêmes !
Deux fois alors, il a dû demander à des enfants différents de faire cette mise en scène !
On peut aussi penser qu'il a partagé un groupe en deux devant l'affluence des bambins voulant être sur le cliché !
Un groupe ici, un autre un peu plus loin.
Comment ne pas être touché par les images de ces gamins dansant au pied de ce qui fut la modernité architecturale de cette époque.
Ces enfants ont-ils aimé vivre là et y grandir ? Certains y vivent peut-être encore...
Regardons-les de plus près :




J'aime beaucoup le grand-frère qui porte le petit sur son dos.


Et la nuit tombe sur Mourenx et Claude Roux photographie la ville. Les enfants de Mourenx doivent être au lit et les tulipes sont bien rangées au premier plan !



samedi 7 mai 2011

un autre supermarché de Claude Parent

Moins connu et pourtant tout aussi intéressant du point de vue architectural et technique, voici un autre supermarché de Claude Parent :



Nous sommes à Athis-Mons devant le SuMa grâce à une carte postale Raymon. Ce supermarché est dans la Cité des Fonctionnaires. On retrouve ce bâtiment bien évidemment dans l'abondant et riche catalogue de l'exposition Claude Parent à Chaillot l'année dernière.
Claude Parent n'est pas le seul architecte de ce bâtiment ce qui explique sa particularité dans son œuvre. Il travailla avec Messieurs Gravereaux, Marty et Heckly. L'ingénieur du procédé particulier de câbles tendus et de la structure métallique est Monsieur David Jawerth.
On s'étonne à peine vu la modernité de l'architecture et du type même de l'objet architectural, un supermarché, que les éditeurs de cartes postales aient trouvé là un sujet à photographier et un lieu particulier dans lequel les habitants pouvaient se reconnaître.
Je retrouve dans le superbe numéro 99 d'Architecture d'Aujourd'hui (1961) sur les structures un article sur ce supermarché d'Athis-Mons :








fonction oblique à Rouen, presque



Jeudi nous avons vraiment bien avancé les pentes. La fonction oblique est donc déjà opérante sur certains endroits dont la grande pente et son petit "siège".
Et il faut avouer que pouvoir ainsi arpenter cette surface est étonnant. Toujours curieux de voir un espace transformé par cette montée et également toujours aussi joyeux de sentir son corps à l'assaut (ou à l'abandon) d'une pente.
On s'amuse, on grimpe, on glisse, on fait des abdos (si, si...), on s'allonge, s'assoit assez naturellement finalement comme sur la pente douce d'une colline.
Il y a encore du travail.
Hier, Thomas et moi étions chez Monsieur Parent pour tenter de parler de Marcel Lods et de l'industrialisation des constructions.
Nous aurons, si je m'en sors, une vidéo pour l'entendre.
quelques images :

la rencontre de la grande pente et de son siège.


La géométrie du montage.

depuis là-haut, il fait bon s'asseoir.

Thomas presque en haut.

la tête s'enfonce dans le plafond.

l'espace pincé n'est pas terminé.

sur la pente, en haut de l'image la proximité avec le spot du plafond vous donne une idée de la hauteur.

les pieds sur la pente.

au loin, l'église Sainte-Claire et les "Lods".

une vue plongeante du chantier.

la rencontre étrange entre un nid abandonné de pigeons et la fonction oblique. Rencontre provoquée par Jean-Paul Berrenger !

mercredi 4 mai 2011

la fonction oblique à Rouen

Bien bien bien.
Hier nous avons poursuivi la construction des praticables à l'oblique. Mais suite à une décision de baisser la hauteur du grand tremplin nous avions oublié que cela occasionnerait obligatoirement une descente de la structure et donc... que nous risquions de nous manger les bastings.
Cela fut un peu difficile car nous avions coupé les planches en longueur mais aussi préparé les angles.
Après avoir réfléchi longuement devant cette difficulté, et sous l'impulsion de Jean-Paul et Marc qui ne rechignent pas au travail, j'ai décidé que nous devions tout reprendre...
C'est dans ces moments-là que l'on sait si on travaille avec des personnes disponibles ou pas !
Car cela n'était pas un mince travail de tout re-dimensionner, recalculer.
Enfin aujourd'hui nous avons monté de nouveau ce grand tremplin avec sa nouvelle hauteur. Il est presque terminé. La pente est déjà belle et l'espace dessous est très surprenant. Je vous donne quelques images de ce montage.
Il faut vraiment redire la grande patience de mes compagnons du devoir oblique : merci Marc, merci Jean-Paul.
Et Thomas, dans la tranquillité d'une sorte de tapis volant fait d'une bâche bleue en plastique, continue dans un silence discret à peine perturbé par nos tracas à faire ses très beaux dessins.
Tranquille, je vous dis, tranquille.

ajustement des pieds par Marc.

la maquette toujours sous les yeux est vraiment une référence.

Jamais je ne me serai autant soucié des angles !

L'articulation des deux pentes.

Marc installe avec précision le basting de pente.

Jean-Paul et Marc posent le sol-plafond du praticable.

bientôt totalement fermé.

Marc m'a fait fabriquer cet outil en carton pour des écarts parfaits.

Le bras de Jean-Paul au repos...


lundi 2 mai 2011

Taizé ? Réconciliation.

D'abord il y aurait un toit superbe.
Des triangles en caissons emboîtés formeraient le lieu, la protection.
Viendrait un enceinte forte, presque massive, la protection.
Comme généreuse et en même temps cachée sous l'auvent de la toiture une entrée, la protection.
Et puis autour les herbes folles sur un terrain sec s'éparpillent et résistent.
C'est sévère ou solide.


L'église de la Réconciliation de Taizé date du début des années soixante et serait de Monsieur Denis Aubert, architecte. Mais je n'en suis pas certain.
Ce qui est certain c'est que cette église est celle de la réconciliation franco-allemande puisqu'elle fut construite dans ce sens.


Voyez comme son intérieur sait mêler une économie décorative à un grand sens de l'espace. Tout cela produit encore une sensation spatiale assez réussie et l'énorme mais gracile chandelier tendu depuis le plafond accentue encore cette sobriété.
On retrouve le caissonnage superbe et on aperçoit les vitraux comme des petites saignées de lumière dans le mur.
Un peu plus près et en couleur :


Le Chœur est très bien mis en valeur par le photographe qui joue lui aussi de l'économie décorative et compose son image d'une belle manière. Voyez comme le pan de mur rouge vient répondre au rectangle brodé de la nappe, voyez comme la ligne noire du cercle du chandelier compose et rythme la hauteur.
La simplicité est parfois incroyablement plastique !
La réconciliation franco-allemande pour moi c'est ça :


On pourra penser ce que l'on veut de la portée symbolique et politique de ce geste mais il m'avait à l'époque profondément ému. (Et encore aujourd'hui)
Parfois, il faut savoir user de symboles.
J'aime la tension du bras de François Mitterrand qui va chercher celui de Helmut Kohl. La différence des tailles des deux personnes aurait pu rendre cela ridicule mais l'aspect monolithique de ces deux silhouettes qui se contactent de la sorte prend une force profonde et digne.
Je pense alors toujours à mon grand-père (deux fois prisonnier, deux fois échappé, battu, repris) je sais qu'il était vivant encore en 1984, qu'il a vu cette image, qu'il l'a comprise, qu'il l'a admise. Il voulait que j' apprenne l'allemand. J'ai essayé pour lui, je n'ai pas réussi.
Mais cette photographie, cette église, cette réconciliation sont profondément inscrites chez moi et même, elles me sont indispensables. Une protection.



Les deux cartes postales en noir et blanc sont de chez Combier éditeur. Celle en couleur est une édition les Presses de Taizé.
Pas de date ni de nom de l'architecte.



dimanche 1 mai 2011

presque rien et pourtant

Aujourd'hui nous allons évoquer un architecte certainement très peu connu.
Mais le hasard des cartes postales nous permet de parler de lui et surtout de démontrer que les images parfois savent nous faire croire que des espaces sont intéressants.
Regardez cette carte postale de "La Buissonnière" à Brion-St-Innocent.


Une énorme terrasse joue avec le paysage du lac et des montagnes. Cette terrasse semble incroyablement large et il est certain que le point de vue y est spectaculaire. Mais ce qui rend encore plus attachant cet espace c'est l'éparpillement des jouets des enfants. Ce petit chaos vite corrigé par les deux parcs et la femme qui s'occupe des enfants vient bien souligner la sensation d'une terrasse généreuse.
Faisons un inventaire des objets et des personnes sur ce lieu :


Mais ce qui me fait aussi réagir c'est la hauteur du parapet qui ne permet pas aux petits enfants de jouir de la vue ! Pour eux c'est une muraille de Chine ! Il va de soi qu'il est question ici de sécurité sans aucun doute. Mais je me souviens de ma première impression sur le toit-terrasse de la Cité Radieuse de Marseille. Le mur (je ne vois pas d'autre mot) qui entoure et protège du vide m'avait semblé sur-dimensionné et ne permettant pas aux enfants de l'école de voir le paysage. Sauf que... Le Corbusier avait placé tout de même quelques "objets" permettant aux tout petits de voir par dessus en grimpant sur des marches ou des pierres de béton.
Ici, Jo Maire, l'architecte de cette maison de repos pour les mères et les enfants n'y a pas songé.
J'imagine donc sans peine, les petits portés dans les bras par les adultes pour pouvoir ensemble regarder ce paysage. J'imagine même quelques femmes téméraires posant les pieds des enfants en appui sur le bord, maintenant les bambins sous les bras et se régalant du lac et des montagnes dans un air pur et vivifiant... (l'imagination tout de même !)
Je n'ai pas trouvé de belle image de ce bâtiment nous permettant de voir le travail de Jo Maire mais la seule image que j'ai trouvée laisse apparaître un travail sérieux et mais sans plus.
Alors je cherche dans mes classeurs et bien rangée je trouve cette carte postale :


Nous sommes à Tresserve à la maison de convalescence et de repos "la Savoie". Il faut croire que Monsieur Jo Maire s'était spécialisé dans les maisons de repos dans sa région.
Vous voyez c'est un rien sérieux mais comment en dire plus depuis cette image ?
Pourtant par deux fois, l'architecte a bénéficié semble-t-il de paysages superbes. Est-ce alors pour lui simplement l'occasion d'exprimer une forme de modestie ?