lundi 18 avril 2011

maintenant des classiques à la française

Quelques constructions françaises de grande tenue.
Quelques formes architecturales parmi les plus belles.
Toutes de noir et blanc vêtues.
Simplement pour vous les faire partager avant que je ne les disperse à nouveau dans des classeurs différents.
Marseille :


Chez Mireille éditeur, expédiée en 1958 les quais du port. D'un peu loin certes les magnifiques immeubles de Monsieur Pouillon.
On devine pourtant de si loin les creux puissants des façades, leur rigueur permettant leur présence sans heurt et sans faiblesse non plus. Du très grand art.
Maintenant :


Le centre hélio-marin de Vallauris grâce à une carte postale Lyna et un cliché de J. Cellard. Ce bâtiment d'une grande beauté est dû à Pierre Souzy.
Quel beau jeu de verticales et d'horizontales ! Et l'effet de gradin du bâtiment central comme collé à la grande barre nous donne la sensation de deux constructions jointes.
Paris, le Musée d'Art Moderne :


Aujourd'hui dans un état d'abandon qui est un scandale surtout pour ce qui est des bassins et des terrasses ce lieu est pourtant lui aussi l'un des plus beaux de Paris.
La colonnade d'une pure abstraction, les décrochements successifs des volumes et la justesse de ses proportions font de cet ensemble un bâtiment rigoureux et presque froid.
Aujourd'hui à gauche se déroule le Palais de Tokyo dont j'aime mieux taire son réaménagement qui tente de me faire croire qu'une friche aux puces du Design serait de l'architecture et j'essaie avec difficulté de jubiler parfois des accrochages. Le dernier ayant retenu mon attention étant les sculptures de Monsieur Ganivet qui avaient le mérite, elles, de montrer une réflexion architecturale.
De l'autre côté, le Musée d'Art Moderne offre encore sa belle collection malgré le barrage des caissières d'une humeur toujours déplaisante qui vous poursuit dans les halls d'expositions...
Allez vite :
Metz... à nouveau...
Et cette fois c'est très beau.


On reconnaît l'église Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus par Monsieur Expert, architecte et les vitraux sont de Monsieur Untersteller.
Les éditions d'art Poll nous montrent l'église avant la construction de sa flèche qui lui offre une aiguille aiguisée dans le ciel.
J'ai eu la chance de visiter cette église qui est une splendeur pour tous les amoureux comme vous d'architecture, d'Art Sacré et de béton.
Elle est l'alliance subtile d'un héritage gothique et d'un hangar à dirigeables.
Une petite chose :


Ce joli petit immeuble est au Havre.
Rien d'extravagant j'en conviens mais c'est juste bien dessiné, sans faute mais aussi sans trop de fantaisie.
La carte postale Cap ne nous donne pas le nom de l'architecte et nous indique seulement que nous sommes place Clémenceau en 1955.
Pour finir :


Je reste toujours très admiratif de ce très beau vaisseau de béton souterrain : la Basilique St Pie X.
La carte postale Doucet nous donne plein d'informations : Consacrée le 25 mars 1958, forme ovale, longueur : 200m, largeur : 80m, hauteur : 10m, contenance... 20 000 personnes.
Les architectes de cette réussite française sont messieurs Vago, Le Donné et Pinsard.

dimanche 17 avril 2011

arlequin 7


Sylviane était heureuse.
Toute sa jeunesse elle avait rêvé de Cannes, des acteurs, de la vie de cinéma.
Et aujourd'hui, elle était là, un verre de jus d'orange à la main sur l'un des balcons de l'hôtel Splendid à Cannes.
Elle savait que dans cette ville on peut mettre un maillot de bain un rien boudinant et garder en même temps tous ses bijoux en or.
Elle avait demandé la même coiffure que Charlotte Rampling.
Elle savait que dans cette ville, les photographes aimaient bien d'un coup de flash puissant faire ressortir la carnation un rien étrange des corps bronzés d'avance à Paris.
Mais Sylviane s'en moquait. Elle était bien là, elle.


Ah si les copines de St-Michel-sur-Orge pouvaient la voir, elles seraient bien jalouses !
Elle avait dit, Sylviane, que rien ne l'arrêterait, qu'elle voulait cette vie de luxe sur la Côte. Elle avait bien réussi finalement et parfois même elle se demandait si c'était bien elle, là sur le balcon.


Elle avait rencontré Roberto alors qu'elle était serveuse au Bowling du complexe Charras. Il ne lui avait pas plu tout de suite mais il était revenu plusieurs fois avec l'équipe technique du tournage d'un Soap italien. Roberto était un simple assistant décorateur à ce moment là, rien de plus mais cela avait suffi à Sylviane pour imaginer toute une vie.
Roberto était venu la chercher trois fois à 2 heures du matin à la fin du service de Sylviane. Et puis ils avaient tous deux épuisé les distractions du complexe Charras : patinoire et piscine. Sylviane ne voulait pas trop s'afficher avec Roberto au bowling car, après tout, c'était son lieu de travail.
Mais le tournage finissait bientôt et toute l'équipe italienne allait repartir. Sylviane ne crut pas avoir ce courage de tout laisser tomber ici. Pourtant elle le fit car elle sentait bien que sa vie, sa vraie vie, celle partagée avec les stars des magazines qu'elle achetait pourrait bien débuter comme ça.
Et voilà Sylviane quelques mois après à l'auberge du Val de Saône "chez Berthe" pour un mariage étonnant.


Elle croyait facilement Sylviane que le luxe, le vrai, c'était de grandes salles, beaucoup d'invités et une pièce montée un peu ridicule. C'était comme ça : Sylviane ne connaissait pas bien l'échelle des valeurs.
Et si Roberto était devenu l'accessoiriste préféré de réalisateurs ce n'était que pour des émissions de la télé italienne. Mais qu'importe pour Sylviane. Elle profitait de son mariage. Et Roberto des serveuses...
Sylviane, elle disait toujours qu'elle aimait la vie, le soleil et les chiens.
Sylviane aimait beaucoup, beaucoup de choses.
Ses nouvelles amies disaient d'elle qu'elle était toujours heureuse. Et c'est vrai qu'il lui suffisait que Roberto, le soir très tard, lui raconte qu'il avait aperçu sur le plateau de l'émission Claudia Cardinale pour que Sylviane croit avoir partagé quelque chose avec elle.
Pourtant elle sentait bien Sylviane que Roberto était toujours un peu loin, un peu en retard, un peu fatigué, un peu distant.
Sylviane voulut ignorer longtemps cette impression.
Mais l'année dernière, Sylviane en entrant à l'hôtel Noga Hilton compris que Roberto ne s'occuperait plus d'elle.


Elle vit l'hôtel de jour pour la dernière fois.
La nuit tomba.


La petite automobile américaine un rien prétentieuse de Roberto s'arrêta devant l'hôtel. Il n'était pas seul.
Sylviane si.
On ne la retrouva pas. Jamais.
Certains affirment pourtant qu'ils l'ont vue à Saint Michel sur Orge. Elle aurait changé de nom.

Hotel Splendid
édition Aje

St-Michel-sur-orge
Résidence la Source
architectes : Paul Guesdin D.P.L.G à Vanves
Edouard Hartane D.P.L.G à St-Mandé
édition Combier

Courbevoie, complexe Charras
abeille-cartes éditeur

auberge du Val de Saone
Seveux
Photo studio André.

French Riviera, Cannes Le Noga Hôtel
édition Prestige Mar

Palais Croisette, Cannes
édition Binucci, Photo Scoop






Royan, promenade autour du marché

Si nous allions ce matin faire nos courses au marché de Royan ?
Voici une petite sélection pour ce faire.
On commence avec une carte postale qui nous met dans l'ambiance puisque tout simplement le marché n'est pas... construit !


Cette carte postale Elcé datée de juillet 1956 (Claude avait un mois !) nous montre une vue de la Nouvelle Ville. En bas de l'image, le terrain de construction du marché et d'ailleurs aucun signe de sa future construction à part quelques tas de gravats et une palissade (?)


Le portique lui-même n'est pas encore construit et donc pas encore démoli. La plus belle Ville du Monde est donc en chantier et toute neuve.
Attention le voilà !
Notre beau marché.


Une magnifique carte postale Théojac en photographie véritable nous le montre superbement blanc de lumière.
N'est-il pas l'un des plus beaux marchés qui soient ?
Et en couleur :


Cette carte postale Yvon expédiée en 1983 nous donne même le nom des architectes : M. Simon et M. Morisseau. On remarquera l'état de la coquille toute grise en attente d'une nouvelle peinture. Et les lecteurs de bandes dessinées regarderont la camionnette Tintin du vendeur de journaux.


Et avec toutes les beautés architecturales de Royan :


La carte Tito présente en effet les grandes constructions de la cité balnéaire : le marché, l'église, le casino et le front de mer.
Faisons un bilan : le marché est restauré, le casino est détruit, le front de mer est défiguré et l'église on s'en occupe avec L'A.D.E.R, Association de Défense de l'Eglise de Royan.
Bref... un bilan patrimonial mitigé qu'il faudra reprendre en main.
Sauvons ce qu'il reste de Royan.



mardi 12 avril 2011

PLOT HR en fonction oblique




Ce message étant écrit et expédié sur le lieu même, voici des nouvelles presque en direct de ce qui avance au PLOT HR .
La maquette finale est terminée et sera sans doute exécutée. Cela ne fut pas simple. Reste d'ailleurs des interrogations comme l'utilisation possible de l'espace généré sous la grande pente mais vu sa faible hauteur au mieux on pourrait y dormir...
La question d'une ouverture sur le grand tremplin fut discutée également mais je reste sur l'idée que, visuellement, cette grande pente sera une vraie intrigue dans le lieu.
On rectifiera peut-être au montage...
Hier Monsieur Parent m'indiqua que " la longueur c'est l'idéal pour la fonction oblique..."
Et que, suite à sa récente visite de Sainte Bernadette du Banlay ce dimanche, il avait pu à nouveau éprouver lors de la messe que la montée est plus belle que la tribune, les fidèles s'y rangeant d'emblée.
On verra si ici au PLOT HR, les... fidèles s'y rangent également !
On verra également notre méthode de test des pentes possibles avec une chaise et une planche !
C'est rudimentaire mais cela parle suffisamment !
En prime un numéro d'équilibriste de Thomas Dussaix !









lundi 11 avril 2011

pas si Tournesol que ça

Et voici revenus les beaux jours.
L'envie de piquer une tête dans l'eau fraîche d'une piscine Tournesol me reprend et j'en trouve une pas trop loin de chez moi :


Nous sommes à Pacy-sur-Eure, devant un beau modèle blanc et très ouvert. On remarquera le jardin encore en herbes folles, ce qui pourrait bien nous dire que la piscine vient tout juste d'être livrée aux habitants.
Allez, soyons curieux rapprochons-nous du bassin :


Deux adolescents regardent le photographe en attendant de regarder les filles un peu à leur droite.


Que Diable ! Cela sert aussi à cela une piscine !
On admirera une nouvelle fois la structure de la construction.
Je suis allé à Pacy-sur-Eure pour retrouver cette piscine et elle a bien changé... En mieux ?
J'en doute un peu . En tout cas elle a perdu totalement son caractère si seventies qui faisait son charme.
Voici quelques vues en stéréoscopie prises avec mon Verascope, fidèle compagnon. Les plus doués d'entre vous en croisant les yeux et en louchant un peu verront la piscine de Pacy en relief !
Pour moi, c'est simple, je glisse mes yeux dans le stéréoscope et à nouveau je suis à Pacy !


mercredi 6 avril 2011

les enfants chez Monsieur Szekely

Ici, sur ce blog, on aime le travail du sculpteur Monsieur Szekely.
On a eu plein d'occasions de comprendre sa manière de concevoir des espaces de jeux et d'escalades qui ressemblent à de belles sculptures étranges.
A moins que ce ne soit l'inverse...
En tout cas, toujours et également dans son registre du mobilier urbain et religieux, il nous a offert un travail joyeux et rigoureux.
Je vous propose un document rare qui n'est pas une carte postale mais qu'importe...
Il s'agit d'une grande photographie de 19cm sur 19cm.


Au dos le tampon de l'institut d'aménagement et d'urbanisme de la région parisienne par le photographe J. Bruchet.
Nous sommes d'après ce document à L'Haÿ-les-Roses et le nom de Monsieur Szekely est inscrit.
Alors émouvant non ?
Les enfants ont bien repéré le photographe et certains le visent même directement. Les autres font ce qu'ils savent le mieux faire : jouer !
J'aime tout particulièrement le jeu de regard à gauche de l'image avec le garçon juché sur le cylindre et la gamine qui tente de le voir.
Je vous prose de resserrer sur chacun d'entre eux, on ne sait jamais si quelqu'un de L'Haÿ-les-Roses se reconnaissait !



mardi 5 avril 2011

les églises sont modernes (parfois) 2

On retrouve une vieille amie.
Notre Dame de Toute Grâce sur le plateau d'Assy.
Je vous rappelle que Maurice Novarina est l'architecte de cette église tentant de mélanger inflences modernes et habitudes traditionnelles.
C'est réussi car c'est aussi assez modeste et absolument pas bavard. Comme le désir de laisser chanter d'abord ceux qui viennent là avant de vouloir trop faire un geste, une forme.
Fernand Léger fait la fresque sous le parvis.
Ses couleurs animent sans faire peur l'entrée et offrent la joie nécessaire à un tel lieu d'espérance.
Les matériaux rappellent les maisons et les constructions alentour. Une forme de savoir vivre respectueux des us et coutumes.
Le campanile est la seule forme de fierté. Il a l'ambition d'un signal, la clarté de sa fonction.
D'abord en noir et blanc :


D'un peu loin, comme surpris de la découverte le photographe des éditions Cellard place la construction dans son décor. Nous sommes en 1957 pour la carte postale, en 1959 pour son envoi. Les amateurs d'autos anciennes se réjouiront du parking...
En couleur :


Les éditions paroissiales d'Assy nous permettent de voir les couleurs de Fernand Léger. C'est vif, joyeux, moderne. Il évite l'écueil difficile de la colonnade et il fait comme si elle n'existait pas. Les motifs géants sont lisibles et nets et tranchent parfaitement avec le matériau de l'église.
Tout cela est d'une simplicité (apparente) rude, quelque chose des arts et traditions populaires, de la naïveté des génies.
Entrons :


Et voici la sculpture qui témoigne du baptême. Il s'agit de la cuve baptismale que l'on doit à l'artiste Signoli. Une forme complexe, courbe et un rien florale taillée dans la masse. Le dépouillement est ici le signe du luxe et de l'importance du cérémonial.
Sans doute plus... difficile pour nous aujourd'hui :


Nous sommes dans la crypte devant la Cène, œuvre du peintre Kyno et le Tabernacle et le Christ sont de Claude Mary. Je dois le reconnaître j'ai un peu plus de mal avec ce style.
Reste tout de même un bel ensemble religieux offrant cohérence architecturale et dépouillement décoratif d'une extrême qualité.
Comme souvent avec Monsieur Novarina.