mercredi 30 mars 2011

des jeux en France, de l'air, des aires.

Allez reprenons le chemin du ludique et de l'architecture.
On va retrouver des amis, des lieux et de beaux ensembles.
On commence :


Nous sommes de retour aux Arcs devant le Bellecote.
La carte postale Cellard met bien en relation les superbes volumes géométriques colorés et la façade de l'immeuble.


Claude nommera ces volumes et il en fera une belle interprétation en papier (?)
C'est à n'en point douter une belle archive.
Attention les yeux !


Qui peut encore douter en voyant une telle carte postale des qualités documentaires, inventives et photographiques de certaines d'entre elles ?
Cette carte postale Combier pour Raymon nous montre les très beaux et reconnus désormais Choux de Monsieur Grandval, architecte.
Regardez comment le photographe a travaillé l'espace, libéré les percées, mis en avant les verticales.


La girafe semble tirer son cou pour concurrencer les tours, à moins qu'elle essaie de voir venir les enfants. Une nouvelle fois l'esthétique de ces jeux de plein air est superbe et joue des échelles.
Un magnifique document paisible, tranquille et joyeux.
Et puis :
Cette vue aérienne nous montre le travail urbain que les jeux d'enfants ont su produire. Il s'agit bien plus que de l'installation de quelques praticables d'une mise en scène de l'espace du jeu offrant volumétrie, espaces ouverts espaces cachés et aussi un goût de la structure comme moyen d'expression des corps. On aura reconnu le Group Ludic.


Nous sommes à Chalon-sur-Saône dans la cité les Prés Saint-Jean.
Il s'agissait d'une époque où les enfants, leur place et leur éducation permettaient de croire en leur présence réelle dans l'espace paysagé.


Une époque où leurs jeux de cache-cache étaient souhaités, désirés.
Leurs secrets fondaient une forme de confiance sociale, leurs jeux étaient l'expression d'une politique de la ville.
Les enfants étaient dans la ville, ils étaient la ville.

mercredi 23 mars 2011

architecture de cartes postales en revue zéro

Si vous aimez les revues étranges et décalées, si vous aimez soutenir des énergies éditrices, si vous aimez le graphisme, la politique différente et des dessins animés bien sentis, vous pouvez allez ici et regarder, lire et jalouser ce nouveau journal en ligne.
J'y participe avec un article Arlequin.
Une manière de prolonger ce que vous lisez ici.
Julien Rolland son rédacteur prépare déjà le numéro 1.
Bientôt
Bien à vous.

un peu dur j'en conviens

Deux cartes postales du même quartier de la Patrotte à Metz.
Pour moi, Metz reste une ville un rien dure, difficile.
Je n'en ai que des souvenirs d'ambulancier militaire attendant dans le véhicule le retour des malades que nous y avions envoyés. Et pour certains chanceux, le retour à la maison.
Il y a aussi la stupéfiante église Sainte-Thérèse qui reste pour moi une grande et belle œuvre.
Pas encore visité.
Mais revenons ici :



Un archétype de la construction du logement social en quelque sorte.
On pourrait vite dire que les barres minérales dans un gris étendu et froid ne semblent pas particulièrement enviables.
Il faut reconnaître que le canyon fermé, au sol fait d'un parking, ne donne pas spécialement l'occasion de dire son admiration.
Mais je n'aime pas mes jugements hâtifs sur des images, surtout quand il s'agit de parler de l'architecture et du lieu.
Je peux par contre aimer ces images, leur dureté.
Par exemple les lignes fuyantes des coursives rayant l'image régulièrement et le point de fuite impossible dans les fenêtres de la barre du fond sont d'une fermeté visuelle rare.
Je n'ai, malgré la très belle exposition au Pôle Image de Rouen des photographies des Becher toujours pas compris ce qu'ils appelaient l'objectivité photographique. Mais devant de telles images populaires comme ces cartes postales, je sais de quoi ils voulaient sans doute parler.
Retenir l'essentiel d'un lieu, loin des scories des narrations pathétiques mais tenus par le respect des gens qui y vivent, le vivent.
Le noir et blanc économique permet le dessin c'est-à-dire que, comme une épure, les constructions ne sont retenues que par leur force constructive, parfois leur violence. Chez les Becher aussi c'est le noir et blanc de l'économie et aussi celui de l'autonomie. Une forme de solitude, d'entre soi photographique qui donne à leur proposition la grandeur d'une position de sauveteurs.
Emmener avec soi son monde qui s'écroule.
Pour certain, il s'agit alors non pas de faire les prises de vue mais de les collecter. Enfermées dans des classeurs, à soi seulement disponibles et seulement réactivées à son seul regard, elles permettent de retrouver ce monde disparu ou en état de l'être.
Une forme de lutte. Appelez ça objectivité si cela vous chante.
Alors il convient de dire merci à ces photographes, les grands et les anonymes des cartes postales pour l'occasion qu'ils nous donnent de croire en la pérennité de notre, mon monde.

Les deux cartes postales sont de l'éditeur Estel en véritable photographie et non datée.

mardi 22 mars 2011

Le Corbusier vraiment inconnu et méconnaissable

Je reviens à l'instant de Saint-Nicolas-d'Aliermont et plus précisément du Musée de l'Horlogerie où certaines de mes lithographies seront présentées dès le 29 mars.
Je vous y invite.
Cette ville marquée par l'industrie horlogère compte des friches industrielles bien intéressantes et notamment la friche des réveils Bayard.
Mais il y a là, dans ce petit bourg du nord de la Normandie une œuvre bien singulière :
une œuvre de Le Corbusier !
Attention les yeux.... et.... voilà !

Alors ?
Vous n'y croyez pas !
Pourtant il s'agit bien de l'œuvre de Le Corbusier.
Voyez ce que nous dit le petit guide du Musée :

La maison Jumelle Bayard
En mai 1917, à la demande de Robert Duverdrey, des plans d'une cité ouvrière de 25 maisons sont établis par l'architecte Le Corbusier. Ce travail représente une étape importante dans les recherches que mène l'architecte, autour de la maison ouvrière en série. En juin 1917, il propose une structure en béton préfabriqué mais Duverdrey opte pour une solution en brique, accentuant l'esthétique rurale des maisons, inspirée de l'architecture locale et des cités-jardins à l'anglaise. A titre expérimental, une maison jumelle est construite en 1918. Le projet est enterré en juin 1919, en raison des coûts de construction trop élevés et des difficultés d'approvisionnement.

Alors si le cœur vous en dit, en rendant visite au Musée de l'Horlogerie et à l'exposition de lithographie, vous pourrez également voir cette petite pépite étonnante du grand Maitre.

lundi 21 mars 2011

le théâtre de l'architecture


Et si finalement, comme ça, l'air de rien, si je vous disais tout de suite que oui j'aime cette carte postale ?
Oui j'aime cette architecture démente (au sens qu'elle va à l'encontre de la raison), ce foisonnement de signes et de citations, cet espace de la représentation, ce culte du grandiloquent.


J'aime les socles de piliers qui cachent des bouches d'aérations, ces colonnes qui cachent des escaliers de secours, ces moulures de béton inutiles mais qui font le décor. C'est un crime !
Un crime magnifique, le crime parfait puisque le coupable est connu et pas inquiété. Il agit aux yeux de tous et reconnaissons-lui au moins ce courage !
Quant à la victime, l'histoire de la modernité, elle s'en remet bien aujourd'hui camouflée dans l'idée du développement durable, des lofts sur les Hauts de Rouen, les notions de territoire.
Ici c'est un théâtre, c'est celui de Ricardo Bofill.
Il en vaut bien d'autres, de plus déguisés.
Au plaisir...

Marne-la-Vallée
Noisy-le-Grand
l'intérieur du théâtre
photo J.N Duchateau
éditions Raymon

samedi 19 mars 2011

mobilier de béton : paysage.

Avec cette série de cartes postales de La Grande Motte, je vais essayer pour une fois de vous épargner mon couplet sur sa sauvegarde. Non pas que je n'y croie plus mais disons que certainement les cartes postales suffisent ici à justifier cette défense.
Les deux cartes postales qui suivent présentent de plus un intérêt tout particulier, celui de nous montrer que La Grande Motte était un projet global allant de l'immobilier au mobilier en passant par tous les stades de l'aménagement urbain.
Malheureusement c'est bien plus souvent ces détails qui ont aujourd'hui disparu sous les transformations commerciales, les parkings, les terrasses abusives en plastique.
Alors, là encore, les carte postales nous servent bien d'appuis documentaires pour retrouver l'essence même de ce projet urbain, en voir sa beauté et sa particularité.
On commence :


Incroyable non ?
Cette carte postale Audumares nous donne une image du point zéro et des pyramides au fond. Regardez bien la qualité du design du mobilier, de ce mur-sculpture, la manière avec laquelle cela joue de la forme des pyramides.
Le photographe a posé l'horizon des immeubles faisant ainsi travailler les formes les unes contre les autres. Bien évidemment il a aussi capté le tapis rouge des fleurs (pétunias ?) mais il a su laisser cette sensation minérale du lieu. Les visiteurs attentifs verront que la ville est encore en chantier.
Et ici :


Alors ?
Cette carte postale Y.P.A vise la plage et les résidences mais surtout met bien en avant le travail remarquable des sculptures de béton permettant une stabilité des dunes et offrant un superbe et curieux champ de fleurs de béton. Nous sommes toujours à proximité du point zéro. Il faudra bien remettre tout cela en état. Là aussi, la ville est en chantier et les grues forment encore les points les plus hauts.
Il faut ici rappeler le nom des deux artistes ayant participé et créé ces lieux : Joséphine Chevry et Michèle Goalard.
Et encore :

Cette carte postale Yvon est également située au point zéro. D'une grande qualité éditoriale due au Procédé 301 de chez Draeger le grand imprimeur, cette carte postale nous dit bien la surprenante constitution de ce lieu.
Entre construction architecturale et sculpture praticable, le dessin de l'architecte trouble le jeu des formes et des fonctions.
Promenons-nous en ville :


Voici une pyramide, c'est le Grand Voilier. Toujours chez Y.P. A il faut savoir que cette pyramide n'est pas dessinée par Jean Balladur mais par Henri Castella, architecte.


Voici une pyramide, c'est le Reymar. Toujours chez Y.P. A et toujours de Henri Castella, architecte.
Et pour finir voici une pyramide !


Il s'agit cette fois du Saint-Clair mais là je ne connais pas l'architecte. Et si simplement il s'agissait cette fois de Jean Balladur ?
En tout cas les trois cartes postales Y.P. A, nous montrent les immeubles tout juste terminés et au sol on devine encore le chantier tout frais.

vendredi 18 mars 2011

fonction oblique au dixième


Hier j'ai rejoint Thomas au PLOT HR pour lui apporter la première version de la maquette du praticable en fonction oblique.
Cette maquette qui est au dixième semble bien perdue dans l'espace mais finalement trouve à son échelle quelques possibilités étranges...
Je me suis à nouveau rendu compte de l'étroitesse du lieu car les bras écartés, je touche presque les deux côtés du lieu...
Avec Thomas nous avons pensé à d'autres solutions plus sculpturales ou plus radicales comme un seul pan oblique ou une boîte entrant dans le PLOT HR. La question étant toujours la même : être soit dans l'expérience réelle de la fonction oblique ou dans une forme de rappel formel moins praticable mais plus juste face à l'espace.
Thomas a commencé de son côté à faire ses dessins à la pierre noire et la poudre des crayons commence déjà à voyager dans l'espace.

maquette parfaite pour accéder au ficus...

...ou au radiateur...

...par le fenêtre, les Plots par Marcel Lods...

...des rochers bienvenus...



Thomas sait bien choisir son lieu de dessin...