mardi 20 juillet 2010

Group Ludic à Chalon-sur-Saône



Une fois encore on retrouve les très beaux jeux du Group Ludic au pied des immeubles.
Ici nous sommes donc à Chalon-sur Saône grâce à une carte postale Combier.
C'est magnifique de vie, de couleurs, de jeux.



Un petit cow-boy se dirige vers une structure à la manière de Buckminster Fuller qui semble investie par les filles, d'autres sont juchés sur les boules, un peu haut je trouve et j'ai un peu peur pour eux.
Regardez bien d'ailleurs comment ces boules sont reliées par une sorte de tunnel en filet à droite de l'image.


Au loin, au troisième étage une silhouette à la fenêtre surveille de loin les jeux.
La carte postale fut expédiée bien après la réalité de sa prise de vue, en 1995 !
Mais qui construisit ces immeubles de Chalon-sur-Saône ?
Qui décida qu'avec ces boules sur pilotis les enfants vivement colorés de Tergal trouveraient là un terrain d'expression ?
Qui, dans les catalogues de fabricants pointa son doigt sur ceux du Group Ludic ?
Qui et où ?
Et maintenant...

lundi 19 juillet 2010

arlequin 4



Il s'était figé immédiatement, là, à une dizaine de mètres devant la gare de Clamart.
Il avait reconnu au loin la Renault 5 orange des parents de Béatrice.
En fait ils l'attendaient. Le père en gilet noir et la mère dans sa robe bleue italienne.
La veille, la séparation avec Béatrice fut un peu dure c'est certain mais il ne pensait pas possible que celle-ci fît appel à ses parents.
Non, Béatrice était indépendante et n'avait pu demander l'intervention de sa famille dans leur histoire.
Il en était certain, elle n'était pour rien dans la présence de ceux-ci, ici, exactement à l'heure de son train.
Il avait fait d'ailleurs l'erreur de leur indiquer pendant le repas cet horaire de départ, mais à ce moment-là rien ne laissait présager de la suite funeste de cette réunion de famille.
Il se rappelait qu'il y avait encore à peine deux mois, lui et Béatrice avaient passé un bel été à Nice.


Ils avaient pris une chambre à l'Hôtel Continental Masséna sur les conseils d'ailleurs des parents de la jeune femme car une étrange relation amicale avec son père et le directeur de l'établissement leur garantissait un confort et un prix parfaits pour ce genre d'escapade.
L'établissement un rien pépère pour un jeune couple lui permettait tout de même chaque matin de voir Béatrice au lit avec son petit déjeuner et cela suffisait pour le réjouir comme un court travelling amoureux.


Le séjour fut romantique, simple et même un peu attendu. Mais ils étaient heureux, réalisant là enfin une sorte de moment idéal comme on en lit dans les romans à l'eau de rose.
Il fallut pourtant rentrer et sur le chemin du retour passer voir sa famille originaire de la Sarthe.


C'est là, au carrefour de la R.N 23 à Connerré, l'air de rien, qu'il lui demandait enfin s'ils ne pourraient pas envisager de prendre un appartement ensemble. Elle n'avait pas immédiatement répondu car l'autoradio de la Renault 18 réglé un peu fort avait mangé en quelque sorte sa demande. C'était en tout cas ce qu'il avait cru comprendre dans ce retard de réponse. Maintenant il était persuadé qu'Axel Bauer n'avait pas couvert ses paroles mais qu'elle avait bel et bien pris le temps de répondre.
C'était l'expression première d'un doute.
Pourtant dix minutes avant elle ne laissait rien transparaître à cette famille chaleureuse d'agriculteurs, jouant parfaitement le jeu de la jeune et jolie conquête du fils parti en région parisienne.
Elle s'était intéressée à la vie de l'exploitation agricole, ri des chèvres capricieuses et même participé à la confection de la tourte aux champignons avec sa future belle-mère.
Mais quelque temps plus tard, il avait à nouveau formulé cette demande de vie commune. Il l'avait formulée d'ailleurs comme s'il avait entendu oui à la première demande, parlant tout de suite de la ville d'installation, du choix de l'appartement, du coût du loyer.


Mais dans cette salle de détente au foyer d'accueil des malades de l'hôpital Poincaré de Garches où elle travaillait comme jeune infirmière, là aussi elle avait été un peu vague, répondant mollement, lui laissant toujours le choix avec cette réplique fermant toute discussion :
"Tu fais comme tu veux."
Alors, n'y tenant plus, oui, hier soir il lui avait demandé très clairement ce qu'elle désirait vraiment.
Encore une fois il n'avait d'abord obtenu que ce mélange de mots à peine prononcés et de souffles ennuyés.
Il avait saisi son bras un peu fermement, lui avait dit une nouvelle fois son attachement, l'importance possible de leur histoire.
Elle n'avait su que pleurer.
Le bruit de leur dispute était sans doute parvenu jusqu'au salon parental, le claquement brutal de la porte derrière lui avait achevé de dire la violence de la scène.
Et ce matin, devant la gare de Clamart les parents de Béatrice étaient là.
Mais Béatrice était absente.
Que voulaient ses parents ?
Un mot d'excuse, une explication, formuler un regret ?
Il ne savait pas et ne voulut rien savoir.
Sans courage, il fit demi-tour.

dimanche 18 juillet 2010

Massy, banlieue épinglée



Une carte postale de banlieue.
Au premier plan il y aurait le grand parc et sa verdure.
Au second plan la barre d'immeubles serpentant en brisures nettes.
Des rayures blanches et noires indiqueraient un traitement de la façade en balcons filants et profonds et parfois, comme pour alléger la masse, des terrasses parfois surdimensionnées viendraient rompre l'ennui du dessin.
Une chose un rien brutale qui pourtant signe une attention architecturale.
Le mur se courberait semble-t-il pour offrir à tous une vue sur le parc comme un ultime geste de politesse à ceux qui devront vivre là.
La vue, c'est important. C'est, les coudes sur la rambarde du balcon, se mettre l'appartement dans le dos...
On rêverait à des habitants qui profitent de cet espace comme dans les pays du sud. Les mamies descendraient pour discuter avec les voisines, les enfants joueraient et respireraient le bon air, les jeunes mères promèneraient les bébés.
On serait l'architecte, l'urbaniste, le maire et aussi les habitants.
Mais non finalement personne ne descendrait.
Et pour quoi faire ?
Il y a toujours un truc bien sur TF1, les jeux vidéos sont en marche et puis il pleut bien de trop pour prendre l'habitude du parc.
Alors Elisabeth écrirait à Antoinette :
"Du milieu du béton je viens vous dire bonjour..."
"moi j'ai une bonne voisine, ça me fait plaisir de voir que les liens se créent autour de nous, la vie est si difficile..."



Dans un hasard surprenant et avec un geste rarement vu sur une carte postale, le mot difficile viendrait se poser juste à côté d'un petit trou servant à situer le hlm d'Elisabeth.
J'imagine le geste, un coup d'épingle pour percer la carte postale. Geste précis, ferme et radical. Un petit trou pour dire que je vis ici et ne pas trop marquer l'image.
Finalement un geste délicat.
Au dos à nouveau, souligner le trou d'un cercle et d'une flèche obligeant à retourner la carte postale.
J'aime tellement ce geste et sa signification. J'aime cette manière de se projeter dans une image et la conscience soudaine du lieu où l'on habite, autorisée par des éditeurs de cartes postales.
Eux savent bien cette nécessité de pouvoir se situer dans les grilles et les lignes de la banlieue.
Tout le monde connaît cette nécessité.
Ici, j'habite. Ici c'est Massy, Allée Albert Thomas. Ici je pense à vous. Ici je pense à moi vivant ici et je perce cet ici d'un coup d'épingle pour figer à jamais ce lieu.
Percé comme on perce une ampoule au pied.
Parfois ça fait un peu mal.

La carte postale est une édition Raymon non datée.

samedi 17 juillet 2010

Loureiro translucide, solide

J'ai déjà chanté le registre du monstre de béton, j'ai déjà chanté les soucoupes volantes.
Mais dans le dernier Architecture d' Aujourd'hui compulsé, je trouve des informations sur ce Palais des Sports de Porto de Monsieur Loureiro qui pourrait bien à lui seul être une forme parfaite pour définir mes intérêts architecturaux. Et comme dans le même temps une nouvelle carte postale vient rejoindre la plus ancienne, je crois qu'il est temps de faire un article :


Cette carte postale des éditions Carvalho ne nous donne guère d'information sur les origines architecturales et techniques de cette coupole.
Mais l'éditeur place le bâtiment dans l'univers champêtre du parc dans lequel il est construit, comme surgissant d'un halo de verdure, adouci par la végétation, presque envahi.
Par contre on voit bien sur le toit les ouvertures circulaires, les compas de béton soutenant l'ensemble et aussi l'échelle qui permet de monter sur la coupole.
Je vous redonne ça :


Cette carte fut déjà publiée en 2009. Le Palais des Sports de Monsieur Loureiro est bien plus dégagé, plus lisible. Par contre il est toujours un peu difficile de se rendre compte de l'échelle de la bâtisse.
La construction est aussi photographiée de plus loin pour... être entièrement dans le cadre. Plus cette distance est grande... plus la construction est haute....
Mais le meilleur moyen de comprendre comment cela fut fabriqué est de lire cet article paru donc dans Architecture d'Aujourd'hui n°89 de 1956.
Il s'agit d'une communication et je me demande s'il ne s'agit pas en fait d'une sorte de publicité déguisée en article pour la Société Dindeleux très célèbre pour son béton translucide....
Est-ce que le magazine faisait ce genre de chose ?
En tout cas quand la forme tendue et sobre rejoint le génie civil et l'invention technique, je suis pris d'un lyrisme rationnel.
La Société Dindeleux fut très importante et nous avons déjà vu ici une de ses œuvres majeures par François Vitale architecte : le tunnel Jenner au Havre.






mercredi 14 juillet 2010

le dessin laid et la belle photographie

Une belle architecture peut (ou pas) inspirer de beaux documents.
Elle peut aussi faire naître des choses moins... intéressantes.
Voyez par exemple le superbe Palais de l'Unesco à Paris.
Voici une carte postale dite du premier jour :


On doit cette carte postale aux éditions "Bourgogne" 3, rue du Mersy-St-Denis à Dijon. C'est tamponné derrière !
Le lavis est de L. Bourgeois d'après... la maquette !
Ceci explique sans doute cela.
L'ensemble est un rien pâteux et épais mais on remarquera tout de même la précision du détail avec le mobile de Calder fidèlement (!) représenté.
Il semble que la façade ait donné beaucoup de mal au dessinateur car même le graveur du timbre a eu du mal.
Pourtant la maquette est assez claire et on voit que dans le numéro 58 de février 1956 d'Architecture d'Aujourd'hui, le grand photographe Lucien Hervé se penche lui aussi sur cette dernière.
Je trouve d'ailleurs qu'il s'agit là pour un photographe d'architecture de cette envergure d'un bien drôle d'exercice que de photographier une maquette.
Alors voici quelques images :





Mais finissons avec une autre carte postale :


Cette merveille des éditions Cap est en Real-Photo. Cet éditeur fait bien son travail car il nous donne également le nom des architectes Marcel Breuer, Pier Luigi Nervi, Bernard Zehrfuss et date la construction de 1955-1958.
Mais quelle image !
D'abord le parking rempli de nostalgie automobile. Des Simca, des Peugeot, des Renault...
Puis le bâtiment lui-même parfaitement éclairé, presque scintillant et vibrant sous un ciel nuageux remarquablement habité. Le travail de la façade est vraiment incroyable. On dirait que la construction veut avaler le monde, s'ouvrir complètement.
Quelle volumétrie !
J'aime tout particulièrement les dégagement dans le dernier niveau et l'auvent superbe dont nous avons parlé ici.

Futuro passé simple


Il semble bien que la vision d'une soucoupe volante au pied du C.N.I.T vous ait plu. Alors encore un tout petit peu d'OVNI parisien.
La carte postale Lyna sait bien nous montrer le monstre superbe de béton précontraint et à son pied la Futuro déjà vue ici et ici.


Le mystère reste entier sur son rôle ici.
Peut-être un lieu d'informations sur la Défense ?
Il doit bien y avoir quelqu'un qui se souvient être monté à bord...
On n'oubliera pas de jeter un coup d'œil au snack bar qui ne manque pas d'allure surtout avec sa terrasse recouvrable un peu particulière.
En tout cas j'aime beaucoup comment le ciel travaille les reflets sur l'immense paroi de verre du C.N.I.T.
Encore donc une belle carte postale de l'éditeur Lyna, photographie de Monsieur Rolf Walter qui a vraiment beaucoup travaillé pour nous !
Je vous rappelle que la Futuro est l'œuvre de l'architecte Suuronen et que vous pouvez aussi en voir une sur le site de Julien Donada ici.

mardi 13 juillet 2010

Rennes a plusieurs horizons

Voici bien la preuve que parfois l'architecture moderne et contemporaine est immédiatement reconnue par les villes comme image de celles-ci.
Les Horizons de Rennes ont eu droit à des cartes postales qui les englobent dans la ville ou qui les cadrent directement comme objet même de la carte postale.
C'est le cas ici :


Il faut dire qu'elles sont spectaculaires à la fois par leur hauteur et par leur dessin ces deux tours accolées.
On peut même dire qu'elles sont belles.
Et les belles éditions de Bretagne, éditeur de cette carte postale ne se sont pas trompées en construisant ainsi l'image sur le reflet de la bâtisse dans la Rivière de L'Ille.
Partagés en deux morceaux exactement, l'un sombre tenu par l'eau et l'autre lumineux porté par le ciel, les Horizons s'agrandissent et s'allongent comme plongeant sous l'eau.
C'est bien ce nouveau bâtiment qui est visé, agrémenté du paysage de la rive, comme il se doit, dans une forme pittoresque bien légitime.
L'architecte de cette beauté bretonne est Monsieur Maillols.
Voyez ce que nous raconte notre guide vénéré :