mardi 9 septembre 2008

la voile de béton, un modèle international ? 1






Pour rebondir en quelque sorte encore un peu sur les vele di Scampia vues dans Gomorra et pour rebondir d'une manière un peu formelle uniquement, je vous propose des rapprochements entre plusieurs bâtiments qui semblent vouloir jouer sur la même ligne constructive (celle de la coque et non de l'interne) en adoptant la courbe, le gradin, la masse.
En France on connaît bien Marina-baie des Anges de l'architecte Minangoy, qui est souvent l'argument fort des anti-bétonnage de nos traits de côtes. Je veux dire que Thalassa déteste. On peut tout dire sur ce type d'architecture, sa massivité, l'impossibilité d'y échapper, le mur dressé entre la terre et la mer. C'est le type même de bâtiment dont on peut faire de ses défauts des qualités et vice versa. Il semble qu'ici seul le jeu assez subtil des courbes bien dessinées et l'alternance des percées comme opposition à la droite et la verticalité soient les éléments qui en font un ensemble moderne (!). C'est un peu court. Mais il est indéniable que l'ensemble se vrillant sur lui-même, cherchant à offrir à chaque appartement un point de vue sur la mer ou sur lui-même (effet de miroir) provoque un effet assez extraordinaire. Les terrasses en gradins font envie, gigantesques balcons sur la mer pour les plus chanceux. Le bâtiment semble vouloir être le spectacle en lieu et place du spectacle de la mer. On évoque ici des termes maritimes, voiles blanches, paquebots, et même collines sculptées par la mer et le vent. J'imagine d'ailleurs qu'au pied de ces immeubles des courants d'air doivent être bien forts. Mais cela est, c'est présent, fort, un rien brutal donc. Nous verrons ce qu'en pense notre guide un peu plus loin et c'est salé !!
Mais reprenons le modèle formel. Voici un autre bâtiment brutal posé sur la plage. Un bâtiment fort dont je rêve la visite. Il s'agit du magnifique V.V.F Chambre d'Amour à Anglet dont je vous ai déjà parlé. Ici aussi nous avons la pyramide et même le pyramidion en façade, ici aussi nous avons l'étagement en terrasses mais qui ne semblent pas occupées, ici aussi ça se courbe pour épouser la côte (ça se plie est plus juste). Je ne peux rien dire d'autre que ma passion pour ce type de brutalisme à la française. C'est énorme, c'est la Rafale de Reims au bord de mer. L'echelle est bien plus modeste que Marina-baie des Anges et le dessin est plus complexe également. Des volumes jouent de manière juste sous le soleil... Le matériau est choisi, la couleur également, l'ensemble bien qu'en opposition dure avec l'environnement semble en même temps en émaner. C'est égyptien, aztèque et babylonien. C'est somptueux. Les architectes sont Messieurs Hebrard, Gresy, et Percillier pour le groupement Aquitaine Architectes Associés.

Nous allons maintenant en Espagne à Cullera voire l'édifice "fleur d'oranger". Cette carte fut envoyée pour l'anecdote par ma Tante Gisèle en 1980 et nous dit : les beaux immeubles faits sur la côte. Horreur !!
Oui c'est vrai. On dirait que l'étagement en terrasse ne pouvait pas descendre jusqu'au sol ! C'est un écran. Sur le côté du bâtiment on devine une mosaïque laide. Au loin, le même type de construction au bord de mer.


Finissons avec le Hua Ting Sheraton Hotel de Shanghaï, dont la carte postale nous dit en légende : building of modern Shanghaï style. C'est quoi le style moderne de Shanghaï ?
La correspondante nous renseigne un peu : nous sommes arrivés à Shanghaï, ville moderne et évoluée, ancien comptoir elle a subi la colonisation anglaise et française. Les villes explosent. Ils rasent leurs maisons pour construire des buildings...
Voilà qui est dit, c'est sûrement les restes de la colonisation destruction et mauvais goût. On admirera ici la tour de transport, la courbe voluptueuse et la couleur saumon très chic. C'est moche. J'ai étrangement trouvé les deux cartes postales, celle du projet et celle de la réalisation à des endroits différents. Les cartes postales de projets architecturaux sont rares et je suis toujours heureux d'en trouver. On remarque souvent dans celles-ci la difficulté à contextualiser les bâtiments à moins qu'il ne s'agisse d'une manière de resserrer l'intérêt sur le projet. Voyez le traitement du fond par exemple.
Pour ce qui est des éditeurs et par ordre d'apparition :
Villeneuve-Loubet vue aérienne pour Rion en Lyon color
Villeneuve-Loubet Marina baie des anges aux éditions Azur même point de vue mais construction de la dernière barre visible. Carte postée en 1986.
Villeneuve-Loubet Marina Baie des Anges architecte M.A. Minangoy, édition Combier expédiée en 1979.
Anglet Chambre d'Amour V.V.F édition Elcé en Elcécolor, couleurs naturelles.
Cullera (valencia) édifice "fleur d'oranger", pas de nom d'éditeur, expédiée en 1980.
Hua Ting Sheraton Hotel Shanghaï Cao Xi Bei Lu (? architecte?) people's republic of China. (projet)
the Huating Sheraton Hotel (Building of Modern Shanghaï Style).

la voile de béton, un modèle international ? 2



lundi 8 septembre 2008

Royan à la minute 1






Une nouvelle fois Royan sera le sujet d'un article sur ce blog. Une nouvelle fois les photographes de cartes postales m'étonnent.
Par exemple sur ces deux cartes postales Elcé on a le plaisir de voir notre superbe marché couvert que nous connaissons bien. Mais si on regarde attentivement, (et cela je le fais toujours lorsqu'il s'agit de Royan) on remarque facilement que les deux prises de vue n'ont que quelques minutes d'écart.
Observons :
D'abord la ligne de nuages identiques, même oblique, même densité. Puis le pli du barnum jaune du marchand de légumes, identique sur les deux images ainsi que le rangement des cageots de légumes, tomates exactement à la même place. Un peu plus à gauche, un maraîcher s'installe, porte ouverte et affiche lacérée identiques ainsi que l'habit du dit maraîcher au travail. Enfin le vendeur à la sauvette devant le mur de la terrasse, au même endroit, habillé à l'identique. Il suffit de regarder la pendule pour comprendre que les deux clichés ont été pris à quelques minutes d'écart, 5 à peine.
On peut comprendre que le photographe a réalisé une vue plus globale puis a resserré son point de vue, peut-être trop au point que le marché déborde du cadre. Ce point de vue est une édition plus ancienne et on peut imaginer que l'éditeur a souhaité une image offrant un peu plus de contexte à l'architecture. Donc l'écart qui a été opéré entre les deux clichés, très faible, a servi un écart éditorial beaucoup plus grand, plusieurs années. Etonnant non ?
A moins que ce ne soit l'image qui soit recadrée et non le point de vue ce qui tenterait à démontrer que le photographe a juste déclenché plusieurs fois pour peut-être animer le site de passants, chalands et compagnie. Il faut imaginer le photographe demandant l'autorisation de photographier depuis l'appartement dont je vous donne le point de vue sur une autre carte postale aux éditions Lapie de 1959. On admirera le chantier de Notre-Dame de Royan au loin. C'est donc un très court métrage, deux images, mais le temps passe tout de même. Magnifique temps qui passe à Royan, ma magnifique nostalgie que je nourris sans fin de cartes postales aux couleurs naturelles.

Royan à la minute 2



Voyez vous-même et n'oubliez pas de jeter un coup d'œil, à nouveau à l'article du 5 mars 2008 "Royan très court métrage".
N'oublions pas non plus que les architectes du marché de Royan sont Messieurs Simon et Morisseau avec l'aide des ingénieurs conseils Messieurs Laffaille et Sarger. Merci Messieurs.

samedi 6 septembre 2008

Prenez date et venez



La galerie Duchamp d'Yvetot organise le dixième anniversaire des iconoclasses.
Effectivement depuis une décennie cette galerie invite des artistes à rejoindre des écoles, collèges et lycée de la région pour des interventions directement auprès des enfants et en collaboration avec les enseignants.
J'ai eu la chance d'y participer à la suite de la Cordée du Mont Analogue avec Alan Aubry et Thibault Aspe. Pour ma part ce fut à l'école élémentaire Breton dans la classe d'Antoine Duruflé (un formidable instituteur) où j'avais établi ce qui sera mon dernier camp de base sur les flans du Mont Analogue. D'ici j'ai enregistré les enfants à la lecture du Mont Analogue, d'ici j'ai appris que prêter ses galibiers suffit au bonheur d'enfants. Ce fut dur, ne le cachons pas, ce fut riche.
Si j'ai laissé le sommet du Mont Analogue à qui veut bien le prendre, je reste persuadé que l'aventure se poursuit ailleurs. (Lost)
Ici lire avait la valeur de faire.
Alors pour retrouver la cordée dans sa pleine et entière territorialité (merci Francis Blanche) venez au vernissage de l'exposition 10/10 le vendredi 12 septembre.
Pour cette occasion la galerie et CARTed éditent des cartes postales réalisées par les artistes qui viendront vous les présenter et les signer comme de véritables et magnifiques œuvres d'art.
Vous pourrez me voir, voir Alan et Thibault et plein d'autres artistes comme Fabienne Cayet, Fabrice Bertran ou Marc Hamandjian (un peu plus de 60 je crois).
Même si ma carte postale sera un peu loin de l'architecture, cela restera l'occasion de nous voir. Pour plus d'informations pratiques sur les dates, horaires et localisation voyez ici :
WWW.galerie-duchamp.fr
Pour voir ma carte postale il vous suffit de venir... ou de me donner votre adresse, j'ai également émis un timbre pour l'occasion !
http://www.carted.eu/cartes/aplates/plan232.htm

Norman Six et Jimi Hendrix


C'est un peu loin mais j'aime bien cette image. Les palmiers, le ciel uniforme, les grosses américaines et le drapeau américain qui tremble au vent. On comprend mal la construction même si on devine une forêt de piliers formant préau. La blancheur et les courbes sont appétissantes mais je n'ai pu trouver d'images plus convaincantes de ce qui est le Curtis Hixon Hall à Tampa en Floride. La carte nous indique : Tampa's modern Convention Center, Coliseum and Auditorum, overlooking the Hillsborough River in Dowtown Tampa, Fla. Il s'agit d'une édition Hillsboro News en Curteichcolor expédiée en 1978. Le bâtiment serait l'œuvre de l'architecte Norman Six en 1965 et Jimi Hendrix y aurait joué en concert...
C'est maigre comme information.
On fera mieux demain.

des toits posés sur le sol



La matinée fut calme. Un peu de Royan, un peu du Havre...
Mais je vous propose de l'architecture pour la retraite. Et une architecture comique : la résidence du Parc à Pontault-Combault.
on dirait que l'architecte, lassé par le dessin des pavillons, s'est arrêté aux toits. A moins que le sol ne soit monté d'un coup et se soit stoppé à temps au ras des toits. Mais voilà j'aime bien. C'est drôle, c'est un peu Blanche-Neige. Avec le jardinet propret, on se dirait dans un golf miniature. En plus les utilisateurs apprécient :
Cher Maryse et Jean Claude, e la fille. nous somme arrivés a cette Residence magnifique-une bel chambre e bonne nourriture. Nous sommes ici jusque la fin du moi nous profitons du calme et de belle fleure.Jespere ques vous allée bien e pour vous bientot les vacance bien merité apré mai année des travaill.
nous vous embrassons tous pepér et mémer viendré qans a Nanterre ? (sic)
Il s'agit d'une édition CNRO non datée. Je n'ai pas le nom de l'architecte mais il est vrai que cette manière de faire, prolonger le toit vers le sol fut un tic architectural, façon de concilier le pavillonnaire à double pente et l'esprit un brin contemporain. Monsieur Gomis avait su lui en son temps réaliser de belles constructions de ce type.