lundi 8 septembre 2008

Royan à la minute 1






Une nouvelle fois Royan sera le sujet d'un article sur ce blog. Une nouvelle fois les photographes de cartes postales m'étonnent.
Par exemple sur ces deux cartes postales Elcé on a le plaisir de voir notre superbe marché couvert que nous connaissons bien. Mais si on regarde attentivement, (et cela je le fais toujours lorsqu'il s'agit de Royan) on remarque facilement que les deux prises de vue n'ont que quelques minutes d'écart.
Observons :
D'abord la ligne de nuages identiques, même oblique, même densité. Puis le pli du barnum jaune du marchand de légumes, identique sur les deux images ainsi que le rangement des cageots de légumes, tomates exactement à la même place. Un peu plus à gauche, un maraîcher s'installe, porte ouverte et affiche lacérée identiques ainsi que l'habit du dit maraîcher au travail. Enfin le vendeur à la sauvette devant le mur de la terrasse, au même endroit, habillé à l'identique. Il suffit de regarder la pendule pour comprendre que les deux clichés ont été pris à quelques minutes d'écart, 5 à peine.
On peut comprendre que le photographe a réalisé une vue plus globale puis a resserré son point de vue, peut-être trop au point que le marché déborde du cadre. Ce point de vue est une édition plus ancienne et on peut imaginer que l'éditeur a souhaité une image offrant un peu plus de contexte à l'architecture. Donc l'écart qui a été opéré entre les deux clichés, très faible, a servi un écart éditorial beaucoup plus grand, plusieurs années. Etonnant non ?
A moins que ce ne soit l'image qui soit recadrée et non le point de vue ce qui tenterait à démontrer que le photographe a juste déclenché plusieurs fois pour peut-être animer le site de passants, chalands et compagnie. Il faut imaginer le photographe demandant l'autorisation de photographier depuis l'appartement dont je vous donne le point de vue sur une autre carte postale aux éditions Lapie de 1959. On admirera le chantier de Notre-Dame de Royan au loin. C'est donc un très court métrage, deux images, mais le temps passe tout de même. Magnifique temps qui passe à Royan, ma magnifique nostalgie que je nourris sans fin de cartes postales aux couleurs naturelles.

Royan à la minute 2



Voyez vous-même et n'oubliez pas de jeter un coup d'œil, à nouveau à l'article du 5 mars 2008 "Royan très court métrage".
N'oublions pas non plus que les architectes du marché de Royan sont Messieurs Simon et Morisseau avec l'aide des ingénieurs conseils Messieurs Laffaille et Sarger. Merci Messieurs.

samedi 6 septembre 2008

Prenez date et venez



La galerie Duchamp d'Yvetot organise le dixième anniversaire des iconoclasses.
Effectivement depuis une décennie cette galerie invite des artistes à rejoindre des écoles, collèges et lycée de la région pour des interventions directement auprès des enfants et en collaboration avec les enseignants.
J'ai eu la chance d'y participer à la suite de la Cordée du Mont Analogue avec Alan Aubry et Thibault Aspe. Pour ma part ce fut à l'école élémentaire Breton dans la classe d'Antoine Duruflé (un formidable instituteur) où j'avais établi ce qui sera mon dernier camp de base sur les flans du Mont Analogue. D'ici j'ai enregistré les enfants à la lecture du Mont Analogue, d'ici j'ai appris que prêter ses galibiers suffit au bonheur d'enfants. Ce fut dur, ne le cachons pas, ce fut riche.
Si j'ai laissé le sommet du Mont Analogue à qui veut bien le prendre, je reste persuadé que l'aventure se poursuit ailleurs. (Lost)
Ici lire avait la valeur de faire.
Alors pour retrouver la cordée dans sa pleine et entière territorialité (merci Francis Blanche) venez au vernissage de l'exposition 10/10 le vendredi 12 septembre.
Pour cette occasion la galerie et CARTed éditent des cartes postales réalisées par les artistes qui viendront vous les présenter et les signer comme de véritables et magnifiques œuvres d'art.
Vous pourrez me voir, voir Alan et Thibault et plein d'autres artistes comme Fabienne Cayet, Fabrice Bertran ou Marc Hamandjian (un peu plus de 60 je crois).
Même si ma carte postale sera un peu loin de l'architecture, cela restera l'occasion de nous voir. Pour plus d'informations pratiques sur les dates, horaires et localisation voyez ici :
WWW.galerie-duchamp.fr
Pour voir ma carte postale il vous suffit de venir... ou de me donner votre adresse, j'ai également émis un timbre pour l'occasion !
http://www.carted.eu/cartes/aplates/plan232.htm

Norman Six et Jimi Hendrix


C'est un peu loin mais j'aime bien cette image. Les palmiers, le ciel uniforme, les grosses américaines et le drapeau américain qui tremble au vent. On comprend mal la construction même si on devine une forêt de piliers formant préau. La blancheur et les courbes sont appétissantes mais je n'ai pu trouver d'images plus convaincantes de ce qui est le Curtis Hixon Hall à Tampa en Floride. La carte nous indique : Tampa's modern Convention Center, Coliseum and Auditorum, overlooking the Hillsborough River in Dowtown Tampa, Fla. Il s'agit d'une édition Hillsboro News en Curteichcolor expédiée en 1978. Le bâtiment serait l'œuvre de l'architecte Norman Six en 1965 et Jimi Hendrix y aurait joué en concert...
C'est maigre comme information.
On fera mieux demain.

des toits posés sur le sol



La matinée fut calme. Un peu de Royan, un peu du Havre...
Mais je vous propose de l'architecture pour la retraite. Et une architecture comique : la résidence du Parc à Pontault-Combault.
on dirait que l'architecte, lassé par le dessin des pavillons, s'est arrêté aux toits. A moins que le sol ne soit monté d'un coup et se soit stoppé à temps au ras des toits. Mais voilà j'aime bien. C'est drôle, c'est un peu Blanche-Neige. Avec le jardinet propret, on se dirait dans un golf miniature. En plus les utilisateurs apprécient :
Cher Maryse et Jean Claude, e la fille. nous somme arrivés a cette Residence magnifique-une bel chambre e bonne nourriture. Nous sommes ici jusque la fin du moi nous profitons du calme et de belle fleure.Jespere ques vous allée bien e pour vous bientot les vacance bien merité apré mai année des travaill.
nous vous embrassons tous pepér et mémer viendré qans a Nanterre ? (sic)
Il s'agit d'une édition CNRO non datée. Je n'ai pas le nom de l'architecte mais il est vrai que cette manière de faire, prolonger le toit vers le sol fut un tic architectural, façon de concilier le pavillonnaire à double pente et l'esprit un brin contemporain. Monsieur Gomis avait su lui en son temps réaliser de belles constructions de ce type.

jeudi 4 septembre 2008

une ville en France




Voici que je trouve à nouveau des cartes postales de Saint Pierre-lès-Elbeuf. Voici la preuve de ce que j'avançais plus haut : la laideur.
Voyez ce centre commercial piéton, voie qui ne débouche sur rien, ouverture inutile, désir raté d'un centre ville commerçant. La boulangerie est toujours là à gauche et nous fait toujours du bon pain, c'est déjà bien. Le Coop s'est agrandi à l'emplacement du Leclerc qui lui-même a déménagé. Lorsque nous sommes arrivés à Saint Pierre il existait un cheminement assez naturel nous permettant de regagner le centre ville en passant par l'Oison (minuscule cours d'eau) et le stade du collège. Cette ouverture est aujourd'hui fermée, les rives de l'Oison ne sont toujours pas considérées comme un vrai chemin (presque un jardin possible) alors que la Mairie de l'époque nous avait, nous, les enfants du collège, consultés pour son aménagement. Aujourd'hui l'espace du collège est une vraie forteresse, entouré de grillages obligeant le piéton à faire le tour par le Maxicoop. Je le répète la ville de Saint-Pierre est la championne de l'îlotage sûrement parce qu'elle est d'une certaine manière une ville nouvelle du début du XXème siècle qui rêverait à un centre ville de village ancien. Tout y est pastiche, rose saumon et beigeasse tendre avec une compulsion pour la jardinière dégoulinante de fleurs servant en même temps de repoussoir aux automobiles. Evidemment aucune piste cyclable dans une ville qui pourtant adore les ralentisseurs. Tout cela se termine par le magnifique boulodrome dont le but principal est d'occuper le terrain à la place des gens du voyage. Aujourd'hui un cube gris qui dit tout de l'intêret de la commune pour l'architecture et le partage du paysage occupe un espace plat si caractéristique pourtant d'un paysage maraîcher.
Voilà, restent les gens que l'on croise, les anciens enseignants, les commerçants, les dames de la poste, l'ensemble de ce réseau flou des visages connus qui font que la présence au centre ville dure toujours un peu plus longtemps que prévu. Les murs se sont abaissés avec mon corps qui a grandi, les espaces se sont fermés aussi. Et Saint Pierre-lès-Elbeuf vivra encore longtemps dans la nostalgie d'une vie de village qui a peu existé (la vie des fermes oui) et continuera à croire que le jardinet clos de tuyas de 3 mètres de haut est le summum du bonheur gentil.
Voici venu le temps des rires et des chants... oui c'est un paradis.
Donc je vous propose un petit avant-après avec des cartes postales éditées par la Cigogne : centre commercial du Puits-Mérot, collège Jacques Emile Blanche dont l'architecte est Monsieur Genermont de Bois-Guillaume, collège dans lequel j'ai rencontré parmi d'autres un enseignant formidable d'arts plastiques Monsieur Radigue et la Poste de Monsieur Lecourt architecte.

la réponse

Bravo vous avez tous répondu en masse à ma petite devinette du 30 aôut et vous avez trouvé facilement. Preuve de votre lecture attentive. Merci.