mardi 9 septembre 2008

claude Parent, des livres chapitre 2




Claude Parent dans "villas modernes" chez Massin éditeur.

Claude Parent, des livres chapitre 3




Claude Parent chez Jean-Michel Place éditeur et aux éditions de l'aventure humaine.

Sarcelles du Grand Standing




Comme promis, voici l'avis de notre guide d'architecture contemporaine en France par Messieurs Amouroux, Crettol et Monnet.
Comme toujours c'est... euh direct :
Villeneuve Loubet plage ensemble "marina baie des anges"
architectes : M. Marot et A. Minangoy, ingénieurs P. Clos et H. Habib.
Caractéristiques : ensemble de grand standing ; 4 immeubles de 14 à 22 étages ; 1200 appartements du studio au 5 pièces ; tour hôtel de 24 étages et 300 chambres (en projet) ; port de 600 places ; centre commercial ; complexe sportif et de loisirs ; 16 ha de terrain Actuellement l'immeuble "Amiral" achevé (1970) 259 appartements l'immeuble "Commodore" en cours (1972). Prix de vente moyen du m2 : 3000f . Circulation automobile souterraine ; Plage privée de 250m de long. Répartition des appartements, immeuble "amiral" : 141 deux pièces, 42 trois p, 54 quatre p, 22 cinq p, 30 possèdent une terrasse. Ossature béton armé, remplissage parpaings. Aux deux niveaux de l'architecture et de l'urbanisme ; c'est un scandale. Marina Baie des Anges est un des lieux saccagés de la Côte d'Azur. Quatre volumes, barres de forme courbe, n'ont jamais constitué ni une "intégration au site" ni un "cadeau fait au site comme tente de le démontrer la publicité. C'est le Sarcelles du Grand Standing et non une architecture qui "prend vraiment la Méditerranée à bras ouverts". Ce micro-urbanisme peut être compris ainsi : je construis donc j'implante. Au prix du mètre carré, il faut un terrain qui présente des avantages uniques. Au bord de la mer, au bord même, en est un. Alors, pour une clientèle triée sur le portefeuille est offert, par exemple Marina Baie des Anges; il n'existe pas en France de politique consciente de l'espace, Marina en est la preuve. L'une des preuves.
Voilà qui est dit. Ne pas oublier d'aller voir le petit film sur le site de l'I.N.A, on y voit Monsieur Minangoy en train de peindre, c'est... touchant et on visite un peu le lieu.
www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=I00013787

la voile de béton, un modèle international ? 1






Pour rebondir en quelque sorte encore un peu sur les vele di Scampia vues dans Gomorra et pour rebondir d'une manière un peu formelle uniquement, je vous propose des rapprochements entre plusieurs bâtiments qui semblent vouloir jouer sur la même ligne constructive (celle de la coque et non de l'interne) en adoptant la courbe, le gradin, la masse.
En France on connaît bien Marina-baie des Anges de l'architecte Minangoy, qui est souvent l'argument fort des anti-bétonnage de nos traits de côtes. Je veux dire que Thalassa déteste. On peut tout dire sur ce type d'architecture, sa massivité, l'impossibilité d'y échapper, le mur dressé entre la terre et la mer. C'est le type même de bâtiment dont on peut faire de ses défauts des qualités et vice versa. Il semble qu'ici seul le jeu assez subtil des courbes bien dessinées et l'alternance des percées comme opposition à la droite et la verticalité soient les éléments qui en font un ensemble moderne (!). C'est un peu court. Mais il est indéniable que l'ensemble se vrillant sur lui-même, cherchant à offrir à chaque appartement un point de vue sur la mer ou sur lui-même (effet de miroir) provoque un effet assez extraordinaire. Les terrasses en gradins font envie, gigantesques balcons sur la mer pour les plus chanceux. Le bâtiment semble vouloir être le spectacle en lieu et place du spectacle de la mer. On évoque ici des termes maritimes, voiles blanches, paquebots, et même collines sculptées par la mer et le vent. J'imagine d'ailleurs qu'au pied de ces immeubles des courants d'air doivent être bien forts. Mais cela est, c'est présent, fort, un rien brutal donc. Nous verrons ce qu'en pense notre guide un peu plus loin et c'est salé !!
Mais reprenons le modèle formel. Voici un autre bâtiment brutal posé sur la plage. Un bâtiment fort dont je rêve la visite. Il s'agit du magnifique V.V.F Chambre d'Amour à Anglet dont je vous ai déjà parlé. Ici aussi nous avons la pyramide et même le pyramidion en façade, ici aussi nous avons l'étagement en terrasses mais qui ne semblent pas occupées, ici aussi ça se courbe pour épouser la côte (ça se plie est plus juste). Je ne peux rien dire d'autre que ma passion pour ce type de brutalisme à la française. C'est énorme, c'est la Rafale de Reims au bord de mer. L'echelle est bien plus modeste que Marina-baie des Anges et le dessin est plus complexe également. Des volumes jouent de manière juste sous le soleil... Le matériau est choisi, la couleur également, l'ensemble bien qu'en opposition dure avec l'environnement semble en même temps en émaner. C'est égyptien, aztèque et babylonien. C'est somptueux. Les architectes sont Messieurs Hebrard, Gresy, et Percillier pour le groupement Aquitaine Architectes Associés.

Nous allons maintenant en Espagne à Cullera voire l'édifice "fleur d'oranger". Cette carte fut envoyée pour l'anecdote par ma Tante Gisèle en 1980 et nous dit : les beaux immeubles faits sur la côte. Horreur !!
Oui c'est vrai. On dirait que l'étagement en terrasse ne pouvait pas descendre jusqu'au sol ! C'est un écran. Sur le côté du bâtiment on devine une mosaïque laide. Au loin, le même type de construction au bord de mer.


Finissons avec le Hua Ting Sheraton Hotel de Shanghaï, dont la carte postale nous dit en légende : building of modern Shanghaï style. C'est quoi le style moderne de Shanghaï ?
La correspondante nous renseigne un peu : nous sommes arrivés à Shanghaï, ville moderne et évoluée, ancien comptoir elle a subi la colonisation anglaise et française. Les villes explosent. Ils rasent leurs maisons pour construire des buildings...
Voilà qui est dit, c'est sûrement les restes de la colonisation destruction et mauvais goût. On admirera ici la tour de transport, la courbe voluptueuse et la couleur saumon très chic. C'est moche. J'ai étrangement trouvé les deux cartes postales, celle du projet et celle de la réalisation à des endroits différents. Les cartes postales de projets architecturaux sont rares et je suis toujours heureux d'en trouver. On remarque souvent dans celles-ci la difficulté à contextualiser les bâtiments à moins qu'il ne s'agisse d'une manière de resserrer l'intérêt sur le projet. Voyez le traitement du fond par exemple.
Pour ce qui est des éditeurs et par ordre d'apparition :
Villeneuve-Loubet vue aérienne pour Rion en Lyon color
Villeneuve-Loubet Marina baie des anges aux éditions Azur même point de vue mais construction de la dernière barre visible. Carte postée en 1986.
Villeneuve-Loubet Marina Baie des Anges architecte M.A. Minangoy, édition Combier expédiée en 1979.
Anglet Chambre d'Amour V.V.F édition Elcé en Elcécolor, couleurs naturelles.
Cullera (valencia) édifice "fleur d'oranger", pas de nom d'éditeur, expédiée en 1980.
Hua Ting Sheraton Hotel Shanghaï Cao Xi Bei Lu (? architecte?) people's republic of China. (projet)
the Huating Sheraton Hotel (Building of Modern Shanghaï Style).

la voile de béton, un modèle international ? 2



lundi 8 septembre 2008

Royan à la minute 1






Une nouvelle fois Royan sera le sujet d'un article sur ce blog. Une nouvelle fois les photographes de cartes postales m'étonnent.
Par exemple sur ces deux cartes postales Elcé on a le plaisir de voir notre superbe marché couvert que nous connaissons bien. Mais si on regarde attentivement, (et cela je le fais toujours lorsqu'il s'agit de Royan) on remarque facilement que les deux prises de vue n'ont que quelques minutes d'écart.
Observons :
D'abord la ligne de nuages identiques, même oblique, même densité. Puis le pli du barnum jaune du marchand de légumes, identique sur les deux images ainsi que le rangement des cageots de légumes, tomates exactement à la même place. Un peu plus à gauche, un maraîcher s'installe, porte ouverte et affiche lacérée identiques ainsi que l'habit du dit maraîcher au travail. Enfin le vendeur à la sauvette devant le mur de la terrasse, au même endroit, habillé à l'identique. Il suffit de regarder la pendule pour comprendre que les deux clichés ont été pris à quelques minutes d'écart, 5 à peine.
On peut comprendre que le photographe a réalisé une vue plus globale puis a resserré son point de vue, peut-être trop au point que le marché déborde du cadre. Ce point de vue est une édition plus ancienne et on peut imaginer que l'éditeur a souhaité une image offrant un peu plus de contexte à l'architecture. Donc l'écart qui a été opéré entre les deux clichés, très faible, a servi un écart éditorial beaucoup plus grand, plusieurs années. Etonnant non ?
A moins que ce ne soit l'image qui soit recadrée et non le point de vue ce qui tenterait à démontrer que le photographe a juste déclenché plusieurs fois pour peut-être animer le site de passants, chalands et compagnie. Il faut imaginer le photographe demandant l'autorisation de photographier depuis l'appartement dont je vous donne le point de vue sur une autre carte postale aux éditions Lapie de 1959. On admirera le chantier de Notre-Dame de Royan au loin. C'est donc un très court métrage, deux images, mais le temps passe tout de même. Magnifique temps qui passe à Royan, ma magnifique nostalgie que je nourris sans fin de cartes postales aux couleurs naturelles.

Royan à la minute 2



Voyez vous-même et n'oubliez pas de jeter un coup d'œil, à nouveau à l'article du 5 mars 2008 "Royan très court métrage".
N'oublions pas non plus que les architectes du marché de Royan sont Messieurs Simon et Morisseau avec l'aide des ingénieurs conseils Messieurs Laffaille et Sarger. Merci Messieurs.