jeudi 14 août 2008

un hangar pour Dieu et les siens



Extraordinaire construction !
Malgré mes nombreux ouvrages sur les églises contemporaines et modernes, je n'avais jamais vu cette église Saint-Léopold de Lunéville. Construite en 1954 sous l'impulsion du Père Aubry, amateur de la chose contemporaine, elle est l'œuvre de l'architecte Paul Jacquot. Encore une fois, il semble que pour bâtir contemporain, les architectes de cette deuxième moitié du XXème siècle, se soient tournés vers l'industrie. Ne dirait-on pas un hangar à avions ou dirigeables de Freyssinet ?
La forme est abandonnée à sa technique de mise en œuvre ce qui produit une belle radicalité, une franchise et même une ambition assez jubilatoire. Belle époque où l'intégration, le camouflage étaient des mots inconnus. Admirons l'escalier en vis digne d'un silo à grain. Comme il donne envie d'y monter et d'aller regagner les cieux vers l'infini et au-delà. (Je m'égare, je m'égare...)
Le ciel blanc en plus et je suis certain que les Becher sont venus à Lunéville. La 2cv est-elle celle du curé ? A moins que ce ne soit son vélo ? Il s'agit en tout cas d'un des premiers modèle de la célèbre Citroën avec le coffre en toile (immatriculation 91 CJ 54).
C'est, par son type, sa construction et sa photographie le prototype même de mon goût pour l'architecture et la carte postale.
Un chef-d'oeuvre de ma collection.
Il s'agit d'une carte postale éditée par CIM en photographie véritable, non datée. vous trouverez une fiche détaillée là :
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?

mercredi 13 août 2008

comprendre et jouer 1





A regarder béat la finesse du voile de béton qui fait le marché de Royan, je ne pouvais qu'avoir envie, aussi un peu pour comprendre, de réaliser à mon tour et à mon échelle une telle construction. Il y a deux ans de cela me voici qui me décide à tenter quelque chose sur la table du salon.
Je vois toujours cette coque comme à la fois une tension et un moulage. Mais si je peux comprendre le coffrage, j'ai du mal à saisir la tension comme une armature. C'est sans doute pour cela que l'idée de partir de fils tendus sur un modèle m'est venue. Cela n'est pas non plus sans un peu d'ironie devant les tableaux de fils tendus qui firent un malheur dans le loisir créatif de la fin des années soixante.
Depuis un pilier central, faire partir des ficelles à rôtir vers une parabole de carton qui épouseront cette dernière. On tend au maximum chacune de ces ficelles qui ainsi maintiennent le carton. Mon béton sera fait de bandes plâtrées que je n'aurais alors qu'à déposer sur mes fils tendus. Une fois le plâtre durci, on peut répéter l'opération en tournant autour du pilier central. C'est très amusant, toujours, de voir que la tension produit de la solidité et cela avec un matériaux fragile comme la ficelle. Mais est-ce que ma ficelle à rôtir peut réellement, d'un point de vue constructif jouer le jeu des fers à bétons et autres filins d'acier d'une vraie construction ?
Curieusement, je trouvais quelque temps après dans le numéro 1 de la revue Gypsum de 1963 un article consacré aux Voûtes du XXème siècle illustré d'étonnantes constructions similaires à mes tentatives ! Puis dans un cahier du centre d'études d'architectures consacré aux structures nouvelles, numéro 1 confié au génial René Sarger on trouve une belle maquette qui, à nouveau évoque ce système. Il semblerait donc que mon intuition ait rejoint une réalité didactique. Mais je reste pexplexe devant la complexité du coffrage et je me souviens avec quel plaisir j'avais observé les magnifiques moules du chantier de l'église de Firminy. Des Richard Deacon sur le sol.
Pour ce message, les images doublées sont en fait des images en stéréoscopie. Si vous louchez un peu, par écartement et non par croisement, vous verrez en relief ! Allez un peu de courage, cela en vaut la peine !

comprendre et jouer 2




Voici des images tirées du cahier du centre d'études architecturales N°1, éditions Paul Mignot 1967.
Royan doit beaucoup à René Sarger, je lui dois donc beaucoup.

comprendre et jouer 3





Et enfin des images de la revue Gypsum N°1, édition du centre d'information du plâtre, Printemps 1963. Là, la ressemblance est stupéfiante, même si je suis loin d'égaler les voûtes fines des étudiants d'une école d'art appliqué dont on ignore malheureusement le nom.

mardi 12 août 2008

La Réunion de André Bloch, André Bloc et André Bruyère



C'est compliqué.
A moins que ce ne soit moi qui ne comprenne pas.
Cette carte postale nous montre l'Hôtel La Caravelle à Sainte-Anne en Guadeloupe. Derrière les palmes on devine un bâtiment intéressant, lyrique, avec des audaces de béton tendu en courbe comme je peux les aimer. Mes recherches me font alors tomber sur un Hôtel La Caravelle non pas en Guadeloupe mais à la Réunion (Ministère de la Culture) dessiné par un certain André Bruyère en 1963 et protégé à ce titre. Mais mes recherches à la Réunion ne sont pas concluantes, pas de Sainte-Anne là-bas. Pire encore mes recherches sur André Bruyère me rapprochent de André Bloch célèbre architecte et fondateur je crois de la revue Architecture d'Aujourd'hui. Il s'agirait d'un nom pris sous l'occupation (Bruyère). Mais est-ce que André Bloc et André Bloch sont la même personne ? Ce qui voudrait dire que Bloc, Bloch et Bruyére est le même architecte ?
Qui peut dénouer cette histoire d'outre-mer ?
J'ai attendu une soirée pour le savoir. Comme l'un des articles lus sur internet était signé de Monsieur Chaslin, qui anime la remarquable et indispensable émission Métropolitains sur France Culture, dont je vous ai déjà parlé, je lui ai tout simplement envoyé un courriel auquel il a prestement répondu. Voilà qui est gentil et professionnel à la fois. Je me permets de vous donner sa réponse qui sera très claire pour tout le monde :
Non André Bloch dit Bruyère n'avait rien à voir avec André Bloch dit Bloc. Sinon qu'il a dirigé le A.A après la Libération.
Bloc et Bruyère n'étaient pas tout à fait de la même génération :
(1896-1966) et André Bruyère (1912-1998).
Merci encore Monsieur Chaslin.
Donc notre Hôtel La Caravelle est de André Bruyère (Bloch) et est situé en Guadeloupe. Si, parmi vous certains possèdent des images de ce bâtiment...
La carte postale est une édition Guadeloupe Artistique N°205 en Mexichrome envoyée en 1968.
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/metropolitains/

lundi 11 août 2008

Aldo Spiritom et Spiritus Sancti


Voici un panorama, une chose difficile à ranger.
Cette carte postale nous montre le quartier administratif et la Cathédrale Saint Paul que l'on doit à un architecte italien (?) Aldo Spiritom. J'ai du mal à y croire. Ce nom ressemble à un pseudonyme, à un personnage de roman ou de film. Mais nous avons bien Urbain Cassan en France... La cathédrale fut consacrée par le Pape en 1985.
C'est un peu baroque, un rien brésilien et assez cocasse. L'élan est un peu brisé. De beaux cubes modernes un peu fades font le contraste avec ce qui devait être un jeu de courbes célestes, un tremplin vers les dieux.
La carte postale est une édition J.C. Nourault et la photographie est également de J.C. Nourault.

dimanche 10 août 2008

l'architettura 208






Je voulais en savoir plus sur la maison des jeunes et de la culture de Troyes pour pouvoir vous en donner un peu plus. Alors descendre dans ma bibliothèque et chercher. J'ai pensé à la superbe revue que m'a offert Marc Hamandjian, un très doué sculpteur de mes amis à qui je dois de partager mon goût pour l'architecture et le design. Marc a une bibliothèque sur le sujet qui me fait rêver... mais il est généreux et voilà qu'il m'a offert cette revue italienne consacrée à mon architecte préféré : Monsieur Claude Parent.
J'y trouve donc quelques images supplémentaires de la M.J.C de Troyes dans une mise en page audacieuse, toute de biais, toute d'obliques...
Voici donc des images en attendant de savoir si la construction existe toujours... Toujours pas de réponse de l'office de tourisme de Troyes...
La revue s'appelle L'architettura, cronache e storia N°208 febbraio 1973